Sur la succession apostolique, vous pensez m’apporter des syllogismes, mais malheureusement ce ne sont que des sophismes. Je reprends un extrait du texte que vous avez reproduit :
Il n’y a pas de hiérarchie instituée dans l’Eglise telle que Dieu la considère, où les premiers sont les derniers, et où le Christ est venu pour servir et non pour être servi. Les épîtres distinguent deux catégories de services à savoir d’une part les dons ou charismes (apôtres, prophètes , docteurs, pasteurs, …) et d’autre part les charges locales (surveillants, anciens, serviteurs, qui en grec donnent presbuteros ou presbytres ou prêtres, episcopos ou évêques, diaconos ou diacres). Dans 1 Cor 12, il y a un classement entre les dons : premièrement les apôtres etc. Mais cela n’a jamais été ni considéré ni exercé comme une hiérarchie, mais plutôt comme une remise à sa vraie place des dons miraculeux, notamment le parler en langues, auxquels les corinthiens attribuaient une trop grand importance. Les charges locales avaient une application locale comme leur nom l’indique. Il n’y a pas de rapport direct entre les dons comme apôtres, ou les charges locales, si ce n’est que certaines personnes avaient à la fois un don et une charge locale. Les charges locales étaient établies soit par un apôtre ou son délégué comme Timothée, soit par l’assemblée. Il n’est pas sur qu’il y ait eu des charges locales dans toutes les Eglises.
C'est parce que vous ne voyez pas la hiérarchie de l'Église comme un catholique la voit. Vous voyez la hiérarchie comme des officiers dans l'armée, seulement ce n'est pas là le sens de la hiérarchie ecclésiale. Le pape est le serviteur des serviteurs, les évêques sont des serviteurs. Ils ne sont pas là pour être servi mais pour servir la Vérité. Tout comme le Christ s'est fait serviteur.
Et il est étonnant de voir que les premiers chrétiens, contrairement à ce que vous sous entendez, avez un sens de la hiérarchie (lisez le passage sur le concile de Jérusalem dans les actes pour vous en rendre compte). Certes au vue de la petite communauté que l'Église représentait c'était plus une hiérarchie "familiale" mais c'était bien une hiérarchie. Cette hiérarchie s'est affirmée plus tard après que l'Église ait pris de l'ampleur, notamment entre 300 et 400 après JC.
Il a aussi dit à St Pierre de guider l'Église ("paix mes brebis"). Le fait que le Christ soit le seul conducteur n'empêche en rien qu'il y ait des personnes en charge de conduire au Christ. Bien au contraire.Le Christ n’a pas institué de hiérarchie : « un seul est votre conducteur le Christ et vous vous êtes tous frères ». A fortiori l’Eglise n’était pas dirigée par les apôtres et encore moins l’un d’entre eux. Par contre l’Eglise était basée sur le fondement des apôtres, c'est-à-dire sur la doctrine enseignée par les apôtres et par eux seuls. L’Eglise actuelle est ou devrait être toujours établie sur le fondement des apôtres. Par sur de supposés successeurs de ces apôtres. Cela suffit à l’édification de l’Eglise, laquelle n’est pas perpétuelle comme vous le dîtes, mais qui subsistera jusqu’au retour du Christ. C’est donc un sophisme de dire que la continuation de l’Eglise nécessite une succession apostolique.
Les successeurs permettent de continuer l'enseignement, de faire vivre notre Foi, car nous sommes bien une religion de l'Esprit et non une religion du Livre. Notre Foi n'est pas attaché à un livre quelconque mais bien au Verbe, à la Parole Vivante, qu'est le Christ. Bien sûr l'enseignement part des Saintes Écritures mais cet enseignement a toujours eu lieu dans la Tradition, les Saintes Ecritures sont le fruit de la Tradition. De plus il est bien inscrit dans la Sainte Bible que tout ne nous a pas été révélé, c'est bien qu'il y a encore des choses à découvrir dans les Écritures. Et ces choses ne peuvent être enseignée que par une autorité mise en place par Dieu lui-même pour éviter tout risque d'erreur : l'Église.
