9 mars Saint Grégoire de Nysse

« Que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore. » (Ap 22.11)
Règles du forum
Fêtes et vies des saints et bienheureux, prédécesseurs et modèles dans la Foi
ami de la Miséricorde
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 3167
Inscription : jeu. 15 juin 2006, 15:17
Contact :

9 mars Saint Grégoire de Nysse

Message non lu par ami de la Miséricorde »

Tristesse du monde et tristesse selon Dieu.


Voilà ce que notre esprit nous a dit au nom des défunts, en empruntant autant que possible leur voix pour nous répondre. Quant à nous, concluons par la parole du grand Paul nos conseils aux personnes accablées par le deuil : “Je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, afin que vous ne soyez pas attristés comme les autres, qui n'ont pas d'espérance” (1 Thes. 4,13)[43].
Donc, si nous avons reçu un enseignement digne d'intérêt sur les morts, par les développements philosophiques que notre discours a fournis à leur sujet[44], n'acceptons plus cette tristesse-là, qui est basse et servile, [67] mais s'il faut être attristés, choisissons cette tristesse qui est louable et vertueuse. Car de même que le plaisir est tantôt bestial et irrationnel, tantôt pur et immatériel, de même l'opposé du plaisir se divise en vice et en vertu. Il existe donc aussi une forme de deuil que l'on peut considérer comme heureux (cf. Mat. 5,4) et qu'il ne faut pas rejeter si l'on veut acquérir (cf. 1 Tim. 4,4) la vertu; c'est le contraire de cet abattement qui est irrationnel et servile. En effet, celui qui a connu ce dernier se reprochera par la suite avec regret d'avoir été entraîné au-delà de ce qu'il convient [45], dès lors que la passion eut sur lui le dessus; au contraire, le deuil dit heureux (cf. Mat. 5,4) revêt un air sombre qui ne contient ni regret (cf. 2 Cor. 7,10) ni honte pour ceux qui, grâce à lui, accomplissent une vie vertueuse. Car on est vraiment en deuil lorsque l'on perçoit ces biens que l'on a perdus par sa chute, et que l'on compare cette vie périssable et souillée à cette béatitude intacte dont on jouissait librement avant que l'on fasse de la liberté mauvais usage, en voyant que plus le deuil pèse pour une vie telle que celle-ci, plus vite on acquiert les biens que l'on désire. De fait, la perception de la perte de la beauté suscite un zèle ardent pour les biens désirés.
Puisqu'il existe aussi un deuil salutaire, ainsi que notre discours l'a offert en exemple, comprenez donc, vous qui êtes facilement portés à la passion de la tristesse, que nous ne condamnons pas la tristesse, mais que nous vous conseillons celle qui est bonne, plutôt que celle que nous blâmons. Ne vous attristez donc pas de “la tristesse du monde, qui produit la mort” (2 Cor. 7,10), comme le dit l'Apôtre, mais de “la tristesse selon Dieu” (2 Cor. 7,10), dont la fin est le salut de l'âme [46]. Car les larmes versées au hasard et en vain sur les morts peuvent même entraîner la condamnation de [68] celui qui gère mal ce qui est utile. De fait, si "Celui qui a fait l'univers avec sagesse" (Ps. 103,24) a fixé dans notre nature cette disposition à la tristesse, afin qu'elle nous purifie du péché qui nous dominait auparavant et soit un viatique qui permette d'avoir part aux biens espérés, peut-être celui qui pleure en vain et inutilement sera-t-il accusé par son propre Maître comme, dans l'Évangile (cf. Luc 16,1sq), le mauvais intendant qui a dilapidé inutilement la richesse qui lui avait été confiée; car tout ce qui est utilisé en vue du bien est une richesse qui est comptée parmi les plus précieux des trésors.

Source : gregoiredenysse.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Serge BS
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 876
Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
Localisation : Marseille
Contact :

Re: 9 mars Saint Grégoire de Nysse

Message non lu par Serge BS »

Je ne sais plus trop où j'avais trouvé cette petite synthèse de la doctrine de Grégoire de Nysse (à moins que ce ne soient des phrases regroupées par moi et glanées de çi de là). Je ne peux donc vous en donner la source s'il y en a une, et m'excuse auprès de son éventuel auteur.

