Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)
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etienne lorant
- Pater civitatis

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Le plus grand : le serviteur
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 23, 1-12)
01i Jésus déclarait à la foule et à ses disciples:
02 « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
03 Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
04 Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
05 Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
06 ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
07 les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
08 Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
09 Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
10 Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.
La religion nouvelle apportée par Jésus, la pratiquons-nous vraiment ? N'avons-nous pas, aussi dans nos églises, des scribes et des pharisiens qui portent des sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ? Est-ce que nous ne pratiquons pas nous-mêmes une religion purement formelle ? Bien qu'il y ait de tout - du bon, du meilleur et du mauvais, l'Église ne serait plus debout aujourd'hui et nous aurions renié la foi s'il en était comme du temps de Jésus.
Car l'humilité que demande le Seigneur dans ce passage, si nous ne l'avons pas encore, nous l'obtiendrons de nos épreuves à condition d'avoir persévéré. J'aime particulièrement les versets 11 et 12, car il s'y manifeste à nouveau le renversement des hiérarchies de "l'ancien monde". Oh, je sais bien que, de l'extérieur, beaucoup de critiques s'élèvent, car il serait tellement plus pratique d'avoir une religion "sur mesure" ! Mais lorsqu'on vit sa foi, ou même si simplement on DÉSIRE la vivre avec sincérité, alors celui qui s'élève, finit souvent par être abaissé, et celui qui s'abaisse, le Seigneur l'élèvera.
Ce n'est pas comme si nous n'avions que des prêtres, des Evêques et le Pape tout en haut. Ce que nous avons, avant tout, c'est le Christ, présent à chacun et dans chaque sacrement.
En lisant les mystiques, on s'aperçoit que Jésus, après s'être adressé en privé à l'un ou l'une de ses élus, se soumettait de bonne grâce aux ordres des supérieurs et déclarait: "Ce que je te dis ici, mon prêtre te le confirmera lors de ta confession". Lui qui se soumet aux usages et règles adoptées dans sa propre Eglise, continue d'être le plus grand en étant le serviteur de tous.
01i Jésus déclarait à la foule et à ses disciples:
02 « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
03 Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
04 Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
05 Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
06 ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
07 les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
08 Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
09 Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
10 Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.
La religion nouvelle apportée par Jésus, la pratiquons-nous vraiment ? N'avons-nous pas, aussi dans nos églises, des scribes et des pharisiens qui portent des sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ? Est-ce que nous ne pratiquons pas nous-mêmes une religion purement formelle ? Bien qu'il y ait de tout - du bon, du meilleur et du mauvais, l'Église ne serait plus debout aujourd'hui et nous aurions renié la foi s'il en était comme du temps de Jésus.
Car l'humilité que demande le Seigneur dans ce passage, si nous ne l'avons pas encore, nous l'obtiendrons de nos épreuves à condition d'avoir persévéré. J'aime particulièrement les versets 11 et 12, car il s'y manifeste à nouveau le renversement des hiérarchies de "l'ancien monde". Oh, je sais bien que, de l'extérieur, beaucoup de critiques s'élèvent, car il serait tellement plus pratique d'avoir une religion "sur mesure" ! Mais lorsqu'on vit sa foi, ou même si simplement on DÉSIRE la vivre avec sincérité, alors celui qui s'élève, finit souvent par être abaissé, et celui qui s'abaisse, le Seigneur l'élèvera.
Ce n'est pas comme si nous n'avions que des prêtres, des Evêques et le Pape tout en haut. Ce que nous avons, avant tout, c'est le Christ, présent à chacun et dans chaque sacrement.
En lisant les mystiques, on s'aperçoit que Jésus, après s'être adressé en privé à l'un ou l'une de ses élus, se soumettait de bonne grâce aux ordres des supérieurs et déclarait: "Ce que je te dis ici, mon prêtre te le confirmera lors de ta confession". Lui qui se soumet aux usages et règles adoptées dans sa propre Eglise, continue d'être le plus grand en étant le serviteur de tous.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mac
- Tribunus plebis

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Re: Le plus grand : le serviteur
Très juste comme commentaire!Etienne a écrit :En lisant les mystiques, on s'aperçoit que Jésus, après s'être adressé en privé à l'un ou l'une de ses élus, se soumettait de bonne grâce aux ordres des supérieurs et déclarait: "Ce que je te dis ici, mon prêtre te le confirmera lors de ta confession". Lui qui se soumet aux usages et règles adoptées dans sa propre Eglise, continue d'être le plus grand en étant le serviteur de tous.
Mac.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Les meilleures places
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 17-2Cool
17 Au moment de monter à Jérusalem, Jésus prit à part les Douze et, pendant la route, il leur dit :
18 « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort
19 et le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et, le troisième jour, il ressuscitera. »
20 Alors la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande.
21 Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
22 Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »
23 Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. »
24 Les dix autres avaient entendu, et s'indignèrent contre les deux frères.
25 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir.
26 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ;
27 et celui qui veut être le premier sera votre esclave.
28 Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
La demande de Jacques et Jean, par l'intercession de leur mère, paraît très déplacée, justement en cet instant où le Seigneur vient de leur annoncer la cruauté de sa fin à Jérusalem.
Pour comprendre, il faut, d'abord, se souvenir du zèle des deux frères qui, à un moment donné, proposèrent à Jésus de faire tomber le feu du ciel sur des villes impénitentes. Ensuite, certaines prophéties de Jésus leur demeurent confuses: très probablement, dans l'esprit des premiers disciples, si Jésus doit finir ainsi, c'est que dès sa résurrection, le monde disparaîtra, ce sera la fin du monde et le retour en gloire de Jésus sera immédiat... il est facile de se mettre à leur place à ce sujet ! Et puis, enfin, les disciples se figurent qu'une fois Jésus arrêté, eux-mêmes risquent d'être poursuivis et mis à mort, surtout si ce sont les Romains qui se chargent de l'affaire !
La finale est encore le rappel de ce que dit Sym avec une concision qui m'épate toujours:
"Dans le Royaume on a la grandeur du service et du don, ce que en ce monde, la grandeur est à l'avoir et au pouvoir."
