La différence pertinente n’est pas celle-là. Elle se situe plutôt entre le prêt à la production et le prêt à la consommation. Ce dernier permet simplement une gratification immédiate. Je veux une auto tout de suite. Je pourrais épargner pendant une année et l’acheter, mais pour ne pas différer mon plaisir, j’accepte de payer des intérêts. Ceux-ci sont le prix de mon impatience.
Je ne vois pas le lien avec charger de l'intérêt sur de l'argent créé
Tout autre est le prêt à la production. Je pourrais épargner toute ma vie, je n’aurais jamais le capital pour acheter les moyens de production, terres arables, boutique ou machines, pour démarrer mon entreprise. Dans les deux cas, l’intérêt est licite. Je ne vois pas pourquoi on ne paierait pas le service que rend le prêteur en vous permettant d’acheter du temps dans le premier cas et de vous enrichir à travers un nouveau business dans le second.
Sur quelle base vous fondez-vous pour dire que "l'intérêt est licite" ?
Les Hébreux sous la houlette de Moïse ne connaissaient ni la société de consommation, ni vraiment l’investissement productif. L’industrie, pas plus que le défrichement et l’irrigation de terres nouvelles, c’est pas trop le truc des nomades. Le prêt que réprouve la Bible, historiquement, est celui que sollicitent encore les paysans d’Inde et du Bangla Desh lorsqu’il faut faire une soudure improbable entre deux récoltes, lorsqu’ils sont au bord de la famine et que les chances de rembourser sont quasi nulles. Ils ont besoin de dons, pas de prêts. Déguiser en emprunt l’argent qu’ils reçoivent permet simplement au prêteur de s’emparer du gage à vil prix dès qu’une échéance est manquée. La précarité des emprunteurs est bien soulignée dans vos citations du Lévitique et du Deutéronome
Je suis bien d'accord sur le fait qu'ils aient plus besoin de dons que de prêts, j'avoue que je n'avais jamais vu cela sous cette angle non plus au niveau de la nourriture.
Heureusement, notre monde est qualifié de ‘développé’ parce qu’on n’en est plus à emprunter de quoi manger. Ceux qui ont peuvent tout simplement donner. L’emprunt, c’est pour le plaisir immédiat ou l’investissement.
Bien que je sois en parti d'accord avec l'énoncé, Ici encore, je ne voie pas la relation avec l'usure sur l'argent créé.
Mais quel roi poursuit d’autre objectif que son propre pouvoir ? Pourquoi vouloir frapper ‘sa’ monnaie, si ce n’est justement pour régenter l’activité économique de ses sujets ? Car quelle différence pour vous et pour moi que la monnaie dans notre poche porte l’effigie de Louis ou celle de William ou Wilhelm ou Vladimir, pourvu qu’elle soit acceptée partout comme moyen de paiement et qu’elle conserve sa valeur dans le temps ?
Je trouve que vous généralisez en sous-entendant que tous les rois ne cherche que leur complaisances. Vous oubliez qu'il y a des saints parmi les rois. De plus, saviez-vous que les constitutions mentionne tous, à ma connaissance, que la monnaie doit être frappé par l'état? Ex. Article 1, par. 8 de la constitution des États-Unis, article 92 de la constitution du Canada, article 34 de la constitution de la France etc.
Vous soulevez un bon point ici, la confiance ou "crédit" en la monnaie.
Mais dans ce jeu à deux acteurs, pendant l’année que courait le prêt, je vous ai fourni de quoi manger, vous loger, etc., donc quand vous me présentez la facture des intérêts, je vous présente la facture de mes fournitures et on compense l’une par l’autre.
Vous devez comprendre que je vous ai présenté la situation sous forme de parabole un peux simpliste, mais c'est l'essence qu'il faut analyser, le fait que les banques fabrique les chiffres représentant les vrais valeurs de la nation mais qu'ils ne fabrique jamais l'intérêt réclamé, oui, il semble logique qu'il charge un intérêt pour leur profits.
En 1992, j'ai appelé au ministère des finances du Canada, je leur ai posé ces questions :
— (Moi) : Quel est le Produit Intérieur Brut (c'est-à-dire les produits et services offert existant)?
— (Réponse) : Près de 650 milliards.
— (Moi) : Quel est le montant de la dette au niveau fédéral ?
— (Réponse) : Près de 500 milliards.
