La Caverne de la Résurrection

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
Règles du forum
Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne
Jean Baptiste
Civis
Civis
Messages : 1
Inscription : lun. 13 avr. 2009, 14:36

La Caverne de la Résurrection

Message non lu par Jean Baptiste »

un petit power point pour tous ceux qui veulent fêter la Résurrection du Christ dans leur coeur (et celui de Marie)

http://www.amorvincit.com/LeMysteredela ... ineuse.pps

ou bien

http://www.amorvincit.com/articles_lectures_livres.htm

Joyeuse fête de Pâques dans le Coeur de Marie
JB
Avatar de l’utilisateur
steph
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 653
Inscription : mar. 28 août 2007, 1:28
Localisation : Belgique

Re: La Caverne de la Résurrection

Message non lu par steph »

Le R.P. Thomas m'a demandé de faire connaître ce qui ce vit chez les byzantins...
Je suis tout content de voir votre message, Jean-Baptiste, parce qu'il reprend intérieurement ce que la liturgie byzantine fait vivre: l'église devient ce tombeau où l'on entre pour l'office des Myrophores (matines du samedi saint, célébrées généralement le vendredi soir) et d'où l'on sort avant le début des matines de Pâques et quand on y rentre pour cet office, en procession, au son du chant triomphal du tropaire de Pâques 'Le Christ est ressuscité des morts par sa mort il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour ous donner la vie', il se révèle "plus lumineux que toute demeure de roi": chambre nuptiale, source de lumière en plein coeur de la nuit, et pour toute l'année elle "redevient" cette église le temple saint du Dieu, la chambre nuptiale...
Père Thomas Pott a écrit :“Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?”