Le Christ est la tête de l'Église, vous semblez l'oublier... Ce n'est pas le Saint Père qui est la tête de l'Église, c'est le Christ ! Le pape n'est que son vicaire, celui qui est visible, la pierre visible.
Les évêques SONT des apôtres. On a bien vu que St Paul n'avait pas connu le Christ et pourtant il est devenu Apôtre.Les évêques ne continuent pas l’action des apôtres. D’abord il n’y a plus d’apôtres. Ensuite il n’y a pas de rapports fonctionnels entre les charismes d’apôtres et les charges locales d’évêques. Y aurait-il eu une succession apostolique, celle-ci se serait opérée d’apôtre en apôtre, ce qui en tout état de cause n’est pas le cas. En ce sens l’Eglise catholique a fait un beau mélange. Timothée était un délégué apostolique et non un évêque (sauf s’il avait par ailleurs une charge locale correspondante).
En plus vous dites que la succession apostolique ne s'est pas opérée d'apôtre en apôtre, et pourtant ce sont bien les apôtres qui imposent les mains. Donc ce sont bien les apôtres qui transmettent leurs charges.
Timothée est clairement mis au même rang que Paul qui est apôtre dans Ph I, 1 : « Paul et Timothée, serviteurs de Jésus Christ, à tous les saints qui sont à Philippe avec leurs épiscopes et leurs diacres : à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. ». Dans I Tim IV 12 - VI 20, on voit bien que Timothée est le gardien c'est à dire l'épiscope. Timothée est donc clairement évêque et apôtre, ce qui contredit votre théorie sur le fait qu'il ne soit que délégué apostolique.
Il y a trois possibilités, la première vous êtes d'une mauvaise foi ahurissante, la deuxième vous niez l'évidence parce que vous ne voulez pas voir ce qu'enseigne la Bible, la troisième est que nous n'avez pas bien lu ce que j'ai écrit.Vous écrivez : la succession apostolique se déduit donc de la structure hiérarchique de l’Église et de la perpétuité de l’Église. Cela ne peut convaincre que des personnes ayant des convictions préalables sur la question. Vous ne pouvez prouver la succession apostolique ni par l’Ecriture (qui nous fait comprendre que celle-ci n’existe pas) ni par vos raisonnements basés sur le sable. Ne m'en veuillez pas de vous l'avoir écrit très franchement.
Les protestants ont une vision fallacieuse de la Bible. Déjà leurs théories fumeuses datent d'il y a à peine 500 ans. Formidable, un beau jours tout ce que les chrétiens ont toujours crû s'est révélé une grosse arnaque et en fait Saint Luther aurait apporté la Vérité tel un prophète pour expliquer que l'Église se sont des losers qui n'ont pas compris ce qu'enseigne la Bible. Je suis désolé mais là il y a clairement un problème de Foi. Soit on croit que Dieu est tout puissant et qu'il est Amour donc qu'il nous a laissé un phare dans le monde (l'Eglise) pour que la Vérité soit gardée et que l'erreur soit dénoncée, soit on croit que Dieu se plait à ce que nous soyons dans l'erreur et donc il ne nous donne pas de référence et nous laisse nous planter lamentablement et donc là il est difficilement concevable qu'il soit Amour car nous avons toutes les chances de perdre notre Salut en adhérant à des erreurs. Deux choix possibles et il n'y a pas une troisième voie "jocker" ou "appel à un ami".
N'essayer pas de me dire "L'Esprit Saint nous sert de phare" parce que si l'Esprit Saint était vraiment le guide des protestants il n'y aurait pas une myriade de théologies protestantes différentes. L'Esprit Saint il agit justement dans l'Église pour qu'elle dénonce l'erreur et qu'elle promeuve la Vérité.
Alors non, notre raisonnement est fait en ciment, ce ciment c'est la Sainte Tradition qui nous permet d'interpréter la Bible sans erreur. Si il y a bien un raisonnement sableux, c'est celui des protestants qui affirment tant de choses contradictoires parce qu'il sont incapable de définir la Vérité unique. Ils en sont incapable parce qu'ils n'ont pas ce formidable phare que le Dieu fait Homme nous a donné : l'Église.




