Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Fée Violine
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par Fée Violine »

d'affronter de nouveau l'humidité de la boutique qui m'a coûté vingt jours de maladie ces deux derniers mois. Et j'irai. Je me suis rendu compte cette nuit que, désormais, mieux vaut tomber très malade
Pardon Étienne, je suis peut-être terre-à-terre, mais vous ne pourriez pas mettre du chauffage dans votre boutique, histoire de rester en vie encore quelque temps ?
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Anne
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par Anne »

Fée Violine a écrit : Pardon Étienne, je suis peut-être terre-à-terre, mais vous ne pourriez pas mettre du chauffage dans votre boutique, histoire de rester en vie encore quelque temps ?
Ouais, ce serait bien! ;) :fleur:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Fée Violine
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par Fée Violine »

Entre nous, Anne, ces messieurs du forum disent souvent des choses sublimes ou savantes, mais je me demande s'ils ont toujours du sens pratique ? :saint:
etienne lorant
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par etienne lorant »

Bonjour Anne, Bonjour Fée Violine !

Oui, c'est vrai: la question du chauffage, où en est-on, c'est qu'il fait encore très humide ici, encore plus que dans le couloir, m'a dit un client.

J'ai laissé un Post dans Badinages, je crois, qui s'intitulait "Bientôt la clim' !" Il y aura une semaine lundi qui vient, que j'ai posté trois demandes de devis à des firmes de climatiseurs afin de remédier à mon problème. Je l'ai fait de commun accord avec les propriétaires de la boutique, en utilisant l'en-tête et les enveloppes de la S.A. IMMOBILIERE EXXXX, laquelle m'a proposé également de payer la moitié des travaux, dont une meilleure isolation de la plateforme.

J'ai indiqué que l'on pouvait me contacter en tout temps sur mon portable afin de prendre rendez-vous pour examiner les lieux en vue du devis. J'ai craint qu'ils n'appellent tous trois le lendemain ou le mercredi !

Eh bien, non: une semaine, trois entreprises, aucune réponse à ce jour, c'est foutu pour cette semaine. Cependant, j'ai appris que c'est les vacances de carnaval,
bon sang, c'est sacré ça ! On ne climatise pas la semaine où tout le monde part sur les plages africaines, mon vieux :bomb: ... et moi j'avais complètement oublié ce détail, je croyais que les entreprises cherchaient plus de contrats ces derniers temps :wow:

Dès lundi prochain, je n'écris plus : je me rends aux guichets des entreprises. Mon argent vaut celui de la société immobilière qui m'a demandé de procéder à sa façon. :boxe:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Fée Violine
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par Fée Violine »

Bon, je retire ce que j'ai dit sur le sens pratique des messieurs et je me réjouis que vous ayez enfin chaud, car les ouvriers finiront bien par arriver ! :)
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Anne
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par Anne »

J'appuie! :top:
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Le travail du grain de sable dans la machine

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,27-32.
Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit: "Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ; il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »

J'ai rencontré un prêtre qui m'a ébloui par sa culture. Il m'a dit souvent: pour mieux entrer dans l'Evangile, il faut d'abord passer par la question "Qui est Dieu ?" que se sont posés les Juifs depuis le récit d'Adam et Eve jusqu'à la venue de Jésus. En se fondant sur les textes sacrés, ils avaient construit une société si hiérarchisée, tellement réglementée qu'à la fin plus personne ne pouvait sortir de chez soi, de sa caste, ou dirais-je de la case où il avait été rangé dès sa naissance (et même avant parfois). Dans le texte d'aujourd'hui, cela se voit de façon très nette: il y a les pharisiens, les scribes, les disciples de Jésus (les disciples de Jean ne sont pas loin), les publicains et les pécheurs. Je me demande comment un homme pouvait d'office se retrouver chez les pécheurs - et comment sortir de sa fiche de classement pour devenir un autre.

Jésus secoue tout cet ensemble par des mots très simples. Les médecins viennent pour les malades. Jésus est venu pour eux. Que pourrait-il faire pour ceux qui se disent eux-même en bonne santé ? De même les justes, puisqu'ils sont justes, ne peuvent se convertir, alors il prend ceux qu'on montre du doigt comme étant les pécheurs.

La vocation de Matthieu me montre à quel point les édifices qui paraissent inébranlables tant ils ont bénéficié du savoir de générations d'architectes et de savants, peuvent s'effondrer devant l'imprévisible, un grain de sable dans la machine. Dans un roman des années 90, un célèbre auteur de thrillers avait écrit que les tours du 11 septembre étaient construites de telle manière qu'elles résisteraient même à une bombe atomique ! Et dans le texte d'aujourd'hui, le publicain Matthieu, assis à sa table de collecteur d'impôts, est forcément un autre homme que la fonction qu'il occupe là. Comment ne le réduire qu'à cela ? Et voici comment Jésus, qui connaît chacun dans son coeur, va devenir très rapidement soit l'ami le plus extraordinaire qui soit, ou bien l'ennemi de l'ordre, qu'il faut abattre à n'importe quel prix.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Carême ou carnaval ?