— (Moi) : Pouvez-vous me dire combien il y a d'argent en circulation au Canada, sous forme de monnaie ou de crédit ?
— (Réponse) : Bien sûre, autour de 350 milliards.
De ceci, nous pouvons tirer plusieurs conclusions tel que :
1. Même en vidant les poches de tous les canadiens, il est impossible de rembourser notre dette, et tous les pays ont exactement le même problème. De plus, les dettes des provinces ou départements, municipalités, commission scolaire, industries et particulière ne pourront êtres remboursés non plus car plus d'argent en circulation.
2. Si nous remboursons les dettes, avec quelle monnaie échangerons-nous nos produits ?
3. Et en ce qui concerne le pouvoir d'achat, si vous allez pour vous acheter par exemple un vélo et que sont prix est de 650 Euro mais que vous n'en avez que 350 sur vous, pourrez-vous sortir avec ? Donc, il y a bien un lien tangible entre l'intérêt et le manque de pouvoir d'achat.
Cela dit, je vous renvoie encore une fois aux fastidieux échanges ici sur le Crédit social. Tous les libéraux purs et durs, dont je partage la pensée, mettent en garde contre les banques à réserves fractionnaires, qu’ils assimilent à de la cavalerie. Mais ils rejettent aussi le pouvoir donné à un Etat de créer de la monnaie à partir de rien. La raison est simple. Les Etats assument des tas de responsabilités et sont l’objet d’innombrables demandes. Les laisser créer de la monnaie en supposant qu’ils le feront avec sagesse est comme donner à un intempérant les clés de la cave à vins. Il se présentera toujours une bonne raison pour imprimer des billets, une opération militaire à financer, le chômage à combattre, les ‘justes’ revendications de ceux-ci ou de ceux-là à satisfaire… et l’inflation insidieuse finit par détruire l’épargne, l’investissement et la prospérité des générations futures.
Je vois ici que vous n'avez pas fait vos devoir, vous n'avez pas vraiment étudié les propositions du Crédit (argent, confiance) Social (à la société). Vous prétendez gratuitement, probablement suite aux accusation non vérifiés des opposants a une quelconque réforme monétaire, que le gouvernement imprimera l'argent selon son bon plaisir sans rendre de compte à personne.
Tous les théologiens, Évêques ou Cardinaux qui se sont penché sur le sujet ont dit : "Le Crédit Social est l'application de la Doctrine Social de l'Église". Je vous suggère donc, en toute sincérité, en tant que frère dans le Christ, de prendre le temps d'étudier le Crédit Social.
Une banque centrale indépendante, comme est supposée l’être la BCE, est un petit progrès. Je ne sais combien de temps cette indépendance serait sauvegardée si la crise perdure. Une monnaie gagée sur l’or et un panier de matières premières aurait l’objectivité pour elle et l’avantage de n’être attachée à aucune région du monde, d’être culturellement neutre.
Voici exactement ce qu'il faut, une BCF (Banque Central Française), est ce qui est suggéré justement par les propositions du Crédit Social, un comité nommé par le gouvernement pour régulariser le crédit selon les réalités physiques du pays.
Nous somme présentement en temps de récession ou crise (selon un économiste dont je ne parviens pas à me rappeler le nom, c'est pire que la crise de 1929), mais, est-ce une récession de main-d'œuvre? Surement pas, les entreprises renvoient à pleine porte. Est-ce une récession de produits? Certainement pas, nous nous faisons assaillir de tout côté pour acheter les produits et services. Alors c'est une récession de quoi? Uniquement de chiffres, les gens aimeraient bien avoir une voiture neuve qui existe déjà, qui ne demande qu'à être acheté, mais ils doivent se contenter d'une "seconde main" car ils n'ont pas les chiffres qui représente la chose..
Nous pourrions parler de luxe s'il n'existait que 1000 voitures, mais les usines ne demande pas mieux que de produire, les consommateurs que de consommer, mais que fait défaut ? Le pouvoir d'achat.
Il n'est pas du ressort du gouvernement ou des banques ou de qui que ce soit de réglementer ou rationner les gens sous prétexte que ce n'est pas bon pour eux ou pour n'importe quel autre motifs. C'est entre nous et Dieu seulement.
J'espère ne pas vous offenser par la dureté de ma réponse.
Sincèrement,
François Cright