Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Mac
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Re: L'exercice de la foi

Message non lu par Mac »

Etienne a écrit :Comment, sans être mise à l'épreuve, une telle foi pourrait-elle apparaître ?
La foi, c'est une question difficile. Dépend t-elle de la raison, de la logique, du savoir, du cœur, de ses ancêtres. En tout cas quand on en a un peu, il faut travailler à la garder comme son plus grand trésor, à le faire croitre, et à le transmettre.

Mac.
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Re: L'accomplissement de la Loi

Message non lu par etienne lorant »

Merci à vous surtout ! J'apprécie beaucoup les réactions ! Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'accomplissement de la Loi

Message non lu par camino »

Bonjour,

Avez-vous noté la différence dans "l'ordre" des commandements, et à quoi l'attribuez-vous ? Merci !

Camino.
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Re: L'accomplissement de la Loi

Message non lu par Mac »

Oui, merci pour le rappel des commandements, mais aussi pour les commentaires qui permettent d'avoir un éclairage sur leurs applications.

Mac.
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A la piscine de Bézatha

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,1-16.
A l'occasion d'une fête des Juifs, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la Porte des Brebis, il existe une piscine qu'on appelle en hébreu Bézatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades : aveugles, boiteux et paralysés. Il y en avait un qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Est-ce que tu veux retrouver la santé ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l'eau bouillonne ; et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi.»

Cet homme était donc malade depuis trente-huit ans. L'Evangile ne dit pas depuis combien d'années il attendait que quelqu'un l'aide à se plonger dans la piscine miraculeuse. Ce matin, c'est cet état de fait, cette condition malheureuse de l'homme malade qui m'a d'abord marqué. De qui ce malade sera-t-il donc le prochain ? De Jésus lui-même, puisque tous les autres hommes ont fait défaut. Il le guérit et, seulement ensuite, il le prévient de ne plus pécher. La Miséricorde est passée, elle est venue sur cet homme sans condition, sans préalable, sans rite et sans sacrifice.

Je songe aussi aux pèlerins de Lourdes: il y a là aussi une piscine que plusieurs ont traversé et s'en sont bien trouvés. Le paragraphe 694 du catéchisme précise :"Le symbolisme de l’eau est significatif de l’action de l’Esprit Saint dans le Baptême, puisque, après l’invocation de l’Esprit Saint, elle devient le signe sacramentel efficace de la nouvelle naissance : de même que la gestation de notre première naissance s’est opérée dans l’eau, de même l’eau baptismale signifie réellement que notre naissance à la vie divine nous est donnée dans l’Esprit Saint".

Je suis confirmé dans l'idée que, lorsque le Seigneur guérit un malade, Il ne restaure pas seulement un corps mais procède à une création nouvelle. Sa créature est relevée, corps et âme. La mémoire du passé est conservée, mais l'histoire n'est plus la même: au fond de l'impasse, une porte s'est ouverte qui conduit à la vie éternelle. Je le pense ainsi, c'est parce que j'ai moi aussi été relevé au bout de mon impasse.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Gloire éphémère des apostats...

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 5,31-47. (26/3/2009)

Jésus disait aux Juifs: "Si je me rendais témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai; il y a quelqu'un d'autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, je n'ai pas à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire, et vous avez accepté de vous réjouir un moment à sa lumière.

Mais j'ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les oeuvres que le Père m'a données à accomplir ; ces oeuvres, je les fais, et elles témoignent que le Père m'a envoyé. Et le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui m'a rendu témoignage. Vous n'avez jamais écouté sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, et sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous ne croyez pas en moi, l'envoyé du Père.

Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes; d'ailleurs je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !
Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique !

Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture. Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ?

Au moment où Jésus tient ce discours aux Juifs, il est déjà entré dans sa Passion. Je le pense ainsi parce que son auditoire a déjà résolu sa mort, et lui qui sait tout, qui lit dans les cœurs, constate sans indulgence : « Je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu ». Pourquoi continue-t-il donc à se justifier puisqu’il sait qu’il sait qu’on ne l’écoutera pas ? C’est que, tout en s’adressant « aux Juifs », il parle aussi aux hommes de notre temps - et aux hommes de tous les temps qui le renient et ne reconnaissent pas les signes qu’il a laissés. Nombreux sont ces hommes aujourd’hui. Et, parmi eux, nombreux les scribes qui sont dans l’Eglise visible et qui écrivent, sans aucune gêne, qu’après la Résurrection, les disciples n’ont eu du Christ que des « visions mystiques ». Ou, encore, que la Transfiguration rapportée dans l’Evangile n’est que le « symbole » de la prière de l’Eglise.