Nous voici arrivés dans la Tombe de notre Seigneur, avec notre Seigneur. Nos pensées et notre coeur sont tout pleins des événements qui ont eu lieu, ceux que nous avons entendus proclamer dans l’évangile et que nous avons célébrés, surtout depuis hier matin: la dernière cène du Seigneur avec ses Apôtres, le lavement des pieds, la trahison de Judas, la prière de Jésus dans le jardin de Gethsémanie, l’arrestation, la fuite des disciples, la parution devant le Sanhédrin et devant Pilate, la condamnation à mort, les humiliations et la flagélation, la sortie avec la Croix, que Jésus portait lui-même, la crucifixion, les pleurs des femmes et la douleur de Marie la Mère de Jésus, les moqueries de la foule et de l’autre brigand, la conversation entre Jésus et le Bon Larron – conversation tellement élevée au dessus de ce que vit la foule moqueuse, agitée et, en fin de compte, triste – les derniers mots de Jésus, sa mort, la descente de la Croix, la mise au Tombeau par le noble Joseph d’Arimathie et Nicodème. Nous ne nous sommes pas enfuis comme les disciples; nous nous sommes efforcés plutôt de rester en bas de la Croix avec les femmes, avec Marie et le disciple bien-aimé. Nous avons ainsi cueilli les paroles de Jésus quand il a élargi la maternité de sa propre Mère à tous ses disciples bien-aimés. Mais nous avons essayé aussi d’être tout près du Bon Larron, oui: pendus sur la même croix, quand Jésus lui dit: “Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis”.
Mais n’avons-nous pas oublié que notre place est tout autant avec Jésus lui-même, crucifié, dérisé, mort, transpercé, descendu de la Croix et enseveli? Que faisons-nous ici, dans la tombe avec notre Seigneur, si nous ne sommes pas morts avec Lui? Ne soyons pas des intrus, membres de la foule moqueuse mais trop curieux pour manquer une partie du spectacle! Ou pensons-nous que la mort du Seigneur est trop loin de nous, trop grandiose pour y participer, pensons-nous qu’il serait plus ‘humble’ de la contempler de l’extérieur? Mais y a-t-il un mi-chemin entre ‘être dedans’ et ‘être dehors’?
Non, notre place est bien avec lui, en lui: oui, notre place est sa place, et sa place est la nôtre. En effet, le cri de désespoir: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?”, n’est-il pas bien aussi notre cri de désespoir, devant tant de malheur dans notre monde: la mort d’enfants, de personnes innocentes, de nos proches, des tremblements de terre, la maladie et la souffrance, la faim, l’injustice et la méchanceté, la peur devant tant de choses qui ne semblent être là que pour faire peur? “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” résonne encore tout clair dans nos oreilles et fait écho à nos propres interrogations désespérées sur le pourquoi de l’absence de Dieu. Dieu, voit-Il tout ce qui se passe? cela Le touche-t-il? pourquoi n’intervient-Il pas? pourquoi reste-Il loin, loin de sauver? Même Jésus, le Fils de Dieu, qui appelait Dieu son “Père”, qui savait que son Père fait tout ce que le Fils lui demande, abandonne l’appelation de “Père” et prend en bouche cette prière arrachée du plus profond du coeur de l’homme: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” Le Verbe de Dieu devient Cri de Dieu.
Mais c’est bien cette prière, ce cri, qui nous permet de nous joindre vraiment à la passion et à la mort du Christ – ou plutôt: c’est lui qui permet à la passion et à la mort du Christ de rejoindre les nôtres! Car dans cette prière le Christ assume le plus pleinement la condition des hommes, et sa mort, pour nous, devient réaliste: c’est une vraie mort humaine, exactement comme la nôtre. Mais en même temps notre mort, notre passion et notre souffrance s’ouvrent à une nouvelle dimension. Car elles deviennent le lieu où résonnent tous les Cris de Dieu et de l’homme de tous les temps; lieu où le Cri de Dieu et le Cri de l’homme se rejoignent pour devenir un cri unique, un cri douleureux mais non sans espoir, comme celui de la femme qui met un enfant au monde. Ainsi, dans le cri: “Mon Dieu, mon Dieu”, n’entendons-nous pas résonner cet autre cri du Verbe de Dieu par la voix de l’Ange du Seigneur: “Abraham, Abraham!”? Ainsi Dieu ne permit-il pas à Abraham d’accomplir le sacrifice de son fils Isaac, sacrifice qui avait pourtant été ordonné par le Seigneur pour mettre la foi d’Abraham à l’épreuve. Tel le Christ, Isaac avait porté le bois de l’holocauste sur lequel il devait lui-même être immolé par son père comme un agneau. Abraham n’aura-t-il pas eu sur ses lèvres le cri de cet autre Fils de la promesse: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” Mais du ciel retentit la voix de Dieu: “Abraham, Abraham, n’étends pas la main contre l’enfant!” Le sacrifice d’Isaac n’est pas un jeu macabre par lequel Dieu veut faire souffrir les hommes et montrer sa puissance sur la vie et la mort. Il s’agit par contre de la prise de conscience entière que Dieu veut faire prendre à Abraham de ce que la vie et la lignée dont il sera le Patriarche a sa source non pas en lui-même mais en Dieu. Être le père d’Isaac, l’aïeul de Jacob et de ses douze fils, l’ancêtre du roi David, de Salomon, du Messie et de la multitude des Fils de Dieu signifie procréer et vivre à partir de la source même de la Vie, source que l’homme ne peut pas s’approprier pour en devenir le maître. De ce même principe de la vie sort d’ailleurs le premier cri dans la Bible: c’est le sang d’Abel qui, depuis la terre où son frère Caïn l’a effusé, crie à Dieu: “Mon Dieu, mon Dieu, où es-tu? et où suis-je? m’as-tu abandonné?”

“Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” est le symbole de toute la souffrance humaine. C’est la formule liturgique qui met en équilibre tous nos “Kyrie eleison”, tous nos “Alléluia” et tous nos “Le Christ est ressuscité”. Osons la garder dans notre coeur et sur nos lèvres, maintenant que le Christ n’est plus sur la Croix, mais mis au Tombeau dont, demain, il ressuscitera. Osons rester sur la Croix – avec le Christ et le Bon Larron – tant que nous y sommes en réalité, en criant: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?”; osons rester avec le Christ dans la tombe, tant que nous y sommes en réalité, mais non pas en étant inertes: traversons avec lui en cortège à la fois funéraire et triomphal la profondeur des ténèbres de la Création, tel que nous le ferons ce soir quand, nous irons en procession autour de cette église suivant notre Seigneur en qui la Resurrection est en traîn de germer; osons entrer dans la fête de la Résurrection du Christ tels que sommes – sur nos croix, dans nos tombeaux et avec toutes nos souffrances et interrogations. Alors la Parole de Jésus au Bon Larron: “En vérité je te le dis: aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis” aura vraiment son effet sur nous. Car la joie de la Résurrection et la force de la vie viennent de l’intérieur, de cet endroit où le Christ est crucifié en nous, où il est mis au Tombeau en nous et où il ressuscitera en nous le troisième jour, aujourd’hui et maintenant!
Sainte et lumineuse Pâque à tous!
Stat Crux dum volvitur orbis!
Dic animae meae: “ Salus tua ego sum ” Ps XXXIV 3
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités