Bonjour,
Je l'ai déjà souvent rabaché sur ce forum : je fais des recherches sur Saint Paul en vue d'écrire un roman biographique sur sa conversion en particulier. Mon premier gros chantier (en dehors de me manger des biographies en veux-tu-en-voilà), déjà commencé depuis plus d'un an, c'est l'histoire d'Etienne. J'ai déjà commencé à écrire quelque chose sur son arrestation. Et tandis que je travaille depuis quelques temps à décortiquer son témoignage devant le Sanhédrin (chaptre 7 des Actes), je commence à me poser aussi des questions sur sa mort. Je butte un peu par méconnaissance des traditions, us et coutumes de ce temps. Et du coup j'ai plein de questions et assez peu de pistes de recherche (francophone au moins). Le problème c'est que des grands spécialistes comme Jacob Neusner ne publient qu'en anglais et j'avoue que j'ai un peu la flemme. Voilà, donc à part vadrouiller sur le web en quête d'informations, je tourne un peu en rond maintenant.
Sur la lapidation d'Etienne :
Dans l'évangile de Jean, on sait que Jésus est reçu par le grand prêtre Caïphe (après avoir fait un tour chez son beau-père Anne, qui n'était pourtant plus en fonction), avant d'être reçu par Pilate. Pilate les envoie bouler en leur disant : Jugez-le selon votre loi. On sait effectivement, d'après l'évangile de Luc, que Jésus est aussi jugé par le Sanhédrin. Toujours est-il que dans l'évangile de Jean, les juifs finissent par dire à Pilate qu'ils ne peuvent pas condamner un homme à mort. Soit qu'il ne pouvaient pas, en aucune circonstance, soit qu'ils n'ont trouvé aucun motif de condamnation au regard de la loi.
Pourtant, Etienne n'est pas un "pire coupable" que Jésus, a priori (il est même en quelque sorte accusé de renchérir sur ce pourquoi on a déjà arrêté Jésus). Et lui il est aussitôt sorti du Sanhédrin, donc par les juifs du grand conseil, qui l'emmènent à a porte de la ville dans la fosse et qui le lapident, en commençant, comme le veut la tradition, par les deux (faux) témoins ! D'après les Actes, Etienne est explicitement accusé de blasphème contre la loi, contre le Temple, et contre Moïse, ce qui lui vaut cette lapidation. On a dans les Evangiles un autre cas de lapidation (avorté) : celui de la femme adultère. Donc pour des gens qui ne peuvent pas condamner quelqu'un à mort j'ai du mal à comprendre.
Donc voilà, y a juste les rouages de cette justice qui m'échappent un peu. J'ai déjà vaguement entendu dire que le "blasphème" d'Etienne avait provoqué une telle colère que finalement les juifs avaient courcircuité la voie juridique normale. Même si c'est le cas, si quelqu'un a des informations sur les conséquences de ça, sur ce que ça représente, notamment entre la loi romaine et la loi juive, je suis preneur. Pour mon roman, ce genre de détails est assez important donc si il y a de fins connaisseurs du judaïsme antique, je suis preneur.
Sur sa condamnation :
Je rembobine un tout petit peu, juste pour dire que j'ai encore un peu de mal à m'expliquer le soudain revirement de situation, au moment du témoignage devant le sanhédrin. Quand on lit le chapitre 7 des Actes, on voit Etienne qui semble donner un cours d'initiation à la Genèse... à des docteurs de la loi pour la plupart. Jusqu'à un certain point tout se passe bien, d'autant qu'il apparait même avec le visage angélique. Les 70 membres du grand conseil ne sont pas des monstres nés, ils écoutent jusqu'au bout. Notez que ce n'est pas juste qu'Etienne les invective un peu qui les fait sortir d'eux-même... C'est quand il dit voir les cieux s'ouvrir et le fils de l'homme assis à la droite du père. J'essai de me mettre à la place d'un sage du Sanhédrin, posé, réfléchi et éduqué... Cet homme qui parle, parle bien mais il commence un peu à m'énerver quand même... bon, ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier à fomenter des révolutions et à vouloir donner des leçons. On en a fouetté d'autres ! Donc là, en quoi cette vision pourrait-elle d'un seul coup me faire complètement péter un plomb et vouloir lapider cet homme ? J'ai tenté de faire le lien avec la prophétie de Daniel sur le Fils de l'homme, mais voilà... pour l'instant c'est le plat, y a pas le tilt qui fait que je comprends pourquoi d'un seul coup un tel déchainement de haine. Jusqu'à cette vision, tout se passe comme si Etienne démontrait bien qu'il n'avait pas blasphémé, puis soudain, Paf, tout chavire. Voilà, je suis sur que les juifs à qui on racontait cette histoire il y a 2000 ans devaient bien réussir à boucher les trous parce que baignés dans cette culture, et que l'histoire soit claire pour eux, mais pour moi il manque des pièces au puzzle.
Sur l'ensevelissement :
Là encore si certains ont des détails sur les tradition funéraires dans le judaïsme antique, je suis preneur. Pendait-on toujours un homme au bois après la lapidation ? Si oui, combien de temps ? Sinon, était-il enseveli immédiatement ? avait-il un traitement particulier pour ceux qui étaient lapidés ? Pour les blasphémateurs ?
Voilà d'avance je vous remercie de vos réponses, sachant que le moindre détail m'intéresse, même si il vous semble insignifant.
Martyre de Saint Etienne
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Martyre de Saint Etienne
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Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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Re: Martyr de Saint Etienne
Dans l'oeuvre de Maria Valtorta, la condamnation, la lapidation et l'ensevelissement d'Etienne apparaissent détaillés, ainsi que le rôle de Saul dans cette lapidation, ses débuts de persécuteurs des chrétiens et la phrase que lui dit Etienne, pleine d'amour, promettant des retrouvailles, avant de mourir. Mais ce n'est peut-être pas votre idée de référence.
Pour ce qui est de l'attitude du sanhédrin, il faut garder à l'esprit la lutte pour conserver le pouvoir et les privilèges propres aux classes religieuses en temps d'occupation pour re-situer les méandres de la pensée des synhédristes. Ils étaient dans une position instable, quand même délicate, à tenir avant Jésus, mais alors après! Avec l'agitation -et la gêne pour eux- qu'avait créé la vie et la mort de Jésus!
S'accrocher au pouvoir, de tout temps, nécessite un esprit acquis à la manipulation, à ce que j'appelle "la capacité à nager dans toutes les eaux", même les plus contradictoires, même de façon concomittante.
Dans un tel esprit, manipulateur, il faut bien commencer par écouter, déguisé en agneau, pour amener sa victime à la gaffe, à la moindre incohérence, pour ensuite la dévorer au détour de "l'erreur", dans un jeu où le manipulateur n'est pas dupe de sa manipulation destructrice, et dans une révélation de la vérité qui ne fait pas d'Etienne la victime démunie et terrifiée à laquelle s'attend le Sanhédrin, mais au contraire où il s'offre volontairement comme victime expiatoire en révélant la beauté de ce qu'il voit, sachant -et souhaitant- pertinemment ce que lui vaudra cette révélation.
Beaucoup des premiers chrétiens martyrs ont agi de cette même façon, sachant l'issue de leurs actes, mais brûlant de désir de laver de leur sang et de leur sacrifice les âmes de leurs bourreaux, les remerciant, les bénissant, les assurant qu'en leur faisant cadeau d'une mort martyre, ces bourreaux obtiendraient le Ciel en échange de leur méchanceté, tellement l'Amour de Jésus leur apparaissait et les appelait dans ce moment-là, le moment crucial et héroïque où le chrétien choisissait la mort par fidélité au lieu de la lâcheté.
Pour ce qui est de l'attitude du sanhédrin, il faut garder à l'esprit la lutte pour conserver le pouvoir et les privilèges propres aux classes religieuses en temps d'occupation pour re-situer les méandres de la pensée des synhédristes. Ils étaient dans une position instable, quand même délicate, à tenir avant Jésus, mais alors après! Avec l'agitation -et la gêne pour eux- qu'avait créé la vie et la mort de Jésus!
S'accrocher au pouvoir, de tout temps, nécessite un esprit acquis à la manipulation, à ce que j'appelle "la capacité à nager dans toutes les eaux", même les plus contradictoires, même de façon concomittante.
Dans un tel esprit, manipulateur, il faut bien commencer par écouter, déguisé en agneau, pour amener sa victime à la gaffe, à la moindre incohérence, pour ensuite la dévorer au détour de "l'erreur", dans un jeu où le manipulateur n'est pas dupe de sa manipulation destructrice, et dans une révélation de la vérité qui ne fait pas d'Etienne la victime démunie et terrifiée à laquelle s'attend le Sanhédrin, mais au contraire où il s'offre volontairement comme victime expiatoire en révélant la beauté de ce qu'il voit, sachant -et souhaitant- pertinemment ce que lui vaudra cette révélation.
Beaucoup des premiers chrétiens martyrs ont agi de cette même façon, sachant l'issue de leurs actes, mais brûlant de désir de laver de leur sang et de leur sacrifice les âmes de leurs bourreaux, les remerciant, les bénissant, les assurant qu'en leur faisant cadeau d'une mort martyre, ces bourreaux obtiendraient le Ciel en échange de leur méchanceté, tellement l'Amour de Jésus leur apparaissait et les appelait dans ce moment-là, le moment crucial et héroïque où le chrétien choisissait la mort par fidélité au lieu de la lâcheté.
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Re: Martyr de Saint Etienne
Merci beaucoup Zelie, je ne connaissais pas l'oeuvre de Maria Valtorta. C'est vraiment super ! Sans en faire une référence absolue (je me permettrai de confronter ses révélations sur certains passages d'évangile avec d'autres sources) cela devrait m'apporter beaucoup.
[ Les développements relatifs à l'œuvre de Maria Valtorta ont été scindés : cliquer ici | Christophe ]
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