L’argumentation de Jésus part du témoignage de Jean, se poursuit avec le témoignage des œuvres, puis revient aux Ecritures et particulièrement à Moïse. (Plus tard, il citera Abraham). Tous témoignent de la Vérité. Mais si l’on ne reconnaît le Christ ni dans le témoignage des prophètes, ni dans les œuvres, ni dans les Ecritures, pourtant ces témoignages demeurent et se retourneront contre ceux qui les auront niés. C’est beaucoup plus grave que ce que le simple fidèle peut s’imaginer. C’est à leur propos, en effet, que le Seigneur parle encore quand il dit : « A qui a reçu beaucoup, il sera exigé davantage ».

--

Comme j’écris ce commentaire, j’ai en tête le nom d’un prêtre, qui a eu la vocation à l’âge de huit ans, est devenu prêtre et a bien servi l’Eglise… jusque dans les années 70. Un jour, en compagnie d’autres prêtres et religieux, il s’est présenté à son évêque pour signifier qu’il quittait sa charge. Il s’était déjà mis en ménage avec une religieuse défroquée, qu’il a épousée civilement et avec qui il a eu un enfant. Ensuite, il a abandonné sa femme… pour vivre avec la bonne (on dirait du mauvais théâtre, mais tout est vrai). Ensuite, il a été engagé par une université française comme « expert en histoire des religions ». Cette tribune lui a ouvert des portes dans les milieux modernistes et ses articles ont eut la faveur de nombreux journaux anti-cléricaux durant les années 80. L’argent a afflué et il a pu mener grand train. Mais aujourd’hui… je tiens cette confidence de la bouche de sa propre sœur : il n’est pas en paix. Parvenu à la retraite, il voudrait convaincre encore les membres de sa famille, demeurés dans l’Eglise, que c’est lui qui a raison. Dans son courrier, il apparaît clairement qu’il ne parvient pas à décrocher des argumentations qui lui ont valu son succès, mais que désormais il se répète sans plus trouver d’auditoire. Le mois dernier, il a écrit de nouveau en assurant qu’il voulait bien de nouveau croire en Jésus « pourvu qu’il ne soit question ni de miracles ni de résurrection… » En lisant cette lettre, j’ai senti que le prêtre était toujours là, qui peine et gémit derrière l’homme du monde. Et il me semble que Dieu commence à donner des épreuves à ce malheureux, afin qu’il se convertisse tant qu’il est temps encore.
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Qui le recevra quand il passe ?

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 7,2.10.14.25-30.
La fête juive des Tentes approchait.
Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.

Jésus s'introduit en secret à Jérusalem, il se fond dans la foule durant quelques jours, puis se met à enseigner et s'en va sans qu'on ait pu mettre la main sur lui. Tout le monde s'interroge à son sujet, sans parvenir à une conclusion. En écoutant cet Evangile, je me suis demandé qui donc parmi mes connaissances croit que le Christ est continuellement présent à sa vie et serait disposer à la changer en fonction de cette proximité.

Ce qui fait obstacle à l'établissement de cette relation, c'est souvent l'a priori qui s'exprime ici dans la bouche de "quelques habitants de Jérusalem": "Lui, nous savons d'où il est", disent-ils. Mais est-ce que c'est connaître quelqu'un que de pouvoir dire d'où il vient ? Est-ce que la connaissance des mentions d'une carte d'identité éclaire sur la nature profonde de la personne ? Non, bien sûr, cela ne permet de rien dire. Mais pour ceux dont le coeur est endurci par le langage du monde, par les idées préconçues, il est commun de classer quelqu'un dans l'une ou l'autre catégorie sans voir plus loin. Et c'est ainsi que de nombreuses âmes passent à côté de la grâce sans l'avoir reconnue, par pure distraction ou par conformisme.