Message non lu par etienne lorant »

Ce samedi matin, je suis à ma table, j'essaie ma première journée complète (avec une messe au village à 7h30). A 9h, j'ai décroché mon téléphone pour rappeler l'une ou l'autre entreprise déjà contactée. Bureaux fermés (d'accord, c'est samedi, mais moi je suis ouvert). Je recommencerai lundi à la première heure. Dans la journée d'hier, j'ai rappelé les propriétaires - je les ai appelés chaque jour de la semaine dernière !, et lui a protesté un peu: "Tu es trop pressé, les entreprises ne travaillent pas à cette allure, ils ont des chantiers en cours." Je me suis poliment excusé, mais je lui ai rappelé que j'ai occupé un jour un poste de commercial en entreprise. Chaque matin, je recevais le courrier pour le numéroter et le classer, mais je n'avais que peu de temps, car le patron voulait voir toutes les commandes et les demandes de prix dans la demi-heure de son arrivée... C'étaient les années 80 et ça turbinait dur. Bien que salarié (pas d'heures supplémentaires payées), j'avais même une clé des bureaux pour relever les telex (pas encore de PC à cette époque) et les préparer pour le lundi. Donc, pour moi, même le dimanche je réclamerai OU EN EST MA CLIM' !!!
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La prière de Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 7-15)
07i Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens: ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
08 Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
09 Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié.
10 Que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
12 Remets-nous nos dettes,
comme nous les avons remises nous-mêmes
à ceux qui nous devaient.
13 Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
14 Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Voici le passage d'Evangile qui manque dans le texte choisi pour la liturgie du Mercredi des Cendres: c'est bien l'enseignement de la prière de Jésus au Père. Mais il n'y a pas que le seul Pater, il y a la recommandation de pardonner aux hommes, à tous, afin de recevoir plein pardon du Père. Ne voici donc pas une œuvre bonne, n'est-ce pas précisément l'un de ces jeûnes qui plaisent à Dieu ? Par la remise des dettes particulières et le pardon aux hommes (à tous, quels qu'ils soient), se rétablit la paix intime avec le Père. Alors le mal ne nous atteindra pas, et le Son règne viendra et s'instaurera en nous - avant de devenir le seul règne et le seul règne pour tous.

Béni sois-tu, mon Dieu, que nous invoquons dans le secret !
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La prière, un peu, beaucoup, jamais assez

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,7-12.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ? ou un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.

Chaque fois que j'ai lu ce passage, c'est ce petit trait qui m'a frappé le plus: "Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants..." Ce mot de Jésus implique que notre mauvaise nature est davantage une nature "déficiente", plutôt que complètement engluée dans l'attrait du mal. Quelle que ce soit notre "malice", nous sommes capables de donner de bonnes choses à nos enfants - ce qui n'a pas échappé au Père. ("Parce que ton Père est là, qui voit dans le secret !")

Par conséquent, nous pouvons espérer mieux ! Oui. Par la prière et par une prière de qualité qui comporte: demande, recherche, obstination : par cette frappe sur la porte. Nous pouvons devenir meilleurs devant Dieu si seulement nous lui demandons. Ce que pratiquait le curé d'Ars qui disait: "L'homme n'est qu'un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu". Il n'y a pas de demande "triviale" pour Dieu. Je pense que si nous avions assez conscience de ce besoin de tout demander à Dieu, de la plus petite chose à la plus grande, nous deviendrions assez vite très différents.

Au commencement d'une vie de prière, il y a le doute: à quoi çà sert ? Mais ensuite, assez rapidement, si nous en avons la vocation, la prière devient comme le fil qui traverse les perles du colliers. Au bout d'un temps de prières, ces perles (qu'on peut comprendre comme les grâces obtenues), vont devenir moins importantes que ce fil de la prière qui nous rend présents à Dieu. Il arrive très souvent que quelqu'un qui priait pour une chose qui lui semblait indispensable... ne comprend plus à la fin sa demande du début. C'est qu'il a été "ex-haussé" dans sa prière (mot de Jean Lafrance) - il a été changé "hors de lui-même vers le haut" au point d'être débarrassé du besoin qu'il avait énoncé.

Et finalement, la prière aboutit au renversement, à la conversion, au service du prochain dans lequel se trouve accomplie toute l'Ecriture: la Loi et les Prophètes. Et c'est tout notre bonheur de croyants. Même dans la pire situation, comme la reine Esther dans la première lecture, nous demeurons dans le rapport intime à Dieu, et rien ne peut nous nuire.
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Re: La prière, un peu, beaucoup, jamais assez

Message non lu par Mac »

J'aime énormément ce passage de l'évangile. Avec le temps, je me suis rendu compte que je ne savait pas demander à Dieu. Est-ce que je sais mieux, je ne sais pas, mais au moins je sais que quelque chose me fait défaut. Cependant, l'importance de prier m'est devenu beaucoup plus claire, comme une évidence qui était sous mes yeux, mais je devais regarder ailleurs, et ne pas chercher. Saint Padre Pio disait que Dieu était dans la prière, lui qui priait de façon perpétuelle.
J'ai bien apprécier votre commentaire. Moi aussi, je m'attardes souvent sur les paroles du Seigneur :Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants..."