Néanmoins, cette synthèse me semble intéressante, car pouvant aider :
  • - Il y a échange réciproque des deux attributs des deux natures dans le Christ qui subsistent sans mélange (théorie de la communication des idiomes).

    - Le logos s’est formé à lui-même dans la chair de la Vierge, et, de ce fait, Marie est donc théotokos et non pas anthropotokos.

    - La connaissance de Dieu est naturelle, s’élevant des choses sensibles aux choses supra-sensibles. Et le point culminant de la connaissance de Dieu est l’élévation de l’esprit humain jusqu’à une contemplation immédiate de Dieu, une anticipation du bonheur du ciel.

    - Les idées universelles ont une réalité indépendante, ce qui fait que le mot homme désigne la nature et non pas l’individu.

    - Les Personnes divines se distinguent uniquement dans leur relations.

    - Toute activité de Dieu ad extra est commune aux trois Personnes divines.

    - Dans la divinité, l’un est cause et l’autre par la cause, et dans ce qui est la cause on doit admettre une autre distinction : l’un est produit directement par le premier, mais l’autre par l’intermédiaire de celui qui est produit directement. Le Saint Esprit procède donc du Père par le Fils, c’est-à-dire seulement médiatiquement du reste.

    - Il n’y a pas préexistence des âmes.

    - Il y aura à la fin des temps restauration de toutes choses.

    - Les non-baptisés et les baptisés qui n’ont pas expié par la prière et la philosophie les péchés commis après le baptême doivent, après leur mort, être purifiés par le feu plus ou moins rapidement.

    - Lorsque le mal aura été extirpé de la nature, toute créature rendra grâce au Seigneur et le démon lui aussi, créateur du mal, sera guéri du mal.

    - À l’instant où il est sanctifié par la parole de Dieu, le pain est transformé au corps du Verbe divin.
Avatar de l’utilisateur
Anne
Prætor
Prætor
Messages : 6923
Inscription : jeu. 21 févr. 2008, 1:05
Conviction : Catholique romaine
Localisation : Provincia Quebecensis

Re: 9 mars Saint Grégoire de Nysse

Message non lu par Anne »

Quelqu'un me demandait, tout à l'heure, qui étaient les 40 martyrs dont c'était la "fête" hier..
:sonne:

Ayant dû avouer mon ignorance la plus crasse, j'ai donc "googlé" la chose et je vous partage ma découverte du jour qui est d'ailleurs en lien avec Saint Grégoire de Nysse (comme mentionné en conlusion!). Il s'agit d'une célébration populaire chez les Orthodoxes, dont voici l'histoire.
LES QUARANTE SAINTS MARTYRS DE SEBASTE

22/03 - 09/03

Lorsque le cruel Licinius (308-323), qui avait été associé à l'empire par Saint Constantin, jeta le masque de la dissimulation et rompit avec lui, il publia des édits contre les Chrétiens et envoya dans toutes ses provinces des magistrats chargés d'exécuter ses ordres, en mettant à mort dans de terribles supplices ceux d'entre eux qui ne voulaient pas se soumettre. Le gouverneur désigné pour la Cappadoce et la Petite Arménie, Agricolaos, était l'un des plus zélés exécutants des édits de persécution et il avait convoqué dans la ville de Sébaste où il résidait, la douzième légion impériale, dite fulminante, dirigée par le duc Lysias. Quarante soldats de cette légion, hommes jeunes, braves et appréciés pour leurs services, refusèrent alors de sacrifier aux idoles de l'Empire et se déclarèrent Chrétiens. Originaires de différentes contrées, mais unis comme un seul homme nouveau par la Foi et la charité, ils se présentèrent un à un devant le gouverneur, comme des athlètes qui se font inscrire au jour du combat, et déclinèrent leur véritable identité, en disant: « Je suis Chrétien! »

