Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)
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etienne lorant
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Le croisement et la croix
20/2/2009 - Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 8, 34-38; 9, 1)
34 Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
35 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.
36 Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ?
37 Quelle somme pourrait-il verser en échange de sa vie ?
38 Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. »
Il s'agit bien de passer, instantanément, sur la foi en la parole de Jésus, d'un monde à un autre. Et le mode de passage s'appelle la croix. C'est forcément une croix (un croisement difficile) de changer de vie, de mode de pensée, de regard sur les autres, sur l'argent, sur la politique, sur tout ce qui fait "le monde". J'ai confiance que celui ou celle qui commencent à suivre Jésus empruntent automatiquement ce passage et ne rencontrent la croix qu'ensuite. Et si leur vocation est véritable, ils constatent que la croix n'est pas issue d'un vouloir de Dieu, mais d'une impasse contenue par le monde. Mais l'amour de Dieu, c'est-à-dire la grâce, est plus forte que tout. Si l'on ne franchit pas la croix du premier coup, cependant on finit par l'apprendre, l'apprivoiser en quelque sorte, et passer au travers. Je prie que tous prennent courage et confiance à cause des épreuves déjà traversées.
34 Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
35 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.
36 Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ?
37 Quelle somme pourrait-il verser en échange de sa vie ?
38 Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. »
Il s'agit bien de passer, instantanément, sur la foi en la parole de Jésus, d'un monde à un autre. Et le mode de passage s'appelle la croix. C'est forcément une croix (un croisement difficile) de changer de vie, de mode de pensée, de regard sur les autres, sur l'argent, sur la politique, sur tout ce qui fait "le monde". J'ai confiance que celui ou celle qui commencent à suivre Jésus empruntent automatiquement ce passage et ne rencontrent la croix qu'ensuite. Et si leur vocation est véritable, ils constatent que la croix n'est pas issue d'un vouloir de Dieu, mais d'une impasse contenue par le monde. Mais l'amour de Dieu, c'est-à-dire la grâce, est plus forte que tout. Si l'on ne franchit pas la croix du premier coup, cependant on finit par l'apprendre, l'apprivoiser en quelque sorte, et passer au travers. Je prie que tous prennent courage et confiance à cause des épreuves déjà traversées.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 2, 1-12)
01 Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
02 Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
03 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
04 Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
05 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
06 Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :
07 « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
08 Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
09 Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
10 Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
11 je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
12 L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Ce matin, le prêtre a surtout parlé de la foi des porteurs du paralytique, qui a touché le coeur de Jésus. Ensuite, il a parlé, avec beaucoup de justesse, des multiples formes de paralysies qui retiennent les hommes dans la vie: la peur, l'opinion des autres, le manque d'argent, l'âge, l'éducation, etc.
Mais ce qui m'a frappé aujourd'hui, c'est que le Seigneur, qui connaît déjà tous ces maux qui accablent les hommes, saisit aussi - et de manière instantanée - les raisonnements de ceux qui jugent sans connaître. Il les reprend, mais sans leur laisser aucune prise. En effet, si Dieu seul peut pardonner les péchés, alors Jésus est Dieu - ou Fils de Dieu, et ces scribes y trouveront d'office un motif pour le juger. Mais en répondant comme il le fait, en disant: "le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre", il les déroute complètement. Ensuite, cette guérison sur simple commandement: "Je te l'ordonne !" l'emporte évidemment sur toute autre considération. Le pouvoir est là, il est manifeste, éblouissant même, et les spectateurs présents rendent gloire à Dieu, car leurs coeurs, tout à fait sainement, attribuent à Dieu une oeuvre aussi simplement bonne en elle-même.
J'ai remarqué ensuite que, du point de vue de Jésus, guérir un malade aussi atteint que le paralytique est aussi facile que de pardonner les péchés. Cela m'a incité à réfléchir aux rapports entre péchés et maladies. J'ai le sentiment que, du point de vue de Dieu, si j'ose dire cela, là où l'Amour manque, il y a forcément mal. En sorte qu'un champion en parfaite santé physique peut être un grand malade en son âme, tandis qu'un moribond, qui n'a plus qu'une heure à vivre, peut, à cause de sa foi, être déjà dans le Royaume en dépit de son état "visible". C'est une pensée toute personnelle, mais j'ai remarqué, le jour où j'ai craint de mourir, qu'en faisant appel au Christ, j'ai découvert plus d'amour - et d'attirance de l'âme pour Lui, que d'angoisse ou autre sentiment (comme l'absurde). Je n'aime guère la pensée de porter ma croix, mais la croix du Christ, elle, m'est indispensable quand je souffre.
01 Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
02 Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
03 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
04 Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
05 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
06 Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :
07 « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
08 Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
09 Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
10 Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
11 je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
12 L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Ce matin, le prêtre a surtout parlé de la foi des porteurs du paralytique, qui a touché le coeur de Jésus. Ensuite, il a parlé, avec beaucoup de justesse, des multiples formes de paralysies qui retiennent les hommes dans la vie: la peur, l'opinion des autres, le manque d'argent, l'âge, l'éducation, etc.
Mais ce qui m'a frappé aujourd'hui, c'est que le Seigneur, qui connaît déjà tous ces maux qui accablent les hommes, saisit aussi - et de manière instantanée - les raisonnements de ceux qui jugent sans connaître. Il les reprend, mais sans leur laisser aucune prise. En effet, si Dieu seul peut pardonner les péchés, alors Jésus est Dieu - ou Fils de Dieu, et ces scribes y trouveront d'office un motif pour le juger. Mais en répondant comme il le fait, en disant: "le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre", il les déroute complètement. Ensuite, cette guérison sur simple commandement: "Je te l'ordonne !" l'emporte évidemment sur toute autre considération. Le pouvoir est là, il est manifeste, éblouissant même, et les spectateurs présents rendent gloire à Dieu, car leurs coeurs, tout à fait sainement, attribuent à Dieu une oeuvre aussi simplement bonne en elle-même.
J'ai remarqué ensuite que, du point de vue de Jésus, guérir un malade aussi atteint que le paralytique est aussi facile que de pardonner les péchés. Cela m'a incité à réfléchir aux rapports entre péchés et maladies. J'ai le sentiment que, du point de vue de Dieu, si j'ose dire cela, là où l'Amour manque, il y a forcément mal. En sorte qu'un champion en parfaite santé physique peut être un grand malade en son âme, tandis qu'un moribond, qui n'a plus qu'une heure à vivre, peut, à cause de sa foi, être déjà dans le Royaume en dépit de son état "visible". C'est une pensée toute personnelle, mais j'ai remarqué, le jour où j'ai craint de mourir, qu'en faisant appel au Christ, j'ai découvert plus d'amour - et d'attirance de l'âme pour Lui, que d'angoisse ou autre sentiment (comme l'absurde). Je n'aime guère la pensée de porter ma croix, mais la croix du Christ, elle, m'est indispensable quand je souffre.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Anne
- Prætor

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- Conviction : Catholique romaine
- Localisation : Provincia Quebecensis
Re: Le paralytique relevé
J'aime bien cette approche, mais reste que ce passage me chicote quand même...
Jésus commence par pardonner les péchés, mais ça ramène inéluctablement à la croyance juive que la source des infirmités était soit les péchés commis par la personne affligée, ou encore ceux commis par ses parents...
Ce n'est qu'ensuite qu'il rend l'usage de ses membres à ce paralysé qui a, soit dit en passant, tout un fan-club: dévoué, débrouillard et tenace! Ses amis font littéralement des pieds et des mains pour qu'il puisse parvenir jusqu'à Jésus!
Je ne sais plus trop que penser...
Jésus commence par pardonner les péchés, mais ça ramène inéluctablement à la croyance juive que la source des infirmités était soit les péchés commis par la personne affligée, ou encore ceux commis par ses parents...
Ce n'est qu'ensuite qu'il rend l'usage de ses membres à ce paralysé qui a, soit dit en passant, tout un fan-club: dévoué, débrouillard et tenace! Ses amis font littéralement des pieds et des mains pour qu'il puisse parvenir jusqu'à Jésus!
Je ne sais plus trop que penser...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
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- Anne
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Re: Le paralytique relevé
Bon, bien, comme souvent dans de pareils cas, je suis allée consulter ce que S.S. Benoît XVI avait à dire sur le sujet.
Il semble bien que sa pensée rejoigne la tienne, Étienne!
Extrait:
Dieu libère de la « paralysie » du péché, explique Benoît XVI
Il semble bien que sa pensée rejoigne la tienne, Étienne!
Extrait:
Source:« Le paralytique, expliquait le pape, est l’image de tout être humain que le péché empêche de bouger librement, de marcher sur le chemin du bien, de donner le meilleur de lui. En effet, le mal, qui se niche dans l’âme, lie l’homme par des liens du mensonge, de la colère, de l’envie, et des autres péchés, et peu à peu, le paralyse (...). Le message est clair : l’homme, paralysé par le péché, a besoin de la miséricorde de Dieu, que le Christ est venu lui donner, afin qu’une fois guéri dans son cœur, toute son existence puisse refleurir ».
Dieu libère de la « paralysie » du péché, explique Benoît XVI
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
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Mac
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Re: Le paralytique relevé
Moi je vois ici encore un argument pour les miracles puisque cela avait fait l'objet de débats.
Les scribes ne peuvent croire que le Seigneur ait le pouvoir de pardonner les péchés, si bien que le Seigneur les met devant une réalité incontestable, il est facile de parler, mais plus difficile de rendre la santé à cet infirme. Après avoir dit « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. », la guérison vient attester que les paroles du Seigneur sont vérités. Cette façon de faire se retrouve souvent dans l'évangile, et Saint Marc dit d'ailleurs " voila les signes qui accompagnerons ceux qui auront cru " ils chasseront les démons, opèreront des guérisons...". Donc Saint Marc est dans la logique même du Seigneur.
Cependant, il faut se rappeler cette autre guérison où les disciples demandent au Seigneur qui avaient péché pour que cet homme se retrouve infirme, si c'était lui ou ses parents? Le Seigneur répond que ce n'était ni lui, ni ses parents. Donc cela me laisse supposer que si la première croyance a un fondement, il ne faut pas voir la source de la maladie uniquement dans le péché. En tout cas c'est ce que de ce que dit le Seigneur.
Les scribes ne peuvent croire que le Seigneur ait le pouvoir de pardonner les péchés, si bien que le Seigneur les met devant une réalité incontestable, il est facile de parler, mais plus difficile de rendre la santé à cet infirme. Après avoir dit « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. », la guérison vient attester que les paroles du Seigneur sont vérités. Cette façon de faire se retrouve souvent dans l'évangile, et Saint Marc dit d'ailleurs " voila les signes qui accompagnerons ceux qui auront cru " ils chasseront les démons, opèreront des guérisons...". Donc Saint Marc est dans la logique même du Seigneur.
Je pense que cette croyance vient du Sinaï, lorsque Dieu dit que celui qui L'honore sera béni sur plusieurs générations, mais si on Le déshonore Il frapperait sur plusieurs générations. On sait ce qu'est la génétique aujourd'hui, je crois que ces paroles de Dieu faisaient en parti référence à ce qui se transmet génétiquement. Enfin je suis sûr de rien, mais j'y vois comme un lien.AnneT a écrit :Jésus commence par pardonner les péchés, mais ça ramène inéluctablement à la croyance juive que la source des infirmités était soit les péchés commis par la personne affligée, ou encore ceux commis par ses parents...
Cependant, il faut se rappeler cette autre guérison où les disciples demandent au Seigneur qui avaient péché pour que cet homme se retrouve infirme, si c'était lui ou ses parents? Le Seigneur répond que ce n'était ni lui, ni ses parents. Donc cela me laisse supposer que si la première croyance a un fondement, il ne faut pas voir la source de la maladie uniquement dans le péché. En tout cas c'est ce que de ce que dit le Seigneur.
Le Seigneur démontre aussi qu'il connaît le cœur de l'homme, ceux des porteurs, celui du paralysé, ceux des scribes, qu'Il connaît Dieu contrairement aux scribes, mais aussi qu'Il se connaît Lui même et le pouvoir que Dieu Lui a remis.« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Je crois que c'est une phrase a méditer, puisque le Seigneur explique pourquoi il accompli ce miracle. Afin que cela soi sans conteste qu'il a le pouvoir de pardonner le péché, mais aussi afin de rappeler les conséquences du péché originel par lequel l'homme connaît la maladie, puisque la démarche du Seigneur s'inscrit dans cet logique me semble t-il.Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre
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etienne lorant
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La foi qui demande du secours !
23 février 2009 -Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 9, 14-29)
22 Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous ! »
23 Jésus reprit : « Pourquoi dire : 'Si tu peux'... ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. »
24 Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »
Elle est terrible, je trouve, cette parole du père de l'enfant malade. Car il dit bien qu'il croit, mais en même temps combien cette foi a besoin d'être secourue ! Eh bien, de ces jours-ci, il me semble que j'en suis là, moi aussi. Comme si toute cette aventure intérieure depuis ma conversion, avec ses hauts et ses bas, ses épreuves et ses victoires, ses moments de grande joie et de paix... finalement, me ramène toujours à mon point de départ. Je crois, mais je crois si peu ! Parfois, c'en est à pleurer ou taper des poings sur les murs puisqu'en réalité, même lorsque je me suis vu déjà hospitalisé, en réalité j'étais en bonne voie de rémission. Puisque ma solitude n'est vraiment que partielle. Puisque j'ai un travail quand tant d'autres n'en ont pas. Puisque je peux chaque jour partager, ce qui est un signe de grâce qui ne s'est jamais démenti !
Donc, j'ai un esprit de chair rebelle à ma foi. Eh bien, cela ne me fera pas de mal de faire pénitence durant le carême, sauf que je ne peux plus jeûner sans péril. Mais il y a d'autres formes de pénitence que le Seigneur voudra bien m'inspirer. Pour moi, je sais très bien que ce que je croyais ma force, c'était une pression constante au travail : toujours essayer d'en faire plus. Je peux donc me freiner sur cette tendance et passer plus de temps à veiller... une idée parmi d'autres: je souhaite partager mieux, mieux être proche de mon prochain, être plus doux. Seigneur, inspire-moi !
22 Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous ! »
23 Jésus reprit : « Pourquoi dire : 'Si tu peux'... ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. »
24 Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »
Elle est terrible, je trouve, cette parole du père de l'enfant malade. Car il dit bien qu'il croit, mais en même temps combien cette foi a besoin d'être secourue ! Eh bien, de ces jours-ci, il me semble que j'en suis là, moi aussi. Comme si toute cette aventure intérieure depuis ma conversion, avec ses hauts et ses bas, ses épreuves et ses victoires, ses moments de grande joie et de paix... finalement, me ramène toujours à mon point de départ. Je crois, mais je crois si peu ! Parfois, c'en est à pleurer ou taper des poings sur les murs puisqu'en réalité, même lorsque je me suis vu déjà hospitalisé, en réalité j'étais en bonne voie de rémission. Puisque ma solitude n'est vraiment que partielle. Puisque j'ai un travail quand tant d'autres n'en ont pas. Puisque je peux chaque jour partager, ce qui est un signe de grâce qui ne s'est jamais démenti !
Donc, j'ai un esprit de chair rebelle à ma foi. Eh bien, cela ne me fera pas de mal de faire pénitence durant le carême, sauf que je ne peux plus jeûner sans péril. Mais il y a d'autres formes de pénitence que le Seigneur voudra bien m'inspirer. Pour moi, je sais très bien que ce que je croyais ma force, c'était une pression constante au travail : toujours essayer d'en faire plus. Je peux donc me freiner sur cette tendance et passer plus de temps à veiller... une idée parmi d'autres: je souhaite partager mieux, mieux être proche de mon prochain, être plus doux. Seigneur, inspire-moi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Le paralytique relevé
Merci pour tous ces commentaires enrichissants ! Au passage, j'ai trouvé que le pape a une belle plume, il n'écrit pas trop comme un "fort en tête", j'aime
Etienne
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Françoise34
- Ædilis

- Messages : 23
- Inscription : dim. 15 févr. 2009, 20:30
- Localisation : Montpellier(France)
Re: La foi qui demande du secours !
Oh! oui! Je suis moi aussi comme ce père de l'enfant malade!!
Je suis si souvent loin de la foi que Dieu aimerait sans doute que je lui porte!
Donne-moi faim de toi, Seigneur, car je te connais si mal et je prie si peu .
Je suis si souvent loin de la foi que Dieu aimerait sans doute que je lui porte!
Donne-moi faim de toi, Seigneur, car je te connais si mal et je prie si peu .
Si mon âme se désole je me souviens de toi mon Dieu
-
etienne lorant
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- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
L'amour d'abord, la compréhension ensuite
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 9, 30-37)
30i Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache.
31 Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
32 Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger.
33 Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
34 Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
35 S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
36 Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
37 « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »
J'ai trouvé Marc très inspiré de faire se répondre les versets 30 à 32 et les versets 36 et 37. Les premiers concernent le sort qui attend Jésus - et les derniers montrent Jésus, qui n'a pas cessé de poursuivre la même idée, enseignant les disciples au sujet du renversement de hiérarchie qu'apporte le Royaume. Jésus sera traité par les hommes comme moins que rien, mais désormais l'homme qui recherchera gloire et pouvoir devant Dieu devra se faire aussi petit et simple qu'un enfant. Et je note à nouveau, au début comme à la fin, combien les disciples, tout choisis qu'ils ont été parmi la multitude, n'en demeurent pas moins à raisonner de manière humaine. Il faudra attendre la Pentecôte pour que leur esprit s'ouvre tout à fait. Pour l'heure, ils ne peuvent qu'écouter, suivre, obéir sans comprendre, mais avec dans le coeur un amour inconditionnel pour le Seigneur.
Celui-ci, du moins dans ce passage, me rappelle la parabole du Semeur. Par la Parole, Il sème. Mais le grain ne deviendra épi qu'au moment de la moisson. Il le sait mais le délai, ce lent mûrissement des âmes, ne le dérange pas outre mesure. Par moments, l'incrédulité des apôtres lui fait pousser des cris, mais jamais il ne les blâme vraiment. Ce qui compte à ses yeux, c'est l'amour qui les retient auprès de lui, qui leur fera tout de même s'exclamer: "Mais où irions-nous: Tu as les paroles de la vie éternelle !" Cet amour de Jésus, c'est le socle sur lequel sera établi le trône de Pierre; c'est la raison finale qui pousse les premiers martyrs à donner leur vie avec une sorte d'envoûtement amoureux. Ah, je voudrais bien que mon coeur fût déjà transformé ainsi, je me plaindrais beaucoup moins !
30i Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache.
31 Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
32 Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger.
33 Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
34 Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
35 S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
36 Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
37 « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »
J'ai trouvé Marc très inspiré de faire se répondre les versets 30 à 32 et les versets 36 et 37. Les premiers concernent le sort qui attend Jésus - et les derniers montrent Jésus, qui n'a pas cessé de poursuivre la même idée, enseignant les disciples au sujet du renversement de hiérarchie qu'apporte le Royaume. Jésus sera traité par les hommes comme moins que rien, mais désormais l'homme qui recherchera gloire et pouvoir devant Dieu devra se faire aussi petit et simple qu'un enfant. Et je note à nouveau, au début comme à la fin, combien les disciples, tout choisis qu'ils ont été parmi la multitude, n'en demeurent pas moins à raisonner de manière humaine. Il faudra attendre la Pentecôte pour que leur esprit s'ouvre tout à fait. Pour l'heure, ils ne peuvent qu'écouter, suivre, obéir sans comprendre, mais avec dans le coeur un amour inconditionnel pour le Seigneur.
Celui-ci, du moins dans ce passage, me rappelle la parabole du Semeur. Par la Parole, Il sème. Mais le grain ne deviendra épi qu'au moment de la moisson. Il le sait mais le délai, ce lent mûrissement des âmes, ne le dérange pas outre mesure. Par moments, l'incrédulité des apôtres lui fait pousser des cris, mais jamais il ne les blâme vraiment. Ce qui compte à ses yeux, c'est l'amour qui les retient auprès de lui, qui leur fera tout de même s'exclamer: "Mais où irions-nous: Tu as les paroles de la vie éternelle !" Cet amour de Jésus, c'est le socle sur lequel sera établi le trône de Pierre; c'est la raison finale qui pousse les premiers martyrs à donner leur vie avec une sorte d'envoûtement amoureux. Ah, je voudrais bien que mon coeur fût déjà transformé ainsi, je me plaindrais beaucoup moins !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mac
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Re: L'amour d'abord, la compréhension ensuite
Je trouve votre analyse fort juste et enrichissante. Je me permets de dire que ce qui me surprends toujours c'est cette peur des disciples qui se retrouve souvent dans l'évangile. Il faudrait que je prenne un temps pour y réfléchir.
Pour ce qui est de votre propension à vous plaindre, j'aurais bien ma petite solution mais je risque de me mettre toutes les féministes sur le dos donc je m'abstiendrais par peur de représaille.
Pour ce qui est de votre propension à vous plaindre, j'aurais bien ma petite solution mais je risque de me mettre toutes les féministes sur le dos donc je m'abstiendrais par peur de représaille.
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etienne lorant
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Le carême : relation intime au Père
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 6,1-6.16-18)
01i Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
02 Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
03 Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
04 afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
05 Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
18 ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Dans ma Bible personnelle, le premier membre de la parole de Jésus ("Si vous voulez vivre comme des justes") est traduit par : "Lorsque vous pratiquez vos bonnes œuvres" et un renvoi en bas de page indique ce que Jésus entend par ces bonnes œuvres: ce sont l'aumône, la prière le jeûne.
Pour chaque pratique, le Seigneur recommande la plus grande discrétion. Que l'on vienne au secours de son prochain, que l'on prie ou que l'on jeûne, il faut demeurer toujours dans la relation au Père, au point de détacher son esprit de ce que l'on fait. C'est plus évident lorsqu'il s'agit de la prière ou du jeûne, mais cela m'a plu de songer que le service du prochain, c'est aussi et d'abord une offrande au Père.
Et si l'on suit Jésus ainsi, toutes les circonstances de la vie peuvent être vécues ainsi.
Le rapport au monde extérieur, bien que vécu effectivement, pourrait pratiquement se fondre dans le secret de la relation intime avec Dieu. La triple répétition: "Ton Père voit ce que tu fais dans le secret" est d'une grande consolation et me fait désirer d'entrer toujours plus avant dans une relation familière avec Dieu, quand bien même il s'agit moins de ressentir cette intimité que de savoir que l'on a accompli Sa volonté. Cette consolation ressemble donc beaucoup à la satisfaction de l'étudiant qui se réjouit d'avoir été jusqu'au bout de ses devoirs, sans s'être laissé distraire.
Une merveilleuse promesse est ensuite assortie à l'aumône, à la prière et au jeûne ainsi pratiqués. Car Jésus dit encore, trois fois : "Il te le revaudra". C'est extraordinaire, merveilleux, et cela prête même au sourire, de lire qu'agissant ainsi dans le secret, c'est exactement comme si nous avions rendu un service à Dieu, et que Dieu prend cela en compte pour veiller à le rendre en temps voulu. C'est joyeux aussi car il y a une image d'enfance spirituelle qui transparaît: tous les papas et les mamans à qui leurs enfants ont réservé une belle surprise (en rangeant d'eux-mêmes leurs petites affaires, par exemple) comprennent bien ce que Jésus dit ici.
Au fond des choses, que raconte Jésus aux disciples dans ce passage ? En réalité, il leur dévoile sa propre "vie "privée" avec son Père. Car Jésus pratique toujours l'aumône avec le plus grande discrétion possible (il faut voir comme il menace presque ceux qu'il a guéris de ne pas aller le crier sur les toits); car Jésus se retire dans les lieux déserts et souvent la nuit afin de prier; car Jésus jeûne, mais on en voit guère de trace dans les textes.
En reprenant la Bible, j'en trouve quasiment la preuve puisque je constate que les versets dont la liturgie ne tient pas compte aujourd'hui - ce qui m'étonne un peu, manifeste que Jésus se dévoile ainsi dans sa propre relation au Père. Si vous avez le temps, ouvrez donc Matthieu 6, 9-15 et vous serez aussi surpris que moi...
01i Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
02 Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
03 Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
04 afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
05 Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
18 ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Dans ma Bible personnelle, le premier membre de la parole de Jésus ("Si vous voulez vivre comme des justes") est traduit par : "Lorsque vous pratiquez vos bonnes œuvres" et un renvoi en bas de page indique ce que Jésus entend par ces bonnes œuvres: ce sont l'aumône, la prière le jeûne.
Pour chaque pratique, le Seigneur recommande la plus grande discrétion. Que l'on vienne au secours de son prochain, que l'on prie ou que l'on jeûne, il faut demeurer toujours dans la relation au Père, au point de détacher son esprit de ce que l'on fait. C'est plus évident lorsqu'il s'agit de la prière ou du jeûne, mais cela m'a plu de songer que le service du prochain, c'est aussi et d'abord une offrande au Père.
Et si l'on suit Jésus ainsi, toutes les circonstances de la vie peuvent être vécues ainsi.
Le rapport au monde extérieur, bien que vécu effectivement, pourrait pratiquement se fondre dans le secret de la relation intime avec Dieu. La triple répétition: "Ton Père voit ce que tu fais dans le secret" est d'une grande consolation et me fait désirer d'entrer toujours plus avant dans une relation familière avec Dieu, quand bien même il s'agit moins de ressentir cette intimité que de savoir que l'on a accompli Sa volonté. Cette consolation ressemble donc beaucoup à la satisfaction de l'étudiant qui se réjouit d'avoir été jusqu'au bout de ses devoirs, sans s'être laissé distraire.
Une merveilleuse promesse est ensuite assortie à l'aumône, à la prière et au jeûne ainsi pratiqués. Car Jésus dit encore, trois fois : "Il te le revaudra". C'est extraordinaire, merveilleux, et cela prête même au sourire, de lire qu'agissant ainsi dans le secret, c'est exactement comme si nous avions rendu un service à Dieu, et que Dieu prend cela en compte pour veiller à le rendre en temps voulu. C'est joyeux aussi car il y a une image d'enfance spirituelle qui transparaît: tous les papas et les mamans à qui leurs enfants ont réservé une belle surprise (en rangeant d'eux-mêmes leurs petites affaires, par exemple) comprennent bien ce que Jésus dit ici.
Au fond des choses, que raconte Jésus aux disciples dans ce passage ? En réalité, il leur dévoile sa propre "vie "privée" avec son Père. Car Jésus pratique toujours l'aumône avec le plus grande discrétion possible (il faut voir comme il menace presque ceux qu'il a guéris de ne pas aller le crier sur les toits); car Jésus se retire dans les lieux déserts et souvent la nuit afin de prier; car Jésus jeûne, mais on en voit guère de trace dans les textes.
En reprenant la Bible, j'en trouve quasiment la preuve puisque je constate que les versets dont la liturgie ne tient pas compte aujourd'hui - ce qui m'étonne un peu, manifeste que Jésus se dévoile ainsi dans sa propre relation au Père. Si vous avez le temps, ouvrez donc Matthieu 6, 9-15 et vous serez aussi surpris que moi...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Carême ou carnaval ?
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 9, 22-25)
22i Jésus disait à ses disciples: "Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite."
23 Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
24 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.
25 Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ?
Celui qui veut sa vie la perdra - et c'est moi quand je laisse la dureté de l'existence m'accabler plutôt que de me lever tôt et retourner à l'Eucharistie du matin. Oh, il fallait bien respecter les ordres du médecin, mais à présent que je vais mieux, je crois que le Seigneur me dit de sortir de nouveau. Il faut de nouveau affronter de nouveau le froid, le flot des voitures, le stress, la fatigue. Et aussi d'affronter de nouveau l'humidité de la boutique qui m'a coûté vingt jours de maladie ces deux derniers mois. Et j'irai. Je me suis rendu compte cette nuit que, désormais, mieux vaut tomber très malade et plus tôt que de chercher à durer longtemps dans une existence aussi perturbée qu'elle est déjà dans le monde après l'an 2000. Si je parle ainsi, c'est évidemment parce que je manque de foi, et c'est une autre partie de moi-même qui me le dit.
Mon partage aujourd'hui est sombre, je le reconnais. Mais il n'est pas tant faussé qu'il paraît par ma déprime. Tiens, je viens de voir un des membres d'une joyeuse compagnie de "carnavaleux". On va boire, on va crier, on va chanter, on va draguer ! Pour lui, il est toujours temps de sauver sa vie, puisqu'il considère que cette vie est la seule et qu'il n'y a rien ensuite. Ainsi les chrétiens vont de Noël à Pâques, tandis que le reste du monde va des fêtes de fin d'année aux fêtes à la fête du carnaval, en attendant les vacances d'été.
22i Jésus disait à ses disciples: "Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite."
23 Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
24 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.
25 Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ?
Celui qui veut sa vie la perdra - et c'est moi quand je laisse la dureté de l'existence m'accabler plutôt que de me lever tôt et retourner à l'Eucharistie du matin. Oh, il fallait bien respecter les ordres du médecin, mais à présent que je vais mieux, je crois que le Seigneur me dit de sortir de nouveau. Il faut de nouveau affronter de nouveau le froid, le flot des voitures, le stress, la fatigue. Et aussi d'affronter de nouveau l'humidité de la boutique qui m'a coûté vingt jours de maladie ces deux derniers mois. Et j'irai. Je me suis rendu compte cette nuit que, désormais, mieux vaut tomber très malade et plus tôt que de chercher à durer longtemps dans une existence aussi perturbée qu'elle est déjà dans le monde après l'an 2000. Si je parle ainsi, c'est évidemment parce que je manque de foi, et c'est une autre partie de moi-même qui me le dit.
Mon partage aujourd'hui est sombre, je le reconnais. Mais il n'est pas tant faussé qu'il paraît par ma déprime. Tiens, je viens de voir un des membres d'une joyeuse compagnie de "carnavaleux". On va boire, on va crier, on va chanter, on va draguer ! Pour lui, il est toujours temps de sauver sa vie, puisqu'il considère que cette vie est la seule et qu'il n'y a rien ensuite. Ainsi les chrétiens vont de Noël à Pâques, tandis que le reste du monde va des fêtes de fin d'année aux fêtes à la fête du carnaval, en attendant les vacances d'été.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- coeurderoy
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Re: Carême ou carnaval ?
Courage Etienne,
c'est plutôt la profonde tristesse de certaines joies mondaines qui sont déprimantes. En fin d'année un de mes collègues, père de famille 54 ans, grands enfants "établis", se plaignait d'avoir des journées trop courtes : réceptions incessantes, kermesses en tous genres, dimanches pris par les brocantes et fêtes de villages. Comme je lui avais signalé ne pas désirer travailler à Noël ni à Pâques (on peut toucher des primes !) : air éberlué de mon interlocuteur, "vous pratiquez encore ? Chez nous (village du Soissonnais),y'a plus qu'au dimanche des Rameaux et à la Toussaint !"
Ce monsieur (qui a de vraies qualités humaines par ailleurs) m'est apparu infiniment triste et solitaire malgré sa famille, sa maison de campagne en Bretagne et sa santé lui permettant de bambocher toute une nuit et de travailler le lendemain...
Bien à vous !
c'est plutôt la profonde tristesse de certaines joies mondaines qui sont déprimantes. En fin d'année un de mes collègues, père de famille 54 ans, grands enfants "établis", se plaignait d'avoir des journées trop courtes : réceptions incessantes, kermesses en tous genres, dimanches pris par les brocantes et fêtes de villages. Comme je lui avais signalé ne pas désirer travailler à Noël ni à Pâques (on peut toucher des primes !) : air éberlué de mon interlocuteur, "vous pratiquez encore ? Chez nous (village du Soissonnais),y'a plus qu'au dimanche des Rameaux et à la Toussaint !"
Ce monsieur (qui a de vraies qualités humaines par ailleurs) m'est apparu infiniment triste et solitaire malgré sa famille, sa maison de campagne en Bretagne et sa santé lui permettant de bambocher toute une nuit et de travailler le lendemain...
Bien à vous !
Dernière modification par coeurderoy le jeu. 26 févr. 2009, 22:25, modifié 1 fois.
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
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Re: Le carême : relation intime au Père
L e Seigneur a jeûné quarante jours au désert et a été victorieux des tentations. Il dit que certains démons ne se chasse que par la prière et le jeûne. Il indique dans le passage que vous nous proposez qu'on jeûne pour Dieu et non pour se faire valoir aux yeux des hommes, ce qui implique que le jeûne doit rester un secret entre le Père et son enfant. Par ailleurs, lorsque les pharisiens si je ne me trompe pas L'interroge en Lui demandant pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, Il leur répond qu'il viendra les jours où l'époux leur sera enlevé, et qu'en ces jours ils jeûnerons en signe de deuil.car Jésus jeûne, mais on en voit guère de trace dans les textes.
De mémoire aucun texte ne me vient à l'esprit qui laisse penser que le Seigneur jeûnait de façon presque perpétuelle. Mais c'est quand même ce que je pense puisque tous les Saints ont jeûné. Si au cour de vos lectures vous avez une réponse précise à cette question, j'aimerais bien que vous nous en fassiez part puisque cela m'intéresse de savoir maintenant que vous avez soulevé la question.
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etienne lorant
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Re: Carême ou carnaval ?
coeurderoy a écrit :"vous pratiquez encore ? Chez nous (village du Soissonnais),y'a plus qu'au dimanche des Rameaux et à la Toussaint !"
Cet étonnement de votre collègue, il représente à mes yeux la "bonne oeuvre" que vous avez faite "dans le secret". Et je suis bien certain, Coeur de Roy, que votre Père, qui voit dans le secret, vous le revaudra !
Merci pour ce témoignage !
Etienne
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