Mais il y a aussi la haine. Une haine sans fondement (mais sans merci non plus) à l'égard de tous ceux qui sont différents. Dans l'hostilité que je découvre ici, je trouve tout autant le racisme, la xénophobie, le rejet des malades, l'exclusion des personnes âgées ou handicapées. Car le monde a de la haine pour ceux qui ne lui appartiennent pas. Dans toutes les vies, Jésus vient, passe, revient, appelle, corrige, s'en va aussi lorsqu'il n'est pas accueilli. Gardons nos cœurs ouverts !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Correspondances multiples

Message non lu par etienne lorant »

Livre de la Sagesse 2,1.12-22. (27.3.2009)
Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'abandonner nos traditions.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et s'intitule fils du Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa simple présence nous pèse ;
car son genre de vie s'oppose à celui des autres, sa conduite est étrange.
Il nous regarde comme des gens douteux, se détourne de nos chemins comme s'il craignait de se salir. Il proclame bienheureux le sort final des justes, il se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira.
Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur lui.»
C'est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s'égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme irréprochable puisse être glorifiée.

Psaume 34(33),17-18.19-20.21.23.

Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du coeur brisé, il sauve l'esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste, mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

J’ai éprouvé une émotion particulière à constater de nouveau combien certains passages de l’Ancien Testament renvoient directement à la figure de Jésus, à sa personne et à son destin. Aujourd'hui, c’est un jeu facile d’établir les correspondances entre les passages de l’Ecriture :

- « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite » correspond à « On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler »
- « Il proclame bienheureux le sort final des justes » correspond à « Bienheureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux »
- « Il se vante d'avoir Dieu pour père » correspond à « je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m'a enseigné »
- « Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires » correspond à « les chefs, eux, ricanaient; ils disaient: "Il en a sauvé d'autres. Qu'il se sauve lui-même s'il est le Messie de Dieu, l'Elu ! »
- « Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience » correspond à « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
- « Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé. » correspond à « voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes »

De ces correspondances, il y en a tant et plus que de nombreux livres, tous très enrichissants ont été écrits rien qu’en se basant sur l’accomplissement des prophéties dans la personne du Christ. Mais rien de tel que de chercher par soi-même. (27.03.2009)
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Re: L'accomplissement de la Loi

Message non lu par Diahloquèt »

camino a écrit :Avez-vous noté la différence dans "l'ordre" des commandements, et à quoi l'attribuez-vous ?
Camino, Etienne, bonjour !

L'ordre, -c'est celui d'Exode 20,1-17, & Deutéronome 5,6-21.

Comme tous ceux qui ont commenté les Dix Paroles,
M-A Ouaknin en conserve l'ordre,
puisqu'il est lui-même porteur de sens = 2 x 5 "en dialogue"...

Etienne, dans votre "reprise des commandements",
vous "faites sauter" le 2e (= pas d'autres dieux que moi)
et, en revanche, vous scindez le dernier...

!?...???
etienne lorant
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L'arrestation arrêtée d'un mot

Message non lu par etienne lorant »

45 Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ? »
46 Les gardes répondirent : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »
47 Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
48 Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
49 Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
50 Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit :
51 « Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
52 Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
53 Puis ils rentrèrent chacun chez soi. (Jn 7, 40-53)

L'affaire des gardes en dit long sur l'éloquence de Jésus. Je cherche quel autre mot que celui d'éloquence pour exprimer la force de persuasion de sa parole. Les gardes ont été à ce point impressionnés qu'ils restent sur le coup de leur émotion au moment de rapporter l'échec de leur mission. Ils ne se sont pas servis de ces arguments qu'emploient tous les soldats pour ne pas être punis. Ils auraient pu dire: "La foule nous a bousculés, nous nous sommes retrouvés séparés ou encore: les prêtres se sont interposés, etc." Ces justifications sont plausibles, elles ne trahissent guère la vérité. Mais ils s'exclament d'une seule voix : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »

Parmi les chefs des prêtres et des pharisiens, le seul qui intervient en faveur de Jésus, c'est Nicodème, qui recevra de Jésus une révélation concernant la nouvelle naissance dans l'Esprit.

Beaucoup, parmi les ennemis de Jésus, se convertiront encore: je me souviens de ce que décrit Anne-Catherine Emmerich en deux moments de la Passion. C'est le cas de Malchus, le valet du grand-prêtre, à qui Pierre trancha l'oreille et qui fut guéri, et des soldats qui s'effondrèrent au moment de s'emparer de Jésus. Voici ce que dit le récit : "Tous ceux qui tombèrent et se relevèrent se convertirent depuis et devinrent chrétiens: leur chute été la figure de leur conversion. Ces soldats avaient seulement entouré Jésus, mais ils n'avaient pas mis la main sur lui. Malchus se convertit aussitôt après sa guérison, si bien qu'il ne continua son service que pour maintenir l'ordre, et que, pendant les heures qui suivirent, il servit souvent de messager à Marie et aux autres amis du Sauveur pour leur rapporter ce qui se passait.

En sorte que, dans cette scène, je retrouve l'idée que lorsque Jésus s'adresse à une foule, la foule ne réagit pas en tant que foule, mais chacun est touché dans sa personnalité profonde. Autrement dit, les mêmes mots rejoignent chaque auditeur non comme des mots d'ordre, mais dans ce qu'il a de plus profond. Suis-je dans l'erreur de parler ainsi, est-ce que j'introduis un caractère "fantastique" superflu ? Je ne le pense pas. Ou bien, lorsque Jésus dit à Levi: "Viens et suis-moi ?", il faut m'expliquer comment ces seuls mots ont subjugué le publicain. Car: "He4,12:Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du coeur."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'arrestation arrêtée d'un mot

Message non lu par Invité »

jamais personne n'a parlé comme cet homme!
Cette constatation , je l'attribue à une communion d'émerveillement. Ceux qui venaient arrêter Jésus ont été pris par l'émerveillement de Jésus devant la Parole qu'il avait à dire et cela a fait naître en eux cet émerveillement qui les a empéchés de le faire prisonnier.

Nous avons un autre passage de l'évangile qui nous parle de l'émerveillement de Jésus. C'est à la guérison du serviteur du centurion Lc 7,1-10 et au verset 9 il est dit: En entendant ces mots Jésus fut plein d'admiration (émerveillé) pour lui (par lui)
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Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,1-11.
Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer,et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Au nouveau piège tendu par les scribes et les pharisiens, Jésus va se dégager aussi aisément qu'il l'avait lorsqu'on lui avait présenté une pièce de monnaie de César, en lui demandant s'il fallait oui ou non payer l'impôt... Dans le drame qui se joue ici, on n'est pas loin de l'exécution publique, la situation est encore plus tendue, mais d'une seule parole Jésus va tous les désarmer: « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » (A la vérité, il y a bien une personne qui peut jeter la pierre à la femme, et c'est Jésus lui-même.)
Mais entendant cette parole, tous les autres sont saisis en eux-mêmes, contraints de se contempler tels qu'ils sont. Les plus âgés se détournent en premier car en vieillissant, il est souvent plus simple de reconnaître les fautes que l'on a commises ainsi que leurs répercussions sur l'entourage. Quant à Jésus, Lui qui est le seul à avoir tous les droits, il a gardé la tête baissée de bout en bout, ne la relevant que pour renvoyer les uns et pour libérer la femme, tout en lui donnant l'ordre de ne plus pécher. Cette injonction me rappelle l'homme guéri à la piscine de Bézatha. Jean rapporte en effet que Jésus le retrouva dans le Temple et lui dit : « Te voilà en bonne santé. Ne pèche plus, il pourrait t'arriver pire encore. »

L'ensemble du texte me fait dire : aux yeux du Seigneur, un mal est un mal. Qu'il s'agisse d'une maladie, d'une faute, de l'effondrement d'une tour... il ne revient pas sur ce qui est arrivé, comme feraient les censeurs, mais il tourne ceux qui l'écoutent vers l'avant et les presse de se convertir, car "Le Fils de l'homme est venu non pas pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui".

(Évidemment, je me suis demandé comme chacun d'entre vous ce que pouvaient bien représenter ces traits tracés par Jésus sur le sol. Je n'ai pas de réponse, mais il est clair qu'en touchant ainsi la terre, en la marquant d'un signe, celle-ci en a été changée. Comment ? Si quelqu'un peut m'éclairer, je lui en serai très reconnaissant !)
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par Anne »

etienne lorant a écrit : Les plus âgés se détournent en premier car en vieillissant, il est souvent plus simple de reconnaître les fautes que l'on a commises ainsi que leurs répercussions sur l'entourage.
Je pensais plutôt que les plus âgés avaient eu le temps d'accumuler un plus gros "capital" en péchés que les jeunes... ;)

Pour ce qui est des signes dessinés par terre, je crois que c'est dans Jésus de Nazareth qu'on avait choisi de lui faire dessiner un poisson...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Quelle magnificence quand Jésus se baisse et trace du doigt des signes sur le sol !!! C'est la trinité en acte qui se manifeste !

Le doigt de Dieu c'est l'Esprit Saint. Image bien connue des juifs du temps de Jésus et que nous reprenons à notre compte :
Dans son commentaire d’Ezéchiel, I 10, Saint Grégoire le Grand a écrit : Le Saint-Esprit est appelé le doigt de Dieu. C’est devant le doigt de Dieu, accomplissant des prodiges que l’homme ne pouvait reproduire, que les magiciens d’Egypte s’inclinaient en disant : « le doigt de Dieu est ici ! » C’est avec le doigt de Dieu que la Loi fut écrite sur les tables de pierre. Ce doigt de Dieu qui, dans ce moment, touche les oreilles de cet homme, représente donc les dons du Saint-Esprit qui disposent le cœur de l’homme à croire à la parole de Dieu
Le signe dans la terre c'est Le Fils. Il est le verbe fait chair. "Je suis l'alpha et l'oméga" veut dire Je suis le signe, la totalité du signifiant (alphabet tout entier). D'ailleurs, "Alpha et Oméga" s'écrit "ALEPH-VAV-TAV" en hébreu, et forme un mot qui veut dire "le signe".

Et nous voyons un Jésus qui s'abaisse montrant, par analogie, tout le mystère de la kénose, le Père s'abaissant vers le sol, et par son Esprit mettant dans la terre son Verbe éternel. "Qui m'a vu a vu le Père".

Les plus vieux s'en vont les premiers car il nous faut devenir comme un petit enfant. Nous commençons notre chemin vers Dieu, au soir de notre conversion, par la vieillesse de l'esprit. C'est par le soir que tout commence et c'est au matin que vient la résurrection. "Il y eut un soir et il y eut un matin". C'est dans cet ordre que tout arrive par le doigt de Dieu. Et c'est d'abord notre vieillesse qui s'en va pour que, petit à petit, ne reste que l'enfance, le matin de notre re-création. A la fin, à la femme rachetée, il ne reste que Jésus, seul. Elle est ainsi délivrée du péché par l'entier mystère de l'incarnation du verbe. Ainsi en est-il de notre nature humaine, adultère comme nous sommes idolâtres ; des infidèles à Dieu qu'Il vient racheter en s'abaissant, et en substituant le Signe à la justice immanente (les pierres), pauvre sagesse des hommes.
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Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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Fée Violine
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par Fée Violine »

Justement, Anne, ils ont beaucoup de péchés donc ils savent bien qu'ils n'ont pas le droit de juger leur prochain. Ils savent de quoi ils sont capables, et ça les rend humbles. Tandis que les jeunes sont encore présomptueux et croient encore être les plus forts et les meilleurs. On voit ici que les pharisiens n'étaient pas tous ces méchants hypocrites qu'on nous présente d'habitude : certainement la plupart étaient de bonne foi.
Il y a pas mal d'humour dans cette remarque "en commençant par les plus âgés" !
Quant aux signes tracés par terre, j'avoue que je ne me suis jamais interrogée là-dessus. Je pense à ces gribouillis que font les enfants. Ou plutôt, je suppose qu'il voulait juste se donner une contenance, feindre d'être occupé ailleurs, l'essentiel étant de ne pas regarder la femme, pour éviter de l'humilier davantage (ça doit être horrible d'être dévisagée comme une bête curieuse par une foule en colère). Et ne pas regarder les hommes non plus, pour leur laisser le temps de réfléchir, de se repentir, pour ne pas avoir l'air de les influencer. Et quand un homme ou une femme se repent, c'est quelque chose d'intime et ça ne regarde pas les autres. Bref, Jésus détourne les yeux par discrétion. Et certainement qu'en faisant ses petits dessins, il priait intensément pour toutes ces personnes.
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