Agricolaos essaya d'abord de les gagner par la douceur, en vantant leurs actions d'éclat et en leur promettant avantages et faveurs de la part de l'empereur s'ils se soumettaient à son ordre. Les Saints lui répondirent par la voix de l'un d'entre eux: « Si nous avons vaillamment combattu, comme tu le dis, pour l'empereur de la terre, avec combien plus d'ardeur nous faut-il maintenant engager le combat par amour pour le Souverain de l'Univers. Car il n'y a pour nous qu'une vie : la mort pour le Christ. » Jetés en prison dans l'attente d'une nouvelle comparution, les valeureux combattants de la piété tombèrent à genoux, en priant le Seigneur de les garder dans la Vraie Foi et de les fortifier dans le combat. Comme ils passaient la nuit en chantant des Psaumes, le Christ leur apparut et leur dit : « Vous avez bien commencé, mais la couronne ne sera accordée qu'à celui qui persévérera jusqu'au bout! »

Le lendemain matin, le gouverneur les fit comparaître de nouveau et recommença ses flatteries, mais l'un des Saints Martyrs, Candide, dénonça ouvertement sa douceur hypocrite, déclenchant ainsi la colère du tyran. Toutefois, ne pouvant rien contre eux tant que leur général, le duc Lysias, ne les avait pas jugés, Agricolaos les fit remettre en prison. Au bout de sept jours, Lysias étant arrivé à Sébaste, on les conduisit devant lui. En chemin, Quirion encourageait ses compagnons en leur disant : « Nous avons trois ennemis : le diable, Lysias et le gouverneur. Que peuvent-ils contre nous qui sommes quarante soldats de Jésus-Christ? » Quand il les vit si fermes et si résolus, Lysias ordonna aux autres soldats de leur briser les dents à coups de pierres. Mais dès que ces derniers se précipitèrent, ils furent aveuglés par une puissance divine et, dans la confusion, ils se frappaient les uns les autres. Lysias, pris de colère, saisit alors une pierre et voulut la lancer sur les Saints, mais celle-ci alla frapper le gouverneur en le blessant grièvement. On les remit en prison pour la nuit, en attendant de prendre une décision sur le genre de supplice qu'il fallait leur appliquer.

Rassemblant les ressources de son imagination perverse, le gouverneur ordonna de les dépouiller de leurs vêtements et de les laisser nus sur le lac gelé, qui se trouvait à peu de distance de la ville, afin qu'ils périssent dans d'horribles souffrances causées par le froid. Pour compléter le supplice il imagina de présenter sous leurs yeux, comme ultime tentation, le remède à leurs peines, et fit préparer sur le bord du lac un bain d'eau chaude, afin que celui qui abandonnerait le combat, vaincu par la rigueur du froid, y trouvât de quoi se soulager.

Dès qu'ils entendirent la sentence, les Saints rivalisèrent à qui se dépouillerait le premier de ses vêtements, disant : « En déposant ces vêtements, rejetons aussi le vieil homme! Puisque par la tromperie du Serpent, nous avons revêtu jadis les tuniques de peau, dépouillons-nous aujourd'hui pour obtenir le Paradis que nous avons perdu! Que rendre au Seigneur pour ce qu'Il a souffert pour notre salut? Les soldats l'ont autrefois mis à nu, dépouillons-nous maintenant de nos vêtements pour que tout l'ordre militaire obtienne le pardon! Le froid est rigoureux, mais le Paradis est doux! Prenons donc patience pour un court instant, afin d'être réchauffés dans le sein d'Abraham. Achetons la joie éternelle au prix d'une courte nuit de tourments! Puisque de toute manière ce corps corruptible doit mourir, acceptons maintenant de mourir volontairement afin de vivre éternellement! Reçois, Seigneur, cet holocauste que le froid et non le feu va consumer! »