Saint Padre Pio priait avec ce passage de l'évangile, donc je vous ai mis un lien au besoin.
http://www.missa.org/niscj.html
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Re: La prière, un peu, beaucoup, jamais assez

Message non lu par etienne lorant »

Bonjour Mac,

C'est incroyable, si on veut. Cette prière de Padre Pio, c'est celle que j'ai récitée chaque jour durant une période de dépression de trois mois (en 1995): je ne savais plus travailler que le matin et l'après-midi, j'avalais un cachet et je restais tout raide sans bouger d'un cil, car j'avais peur et mon coeur battait à 140 p/min ! Et avec cette prière de Padre Pio, j'ai vraiment frappé du poing sur le mur de ma chambre en dessous de mon crucifix (le papier peint en a gardé une trace). Et puis un après-midi, je me suis relevé, j'ai dit : "Je retourne vivre, je vais à mon travail, et qu'il m'en soit fait comme Tu veux"... Je suis sorti de dépression en trois jours.

Prier vaut le coup, même si l'on ne "sent" rien. Si l'on a besoin de "sentir", c'est qu'on manque encore de foi. Bonne prière !

Etienne
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Au-dessus des lois

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 20-26)
20i Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.
21 Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
22 Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
25 Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
26 Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

Tous le discours de Jésus s'appuie sur le ce verset 20 : "« Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux." Désormais, il faut sortir du cadre écrit de la loi pour rechercher et vivre de l'esprit de la loi. Autrement dit, il faut rendre vivante la loi en allant à sa rencontre, et en l'enrichissant par la pratique de l'amour. Les meurtriers sont jugés et châtiés, telle est la loi. Mais ce précepte de la loi pourra disparaître si les hommes chassent de leurs cœurs leurs penchants à la colère, à l'insulte et à la malédiction. De même, les différents entre adversaires sont réglés par la loi, mais il est de l'esprit de la loi de chercher à se réconcilier plutôt que d'aller en justice; Jésus a la finesse de préciser que lorsqu'on se targue de lancer des procédures, on ne peut jamais être sûr de ne pas se retrouver soi-même sur la sellette !

La justice qui surpasse celle des scribes et des pharisiens, c'est l'amour miséricordieux - qui est tout simplement le plus grand attribut de Dieu. Et, une fois encore, ici, Jésus démontre également que la foi est caduque si elle ne se traduit pas en charité et miséricorde.
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La mesure de la générosité

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 6, 36-)
36i Jésus disait à la foule: "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
38 Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Pour un homme qui donne, la mesure dont il s'est servi ne sera pas la même lorsqu'il recevra à son tour - et cela même si le texte dit par la suite (fin du verset) que cette mesure servira. C'est qu'en fait la mesure de celui qui donne à son prochain, ce n'est pas du prochain qu'il recevra à son tour, mais du Père ! Et cette mesure-là, elle est "bien pleine, tassée, secouée et débordante". Ce passage me fait immanquablement à l'apport humain des cinq pains et des deux poissons et du résultat final des cinq mille personnes nourries, avec un reste de douze paniers. Je me souviens encore de l'aumône pratiquée dans le secret, de l'obole de la pauvre veuve... une foule de textes pourraient être tirés de cette affaire de "mesure".
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Re: La mesure de la générosité

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit :Pour un homme qui donne, la mesure dont il s'est servi ne sera pas la même lorsqu'il recevra à son tour - et cela même si le texte dit par la suite (fin du verset) que cette mesure servira. C'est qu'en fait la mesure de celui qui donne à son prochain, ce n'est pas du prochain qu'il recevra à son tour, mais du Père !
J'ai relu mon texte et je l'ai trouvé si condensé, qu'il m'a fait hausser les sourcils et me concentrer pour me comprendre !

J'ai donc repris tout le texte comme suit:

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 6, 36-)
36i Jésus disait à la foule: "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
38 Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Pour un homme qui donne à son prochain, la mesure dont il s'est servi sera toujours un peu courte, et cependant, même ainsi, il aura difficile d'arracher son aumône à la dureté de son coeur. Néanmoins, à la fin, il recevra plus que ce qu'il a donné lui-même. Pourquoi?

Parce ce n'est pas le prochain - celui qui a reçu l'aumône, qui rendra le bienfait, mais c'est le Père ! C'est une mesure de générosité. Celui qui voit dans le secret a vu la peine que s'est donnée le bienfaiteur, Il a vu son débat intérieur, Il a vu l'obole de la pauvre veuve: elle est ridicule comparée à toutes les autres, mais c'est elle qui a déposé le plus, car elle a mis "tout son nécessaire". Il lui sera donc rendu plus qu'à tous les autres. Le texte dit aussi que cette mesure sera "bien pleine, tassée, débordante", ce qui montre bien la largesse du Seigneur.
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