17 Au moment de monter à Jérusalem, Jésus prit à part les Douze et, pendant la route, il leur dit :
18 « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort
19 et le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et, le troisième jour, il ressuscitera. »
20 Alors la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande.
21 Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
22 Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »
23 Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. »
24 Les dix autres avaient entendu, et s'indignèrent contre les deux frères.
25 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir.
26 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ;
27 et celui qui veut être le premier sera votre esclave.
28 Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
La demande de Jacques et Jean, par l'intercession de leur mère, paraît très déplacée, justement en cet instant où le Seigneur vient de leur annoncer la cruauté de sa fin à Jérusalem.
Pour comprendre, il faut, d'abord, se souvenir du zèle des deux frères qui, à un moment donné, proposèrent à Jésus de faire tomber le feu du ciel sur des villes impénitentes. Ensuite, certaines prophéties de Jésus leur demeurent confuses: très probablement, dans l'esprit des premiers disciples, si Jésus doit finir ainsi, c'est que dès sa résurrection, le monde disparaîtra, ce sera la fin du monde et le retour en gloire de Jésus sera immédiat... il est facile de se mettre à leur place à ce sujet ! Et puis, enfin, les disciples se figurent qu'une fois Jésus arrêté, eux-mêmes risquent d'être poursuivis et mis à mort, surtout si ce sont les Romains qui se chargent de l'affaire !
La finale est encore le rappel de ce que dit Sym avec une concision qui m'épate toujours:
"Dans le Royaume on a la grandeur du service et du don, ce que en ce monde, la grandeur est à l'avoir et au pouvoir."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Jésus, la Parole, le Verbe souverain
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 33-43.45-46)
21
33i Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
34 Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
35 Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
36 De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
37 Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.'
38 Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !'
39 Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
40 Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
41 On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
42 Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre angulaire.
C'est là l'oeuvre du Seigneur,
une merveille sous nos yeux !
43 Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
45 Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
46 Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.
Jésus adresse une parabole aux chefs des prêtres et aux pharisiens. Certains d'entre eux seront-ils capables de comprendre que ces vignerons homicides, ce sont eux ? Je remarque ici, pour la première fois dans cette montée vers Pâques, que Jésus montre une plus grande assurance dans les réponses qu'il formule à ses opposants. Plus il approchera de sa condamnation à mort, plus il manifestera d'autorité. Le verset 43 est limpide et fournit d'ailleurs la clé de compréhension de la parabole.
J'ai toujours admiré Jésus dans ce langage qui s'affermit à mesure que le danger s'accroît. Qu'il me soit permis de donner deux courts exemples de cette "élévation" de la Parole : le premier, quand il en arrivera à cette fantastique "concordance des temps", si forte qu'elle a résisté à toutes les traductions: "En vérité je vous le dis: avant qu'Abraham fût, je suis !".
Ensuite, devant Pilate, qui est agacé et qui lui dit: "J'ai le pouvoir de te relâcher ou te faire crucifier, Jésus répond, sur le ton de la simple constatation : "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en-haut par mon Père". (Il faut tout de même ce rappeler qu'à ce moment précis, Jésus vient de subir la flagellation et a reçu la couronne d'épines !)
Ce à quoi j'en arrive, c'est à ceci: plus on cherchera à nuire à Jésus, plus le Seigneur transparaîtra. Et plus on le dépouillera de sa "tente" humaine, plus le Seigneur redeviendra le Verbe souverain...
21
33i Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
34 Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
35 Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
36 De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
37 Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.'
38 Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !'
39 Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
40 Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
41 On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
42 Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre angulaire.
C'est là l'oeuvre du Seigneur,
une merveille sous nos yeux !
43 Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
45 Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
46 Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.
Jésus adresse une parabole aux chefs des prêtres et aux pharisiens. Certains d'entre eux seront-ils capables de comprendre que ces vignerons homicides, ce sont eux ? Je remarque ici, pour la première fois dans cette montée vers Pâques, que Jésus montre une plus grande assurance dans les réponses qu'il formule à ses opposants. Plus il approchera de sa condamnation à mort, plus il manifestera d'autorité. Le verset 43 est limpide et fournit d'ailleurs la clé de compréhension de la parabole.
J'ai toujours admiré Jésus dans ce langage qui s'affermit à mesure que le danger s'accroît. Qu'il me soit permis de donner deux courts exemples de cette "élévation" de la Parole : le premier, quand il en arrivera à cette fantastique "concordance des temps", si forte qu'elle a résisté à toutes les traductions: "En vérité je vous le dis: avant qu'Abraham fût, je suis !".
Ensuite, devant Pilate, qui est agacé et qui lui dit: "J'ai le pouvoir de te relâcher ou te faire crucifier, Jésus répond, sur le ton de la simple constatation : "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en-haut par mon Père". (Il faut tout de même ce rappeler qu'à ce moment précis, Jésus vient de subir la flagellation et a reçu la couronne d'épines !)
Ce à quoi j'en arrive, c'est à ceci: plus on cherchera à nuire à Jésus, plus le Seigneur transparaîtra. Et plus on le dépouillera de sa "tente" humaine, plus le Seigneur redeviendra le Verbe souverain...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La question du carême
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 15, 1-3.11-32)
01 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
02 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
03 Alors Jésus leur dit cette parabole :
11 Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
15 Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
17 Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
18 Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
20 Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
21 Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
22 Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
23 Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
24 Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.
25 Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
26 Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
27 Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
29 Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
30 Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
31 Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Devant ce monument de l'Evangile, je me sens toujours aussi petit. Petit comme le fils cadet, qui réclame sa part d'héritage, pour aller vite, vite, la dépenser en illusions et en plaisirs. Petit aussi comme le fils aîné: ce dernier a la morale et l'obéissance, la règle; il dit lui-même : "Je n'ai jamais désobéi", mais quelle pauvre relation que celle-là ! Dans les modes d'existence qu'ont choisi les deux fils, je vois deux façons d'éviter de se poser les vraies questions, celles auxquelles, de toute façon, nous sommes confrontés un jour - et notamment celle de Pilate: "Qu'est-ce que la vérité ?"
Voici donc que le Père retrouve ses deux fils au moment crucial du retour du cadet. C'est bien un de ces moments de nos pauvres existences où les questions nues, crues, ne peuvent plus être reportées. L'enfant qui avait fui découvre qu'il avait méconnu complètement la tendresse miséricordieuse de son père, sa souffrance aussi, puisqu'il allait chaque jour l'attendre aux limites de ses terres... et puis ce pardon immédiat et sa joie, cet excès d'amour, dirait-on, qui balaie même le reste de sa demande: être embauché comme simple serviteur. Et l'autre enfant, celui qui avait récriminé, découvre que son père n'a jamais été son patron et qu'il a lui aussi gâché une partie de sa vie avec ses raisonnements d'homme "respectable".
Malade durant près d'un mois, ma peine m'a obligé à ouvrir les yeux: j'ai ainsi découvert que j'étais devenu très "fils aîné" et que j'avais souvent préféré... disons une forme de "conformisme de pensée" à l'élan de foi qui avait présidé à ma conversion. Comment changer de nouveau - sans courir comme je faisais dans ma trentaine ? Cette question est devenue la demande et l'interrogation profondes de mon carême cette année.
01 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
02 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
03 Alors Jésus leur dit cette parabole :
11 Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
15 Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
17 Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
18 Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
20 Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
21 Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
22 Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
23 Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
24 Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.
25 Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
26 Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
27 Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
29 Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
30 Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
31 Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Devant ce monument de l'Evangile, je me sens toujours aussi petit. Petit comme le fils cadet, qui réclame sa part d'héritage, pour aller vite, vite, la dépenser en illusions et en plaisirs. Petit aussi comme le fils aîné: ce dernier a la morale et l'obéissance, la règle; il dit lui-même : "Je n'ai jamais désobéi", mais quelle pauvre relation que celle-là ! Dans les modes d'existence qu'ont choisi les deux fils, je vois deux façons d'éviter de se poser les vraies questions, celles auxquelles, de toute façon, nous sommes confrontés un jour - et notamment celle de Pilate: "Qu'est-ce que la vérité ?"
Voici donc que le Père retrouve ses deux fils au moment crucial du retour du cadet. C'est bien un de ces moments de nos pauvres existences où les questions nues, crues, ne peuvent plus être reportées. L'enfant qui avait fui découvre qu'il avait méconnu complètement la tendresse miséricordieuse de son père, sa souffrance aussi, puisqu'il allait chaque jour l'attendre aux limites de ses terres... et puis ce pardon immédiat et sa joie, cet excès d'amour, dirait-on, qui balaie même le reste de sa demande: être embauché comme simple serviteur. Et l'autre enfant, celui qui avait récriminé, découvre que son père n'a jamais été son patron et qu'il a lui aussi gâché une partie de sa vie avec ses raisonnements d'homme "respectable".
Malade durant près d'un mois, ma peine m'a obligé à ouvrir les yeux: j'ai ainsi découvert que j'étais devenu très "fils aîné" et que j'avais souvent préféré... disons une forme de "conformisme de pensée" à l'élan de foi qui avait présidé à ma conversion. Comment changer de nouveau - sans courir comme je faisais dans ma trentaine ? Cette question est devenue la demande et l'interrogation profondes de mon carême cette année.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mac
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Re: La question du carême
Vous suscitez chez moi une bonne question par votre questionnement personnel. Moi aussi je courais dans le mauvais sens, cela s'entend. Maintenant, je ne cours plus.etienne lorant a écrit : Comment changer de nouveau - sans courir comme je faisais dans ma trentaine ? Cette question est devenue la demande et l'interrogation profondes de mon carême cette année.
J'aime bien les textes où le Seigneur décrit les qualités intrinsèques au Père.
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etienne lorant
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Qu'est-ce qu'il y a dans l'homme ?
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-25.
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.
En chassant les marchands du temple et en renversant les tables des changeurs, ne dirait-on pas que Jésus vient délivrer une ville assiégée ? Il y a un peu de cela, et c'est en tout cas l'image qui m'est venue. Le Temple est la maison de Dieu, mais les autorités religieuses et les rites institués en ont fait la "prison" de Dieu, une immense cage décorée et encensée de riches parfums, où l'on sacrifie jour après jour, et qu'il a fallu quarante-six ans pour construire... On est vraiment loin de la tente où Moïse rencontrait Dieu, qui contenait l'arche d'alliance, et qui se déplaçait jour après jour durant la traversée du désert ! Quelle est devenu la raison d'être de cette immense bâtisse de pierre: y entre-t-on encore pour rencontrer le Seigneur, bien tenter de l'y contenir comme , de telle façon qu'Il ne puisse déranger la vie des hommes et habiter, également, le coeur des hommes ?
Justement, Jésus est lui-même le temple du Très-Haut. Il est la maison de Dieu à la dimension toute humaine et après la Passion et la Résurrection, apparaîtront les vrais adorateurs du Père, qui l'adoreront non sur la montagne ou dans un temple, mais "en esprit et en vérité". J'aime beaucoup le dernier verset qui précise: "Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme." Cette indication dévoile les fausses religions ou la religion tronquée qui se pratiquent encore. En effet, si l'homme peut être habité par Dieu, il peut également l'être de la manière qui déplaît à Dieu... en apparence, la foi, la pratique de tous les sacrements, mais au plus profond: une allée d'idoles qui se nomment : argent, apparence, vains soucis, opinions toutes carrées et préjugés divers. Rien de tel qu'un vrai carême, ou d'une maladie, pour se rapprocher de Dieu et redécouvrir l'ardeur, le zèle et le feu de la première Rencontre.
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.
En chassant les marchands du temple et en renversant les tables des changeurs, ne dirait-on pas que Jésus vient délivrer une ville assiégée ? Il y a un peu de cela, et c'est en tout cas l'image qui m'est venue. Le Temple est la maison de Dieu, mais les autorités religieuses et les rites institués en ont fait la "prison" de Dieu, une immense cage décorée et encensée de riches parfums, où l'on sacrifie jour après jour, et qu'il a fallu quarante-six ans pour construire... On est vraiment loin de la tente où Moïse rencontrait Dieu, qui contenait l'arche d'alliance, et qui se déplaçait jour après jour durant la traversée du désert ! Quelle est devenu la raison d'être de cette immense bâtisse de pierre: y entre-t-on encore pour rencontrer le Seigneur, bien tenter de l'y contenir comme , de telle façon qu'Il ne puisse déranger la vie des hommes et habiter, également, le coeur des hommes ?
Justement, Jésus est lui-même le temple du Très-Haut. Il est la maison de Dieu à la dimension toute humaine et après la Passion et la Résurrection, apparaîtront les vrais adorateurs du Père, qui l'adoreront non sur la montagne ou dans un temple, mais "en esprit et en vérité". J'aime beaucoup le dernier verset qui précise: "Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme." Cette indication dévoile les fausses religions ou la religion tronquée qui se pratiquent encore. En effet, si l'homme peut être habité par Dieu, il peut également l'être de la manière qui déplaît à Dieu... en apparence, la foi, la pratique de tous les sacrements, mais au plus profond: une allée d'idoles qui se nomment : argent, apparence, vains soucis, opinions toutes carrées et préjugés divers. Rien de tel qu'un vrai carême, ou d'une maladie, pour se rapprocher de Dieu et redécouvrir l'ardeur, le zèle et le feu de la première Rencontre.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Elie, Elisée, Jésus de Nazareth
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 4, 24-30)
24i Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait: "Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
25 En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
26 pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
28 A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Ce qui s'est passé à Nazareth, c'est une préfiguration de ce qui se passera à Jérusalem et qui fera que la Bonne Nouvelle échappera aux frontières d'Israël pour rejaillir sur le monde entier. C'est pourquoi Jésus évoque ici comment, dans l'Ancien Testament, la miséricorde du Père a favorisé une veuve étrangère plutôt que celles d'Israël, car les cœurs s'y étaient endurcis. et il cite aussi le cas du lépreux Naaman. De la sorte, Elie et Elisée prophétisaient déjà, par les œuvres, ce qui adviendrait lorsque les temps seraient accompli.
Jésus a bien failli mourir de la fureur des gens de son village, qu'il connaissait pourtant depuis son enfance... quel accueil !
Je me fais cette réflexion: combien de fois ai-je douté de la proximité du Seigneur dans ma vie ? Peut-être que si j'avais eu plus de foi, ma maladie eût duré encore moins longtemps ? D'après les sites que j'ai consulté, cette maladie dure normalement quatre semaines, souvent en hospitalisation; mais je n'ai eu de fièvre que durant une semaine, et je fus guéri en dix jours. Il est vrai que je m'en suis remis constamment entre les mains de Dieu.
Choisissons une fois pour toutes de tout confier au Seigneur,le souverain Bien de qui découlent tous les autres biens et nous serons dans la Paix, dès ce monde et jusque dans l'éternité.
24i Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait: "Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
25 En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
26 pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
28 A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Ce qui s'est passé à Nazareth, c'est une préfiguration de ce qui se passera à Jérusalem et qui fera que la Bonne Nouvelle échappera aux frontières d'Israël pour rejaillir sur le monde entier. C'est pourquoi Jésus évoque ici comment, dans l'Ancien Testament, la miséricorde du Père a favorisé une veuve étrangère plutôt que celles d'Israël, car les cœurs s'y étaient endurcis. et il cite aussi le cas du lépreux Naaman. De la sorte, Elie et Elisée prophétisaient déjà, par les œuvres, ce qui adviendrait lorsque les temps seraient accompli.
Jésus a bien failli mourir de la fureur des gens de son village, qu'il connaissait pourtant depuis son enfance... quel accueil !
Je me fais cette réflexion: combien de fois ai-je douté de la proximité du Seigneur dans ma vie ? Peut-être que si j'avais eu plus de foi, ma maladie eût duré encore moins longtemps ? D'après les sites que j'ai consulté, cette maladie dure normalement quatre semaines, souvent en hospitalisation; mais je n'ai eu de fièvre que durant une semaine, et je fus guéri en dix jours. Il est vrai que je m'en suis remis constamment entre les mains de Dieu.
Choisissons une fois pour toutes de tout confier au Seigneur,le souverain Bien de qui découlent tous les autres biens et nous serons dans la Paix, dès ce monde et jusque dans l'éternité.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
L'accomplissement de la Loi
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.
Je trouve peu à écrire sur l'Evangile de ce jour. Pour mieux le pénétrer, j'ai repris les dix commandements:
* Premier commandement: Je suis le Seigneur ton Dieu.
* Deuxième commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain
* Troisième commandement : Se souvenir de sanctifier les jours festifs
* Quatrième commandement : Honore ton père et ta mère
* Cinquième commandement : Tu ne tueras point
* Sixième commandement : Tu ne commettras pas d’adultère
* Septième commandement : Tu ne voleras pas
* Huitième commandement : Tu ne feras pas de faux témoignages
* Neuvième commandement : Tu ne désireras pas la femme de ton prochain
* Dixième commandement : Tu ne convoiteras pas le bien du prochain
et j'ai constaté que le Seigneur, en n'ayant pas péché, les a tous accomplis en Lui. Et en les accomplissant, il a rendu la Loi vivante, il l'a intégrée dans le coeur, en sorte que quiconque vit de la Vérité, intégrera dans son être même les préceptes de l'Ancienne Alliance. Les trois premiers commandements concernent le culte dû au Père et dans la vie du chrétien, elles se retrouvent dans l'humble reconnaissance qu'en dehors de Dieu, rien ne serait possible à l'homme. La "supériorité" de la Nouvelle Alliance tient toute entière pour moi dans son accomplissement par le Christ. Celui qui vit à l'imitation du Christ, accomplit la Loi sans éluder aucun des préceptes divins.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.
Je trouve peu à écrire sur l'Evangile de ce jour. Pour mieux le pénétrer, j'ai repris les dix commandements:
* Premier commandement: Je suis le Seigneur ton Dieu.
* Deuxième commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain
* Troisième commandement : Se souvenir de sanctifier les jours festifs
* Quatrième commandement : Honore ton père et ta mère
* Cinquième commandement : Tu ne tueras point
* Sixième commandement : Tu ne commettras pas d’adultère
* Septième commandement : Tu ne voleras pas
* Huitième commandement : Tu ne feras pas de faux témoignages
* Neuvième commandement : Tu ne désireras pas la femme de ton prochain
* Dixième commandement : Tu ne convoiteras pas le bien du prochain
et j'ai constaté que le Seigneur, en n'ayant pas péché, les a tous accomplis en Lui. Et en les accomplissant, il a rendu la Loi vivante, il l'a intégrée dans le coeur, en sorte que quiconque vit de la Vérité, intégrera dans son être même les préceptes de l'Ancienne Alliance. Les trois premiers commandements concernent le culte dû au Père et dans la vie du chrétien, elles se retrouvent dans l'humble reconnaissance qu'en dehors de Dieu, rien ne serait possible à l'homme. La "supériorité" de la Nouvelle Alliance tient toute entière pour moi dans son accomplissement par le Christ. Celui qui vit à l'imitation du Christ, accomplit la Loi sans éluder aucun des préceptes divins.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Un scribe inspiré
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28-34.
Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda: "Quel est le premier de tous les commandements?"
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.
Le secret de ce passage, c'est qu'on peut s'imaginer l'entretien, mais on ne peut pas l'entendre. Jésus s'est prêté de bonne grâce à la question du scribe. Dommage que son intonation de voix à ce moment nous soit perdue, car à mon sens, c'est aussi par son mode d'expression que Jésus va susciter chez son interlocuteur l'interprétation proche de la louange, qui va suivre: "« Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Or, le fait d'avoir fait correspondre le second au premier commandement est tout à fait de Jésus venu "accomplit" la Loi.
Le scribe en est inspiré. Peut-être s’est-il souvenu de la plainte de Dieu au chapitre 1 d’Isaïe: « Qu'ai-je à faire, dit l'Éternel, de la multitude de vos sacrifices? Je suis rassasié d'holocaustes de béliers et de la graisse des veaux gras; je ne prends point plaisir au sang des taureaux, ni des agneaux, ni des boucs (…) Ne continuez plus d'apporter des offrandes vaines; j'ai en horreur le parfum, la nouvelle lune, le sabbat et l'assemblée; je ne puis souffrir ensemble le crime et les solennités (…) Lavez-vous, nettoyez-vous! Otez de devant mes yeux la malice de vos actions. Cessez de mal faire; apprenez à bien faire; recherchez la droiture; protégez l'opprimé, faites droit à l'orphelin, défendez la veuve. »
On aimera donc Dieu « de tout son coeur, de toute son intelligence et de toute sa force » et on lui offrira des sacrifices « en esprit et en vérité », mais si l'on croit être en paix avec Dieu par la seule obéissance au premier commandement - mais que pour le reste on méprise autrui, alors on n'a rien compris. Cela me rappelle le débat sur la foi et les œuvres mais aussi ce que dira Jean:
« Celui qui dit qu'il aime Dieu, et qui n'aime pas son frère, celui-là est un menteur". Comment prétendre qu’on peut prétendre aimer Dieu qu’on ne voit pas, s’il on n’aime pas son frère, qu’on voit ? Je me dis aussi, mais c’est un ajout tout personnel, que cela vaut dans les deux sens : si l’on ne sait pas aimer Dieu qu’on ne voit pas, comment aimer son frère qu’on voit ? En effet, c’est difficile d’aimer quelqu’un qu’on ne peut voir, aussi difficile que d’aimer quelqu’un dont l’apparence nous rebute – or, souvent, le Seigneur se présentera à nous sous l’aspect d’un pauvre, d’un misérable : soyons donc très attentifs !
Ce passage nous montre aussi que, tout en ayant d'emblée choisi d'évangéliser les petits, les publicains et les pécheurs, le Seigneur cherche aussi le salut de ceux qui l'accusent de détourner le peuple de ses devoirs. Ici, il est tombé sur un scribe qui se pose des questions sincères, et il lui répond avec bonheur.
Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda: "Quel est le premier de tous les commandements?"
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.
Le secret de ce passage, c'est qu'on peut s'imaginer l'entretien, mais on ne peut pas l'entendre. Jésus s'est prêté de bonne grâce à la question du scribe. Dommage que son intonation de voix à ce moment nous soit perdue, car à mon sens, c'est aussi par son mode d'expression que Jésus va susciter chez son interlocuteur l'interprétation proche de la louange, qui va suivre: "« Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Or, le fait d'avoir fait correspondre le second au premier commandement est tout à fait de Jésus venu "accomplit" la Loi.
Le scribe en est inspiré. Peut-être s’est-il souvenu de la plainte de Dieu au chapitre 1 d’Isaïe: « Qu'ai-je à faire, dit l'Éternel, de la multitude de vos sacrifices? Je suis rassasié d'holocaustes de béliers et de la graisse des veaux gras; je ne prends point plaisir au sang des taureaux, ni des agneaux, ni des boucs (…) Ne continuez plus d'apporter des offrandes vaines; j'ai en horreur le parfum, la nouvelle lune, le sabbat et l'assemblée; je ne puis souffrir ensemble le crime et les solennités (…) Lavez-vous, nettoyez-vous! Otez de devant mes yeux la malice de vos actions. Cessez de mal faire; apprenez à bien faire; recherchez la droiture; protégez l'opprimé, faites droit à l'orphelin, défendez la veuve. »
On aimera donc Dieu « de tout son coeur, de toute son intelligence et de toute sa force » et on lui offrira des sacrifices « en esprit et en vérité », mais si l'on croit être en paix avec Dieu par la seule obéissance au premier commandement - mais que pour le reste on méprise autrui, alors on n'a rien compris. Cela me rappelle le débat sur la foi et les œuvres mais aussi ce que dira Jean:
« Celui qui dit qu'il aime Dieu, et qui n'aime pas son frère, celui-là est un menteur". Comment prétendre qu’on peut prétendre aimer Dieu qu’on ne voit pas, s’il on n’aime pas son frère, qu’on voit ? Je me dis aussi, mais c’est un ajout tout personnel, que cela vaut dans les deux sens : si l’on ne sait pas aimer Dieu qu’on ne voit pas, comment aimer son frère qu’on voit ? En effet, c’est difficile d’aimer quelqu’un qu’on ne peut voir, aussi difficile que d’aimer quelqu’un dont l’apparence nous rebute – or, souvent, le Seigneur se présentera à nous sous l’aspect d’un pauvre, d’un misérable : soyons donc très attentifs !
Ce passage nous montre aussi que, tout en ayant d'emblée choisi d'évangéliser les petits, les publicains et les pécheurs, le Seigneur cherche aussi le salut de ceux qui l'accusent de détourner le peuple de ses devoirs. Ici, il est tombé sur un scribe qui se pose des questions sincères, et il lui répond avec bonheur.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Un scribe inspiré
Bonjour,
Quand je lis cet évangile, je ne peux m'empêcher de m'arrêter sur ce "Tu n'es pas loin du royaume". Je ne peux m'empêcher de me demander, tatillon comme je suis : à côté de quoi il est passé ce scribe, pour n'être que "pas loin" mais ne pas y être vraiment ? C'est vrai, on relève souvent cela comme un "compliment" de la part de Jésus, et quelque part c'en est très certainement un, mais Jésus ne dit pas : "C'est bien, tu as tout compris". Il dit quelque chose qui s'apparente plus à "Tu as PRESQUE tout compris".
Et ce matin je me suis dit que dans la remarque du scribe sur les sacrifices, le Sh'ma n'était peut-être pas plus important que TOUS les sacrifices. Il y a peut-être un sacrifice plus important que ce commandement, et ce sacrifice c'est celui de Jésus. Ainsi, dire que le commandement d'amour est plus important que tous les sacrifices est "PRESQUE" vrai. Il est ce qu'il nous faut observer EN PREMIER. Mais le royaume est encore un tout petit peu plus loin que l'observance de ce sacrifice, dans le don que nous fait Dieu par son sacrifice à Lui. Nous observons le commandement d'amour et Dieu vient à notre rencontre en offrant LE sacrifice par excellence, plus important que toutes nos obéissances, puisqu'il est l'amour même qu'il nous faut observer.
Quand je lis cet évangile, je ne peux m'empêcher de m'arrêter sur ce "Tu n'es pas loin du royaume". Je ne peux m'empêcher de me demander, tatillon comme je suis : à côté de quoi il est passé ce scribe, pour n'être que "pas loin" mais ne pas y être vraiment ? C'est vrai, on relève souvent cela comme un "compliment" de la part de Jésus, et quelque part c'en est très certainement un, mais Jésus ne dit pas : "C'est bien, tu as tout compris". Il dit quelque chose qui s'apparente plus à "Tu as PRESQUE tout compris".
Et ce matin je me suis dit que dans la remarque du scribe sur les sacrifices, le Sh'ma n'était peut-être pas plus important que TOUS les sacrifices. Il y a peut-être un sacrifice plus important que ce commandement, et ce sacrifice c'est celui de Jésus. Ainsi, dire que le commandement d'amour est plus important que tous les sacrifices est "PRESQUE" vrai. Il est ce qu'il nous faut observer EN PREMIER. Mais le royaume est encore un tout petit peu plus loin que l'observance de ce sacrifice, dans le don que nous fait Dieu par son sacrifice à Lui. Nous observons le commandement d'amour et Dieu vient à notre rencontre en offrant LE sacrifice par excellence, plus important que toutes nos obéissances, puisqu'il est l'amour même qu'il nous faut observer.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Tout âme doit prier
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14.
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. ' Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! ' Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Quand Jésus, dans cette parabole, décrit jusqu'à citer les paroles du pharisien et du publicain, il décrit tout simplement ce qui se passe dans le Temple - et aujourd'hui dans nos églises, ou dans nos chapelles, lorsque les fidèles s'y rendent: Dieu écoute chacun et toutes les prières sont entendues. Mais celui qui vient devant Dieu déclarer qu'il est juste, comment le Seigneur viendrait-il à son aide (si ce n'est en permettant des épreuves afin qu'il se rende compte de sa condition pécheresse) ? Quant à celui qui vient à Dieu avec ses problèmes, ses difficultés, l'absence d'un être cher, la solitude, ses dérives et ses fautes le Seigneur lui prête une oreille favorable et ne manquera pas de subvenir à ses besoins.
Pour nous tous, je crois de plus en plus qu'il n'existe qu'une seule et bonne façon de prier: c'est de demander à Dieu d'ajuster notre âme à Son dessein. Oui, cela paraît comme un saut dans l'inconnu, mais ce risque, c'est le risque même de la foi, comme c'est celui de l'amour de se lancer à dire "je t'aime"... Car c'est bien d'amour qu'il s'agit, et de quel amour ! Comme j'écris ces lignes, à présent que mon esprit s'entrouvre sur mon passé, je pourrais raconter cent et une petites histoires qui me sont arrivées. Sur le moment, je ne comprenais pas ce qui arrivait. Et puis parfois un an ou deux plus tard, un autre événement venait démontrer, à l'évidence, que j'avais échappé à un grand péril - ici pour l'âme, là pour le corps (mais les deux sont liés).
Pour aller à l'église, les dispositions intérieures qui prévalent sont l'amour et la confiance - et encore plus, dirai-je, si nous avons péché. Quiconque a honte à cause de son péché et ne se rend pas devant Dieu pour prier, agit comme Adam et Eve qui n'ont pas espéré en la miséricorde de Dieu et se sont cachés de Lui... c'était ajouter une faute d'orgueil - car nous ne pouvons même pas nous juger nous-mêmes, à une faute déjà commise. Et donc toute âme doit prier.
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. ' Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! ' Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Quand Jésus, dans cette parabole, décrit jusqu'à citer les paroles du pharisien et du publicain, il décrit tout simplement ce qui se passe dans le Temple - et aujourd'hui dans nos églises, ou dans nos chapelles, lorsque les fidèles s'y rendent: Dieu écoute chacun et toutes les prières sont entendues. Mais celui qui vient devant Dieu déclarer qu'il est juste, comment le Seigneur viendrait-il à son aide (si ce n'est en permettant des épreuves afin qu'il se rende compte de sa condition pécheresse) ? Quant à celui qui vient à Dieu avec ses problèmes, ses difficultés, l'absence d'un être cher, la solitude, ses dérives et ses fautes le Seigneur lui prête une oreille favorable et ne manquera pas de subvenir à ses besoins.
Pour nous tous, je crois de plus en plus qu'il n'existe qu'une seule et bonne façon de prier: c'est de demander à Dieu d'ajuster notre âme à Son dessein. Oui, cela paraît comme un saut dans l'inconnu, mais ce risque, c'est le risque même de la foi, comme c'est celui de l'amour de se lancer à dire "je t'aime"... Car c'est bien d'amour qu'il s'agit, et de quel amour ! Comme j'écris ces lignes, à présent que mon esprit s'entrouvre sur mon passé, je pourrais raconter cent et une petites histoires qui me sont arrivées. Sur le moment, je ne comprenais pas ce qui arrivait. Et puis parfois un an ou deux plus tard, un autre événement venait démontrer, à l'évidence, que j'avais échappé à un grand péril - ici pour l'âme, là pour le corps (mais les deux sont liés).
Pour aller à l'église, les dispositions intérieures qui prévalent sont l'amour et la confiance - et encore plus, dirai-je, si nous avons péché. Quiconque a honte à cause de son péché et ne se rend pas devant Dieu pour prier, agit comme Adam et Eve qui n'ont pas espéré en la miséricorde de Dieu et se sont cachés de Lui... c'était ajouter une faute d'orgueil - car nous ne pouvons même pas nous juger nous-mêmes, à une faute déjà commise. Et donc toute âme doit prier.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Invité
- Barbarus

Re: Tout âme doit prier
"celui qui vient devant Dieu déclarer qu'il est juste"
Encore s'ils sont convaincus d'être justes, le Seigneur comme vous dites peut les ajuster de nouveau,
ce qui est plus ennuyeux c'est le mépris des autres. Cela ne correspond pas du tout à la manière de faire du Seigneur.
Encore s'ils sont convaincus d'être justes, le Seigneur comme vous dites peut les ajuster de nouveau,
ce qui est plus ennuyeux c'est le mépris des autres. Cela ne correspond pas du tout à la manière de faire du Seigneur.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
L'exercice de la foi
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 4, 43-54)
Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L'homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu'il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s'était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C'est hier, au début de l'après-midi, que la fièvre l'a quitté. » Le père se rendit compte que c'était justement l'heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, avec tous les gens de sa maison. Tel est le second signe que Jésus accomplit lorsqu'il revint de Judée en Galilée.
La question que pose le fonctionnaire royal à ses serviteurs correspond tout à fait à notre façon de chercher Dieu. Nous ne demandons pas des signes et des prodiges, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de rechercher des coïncidences, des confirmations, des rapports entre les lieux et les temps. C'est humain et je ne crois pas que cela nous sera reproché. Dans le cas précis, il apparaît que ce père a beaucoup marché pour exposer sa demande au Seigneur: car il s'écoule au moins une nuit entre le moment où Jésus lui dit "Va, ton fils et vivant" et sa rencontre avec les messagers de sa maison. Le fonctionnaire ne s'est pas résigné quand les médecins lui ont dit : "Il n'y a plus rien à faire" mais, par amour pour son son enfant, il est sorti de chez lui, il a abandonné sa sécurité, son rang, son devoir de réserve, il n'a plus été, sur le chemin, qu'un père partagé en douleur et espérance. Sa marche lui a servi de démarche de foi, en quelque sorte.
Il faut voir comment l'Evangéliste précise: "Il crut et il partit", puis, une nouvelle fois: "Alors il crut, avec tous les gens de sa maison". Je me fais donc cette réflexion: si je m'applique assez dans la foi pure, au quotidien, la foi sans les signes et les prodiges, sans les calculs et les vérifications, alors j'aurai la foi que Dieu demande. Comment, sans être mise à l'épreuve, une telle foi pourrait-elle apparaître ? Avec la petite oraison qu'elle avait reçue du Seigneur, sainte Faustine avançait sans rien devoir comprendre. Il lui suffisait de dire "Jésus, j'ai confiance en Toi !" et d'avancer. Souvent, telle porte que l'on avait trouvée bloquée, infranchissable, s'est ouverte sous ce seul mouvement de l'âme, comme si l'âme avait eu besoin d'un simple courant d'air...
Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L'homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu'il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s'était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C'est hier, au début de l'après-midi, que la fièvre l'a quitté. » Le père se rendit compte que c'était justement l'heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, avec tous les gens de sa maison. Tel est le second signe que Jésus accomplit lorsqu'il revint de Judée en Galilée.
La question que pose le fonctionnaire royal à ses serviteurs correspond tout à fait à notre façon de chercher Dieu. Nous ne demandons pas des signes et des prodiges, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de rechercher des coïncidences, des confirmations, des rapports entre les lieux et les temps. C'est humain et je ne crois pas que cela nous sera reproché. Dans le cas précis, il apparaît que ce père a beaucoup marché pour exposer sa demande au Seigneur: car il s'écoule au moins une nuit entre le moment où Jésus lui dit "Va, ton fils et vivant" et sa rencontre avec les messagers de sa maison. Le fonctionnaire ne s'est pas résigné quand les médecins lui ont dit : "Il n'y a plus rien à faire" mais, par amour pour son son enfant, il est sorti de chez lui, il a abandonné sa sécurité, son rang, son devoir de réserve, il n'a plus été, sur le chemin, qu'un père partagé en douleur et espérance. Sa marche lui a servi de démarche de foi, en quelque sorte.
Il faut voir comment l'Evangéliste précise: "Il crut et il partit", puis, une nouvelle fois: "Alors il crut, avec tous les gens de sa maison". Je me fais donc cette réflexion: si je m'applique assez dans la foi pure, au quotidien, la foi sans les signes et les prodiges, sans les calculs et les vérifications, alors j'aurai la foi que Dieu demande. Comment, sans être mise à l'épreuve, une telle foi pourrait-elle apparaître ? Avec la petite oraison qu'elle avait reçue du Seigneur, sainte Faustine avançait sans rien devoir comprendre. Il lui suffisait de dire "Jésus, j'ai confiance en Toi !" et d'avancer. Souvent, telle porte que l'on avait trouvée bloquée, infranchissable, s'est ouverte sous ce seul mouvement de l'âme, comme si l'âme avait eu besoin d'un simple courant d'air...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Diahloquèt
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- Inscription : jeu. 19 mars 2009, 16:40
Re: L'accomplissement de la Loi
Etienne, ... un peu tard pour réagir à votre méditation,Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.
---mais, n'ayant découvert ce forum que depuis qq jours,
je n'en ouvre les sujets que peu à peu... !
Voici des extraits d'un commentaire de Marc-Alain Ouaknin, -rabbin et philosophe-
qui apporte un éclairage nourrissant et ouvert, vivant...
I. “Je suis l’Éternel, ton D'ieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage” : D’emblée, le concept de liberté s’impose. Si je suis à l’image de ce D'ieu de libération, je dois moi aussi produire de la liberté, sortir de l’enfermement d’un destin –du "c’est écrit"--, inventer mon histoire. Ce commandement est une invitation à être novateur dans l’action, à inventer de nouvelles formes de vie, notamment en abolissant les préjugés.
II. “Tu n’auras pas d’autres dieux que moi” : D'ieu, Élohim dans le texte original, signifie aussi en hébreu "institutions de justice". Autrement dit, D'ieu ne s’atteint que par la relation juste, la relation de responsabilité et d’amour… D'ieu ne s’atteint que par la relation aux autres hommes.
III. “Tu ne prononceras pas le nom de D'ieu en vain” : Le verbe hébreu signifiant "prononcer" veut aussi dire "élever". Ce commandement peut ainsi se comprendre : "Tu n’élèveras pas le nom de D'ieu si haut qu’il devienne vain, loin des choses terrestres et perdant toute proximité avec les hommes. Et ce sont notamment les institutions de justice qui permettent cette proximité. La question n’est donc pas de savoir où était D'ieu pendant la Shoah, mais où étaient les hommes avec leurs institutions de justice et leurs règles morales.
IV. “Souviens-toi de sanctifier le jour du Shabbat” : Traduction littérale : Tu seras toujours en train de te souvenir de ce jour à venir. Ce commandement invite à une véritable éthique du futur. Le Shabbat est ce jour de fin de semaine où l’on peut apprendre à regarder le monde de manière nouvelle, comme s’il apparaissait pour la première fois. École du regard, de l’écoute, cette loi nous pousse à sortir de l’ornière des habitudes. Car "l’habitude nous déshabitue d’habiter l’essentiel".
V. “Tu honoreras ton père et ta mère” : Le psychanalyste Daniel Sibony traduit littéralement " lourd ton père, lourde ta mère " : Qu’est-ce que “prendre lourds” son père et sa mère ? C’est donner suffisamment de poids à leur histoire pour ne pas avoir à la répéter. En hébreu, ke av, " comme le père ", est le même mot que quéev, la souffrance. A partir du moment où l’on est dans l’imitation du père, on est dans une douleur existentielle.
VI. “Tu ne tueras pas” : Le fondement même de la violence, c’est soit l’incapacité de parler, soit le fait de parler en “enfermant” au lieu d’ouvrir au dialogue, au partage… " L’histoire d’Abel et Caïn le confirme : " Caïn se leva vers son frère Abel, ils étaient dans le champ, et il lui dit : “[… …]”, et il le tua. Un texte biblique où, entre des guillemets, il n’y a rien… !!! Il mime lui-même le drame pour qu’on y entre.
VII. “Tu ne commettras pas d’adultère” : Ce qui est condamnable, c’est une forme d’amour vécu sans conscience ni responsabilité. Le septième commandement peut être entendu ainsi : “Ne fais pas souffrir l’autre en lui rendant impossible d’entendre sa propre histoire.” "
VIII. “Tu ne voleras pas” : En hébreu, le "vol", le "rapt", shod, est identique au mot shad, le "sein" de la mère. Ce commandement évoque les sevrages mal réalisés. Un voleur, c’est quelqu’un qui n’a pas reçu de parole de séparation. Cette loi évoque donc la nécessité d’une parole de maturation, seule capable de transmuer le désir d’amasser, en désir d’être. Sinon, en maintenant dans le seul désir d’avoir, on commet un vol, et pas n’importe lequel : le vol de l’être.
IX. “ Tu ne commettras pas de faux témoignage” : Ce commandement est l’un des plus difficiles à suivre ! Ce qui est à éviter ici : une parole qui cède aux cancans, qui enferme son prochain dans une catégorie. L’amour doit donner plus qu’il ne prend : Regardez la différence entre le lac de Tibériade et la mer Morte : le premier reçoit les eaux du Jourdain et les reverse, les redonne. La mer morte, quant à elle, se remplit des eaux du Jourdain mais ne les redonne pas. Je définis le mortifère ainsi : quand je suis capable de recevoir, mais incapable de donner.
X. “Ne convoite pas la femme, la maison, tout ce qui est à ton prochain” : Dans le judaïsme, est pur tout ce qui a trait à la générosité pour l’autre, est impur tout ce qui est en rapport avec l’enfermement sur soi et la mort. Le mot clef, c’est la bonté. Pas le bien, qui n’est qu’un mot, mais la bonté, au sens de "petit geste". Car c’est là qu’est le véritable amour : dans les petits gestes.
Ce commandement n’évoque pas seulement l’envie, la convoitise, mais renvoie à un désir de savoir sur les autres. Car mon prochain a toujours droit à cette part d’inconnaissance, lui qui n’est jamais un objet. …
Les dix commandements, M-A Ouaknin - Le Seuil - 1999
******* Merci pour vos méditations, Etienne !
" Un texte qu’on va étudier 101 fois n’est pas le même que celui qu’on étudiera 100 fois. " !!!...
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