C'est en s'encourageant ainsi mutuellement que les quarante Saints s'avancèrent comme un seul homme sur la glace, sans autre lien que leur propre volonté, et pendant toute la nuit ils endurèrent la morsure cruelle du vent, particulièrement glacial en cette région, en priant le Seigneur pour que, comme ils étaient entrés quarante dans le combat, ils en sortent quarante victorieux, sans qu'il en manquât un seul à ce nombre sacré, symbole de plénitude. Comme la nuit avançait et que leurs corps commençaient à se durcir et leur sang à ralentir sa circulation en leur provoquant une insupportable souffrance au coeur, l'un d'entre eux, vaincu par la douleur, quitta le lac et se précipita vers le bain surchauffé. Mais la différence soudaine de température le fit mourir presque aussitôt, privé de la couronne de la victoire. Les trente-neuf autres, navrés de la perte de leur compagnon, redoublèrent leur prière, et soudain une grande clarté vint percer le ciel et s'arrêta au-dessus du lac en réchauffant les Saints Martyrs, et des Anges descendirent pour poser sur leurs têtes trente-neuf couronnes resplendissantes. Devant cette merveille, un des gardes, nommé Aglaïos, qui se réchauffait près du bain, eut soudain la conscience illuminée par la Foi. Constatant qu'une quarantième couronne restait suspendue en l'air, semblant attendre que quelqu'un vienne compléter le nombre des élus, il réveilla ses compagnons d'armes, leur jeta ses vêtements et il s'avança avec empressement sur la glace pour rejoindre les Martyrs, criant que lui aussi était Chrétien.

Lorsque, le lendemain matin, Agricolaos apprit l'événement, il ordonna de tirer les Saints hors du lac et de les achever en leur rompant les jambes, puis d'aller jeter leurs corps au feu afin qu'il ne restât aucune trace de leur glorieux combat. Comme on les traînait vers l'ultime supplice, les glorieux Martyrs chantaient : « Nous avons passé par le feu et par l'eau, mais Tu nous en as tirés, Seigneur, pour nous procurer le rafraîchissement! » (Ps. 65:12). Après avoir exécuté leur besogne, les bourreaux chargèrent les corps des Saints sur un chariot pour les conduire au bûcher. Ils s'aperçurent alors que le plus jeune d'entre eux, Méliton, était encore vivant et le laissèrent, dans l'espoir de le convaincre finalement à renier sa Foi. Mais sa mère, qui avait assisté au spectacle, vint prendre son enfant dans ses bras et le déposa elle-même sur le chariot avec les autres corps, en lui disant : « Ne reste pas privé de la couronne, ô mon cher fils, rejoins tes compagnons pour jouir de cette lumière éternelle qui dissipera mon affliction. » Et, sans répandre une larme, elle accompagna le chariot jusqu'au bûcher, le visage rempli de joie.

Suivant les ordres du gouverneur, les soldats dispersèrent les cendres des Martyrs et jetèrent leurs ossements dans le fleuve; mais, au bout de trois jours, les Saints apparurent en vision à l'Evêque de Sébaste, Pierre, et lui indiquèrent l'endroit du fleuve où ils étaient retenus pour être vénérés par les fidèles. Par la suite les Reliques des Quarante Martyrs furent distribuées dans de nombreux lieux, et leur culte se répandit, principalement grâce à la famille de Saint Basile, qui leur portait une grande dévotion.

La nuit qui précéda leur Martyre, les Saints dictèrent leurs dernières volontés, sous forme d'exhortation, à un jeune esclave, Eunoïcus, qui fut témoin de leurs combats et put échapper aux persécuteurs. Il transmit cet admirable texte à la postérité et prit soin, par la suite, du sanctuaire où étaient déposées leurs Reliques. C'est dans ce Testament qu'on peut trouver les noms des Quarante Martyrs : Acace, Aétius, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (ou Claude), Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikios, Elie, Eunoïque, Eutychius, Flavius, Gaius, Gorgonius et un autre du même nom, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Khoudion, (Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoktimon, Priscus, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias. L'un d'entre eux ayant fait défaut, Aglaïos, le soldat, vint le remplacer pour compléter leur nombre sacré.

NB : Sainte Emmelie, la mère de St Basile, fit bâtir la première église consacrée aux Quarante Martyrs et leur dédia son monastère qui était dirigée par Ste Macrine (cf. 19 juillet). St Basile et son frère St Grégoire de Nysse prononcèrent quant à eux d'immortels discours en leur honneur.

Source:
Maison Russie
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
ami de la Miséricorde
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 3167
Inscription : jeu. 15 juin 2006, 15:17
Contact :

Re: 9 mars Saint Grégoire de Nysse

Message non lu par ami de la Miséricorde »

Image

Saint Grégoire de Nysse "Touchant la perfection"
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... goire.html

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités