Pour et contre l'avortement : à l'étranger

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Yves54
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Re: L'avortement

Message non lu par Yves54 »

ximatt a écrit :Le débat sur ce fil, d'un coté comme de l'autre, fait mystérieusement abstraction d'un point essentiel, rapporté pourtant lisiblement dans la presse. Au dela des circonstances de la conception, des dangers pour la vie de la mere et pour la santé des enfants, et du point de vue catholique, il y a le fait que la fille etait tout simplement incapable de mener la grossesse à terme. Et dans ces conditions, je ne vois pas ce qu on peut objecter à cet avortement.

Il y a possibilité d'extraire les bébés avant le terme de la naissance et de les faire vivre en couveuse. La science, au lieu de servir à tuer, devrait servir à faire vivre. Et là c'est l'illustration parfaite de ce cas.


Je ne nie pas la souffrance de la fille, vraiment pas. Et je peux comprendre ce qui s'est passé dans la tête de la mère de la petite fille. Mais rationnellement, ce n'est pas acceptable.
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Petit Matthieu
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Re: L'avortement

Message non lu par Petit Matthieu »

Yves54 a écrit :Mais rationnellement, ce n'est pas acceptable.
Les pharisiens étaient les plus rationnels des hommes.
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Re: L'avortement

Message non lu par DavidB »

Petit Matthieu a écrit :
Yves54 a écrit :Mais rationnellement, ce n'est pas acceptable.
Les pharisiens étaient les plus rationnels des hommes.
Alors, exit la raison, l'amour vrai c'est celui du Christ, particulièrement éprouvé sur la croix et le même amour est attendu des chrétiens : "Aimez-vous les uns les autres comme JE vous ai aimé". L'amour ce n'est pas une histoire d'eau de rose, mais de vie qui se donne...
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
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Re: L'avortement

Message non lu par Anne »

Yves54 a écrit : Il y a possibilité d'extraire les bébés avant le terme de la naissance et de les faire vivre en couveuse. La science, au lieu de servir à tuer, devrait servir à faire vivre. Et là c'est l'illustration parfaite de ce cas.
D'autant plus qu'il est possible, ensuite, que des parents qui sont dans l'impossibilité d'avoir des enfants puissent accueillir ces bébés.

Je trouve que notre société, en général, entretient le culte du débarras, du gros nombril et de la mort (des autres, s'entend)!

Aucune alternative n'est offerte aux femmes qui songent à se faire avorter: soutien durant la grossesse, possibilités d'aide après ou même le don à l'adoption si la mère juge qu'elle ne peut vraiment pas donner des conditions de vie adéquates à son enfant!

Combien de couples doivent se tourner vers des mesures d'adoption (via la Chine, par exemple, encore que là, on rend vraiment service à ces petites filles dont le sort est peu enviable) ou de procréation artificielle onéreuses, alors que ces enfants à naître pourraient les rendre heureux?

Probablement que c'est plus "rentable", rapide et efficace de tuer des bébés que de les laisser naître... La solution de facilité...
Pourtant, beaucoup de femmes ont du mal à se remettre des conséquences psychologiques d'un avortement. Je me demande si cet aspect leur est présenté lorsqu'elles parlent de leur projet à leur médecin...

Il n'y a pas beaucoup d'aide non plus pour les victimes de viol... Les poursuites en justice sont pénibles et souvent les agresseurs s'en sortent trop facilement ou avec des peines dérisoires. Même chose pour les victimes d'inceste. L'éducation sexuelle est à peu près inexistante ici depuis des années. Les médias envoient aux filles le message qu'il faut être sexy et "willing" (on pense aux fameux articles dans les revues d'ado portant sur comment plaire aux gars en leur faisant des p...).

Il n'y a pas de volonté d'agir en amont de l'avortement, aucune volonté de prévention.

Maintenant, dans le cas qui nous intéresse, soit il y a désinformation (qui serait surpris?) ou bien ces prélats ont grand besoin d'attachés de presse compétents!
Malheureusement, ceci réveille au Québec le spectre du curé (dans un passé pas si lointain) qui exige que toute femme mariée soit enceinte une fois par année, des familles nombreuses élevées dans la misère et la pauvreté, des condamnations sévères, etc.
Ça soulève les passions, pour ne pas dire l'horreur.

Quoique personne ne songe au fait que les enfants de ces mêmes familles nombreuses sont nos mères, pères, grands-parents et que sans eux, la plupart d'entre nous ne seraient pas de ce monde.

Personne ne songe non plus à aller demander, à ces mères de famille, lequel de leurs enfants elles souhaiteraient ne pas avoir eu... On serait surpris par leur réponse! Je pense à notre Maman Dion nationale qui parlait du prêtre qui l'avait empêchée de prendre des mesures contraceptive et disait le détester... C'est qui la p'tite 14e, déjà? Une certaine Céline...?
:chorale:

La seule chose que l'on puisse faire, en ce moment, ce serait de prier pour la fillette, sa mère, ses médecins (qui pensaient surement au bien de cette enfant).
Et, si on en est capable, pour le sympatique beau-papa.

Mais surtout, surtout, pour 2 petits bébés qui ne naîtront jamais.

Deux petites âmes innocentes parmi trop d'autres...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Yves54
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Re: L'avortement

Message non lu par Yves54 »

Petit Matthieu a écrit :
Yves54 a écrit :Mais rationnellement, ce n'est pas acceptable.
Les pharisiens étaient les plus rationnels des hommes.

La raison ne doit pas s'opposer à la Foi et la Foi à la raison.

Le fait que les pharisiens étaient raisonnables (et encore...) ne nous enlève pas la capacité de raisonner une fois qu'on est chrétien...
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Luis
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Re: L'avortement

Message non lu par Luis »

Si ma propre fille se retrouvait dans cette situation, j'aurais le courage de lui parler de Caroline Aigle, qui s'est sacrifiée pour son enfant.
Elle décède le 21 août 2007 agée de 32 ans d'un cancer foudroyant (mélanome[6]) décelé quelques mois avant sa disparition. Elle totalisait près de 1 600 heures de vol[7]. Elle était mariée et mère de deux enfants, dont Gabriel. Elle a appris sa maladie alors qu'elle était enceinte. Contre l'avis des médecins qui lui conseillaient de ne pas garder l'enfant pour préserver au mieux sa santé, elle choisit avec son époux de garder l'enfant[8]. Gabriel est ainsi né par césarienne à cinq mois et demi, Caroline Aigle décédait quelques jours plus tard[9]. Elle a été décorée de la Médaille de l'Aéronautique à titre posthume par le président de la République le 2 octobre 2007.
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Petit Matthieu
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Re: L'avortement

Message non lu par Petit Matthieu »

Yves54 a écrit : La raison ne doit pas s'opposer à la Foi et la Foi à la raison.

Le fait que les pharisiens étaient raisonnables (et encore...) ne nous enlève pas la capacité de raisonner une fois qu'on est chrétien...
Exact, il y a un juste milieu.
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Re: L'avortement

Message non lu par Petit Matthieu »

Je trouve que notre société, en général, entretient le culte du débarras, du gros nombril et de la mort (des autres, s'entend)!
C'est tristement vrai !
Aucune alternative n'est offerte aux femmes qui songent à se faire avorter: soutien durant la grossesse, possibilités d'aide après ou même le don à l'adoption si la mère juge qu'elle ne peut vraiment pas donner des conditions de vie adéquates à son enfant!
Je suis à nouveau d'accord avec vous.

Il n'y a pas beaucoup d'aide non plus pour les victimes de viol... Les poursuites en justice sont pénibles et souvent les agresseurs s'en sortent trop facilement ou avec des peines dérisoires. Même chose pour les victimes d'inceste.

Là par contre je ne vous suis pas, le viol est souvent puni d'une peine allant de 5 à 15 ans de prison, et l'inceste est très durement réprimé.
Il n'y a pas de volonté d'agir en amont de l'avortement, aucune volonté de prévention.
Le préservatif n'est pas alors LA solution ?

Quoique personne ne songe au fait que les enfants de ces mêmes familles nombreuses sont nos mères, pères, grands-parents et que sans eux, la plupart d'entre nous ne seraient pas de ce monde.
Ca me fait penser à Beethoven, sa mère avait la tuberculose, son père la syphilis.

La seule chose que l'on puisse faire, en ce moment, ce serait de prier pour la fillette, sa mère, ses médecins (qui pensaient surement au bien de cette enfant).
Et, si on en est capable, pour le sympatique beau-papa.
Attention à ce genre d'humour Anne T, vous aller recevoir les foudres de Serge BS :>

En redevenant sérieux, je viens de voir quelques images d'avortement, et les techniques employées.....uff, un gros choc, c'est vraiment terrible à voir... Le problème est peut-être là aussi, derrière ce mot avortement, notre société reste sur le mot, les images sont occultées. Etrange pour une société de l'image, non ?? Voir ces photographies m'a vraiment remué....

Et une autre question pour connaître vos avis, quelle est votre position sur le droit à l'avortement ? Le droit d'avorter doit disparaître ou vous vous opposez à sa réalisation et non au droit de la femme à disposer de son corps ?
Bref, laisser la liberté de la femme ou pas ? Ou supprimer cette liberté pour sauver l'enfant ?
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Re: L'avortement

Message non lu par Dúbida »

Bonjour,
pourquoi le beau-père - qui a, selon moi, une très grosse part de responsabilité dans toute cette affaire - n'a t-il pas été lui aussi excommunié ?
(A moins qu'il l'ait été et que j'ai loupé l'info; mais les journaux que j'ai lu parlent uniquement de l'excommunication de la mère et du médecin.)
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Re: L'avortement

Message non lu par alice2 »

bonsoir,
Il existe une liste de fautes entrainant l'excommunication, et le viol même sur mineur n'en fait pas parti, le meurtre non plus d'ailleurs. Il me semble même, mais je peux me tromper, que pour un laîque il n'y a que deux cas où il y a excommunication: les divorcés remariés et l'avortement. Et d'ailleurs je me demande bien en quoi c'est les deux " crimes " les plus graves.
Alice
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Re: L'avortement

Message non lu par colette »

Beaucoup de réaction à ce sujet :


MONSEIGNEUR PATENOTRE, EVEQUE DE LA MISSION DE FRANCE ET SON CONSEIL
L’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.

Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?

Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.

MONSEIGNEUR MARC STNGER, EVEQUE DE TROYES
Marc Stenger, évêque de Troyes, est président du pôle Amérique latine à la Conférence des évêques de France et président de Pax Christi France.

« Cette enfant a été détruite gravement par celui qui l’a violée. S’il faut condamner quelqu’un, c’est le violeur.
Du point de vue du strict droit canonique, ce qu’a dit l’archevêque de Recife est juste : nous croyons que la vie est sacrée, qu’elle est un cadeau de Dieu. Mais il existe des circonstances où les personnes sont des victimes, et j’aurais aimé entendre des mots de miséricorde plutôt que de condamnation. Ces propos sont encore plus affligeants dans le contexte que nous connaissons. Alors qu’on parle beaucoup de la levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes, il est douloureux d’entendre cette condamnation-là. »
LA VIE

MONSEIGNEUR FRANCIS DENIAU, EVEQUE DE LA NIEVRE
J’ai appris comme tout le monde que la mère d’une fille de neuf ans, enceinte de son beau-père, avait été excommuniée par son évêque au Brésil, avec l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement de sa fille. Comme évêque, je suis solidaire de tous les évêques du monde. La solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. Je dois dire à mon frère l’évêque de Recife – et au cardinal qui l’a soutenu - que je ne comprends pas leur intervention. Devant un tel drame, devant la blessure d’une enfant violée et incapable, même physiquement, de mener à terme une grossesse, il y avait autre chose à dire, et surtout des questions à se poser : comment accompagner, encourager, permettre de sortir de l’horreur, de retrouver sens et goût à la vie ? comment aider la fille et la mère à se reconstruire ? Nous balbutions, surtout nous les hommes, et devons compter sur les femmes pour être là avec plus de présence que de paroles. Mais des paroles de condamnation, un rappel de la loi, aussi juste soit-elle : c’est ce qu’il ne faut pas faire.

Jésus aurait dit que la morale est faite pour l’homme et non l’homme pour la morale. Il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui lient de pesants fardeaux sur les épaules des autres.

Je confesse que j’ai accompagné des femmes avant et après une IVG. Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et à contre-temps, sur le respect de la vie humaine « depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ». Nous manquerions à notre responsabilité en taisant cet appel, qui relève de la défense des plus petits et des plus faibles. Après, il s’agit d’accompagner chaque personne, dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. Dieu nous appelle à des décisions qui peuvent être exigeantes, mais d’abord il nous enveloppe de sa tendresse, et il nous accueille dans les obscurités et les drames de la vie. J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité.

Francis Deniau, évêque pour la Nièvre
LA VIE

MONSEIGNEUR NORBERT TURINI, EVEQUE DE CAHORS

Mgr Norbert Turini : « Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ? »

Une fillette brésilienne de neuf ans violée, enceinte de deux jumeaux, une mère accablée, un avortement, une condamnation, une "excommunication" ! L'opinion publique réagit.
Je comprends son émotion.

Pourquoi n'avoir pas gardé le silence devant une telle détresse ?
Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ?
Beaucoup se questionnent.

Je défends et défendrai toujours, la dignité et le respect de la vie de son origine à son terme et je crois qu'en toutes circonstances, l'attitude de l'Eglise tire sa légitimité de l'attitude du Christ. Ainsi, l'amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les évangiles, que la condamnation et l'exclusion. Il n'y a qu'à les ouvrir pour s'en convaincre !

Quel sera l'avenir de cette femme, de cette fillette, à la suite de cette décision ? Qui va les accompagner ? Nous devons en conscience et fidèles à la Bonne Nouvelle nous interroger.


Pour l'heure, je voudrais pouvoir leur dire qu'elles sont et seront toujours aimées par le Dieu de Jésus-Christ que nous appelons Notre Père."

+Norbert TURINI, Evêque de Cahors
LA VIE


LETTRE OUVERTE DE MONSEIGNEUR GERARD DAUCOURT, EVEQUE DE NANTERRE à Monseigneur José Cardoso Sobrinho, Archevêque de Olinda et Recife
Monseigneur,

Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l’excommunication d’une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l’âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l’excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.

Je vous rassure tout de suite : pour moi, l’avortement est la suppression d’une vie. J’y suis donc fermement opposé.

La mère de cette fillette a peut-être pensé qu’il valait mieux sauver une vie que de risquer d’en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu’un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l’Eglise, nous avons d’abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu’Il aime cette mère et qu’Il cherche des hommes et des femmes pour l’aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu’Il demande d’apporter de l’amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu’Il demande à l’aumônerie de la prison de s’approcher du beau-père violeur pour qu’il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ estime aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j’ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n’ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d’entre eux apprécient d’être écoutés et d’entendre divers points de vue alors qu’ils vivent souvent des drames de conscience.

Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d’espérance en Dieu et en tout être humain !

Je suis en relation d’amitié et de collaboration avec beaucoup d’évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l’avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd’hui, en particulier au Brésil. Je constate que l’opinion publique ne comprend rien à l’excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J’estime donc que nous devons trouver d’autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l’Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.

Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l’avortement qui supprime la vie dans le sein d’une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d’autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n’arrivent pas à revivre. La vie n’est pas que physique, vous le savez bien.

Je n’ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu’a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j’envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.

Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu’à l’assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.
Gérard DAUCOURT
Evêque de Nanterre

Le 12 mars 2009
CATHOLIQUE NANTERRE

COMMENTAIRES DE PRETRES SUR CE SUJET :

Père MICHEL DURAND - Lyon
pharisaïsme cardinalice : une honte
Un évêque brésilien excommunie la mère d'une fillette de 9 ans ayant avorté
Hélas, l'actualité de ce lundi 9 mars 2009 a apporté une preuve on ne peut plus concrète du conflit entre attachement rigoureux à la loi et regard miséricordieux envers les personnes, comme je le disais dans mon homélie de dimanche dernier :
deux domaines s'opposent :
- L'un qui relève de l'amour, de la miséricorde, de la compassion, de l'attention à ce que vivent les personnes : on veut leur bien.
- L'autre qui met en avant le respect de lois attachées à la nature humaine comme l'a bien analysée la psychanalyse. On parle ici de justice. Parfois, la justice d'oppose à l'amour et inversement.
Comment se sortir de ce conflit ? Entre droit canonique et devoir pastoral, n'est-ce pas l'amour qui devrait l'emporter ?
Père MICHEL CLEMENCIN
Vous l'avez lu dans La Croix, le Figaro, le Monde ou ailleurs : «... une Brésilienne de 9 ans, qui attendait des jumeaux après avoir été violée à plusieurs reprises par son beau-père, a subi une IVG. L'archevêque de Recife a aussitôt excommunié la mère de la fillette, ainsi que l'équipe médicale. L'avortement, a-t-il expliqué, est plus grave que le viol. Le beau-père, lui, fait toujours partie de l'Église. Mais il devra se confesser, bien sûr, pour que la machine ecclésiastique lave ses péchés.» Robert Solé, dans le Monde.
Père BRUNO DUBREUCQ
pour quelques évêques qui n'ont rien sous la mître, un autre nous redonne espérance, Merci Mgr Patenôtre !

Communiqué de la Mission de France

L’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.

Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?

Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.

Mgr Yves Patenôtre, évêque de la Mission de France et son Conseil.
Père HENRI MADELIN, Jésuite, politologue au service jésuite européen (l’Ocipe),
Dans le comportement de Mgr Cardoso Sobrinho il perçoit la tendance, assez fréquente dans les pays pauvres – en Afrique par exemple – de prélats qui usent de l’excommunication pour «établir une puissance mal assise». Or, précise-t-il, il s’agit là d’un pouvoir que les évêques «prennent le plus grand soin d’exercer à bon escient»: il est très «rare» de voir brandir l’excommunication contre les «personnes».

Mgr Cardoso Sobrinho ne se comporte pas seulement comme un responsable «en mal de puissance», note Henri Madelin: son tort est aussi de s’en tenir à une lecture erronée de la doctrine. Dans un milieu «aux limites de la subsistance», là où l’on attendrait un peu de «miséricorde», il défend «une perception biologique de ce qu’est une vie humaine».

Ce comportement contraste avec les «manières évangéliques» du précédent archevêque de Recife, Dom Helder Camara, mort voilà bientôt dix ans, en août 1999. Désigné à ce poste en 1985 par Jean Paul II, Mgr Cardoso Sobrinho appartient à la lignée d’évêques conservateurs nommés pour entraver «l’autonomie» jugée à Rome très excessive d’une Eglise brésilienne où prospéraient communautés de base et théologiens de la libération.

En vingt-cinq ans, relève Henri Madelin, il n’a eu de cesse que de liquider ce que son prédécesseur avait réalisé. Pour quels résultats? Si le Brésil demeure la première nation catholique du monde, il est aussi devenu l’un des pays les plus accueillants aux mouvements évangélistes. En trois décennies, l’Eglise catholique aurait perdu 20% de ses fidèles.
[/quote]


D'autres réactions d'évêques sur l'émoi qu'lls rencontrent auprès des fidèles :

Mgr Michel Dubost, évêque d'Évry-Corbeil-Essonnes
...il va falloir remonter la pente, il constate une «distance» à l'égard de Rome depuis cette affaire. «Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II avaient réussi à ce que l'Église de France les suive. Cette fois, une distance s'est installée vis-à-vis de Benoît XVI. Beaucoup de gens ont eu l'impression que les attentions du Pape étaient unilatérales, uniquement en direction des traditionaliste.
Jean-Michel di Falco-Léandri
La maison brûle....Jean-Michel di Falco-Léandri, évêque de Gap et Embrun, l'exprime sur la base de ses nombreux contacts, tant diocésains que nationaux : «Ce qui m'inquiète vraiment, c'est de voir des catholiques classiques, fidèles à l'Église, fidèles au Pape, bouleversés. Ils ne comprennent plus. Ils sont choqués, jusqu'à confier : “En ce moment, on a honte de dire que nous sommes catholiques.”».

Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

«Beaucoup de fidèles nous relatent un comportement agressif dont ils sont témoins. Ainsi ce cadre qui s'est entendu reprocher la semaine dernière dans son entreprise sur un ton désagréable : “Alors, qu'est-ce qu'a encore fait ton pape ?” Désarçonnés, les fidèles nous demandent un texte d'explication, même si tous les évêques ont déjà beaucoup écrit et expliqué depuis le début de cette crise. Je me réjouis donc beaucoup de la lettre du Pape.»
Mgr Yves Pate­nôtre, archevêque de Sens-Auxerre
Mgr Yves Pate­nôtre, archevêque de Sens-Auxerre, dont le champ d'action couvre ce diocèse, mais aussi la Mission de France dont il est évêque-prélat qui regroupe de nombreux prêtres, diacres et laïcs engagés dans tous les milieux professionnels, confirme les dégâts opérés par l'affaire Williamson et la montée subite, ce week-end, de l'incompréhension devant la décision de l'évêque brésilien d'excommunier la mère d'une fillette violée et enceinte de son beau-père, parce qu'elle a dû avorter. «Beaucoup me disent : “ Là, ce n'est pas possible !” Dans un monde déjà dur, l'Église a-t-elle pour mission de condamner ou d'apporter la miséricorde du Seigneur ?»

Mgr Thierry Scherrer, évêque à Laval

Un des plus jeunes évêques de France, constate la même progression - du malaise diffus à la sainte colère. Dans ce diocèse plutôt rural, «la réintégration des quatre évêques lefebvristes n'a pas suscité de réactions idéologiques et de mécontentements affichés. En revanche, l'affaire brésilienne est préjudiciable, car les gens, même bien disposés, se disent écœurés». «Je ne comprends plus, disait l'un deux à cet évêque, on a déjà peu de monde, si on continue comme cela, on va vider les églises».
Pierre de Charentenay, jésuite et directeur de la prestigieuse revue Études
...Les gens se demandent s'il s'agit d'un changement d'orientation et d'option de l'Église catho­lique ou s'il s'agit d'une affaire liée à un défaut de communication. D'où un grand découragement. Sans parler de l'affaire brésilienne, qui vient comme une accumulation. Les gens sont donc en attente de clarification.».
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Raistlin
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Re: Avortement d'une fillette de 9 ans au Brésil

Message non lu par Raistlin »

Et voici d'autres éléments : Le témoignage du curé de la paroisse de la fillette paru dans Famille Chrétienne.
Les propos de l’archevêque de Recife ont fait le tour du monde au lendemain de l’excommunication de la mère et des médecins ayant décidé d’un avortement pour une fillette de neuf ans violée par son beau-père. Le père Edson Rodrigues, curé de Alagoinha, qui a accompagné les parents de la victime, livre à "Famille Chrétienne" sa version des faits. Les parents, hostiles à cette extrémité, auraient été victimes de pressions illégales. Par notre envoyé spécial au Brésil, Samuel Pruvot.


"Notre ville a été secouée par une nouvelle tragique : une enfant de neuf ans victime des abus sexuels de son beau père était enceinte de jumeaux. Sa sœur aînée, âgée de 13 ans, avait subi les mêmes sévices. Cette horrible histoire durait depuis près de trois ans.

Quand le conseil de Alagoinha a découvert les faits, il a tenté de tout mettre en œuvre pour aider les enfants et les parents. Le 27 février, la justice a confié les enfants à l’institut médical légal de Caruaru, dans l’Etat de Pernambuco. D’autres examens complémentaires ont été réalisés (avec des sexologues, des psychologues) ensuite à l’institut médical de l’enfance de Recife. C’est à cet endroit que la victime a rencontré une assistante sociale du nom de Karolina Rodrigues et son assistante Marie-José Gomes. Cette dernière a refusé l’hypothèse de l’avortement au nom de sa conscience chrétienne. Karolina Rodrigues a décidé de porter ce cas devant le conseil de Alagoinha. Les cinq conseillers de la ville ont refusé pour les mêmes motifs. Ils ont transmis leur avis à l’institut médical de Caruaru. Une copie a été donnée à Karolina Rodrigues en ma présence et celle du père de la victime, monsieur Erivaldo.

Le 28 février, je suis invité à participer au conseil de l’institut médical de l’enfance de Recife en compagnie de Marie-José Gomes et de deux membres de notre paroisse. Nous en profitons pour aller visiter la victime et sa mère. Elles se trouvent au quatrième étage de l’établissement, dans un appartement isolé. L’accès est très strict. Je suis obligé de rester dans le couloir mais j’arrive à parler avec la mère de la petite. Elle m’avoue "avoir signé des papiers". Je m’inquiète car cette femme est analphabète. Comme elle est incapable d’apposer sa signature, on a pris ses empreintes digitales. Je lui demande ce qu’elle pense à propos de l’avortement. Elle montre des sentiments très maternels et surtout une préoccupation extrême pour sa fille. Elle répond : "Je ne veux pas que ma fille avorte..." La maman me parle de son état de santé : "Ça va bien, elle joue avec des poupées qu’on vient de lui donner". Nous repartons avec la ferme conviction que la mère est totalement défavorable à l’avortement de ses petits fils. "Personne n’a le droit de tuer personne, ajoute-t-elle. Seul Dieu peut disposer de la vie..."

Le 2 mars, nous retournons à l’institut de Recife. Nous sommes autorisés à monter au 4e étage pour visiter la victime. Mais, arrivés au premier étage, un fonctionnaire de l’institut nous interdit de monter plus haut. Il nous demande de voir l’assistante sociale dans un autre bâtiment. Nous tombons nez à nez avec Karolina Rodrigues. Je suis en compagnie de Marie José Gomes et de monsieur Erivaldo qui s’oppose à "l'avortement de ses petits fils". Quand l’assistante découvre mon identité, elle dit devant tout le monde : "Il s’agit d’une affaire médicale même si le prêtre qui est là estime pense qu’il s’agit d’une question de morale". Nous interrogeons Karolina Rodrigues sur l’état de santé de l’enfant. Elle affirme que tout est déjà résolu avec l’accord de la maman. La procédure médicale va suivre son cours. Elle insiste sur son état critique sans fournir aucun élément de la part d’un médecin. Elle se retranche aussi derrière la loi : "Dans ce cas, le mieux est de sauver la vie de l’enfant". Nous répondons : "Il n’y a pas une seule vie à sauver mais trois !" Elle ne veut rien entendre. Karolina Rodrigues demande à Monsieur Erivaldo de lui parler seul à seul. Pendant près de 25 minutes. En sortant, ce dernier me révèle qu’il vient de changer d’avis à propos de l’avortement : "L’assistante m’a prévenu que ma fille était menacée de mort... Si elle est en danger, il faut la sauver... Quitte à lui retirer les fœtus" a-t-il murmuré.

Tout paraissait alors terminé. C’est alors que l’archevêque de Recife, dom José Cardoso, et l’évêque de Pesqueira, dom Franceso Biasin, se sont impliqués dans la procédure. Mgr Cardoso a convoqué un groupe de médecins, d’avocats, de psychologues, de juristes pour étudier la légalité de cette affaire. Lors de cette réunion, le 3 mars, à la résidence de l’archevêque, il y avait le directeur de l’institut médical de l’enfance de Recife, Antonio Figueiras. Il a reconnu en public les pressions exercées par Katerina Rodrigues. Il a contacté l’hôpital pour suspendre l’avortement.

Un peu plus tard, l’archevêque de Recife reçoit un appel de monsieur Figueiras l’informant qu’un groupe féministe – "Curumin" – aurait convaincu la maman d’accepter un transfert de sa fille vers un autre hôpital. Nous retournons sur place avec Maria Gomes. On l’a fait attendre en prétextant la rotation des équipes (l’enfant était déjà transférée). Personne n’ose lui dire quelque chose. Comment une personne en péril de mort peut-elle obtenir un bon de sortie ? Comment l’état de la victime a-t-il pu changer si rapidement ? Qu’est-ce que le "Curumin" a pu dire à la mère ?

Le 4 mars, nous apprenons que l’enfant est internée à l’hôpital de CISAM (centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques). Cela se trouve au nord de Recife. Notre espoir de voir les deux enfants vivants disparaît brutalement. Tout cela à cause de d’une manipulation de conscience et d’un manque de respect pour la vie humaine. J’ai raconté tout cela pour que les gens sachent la vérité."
Comme d'habitude, la vérité est plus complexe qu'il n'y paraît...
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Emmanuel 1303
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Re: Avortement d'une fillette de 9 ans au Brésil

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Question ouvertes à Mgr Daucourt (et autres Evêques ayant pris position dans le même sens) :

Monseigneur,

vous n'avez pas juridiction au Brésil, et vous avouez que vous ne connaissez pas les détails de l'affaire, mais pourtant vous reprenez publiquement votre confrère et lui prodiguez des conseils. Permettez donc que, bien que je n'aie aucune autorité en la matière, je vous pose à mon tour quelques questions, usant du même procédé que vous :

- Mgr Sobrinho aurait "décidé" de l'excommunication des médecins. Je croyais naïvement que celle-ci était automatique selon le droit canon que vous maîtrisez sûrement mieux que moi ?

- Vous avouez ne pas connaître les détails de l'affaire. Pourtant vous êtes persuadé que Mgr Sobrinho n'a fait aucune démarche envers la mère, la fillette, le beau-père ou les médecins, puisque vous lui dispensez de charitables conseils pastoraux en la matière. Est-ce parce que vous faites, en la matière, plus confiance aux médias qu'à votre confrère sur le terrain et au Préfet de la Congrégation des Evêques ?

- L'opinion publique ne comprenant rien à l'excommunication, vous suggérez que l'Eglise n'emploie plus ce moyen. L'opinion publique ne comprenant plus rien à la condamnation par l'Eglise de l'avortement et de la contraception, suggérez-vous donc que l'Eglise ne les condamne plus publiquement ? L'opinion publique ne comprenant plus rien non plus aux sacrements de l'Eglise, suggérez-vous qu'elle renonce à ces moyens de salut ?

- Enfin, ne pensez-vous pas qu'il serait plus utile à la cause de l'Eglise d'expliquer sa position en la matière, d'expliquer ce qu'est l'excommunication - proposition de guérison et de conversion, comme vous le dites si bien -, d'expliquer les éléments qui ont pu conduire votre confrère à prendre cette décision, plutôt que de le désavouer publiquement et de l'exposer ainsi à la vindicte populaire ?

Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments respectueux, mais attristés de voir qu'un Evêque ajoute publiquement à l'opprobre médiatique qui frappe cet autre Evêque, votre confrère, autour d'une affaire qui, vu son caractère dramatique, n'avait à mon avis pas besoin de publicité supplémentaire. Je vous prie de croire également à l'assurance de mes prières pour vous, pour tous les Evêques de l'Eglise catholique, pour notre Saint Père, lui aussi victime d'opprobre, et également pour cette petite fille durement éprouvée.

Emmanuel
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Zvjezdana62
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Re: Avortement d'une fillette de 9 ans au Brésil

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Moi, j’ai lu que cette fillette selon la déclaration de son médecin (une femme si je me rappelle bien) n’était pas en état de porter la grossesse à terme. Déjà dans les premières semaines de sa grossesse elle se trouvait en danger mortel. Alors la vie des enfants (c’étaient les jumeaux) était en danger ou même c’était impossible pour cette fillette de porter la grossesse au but et elle serait morte sans doute mais aussi les enfants avec elle. Son médecin a déclaré aussi que cette fillette était malnutrie (elle pesait à peine 30 et quelques kilos). Elle n’était pas violée seulement une unique fois mais consécutivement pendant des années (et aussi sa soeur aînée de 14 ans qui est infirme) et son utérus n’était pas assez large pour porter même un seul enfant et surtout pas les jumeaux. Alors la décision prise par le médecin de la faire avorter n’était pas provoquée parce que ces jumeaux étaient produits d’un viol mais pour les raisons strictement thérapeutiques (sauver au moins la vie de la mère si sauver la vie des enfants était en tout cas impossible). Tout ça rend la chose très complexe et délicate et on ne sait pas quoi en penser.

Et dans l’espoir de ne choquer personne je trouve que la décision de l’évêque en question n’était pas du tout sage voire diplomatique. Je sais qu’un avortement est toujours le meurtre d’un futur être humain et que l’Eglise doit lutter résolument contre cette pratique malheureusement de plus en plus répandue mais il pourrait quand même choisir un exemple moins drastique, des filles qui font ce qu’elles veulent sans penser aux conséquences et après, tant pis, il y a toujours la solution d’un avortement, des familles qui décident un avortement pour la pure commodité ou leur intérêt financier et similaire et pas un cas limite comme celui-ci.
"Invoque-moi, je te répondrai, je te révélerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas."

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Pneumatis
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Re: Avortement d'une fillette de 9 ans au Brésil

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Zvjezdana62 a écrit :Je sais qu’un avortement est toujours le meurtre d’un future être humain
Pas d'un "futur" être humain : d'un être humain tout court. En revanche je reste d'accord avec vous sur le fait que c'est une situation extrêmement délicate et difficile. Je ne faisais que rectifier cette chose qui me semblait importante pour mesurer au plus juste la situation.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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