Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
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- Etrigan
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Oui, car cela n'a rien d'évident pour les Hommes de l'époque, j'imagine. Mais surtout, apparaissent les règles de la cacheroute et la façon de tuer la bête en la vidant complètement de son sang.
« Le Verbe s’est incarné pour la Rédemption du Péché. Faudra-t-il que le Saint-Esprit s’incarne pour la rédemption de la sottise ? » Léon Bloy
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Ben, je ne suis pas anthropologue. Mais il faut bien qu'il y ait eu une raison. Et peut-être qu'ils ne les mangeaient pas vivants, mais avec le sang. Visiblement, si cet interdit est tombé, c'est qu'ils devaient le faire !
Ensuite, il ne faut pas juger les hommes d'antan avec notre propre système de valeurs : ça n'amène rien. Par ailleurs, l'enseignement de Dieu est une pédagogie dont le but est de former une communauté d'Hommes pour en faire une nouvelle cellule qui recevra des nouvelles informations de manière à les conduire à une certaine sainteté.
Donc, le problème n'est pas tellement de comment ils étaient avant la Loi mais plutôt de ce que signifie la Loi et en quoi elle leur apporte un mieux être. De ce point de vue, il me paraît intéressant d'interdire le sang dans l'aliment car cela pourrait (?) pousser à la sauvagerie. Mais tout cela n'est que supputation : encore une fois, je ne suis pas anthropologue.
Ensuite, il ne faut pas juger les hommes d'antan avec notre propre système de valeurs : ça n'amène rien. Par ailleurs, l'enseignement de Dieu est une pédagogie dont le but est de former une communauté d'Hommes pour en faire une nouvelle cellule qui recevra des nouvelles informations de manière à les conduire à une certaine sainteté.
Donc, le problème n'est pas tellement de comment ils étaient avant la Loi mais plutôt de ce que signifie la Loi et en quoi elle leur apporte un mieux être. De ce point de vue, il me paraît intéressant d'interdire le sang dans l'aliment car cela pourrait (?) pousser à la sauvagerie. Mais tout cela n'est que supputation : encore une fois, je ne suis pas anthropologue.
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Invité
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Le sang c'est la vie
De manger l'animal en le vidant de son sang, c'est une façon de respecter l'animal et de rendre à Dieu la vie qui est donné. C'est une façon de dire que la vie ne nous appartient pas et nous ne pouvons pas en faire ce que nous voulons. Nous tuons les animaux pour manger et pas pour autre chose. Il perde leur sang, leur vie pour soutenir une vie.
De manger l'animal en le vidant de son sang, c'est une façon de respecter l'animal et de rendre à Dieu la vie qui est donné. C'est une façon de dire que la vie ne nous appartient pas et nous ne pouvons pas en faire ce que nous voulons. Nous tuons les animaux pour manger et pas pour autre chose. Il perde leur sang, leur vie pour soutenir une vie.
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Oui, c'est cette raison que je trouve mystérieuse. J'aimerais bien comprendre.Etrigan a écrit :Ben, je ne suis pas anthropologue. Mais il faut bien qu'il y ait eu une raison.
Dans l'Eucharistie, le Corps et le Sang sont aussi séparés. Peut-être y a-t-il un lien ? Dans l'Apocalypse, le Christ apparaît comme "agneau égorgé", dont le sang est séparé du corps. Mais dans l'Eucharistie, si Jésus a distingué le corps et le sang, il faut manger des deux. Que signifie tout cela ?
L'obligation de saigner les animaux avant de les manger fait-elle de tout repas un acte de violence, ou de tout repas un sacrifice ?
L'obligation de saigner les animaux concerne-t-elle l'alimentation ou la violence en général, vu qu'elle est immédiatement liée à l'interdiction de verser le sang humain ? Il faut saigner les animaux mais pas les hommes ?
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gerardh
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
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Bonjour Charles, vous écrivez :
En ce qui me concerne, je suis sur qu'un chrétien est invité à s'abstenir de sang selon ce qui est écrit deux fois dans Actes 15. Ces deux passages bibliques seraient-ils erronés ?
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Bonjour Charles, vous écrivez :
Je vous suggère de tirer toutes les conséquences de cette phrase.Mais dans l'Eucharistie, si Jésus a distingué le corps et le sang, il faut manger des deux
En ce qui me concerne, je suis sur qu'un chrétien est invité à s'abstenir de sang selon ce qui est écrit deux fois dans Actes 15. Ces deux passages bibliques seraient-ils erronés ?
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Jésus a distingué séparé son corps de son sang mais a demandé et de manger l'un et de boire l'autre.gerardh a écrit :Bonjour Charles, vous écrivez :
Je vous suggère de tirer toutes les conséquences de cette phrase.Mais dans l'Eucharistie, si Jésus a distingué le corps et le sang, il faut manger des deux
Pour ce qui est de l'alimentation la parole même du Christ est très explicite :
"Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l'homme. »
Alors s'approchant, les disciples lui disent : « Sais-tu que les Pharisiens se sont choqués de t'entendre parler ainsi ? » (...)
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui pénètre dans la bouche passe dans le ventre, puis s'évacue aux lieux d'aisance,
tandis que ce qui sort de la bouche procède du cœur, et c'est cela qui souille l'homme ?
Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations.
Voilà les choses qui souillent l'homme" (Matthieu 15, 11-20)
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Bonjour,
que dit l'Eglise?
Dans la Constitution Sacrosanctum Concilium, au numéro 55:
(http://www.vatican.va/archive/hist_coun ... um_fr.html)
(http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... pitre%20IV)
(http://lesbonstextes.ifastnet.com/trent ... ession.htm)
Amicalement.
Virgile.
que dit l'Eglise?
Dans la Constitution Sacrosanctum Concilium, au numéro 55:
(http://www.vatican.va/archive/hist_coun ... um_fr.html)
Dans l'instruction Redemptionis sacramentum, on lit ceci:La communionLa communion sous les deux espèces, étant maintenus les principes dogmatiques établis par le Concile de Trente, peut être accordée, au jugement des évêques, dans les cas que le Siège apostolique précisera, soit aux clercs et aux religieux, soit aux laïcs; par exemple: aux nouveaux ordonnés dans la messe de leur ordination, aux profès dans la messe de leur profession religieuse, aux néophytes dans la messe qui suit le baptême.
(http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... pitre%20IV)
Dans les textes du Concile de Trente (21ème session), on lit ceci:La Communion sous les deux éspèces (chapitre 4, 4)
- 100 - Afin de manifester aux fidèles plus clairement la plénitude du signe dans le banquet eucharistique, les fidèles laïcs sont eux aussi admis à recevoir la Communion sous les deux espèces dans les cas prévus dans les livres liturgiques, moyennant l’accompagnement préalable et continuel d’une catéchèse appropriée portant sur les principes dogmatiques établis dans ce domaine par le Concile œcuménique de Trente.
(http://lesbonstextes.ifastnet.com/trent ... ession.htm)
Dans l'Eglise d'Orient on communie toujours sous les deux espèces. La communion au sang du Christ a définitivement disparu en Occident après le Concile de Constance (1415). Lors de la 23ème session du Concile, il fut décrété que:Chapitre 1Que les Laïques, ni les Ecclésiastiques, quand ils ne consacrent pas, ne sont point obligez de droit divin, à la Communion sous les deux Especes.Le Saint Concile donc, instruit par le Saint Esprit qui est l'Esprit de sagesse, et d'intelligence, l'Esprit de conseil, et de piété (Esa. 11, 2) ; et suivant le jugement, et l'usage de l'Eglise mesme ; Déclare et prononce, que les Laïques, ni les Ecclésiastiques, quand ils ne consacrent pas, ne sont tenus par aucun précepte divin, de recevoir le Sacrement de l'Eucharistie sous les deux Especes ; et qu'on ne peut en aucune maniere douter, sans blesser la Foy, que la Communion sous l'une des Especes ne soit suffisante à salut. Car quoy-que Nostre Seigneur Jesus-Christ, dans la derniere Cene, ait institué, et donné aux Apostres ce Vénérable Sacrement, sous les Especes du pain et du vin (Matth. 26. 26. I Cor. 11. 24.) ; néanmoins, pour l'avoir institué, et donné de la sorte, ce n'est pas à dire que tous les fidelles Chrestiens soient tenus et obligez, comme par Ordonnance de Nostre Seigneur, à recevoir l'une et l'autre Espece. Ni des paroles de Nostre Seigneur au Chapitre sixiéme de Saint Jean, de quelque façon qu'elles soient entenduës, suivant les diverses interprétations des Saints Peres & des Docteurs, il ne s'en peut pas conclure non plus, que Nostre Seigneur ait commandé la Communion sous les deux Especes. Car le mesme qui a dit : Si vous ne mangez la Chair du Fils de l'Homme, et ne buvez son Sang, vous n'aurez point la vie en vous (Joan. 6.), a dit aussi : Si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra éternellement (Ibidem.). Le mesme qui a dit : Celuy qui mange ma Chair, et boit mon Sang, a la vie éternelle (Ibidem.), a dit aussi : Le Pain que je donneray, est ma Chair pour la vie du Monde (Ibidem.). Enfin le mesme qui a dit : Celuy qui mange ma Chair, et boit mon Sang, demeure en moy, & moy en luy (Ibidem.), a néanmoins dit aussi : Celuy qui mange ce Pain, vivra éternellement (Ibidem.).Chapitre II.De la Puissance de l'Eglise dans la dispensation du Sacrement de l'Eucharistie.Déclare aussi le Saint Concile, que cette puissance a toûjours esté dans l'Eglise, à l'égard de la dispensation des Sacrements, d'établir, ou mesme de changer, sans toucher au fonds de leur essence, ce qu'elle a jugé de plus à propos, pour le respect deû aux Sacremens mesmes, ou pour l'utilité de ceux qui les reçoivent, selon la diversité des temps, des lieux, et des conjonctures ; et c'est ce que l'Apostre a semblé insinuer assez clairement, quand il a dit : L'on nous doit regarder comme les Ministres de Jesus-Christ, et comme les dispensateurs des Mysteres de Dieu (I. Cor. 4. 1.). Et il paroist assez évidemment, qu'il s'est servi luy-mesme de cette puissance en plusieurs occasions, & particuliérement à l'égard de ce Sacrement mesme ; lors qu'ayant ordonné certaines choses sur la maniere d'en user, il ajouste, Je régleray le reste, quand je seray arrivé (I. Cor. 11. 35.). C'est ainsi que la Mere Sainte Eglise, sçachant cette autorité qu'elle a dans l'administration des Sacremens ; quoy-que l'usage des deux Especes fust assez ordinaire au commencement de la Religion Chrestienne, néanmoins dans la suite du temps cette coustume se trouvant déja changée en plusieurs endroits, s'est portée et déterminée par des raisons justes, et tres-considérables, à approuver cét usage de communier sous l'une des Especes ; et en a fait une Loy, qu'il n'est pas permis de rejetter, ni de changer selon son caprice, sans l'autorité de la mesme Eglise.Chapitre III.Que l'on reçoit, sous l'une, ou l'autre des Especes, Jesus-Christ tout entier, & le véritable Sacrement.Déclare ensuite de plus, qu'encore qu'en la dernière Cene, comme il a déja esté dit, nostre Rédempteur ait institué, & donné aux Apostres (Marc. 14. I. Cor. 11.), ce Sacrement sous les deux Especes, il faut néanmoins confesser, que sous l'une des deux Especes on reçoit Jesus-Christ tout entier, et le véritable Sacrement ; et qu'ainsi ceux qui ne reçoivent qu'une des Especes, ne sont privez, quant à l'effet, d'aucune grace nécessaire à salut.DE LA COMMUNIONCanon I.
sous les deux Especes, et de celle des petits Enfans.
Si quelqu'un dit, que tous et chacun des Fidelles Chrestiens sont obligez, de précepte divin, ou de nécessité de salut, de recevoir l'une et l'autre Espece du Tres-Saint Sacrement de l'Eucharistie : Qu'il soit Anathême.
Canon II.
Si quelqu'un dit, que la Sainte Eglise Catholique, n'a pas eû des causes justes et raisonnables, pour donner la Communion sous la seule Espece du pain aux Laïques, et mesme aux Ecclésiastiques, quand ils ne consacrent pas ; Ou qu'en cela elle a erré : Qu'il soit Anathême.
Canon III.
Si quelqu'un nie, que Jesus-Christ, l'auteur et la source de toutes les Graces, soit receû tout entier sous la seule espece du pain ; à cause, comme quelques-uns soustiennent faussement, qu'il n'est pas receû, conformément à l'institution de Jesus-Christ mesme, sous l'une & l'autre Espece : Qu'il soit Anathême.
Canon IV.
Si quelqu'un dit, que la Communion de l'Eucharistie est nécessaire aux petits Enfans, avant qu'ils ayent atteint l'âge de discrétion : Qu'il soit Anathême.
Pour un catholique, la seule objection que l'on puisse faire à la communion sous les deux espèces, c'est le nombre de personnes qu'il faut pour la distribuer et surtout le temps que cela prend.1. Qu'encore que Jésus-Christ ait institué le sacrement de l'eucharistie, après le souper, sous les deux espèces du pain et du vin, cependant la coutume approuvée de l'Église a tenu et tient que ce sacrement ne doit pas se célébrer après le souper, ni être reçu par les fidèles qui ne sont pas à jeun, excepté le cas de maladie et de quelqu'autre nécessité, admis et accordé selon le droit et par l'Église.
2. Que, quoique dans la primitive Église ce sacrement ait été reçu par les fidèles sous les deux espèces, néanmoins, dans la suite, il n'a été reçu sous l'une et l'autre espèce que par les prêtres célébrants, et sous la seule espèce du pain pour les laïques, parce qu'on doit croire fermement et sans aucun doute, que tout le corps et le sang de Jésus-Christ est vraiment contenu sous l'espèce du pain. C'est pourquoi cette coutume introduite par l'Église doit être regardée comme une loi qu'il n'est pas permis de rejeter ou de changer à son gré, sans l'autorité de l'Église : et, dire que l'observation de cette coutume est sacrilège ou illicite, c'est tomber dans l'erreur ; et ceux qui assurent opiniâtrément le contraire doivent être chassés comme hérétiques et grièvement punis ou même livrés au bras séculier s'il était nécessaire.bon, nous n'en sommes plus là...
Amicalement.
Virgile.
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
La question que pose Charles, et qui me semble pertinente, est celle du "pourquoi ?" Le Christianisme n'étant pas ritualiste, il faut bien qu'une interdiction soit fondée en raison...gerardh a écrit :En ce qui me concerne, je suis sûr qu'un chrétien est invité à s'abstenir de sang selon ce qui est écrit deux fois dans Actes 15. Ces deux passages bibliques seraient-ils erronés ?
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
gerardh a écrit :Je vous suggère de tirer toutes les conséquences de cette phrase.Mais dans l'Eucharistie, si Jésus a distingué le corps et le sang, il faut manger des deux
En ce qui me concerne, je suis sur qu'un chrétien est invité à s'abstenir de sang selon ce qui est écrit deux fois dans Actes 15. Ces deux passages bibliques seraient-ils erronés ?
Actes 15
28 - Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire,
29 - savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité, (que vient donc faire l'impudicité ici???) choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde.
Ce texte dit simplement que les chrétiens doivent s'abstenir et des viandes sacrifiées aux idoles, et du sang, et des animaux étouffés, et de l'impudicité. Les viandes sacrifiées aux idoles ne doivent pas être mangées parce qu'elles ont été sacrifiées aux idoles et qu'un chrétien ne peut en conséquence les accepter. Ce serait comme si lui même "participait" à ce culte. Le texte des Actes invite aussi le chrétien, dans le même esprit, à refuser le sang, les animaux étouffés et l'impudicité. On ne comprend pas bien, sinon, quel rapport on pourrait établir entre l'impudicité et tous les animaux étouffés, le sang et la viande?
C'est donc que le fait de s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles , du sang, etc., relève de la même démarche que de s'abstenir des mauvaises pensées, de l'adultère, du meurtre, des vols, etc. Cela ne peut pas vouloir dire qu'il est strictement interdit de consommer du sang. C'est tout.
En raison, pourquoi peut-on manger du sang?
Parce que dans l'Ancien Testament, le sang était répandu sur l'autel des sacrifices. On ne le consommait pas, comme les viandes sacrifiées (d'où les prescriptions alimentaires). Le sang était donc utilisé pour l'autel, pas pour les repas, et c'est cet emploi qui lui confèrait un caractère "sacré".
Or le Christ a offert son sang sur la croix, pour le pardon des péchés. De ce fait les hommes reçoivent le Salut non plus de l'obéissance à la Loi, mais de la Grâce divine. Le sang des animaux sacrifiés sur l'autel n'a plus de raison d'être répandu et de ne n'être jamais consommé, puisque c'est maintenant le sang du Christ qui est répandu pour le pardon des péchés (et qui est consommé- ou pas - par les fidèles catholiques lors du Saint Sacrifice de la Messe).
Le sang des animaux n'appartient donc plus au domaine de "l'interdit" et peut devenir un aliment comme les autres. Il n'y a aucune raison d'en interdire la consommation.
Amicalement.
Virgile.
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Merci Virgile,Virgile a écrit :En raison, pourquoi peut-on manger du sang?
Parce que dans l'Ancien Testament, le sang était répandu sur l'autel des sacrifices. On ne le consommait pas, comme les viandes sacrifiées (d'où les prescriptions alimentaires). Le sang était donc utilisé pour l'autel, pas pour les repas, et c'est cet emploi qui lui confèrait un caractère "sacré".
Or le Christ a offert son sang sur la croix, pour le pardon des péchés. De ce fait les hommes reçoivent le Salut non plus de l'obéissance à la Loi, mais de la Grâce divine. Le sang des animaux sacrifiés sur l'autel n'a plus de raison d'être répandu et de ne n'être jamais consommé, puisque c'est maintenant le sang du Christ qui est répandu pour le pardon des péchés (et qui est consommé- ou pas - par les fidèles catholiques lors du Saint Sacrifice de la Messe).
Le sang des animaux n'appartient donc plus au domaine de "l'interdit" et peut devenir un aliment comme les autres. Il n'y a aucune raison d'en interdire la consommation.
j'ai l'impression qu'on avance avec vos remarques. Mais qu'on y est pas encore. J'aimerais que tout soit compris dans l'explication, l'interdit alimentaire, l'eucharistie, le corps et le sang, la séparation de l'un et l'autre, le sacrifice, le compte demandé pour le sang. Pourquoi si le sang du sacrifice est interdit, Jésus demande-t-il de boire son sang qui est bien celui d'un sacrifice ? Pourquoi ne distingue-t-on pas le sang du sacrifice des autres sangs, dont celui du repas ? Faut-il considérer que l'interdit sur le porc s'enracine dans une pratique de sacrifice du porc ? A-t-on des traces archéologiques de cultes sémites du porc ?
- Fée Violine
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Faut-il considérer que l'interdit sur le porc s'enracine dans une pratique de sacrifice du porc ? A-t-on des traces archéologiques de cultes sémites du porc ?
Ce n'est pas seulement le porc qui est interdit par la Bible (Lévitique 11, 1-29), c'est tout animal qui n'a pas le sabot fourchu ou qui ne rumine pas (le chameau, le lièvre...), tout poisson qui n'a pas d'écaille ou de nageoires (fruits de mer etc), et une longue liste d'oiseaux, de reptiles et d'insectes. Le porc n'est donc qu'un animal parmi d'autres.
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Bonjour,
Pour un hébreu, donc, le culte le plus répugnant était celui qui consistait à offrir une offrande de "sang de porc".
L'offrande de "sang de porc" était assimilée par les hébreux à une pratique idolâtrique, parce qu'à l'époque de l'Exode, Dieu leur avait ordonné justement de rejeter les "immondes et sales idoles de l'Egypte". Si le sang est un principe vital, le "sang de porc" représentait le principe même de la mort.
On lit par exemple, à propos de ceci dans Isaïe 66?
Deut. 7:26
1 Rois 11, 5-7
Jér. 32, 34-35
Les Israélites, en servant les idoles, commettent une "fornication spirituelle" et ils rompent d'eux-mêmes toute communication avec Dieu. Il sacrifient au culte de la "mort".
Jér. 13,27
Dans le cas du porc, on a l'exemple d'un animal "domestique" et pourtant "très sale", donc "impur". Un animal qui "mange ses petis" mais qui vit parmi ceux qui ne sont pas "anthropophage"... Dans l'alimentation des israëlites, dans leurs repas, manger cet animal impur aurait été comme renoncer à exprimer la sainteté de leur "assimilation" du monde animal. Alrs que la prescription alimentaire, l'interdition du porc, permet justement de garantir cette sainteté.
Isaïe 65, 4
Dans le judaïsme, il n'y a pas de salut sans effusion de sang. C'est ce qu'explique l'Epitre au Hébreux (9, 22):
Le corps du porc est donc impropre aux sacrifices.
Le sang principe de vie, que l'on ne peut ingérer, est répandu sur l'autel du Temple.
Mais le sang du porc est "interdit" à l'autel - principe de mort que l'on ne peut pas répandre.
Le sang, principe de vie. Le sang du porc, principe de "mort" - souillure ineffaçable.
La levée de l'interdit alimentaire: il n'y a plus de "pur" et d'"impur". Il y a la Vie qui purifie tout.
Le Corps du Christ offert en sacrifice.
Le Sang du Christ, source et principe de la Vie éternelle.
Le Sang du du Christ signe de la nouvelle Alliance, versée sur l'autel de la nouvelle Alliance.
Le Christ venu accomplir la figure pascale du salut en répandant son sang (le sang des agneaux sur les montants des portes dans Exode 12).
Le Christ venu accomplir la figure du sacrifice de l'Alliance célébré au Sinaï en répandant son sang (le sang des victimes aspergé sur le peuple par Moïse dans Exode 24).
L'Eglise vit de ce sang versé par le Christ. Elle le boit.
"rapidemment"... avant la fuite d'Égypte, les Hébreux habitaient dans la région de Tanis, où le porc était considéré comme un animal sacré et où il existait un culte du porc. Et le culte du porc devait paraître aux Hébreux comme une pratique typiquement égyptienne, un culte idôlatre. Lors de la fête annuelle d'Osiris, on sacrifiait et on consommait cet animal. On lit chez Hérodote (Histoire, II, 47 et 48):Charles a écrit : Faut-il considérer que l'interdit sur le porc s'enracine dans une pratique de sacrifice du porc? A-t-on des traces archéologiques de cultes sémites du porc?
Parmi les autres cultes égyptiens, on trouve celui du dieu Seth, souvent assimilé au porc. Seth, c'était le dieu du mal, des orages et de la violence. Les peuples qui vivaient en Palestine l'identifiaient à Baal. Dans la société égyptienne donc, Seth se confond avec le porc: pourquoi? Parce qu'il dévore ses petits. Le porc est lié à la mort, le porc "infanticide" ne peut alors qu'exprimer le mal, un mal contraire aux principes du bien, raison pour laquelle, cet animal ne pouvait pas être livré en sacrifice à un autre dieu que celui du mal et de la violence: Seth.Les Égyptiens regardent le pourceau comme un animal immonde (1). Si quelqu'un en touche un, ne fût-ce qu'en passant, aussitôt il va se plonger dans la rivière avec ses habits; aussi ceux qui gardent les pourceaux, quoique Égyptiens de naissance, sont-ils les seuls qui ne puissent entrer dans aucun temple d'Égypte. Personne ne veut leur donner ses filles en mariage, ni épouser les leurs; ils se marient entre eux.
Il n'est pas permis aux Égyptiens d'immoler des pourceaux à d'autres dieux qu'à la Lune et à Bacchus, à qui ils en sacrifient dans le même temps, je veux dire dans la même pleine lune. Ils en mangent alors. Mais pourquoi les Égyptiens ont-ils les pourceaux en horreur les autres jours de fête, et en immolent-ils dans celle-ci? Ils en apportent une raison qu'il n'est pas convenable de rapporter. Je la tairai donc, quoique je ne l'ignore point.
Voici comment ils sacrifient tes pourceaux à la Lune; quand la victime est égorgée, on met ensemble l'extrémité de la queue, la rate et l'épiploon, qu'on couvre de toute la graisse qui est dans le ventre de l'animal, et on les brûle. Le reste de la victime se mange le jour de la pleine lune, qui est celui où ils ont offert le sacrifice; tout autre jour, ils ne voudraient pas en goûter. Les pauvres, qui ont à peine de quoi subsister, font avec de la pâte des figures de pourceaux; et, les ayant fait cuire, ils les offrent en sacrifice.
(1) Le lait de truie donnait la lèpre ou des dartres à ceux qui en buvaient. Cet animal, qui transpire peu à cause qu'il en est empêché par la graisse, est fort sujet à des éruptions, et porte avec lui le principe de la lèpre. De là cette aversion que les Égyptiens avaient pour le pourceau, et la défense que Dieu fit aux Juifs d'en manger; mais les Juifs n'en immolaient et n'en mangeaient en aucun temps, au lieu que les Égyptiens en sacrifiaient et en mangeaient une fois l'année, à la fêle de la pleine lune. (L.)
48 - Le jour de la fête de Bacchus, chacun immole un pourceau devant sa porte, à l'heure du repas; on le donne ensuite à emporter à celui qui l'a vendu.
Pour un hébreu, donc, le culte le plus répugnant était celui qui consistait à offrir une offrande de "sang de porc".
L'offrande de "sang de porc" était assimilée par les hébreux à une pratique idolâtrique, parce qu'à l'époque de l'Exode, Dieu leur avait ordonné justement de rejeter les "immondes et sales idoles de l'Egypte". Si le sang est un principe vital, le "sang de porc" représentait le principe même de la mort.
On lit par exemple, à propos de ceci dans Isaïe 66?
Ou encore Ezéchiel, 20, 6:1 - Ainsi parle Yahweh: Le ciel est mon trône, et la terre est l'escabeau de mes pieds quelle est la maison que vous me bâtiriez, et quel serait le lieu de mon repos?
2 - Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ces choses sont arrivées ainsi a l'existence, -- oracle de Yahweh, Voici celui que je regarde: celui qui est humble, qui a le coeur brisé et qui tremble à ma parole
3 - Celui qui immole un boeuf tue un homme; celui qui sacrifie une brebis égorge un chien; celui qui présente une oblation offre du sang de porc; celui qui fait brûler l'encens bénit une idole. Comme ils choisissent leurs voies, et elle leur âme se comptait dans leurs abominations,
4 - moi aussi je choisirai leur infortune, et je ferai venir sur eux ce qu'ils redoutent, parce que j'ai appelé, et personne n'a répondu ; j'ai parlé, et ils n'ont pas entendu ; ils ont fait ce qui est mal à mes yeux, et ils ont choisi ce qui me déplaît.
Ensuite, sur le chemin qui les a conduit vers la Terre promise, le peuple d'Israël est passé parmi les "nations païennes" et a vu leurs "choses immondes" et leurs "sales idoles"... dont il est probable qu'elles avaient les même caractéristiques générales que celle des Egyptiens.7 - Et je leur dis: Rejetez chacun les idoles infâmes de vos yeux, ne vous souillez pas par les abominations de l'Égypte.
8 - Je suis le Seigneur, votre Dieu. Mais ils se révoltèrent contre moi et ne voulurent pas m'écouter; ils n'abandonnèrent pas les abominations de l'Egypte. Je pensai à répandre sur eux mon courroux, à épuiser sur eux ma colère au milieu du pays d'Égypte.
Deut. 7:26
Deut. 29, 16-1826 - Tu n'introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme elle, dévoué par anathème; tu l'auras en horreur extrême, tu l'auras en extrême abomination, car c'est une chose dévouée par anathème.
Les faux dieux de ces nations étaient donc des "choses immondes".16 - Vous savez, en effet, comment nous avons habité dans le pays d'Egypte, et comment nous avons passé au milieu des nations parmi lesquelles vous avez passé:
17 - vous avez vu leurs abominations et leur idoles, bois et pierre, argent et or, qui sont chez elles.
18 - Qu'il n'y ait donc parmi vous ni homme, ni femme, ni famille, ni tribu, dont le coeur se détourne aujourd'hui de Yahweh, notre Dieu, pour aller servir les dieux de ces nations; qu'il n'y ait point parmi vous de racine produisant du poison et de l'absinthe.
1 Rois 11, 5-7
2 Rois 23, 135 - Salomon alla après Astarté, déesse des Sidoniens, et après Melchom, l'abomination des Ammonites.
6 - Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de Yahweh, et il ne suivit pas pleinement Yahweh, comme avait fait David, son père.
7 - Alors Salomon bâtit, sur la montagne qui est en face de Jérusalem, un haut lieu pour Chamos, l'abomination de Moab, et pour Moloch, l'abomination des fils d'Ammon.
Lorsque les Israélites se sont mis à pratiquer de tels cultes idolâtres, ils se sont rendus "répugnants" aux yeux de Dieu, ils étaient "comme des porcs". Ensuite, en souillant le temple avec les objets de ce culte idolâtre, ils se sont attirés la fureur de Dieu. Pour les Israëlites, le Temple était avant tout la demeure inviolable du Seigneur, et par conséquent toute transformation dans la liturgie au profit d'un culte syncrétique, toute introduction d'une pratique ou d'un objet du culte des idoles étaient une profanation, un blasphème qui rompait la fidélité du culte et faisait planer sur l'ensemble du peuple la terrible menace de l'abandon du Temple par Dieu. Quelle que soit la nature de la profanation, elle entraînait donc une souillure inexpiable du Temple. La révolte des Macchabées est provoquée par la politique d'hellénisation pratiquée par Antiochos IV et par le fait qu'il sacrifie du sang de porc sur l'autel du Temple...13 - Le roi souilla les hauts lieux qui étaient en face de Jérusalem, sur la droite de la Montagne de Perdition, et que Salomon, roi d'Israël, avait bâtis à Astarté, l'abomination des Sidoniens, à Chamos, l'abomination des fils d'Ammon;
Jér. 32, 34-35
34 - Ils ont mis leurs abominations dans la maison Sur laquelle mon nom est invoqué, pour la souiller.
35 - Ils ont bâti des hauts lieux à Baal dans la vallée du fils de Hinnom, Faisant passer par le feu leurs fils et leurs filles pour Moloch, Ce que je ne leur avais pas commandé. Et ce qui ne m'était pas venu à la pensée,- Faisant cette abomination pour faire pêcher Juda.
36 - Maintenant donc, touchant cette ville dont vous dites: Elle sera livrée aux Chaldéens, Réduite par l'épée, la famine et la peste...
Les Israélites, en servant les idoles, commettent une "fornication spirituelle" et ils rompent d'eux-mêmes toute communication avec Dieu. Il sacrifient au culte de la "mort".
Jér. 13,27
Les Israélites apostats se signalaient en mangeant du porc... parce que dans la Bible, finalement, les animaux sont catégorisés par rapport à des "animaux de référence". le bétail par exemple (dans une population qui est, à l'origine, pastorale) était catégorisé selon des critères comme "ongulés/pied fendu/ruminant". Ces critères étaient cohérents par rapport à une norme, celle du groupe de l'animal. Par exemple, un animal qui "vole mais qui n'a pas d'ailes" est forcément "impur", etc.27 - Tes adultères, tes hennissements, Tes criminelles prostitutions, Sur toutes les hauteurs en pleine campagne, Toutes tes abominations, je les ai vues. Malheur à toi, Jérusalem! Combien de temps encore avant que tu ne sois purifiée?
Dans le cas du porc, on a l'exemple d'un animal "domestique" et pourtant "très sale", donc "impur". Un animal qui "mange ses petis" mais qui vit parmi ceux qui ne sont pas "anthropophage"... Dans l'alimentation des israëlites, dans leurs repas, manger cet animal impur aurait été comme renoncer à exprimer la sainteté de leur "assimilation" du monde animal. Alrs que la prescription alimentaire, l'interdition du porc, permet justement de garantir cette sainteté.
Isaïe 65, 4
Ses israëlites pratiquaient donc un culte idolâtrique, s'asseyaient parmi les sépultures (pout communiquer avec les morts), et ils mangeaient du porc.2 - J'étendais mes mains tout le jour vers un peuple rebelle, vers ceux qui marchent dans la voie mauvaise, au gré de leurs pensées;
3 - vers un peuple qui me provoquait, en face, sans arrêt, sacrifiant dans les jardins, brûlant de l'encens sur des briques,
4 - se tenant dans les sépulcres, et passant la nuit dans des cachettes; mangeant de la chair de porc et des mets impurs dans leurs plats, disant : " Retire-toi ! Ne m'approche pas, car je suis saint pour toi !" Ceux-là sont une fumée dans mes narines, un feu qui brûle toujours.
Dans le judaïsme, il n'y a pas de salut sans effusion de sang. C'est ce qu'explique l'Epitre au Hébreux (9, 22):
La suite du même texte, l'effusion de sang dans le christianisme:19 - Moïse, après avoir proclamé devant tout le peuple tous les commandements selon la teneur de la Loi, prit le sang des taureaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il fit l'aspersion sur le Livre lui-même et sur tout le peuple, en disant :
20 - " Voici le sang de l'alliance que Dieu a contractée avec vous.
21 - " Il aspergea de même avec le sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte.
22 - Et d'après la Loi, presque tout se purifie avec du sang; et sans effusion de sang il n'y a pas de rémission.
L'interdit alimentaire: le porc est impur, la bête par excellence des cultes idolâtres. Il représente la mort.23 - Puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, il était donc nécessaire que les choses célestes elles-mêmes fussent inaugurées par des sacrifices supérieurs à ceux-là.
24 - Car ce n'est pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, image du véritable, que le Christ est entré: mais il est entré dans le ciel même, afin de se tenir désormais pour nous présent devant la face de Dieu.
25 - Et ce n'est pas pour s'offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre entre chaque année dans le sanctuaire avec un sang qui n'est pas le sien :
26 - autrement il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la fondation du monde; mais il s'est montré une seule fois, dans les derniers âges, pour abolir le péché par son sacrifice.
27 - Et comme il est arrêté que les hommes meurent une seule fois, après quoi vient le jugement,
28 - ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour ôter les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, sans péché, pour donner le salut à ceux qui l'attendent.
Le corps du porc est donc impropre aux sacrifices.
Le sang principe de vie, que l'on ne peut ingérer, est répandu sur l'autel du Temple.
Mais le sang du porc est "interdit" à l'autel - principe de mort que l'on ne peut pas répandre.
Le sang, principe de vie. Le sang du porc, principe de "mort" - souillure ineffaçable.
La levée de l'interdit alimentaire: il n'y a plus de "pur" et d'"impur". Il y a la Vie qui purifie tout.
Le Corps du Christ offert en sacrifice.
Le Sang du Christ, source et principe de la Vie éternelle.
Le Sang du du Christ signe de la nouvelle Alliance, versée sur l'autel de la nouvelle Alliance.
Le Christ venu accomplir la figure pascale du salut en répandant son sang (le sang des agneaux sur les montants des portes dans Exode 12).
Le Christ venu accomplir la figure du sacrifice de l'Alliance célébré au Sinaï en répandant son sang (le sang des victimes aspergé sur le peuple par Moïse dans Exode 24).
L'Eglise vit de ce sang versé par le Christ. Elle le boit.
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
SI les Egyptiens ne mangeaient pas habituellement de porc, c'est parce qu'ils en mangeaient dans le cadre de son sacrifice annuel. Respecter l'interdit sur le porc, c'est donc avoir part à son culte et à son sacrifice. Si les Juifs avaient eu le culte égyptien en horreur, le porc aurait été pour eux parfaitement profane, insignifiant (?). A moins que tout repas de viande soit assimilé par le judaïsme à un sacrifice et donc manger du porc, en le saignant avant, aurait été réaliser le même culte que celui Egyptiens (?). Mais alors, les Juifs devraient avoir des interdits alimentaires correspondant à tous les animaux sacrifiés des peuples avec lesquels ils ont été en contact. Mais d'ailleurs, si toute consommation de viande animale était une sorte de sacrifice, n'était-ce pas une manière d'idolâtrie, de polythéisme ? Car l'animal sacrifié ne l'est-il pas toujours en substitution du dieu lui-même ?Virgile a écrit : avant la fuite d'Égypte, les Hébreux habitaient dans la région de Tanis, où le porc était considéré comme un animal sacré et où il existait un culte du porc. Et le culte du porc devait paraître aux Hébreux comme une pratique typiquement égyptienne, un culte idôlatre. Lors de la fête annuelle d'Osiris, on sacrifiait et on consommait cet animal. On lit chez Hérodote (Histoire, II, 47 et 48):Parmi les autres cultes égyptiens, on trouve celui du dieu Seth, souvent assimilé au porc. Seth, c'était le dieu du mal, des orages et de la violence. Les peuples qui vivaient en Palestine l'identifiaient à Baal. Dans la société égyptienne donc, Seth se confond avec le porc: pourquoi? Parce qu'il dévore ses petits. Le porc est lié à la mort, le porc "infanticide" ne peut alors qu'exprimer le mal, un mal contraire aux principes du bien, raison pour laquelle, cet animal ne pouvait pas être livré en sacrifice à un autre dieu que celui du mal et de la violence: Seth.Les Égyptiens regardent le pourceau comme un animal immonde (1). Si quelqu'un en touche un, ne fût-ce qu'en passant, aussitôt il va se plonger dans la rivière avec ses habits; aussi ceux qui gardent les pourceaux, quoique Égyptiens de naissance, sont-ils les seuls qui ne puissent entrer dans aucun temple d'Égypte. Personne ne veut leur donner ses filles en mariage, ni épouser les leurs; ils se marient entre eux.
Il n'est pas permis aux Égyptiens d'immoler des pourceaux à d'autres dieux qu'à la Lune et à Bacchus, à qui ils en sacrifient dans le même temps, je veux dire dans la même pleine lune. Ils en mangent alors. Mais pourquoi les Égyptiens ont-ils les pourceaux en horreur les autres jours de fête, et en immolent-ils dans celle-ci? Ils en apportent une raison qu'il n'est pas convenable de rapporter. Je la tairai donc, quoique je ne l'ignore point.
Voici comment ils sacrifient tes pourceaux à la Lune; quand la victime est égorgée, on met ensemble l'extrémité de la queue, la rate et l'épiploon, qu'on couvre de toute la graisse qui est dans le ventre de l'animal, et on les brûle. Le reste de la victime se mange le jour de la pleine lune, qui est celui où ils ont offert le sacrifice; tout autre jour, ils ne voudraient pas en goûter. Les pauvres, qui ont à peine de quoi subsister, font avec de la pâte des figures de pourceaux; et, les ayant fait cuire, ils les offrent en sacrifice.
(1) Le lait de truie donnait la lèpre ou des dartres à ceux qui en buvaient. Cet animal, qui transpire peu à cause qu'il en est empêché par la graisse, est fort sujet à des éruptions, et porte avec lui le principe de la lèpre. De là cette aversion que les Égyptiens avaient pour le pourceau, et la défense que Dieu fit aux Juifs d'en manger; mais les Juifs n'en immolaient et n'en mangeaient en aucun temps, au lieu que les Égyptiens en sacrifiaient et en mangeaient une fois l'année, à la fêle de la pleine lune. (L.)
48 - Le jour de la fête de Bacchus, chacun immole un pourceau devant sa porte, à l'heure du repas; on le donne ensuite à emporter à celui qui l'a vendu.
Pour un hébreu, donc, le culte le plus répugnant était celui qui consistait à offrir une offrande de "sang de porc".
L'offrande de "sang de porc" était assimilée par les hébreux à une pratique idolâtrique, parce qu'à l'époque de l'Exode, Dieu leur avait ordonné justement de rejeter les "immondes et sales idoles de l'Egypte". Si le sang est un principe vital, le "sang de porc" représentait le principe même de la mort.
Le refus d'Hérodote de donner la raison du choix du porc comme animal sacrificiel est très intéressant. Il rappelle le passage de Pausanias :
"Le mont Lycée a d’autres merveilles à montrer, et principalement ceci : en haut est un bocage de Zeus Lycœus où les hommes ne peuvent aucunement entrer ; mais si quelqu’un transgresse la loi et pénètre dans le bocage, il doit mourir dans l’espace d’une année. On dit en outre que quiconque, homme ou animal, entre dans le bois, ne jette pas d’ombre ; le chasseur ne poursuit pas le cerf dans ce bocage, mais, attendant que la bête ressorte, il voit qu’elle a laissé son ombre en arrière. Et sur la plus haute cime de la montagne, il y a un rempart de terre amassée, autel de Zeus Lycœus, et la plus grande partie du Péloponèse peut être vue de cet endroit. Et devant i"autel sont debout deux piliers regardant le soleil levant, et là-dessus des aigles dorés d’un travail humain encore plus antique. Et sur cet autel on sacrifie à Zeus d’une manière dont on ne peut parler, d’autant que j’avais peu de goût à faire des recherches sur la matière. Mais laissons cela comme c’est et comme il en a toujours été dès le commencement." (Pausanias, Description de la Grèce.)
Sans doute Hérodote ne voulait-il pas dire de quoi ou de qui le porc était-il pris en substitution. Ils sont vraiment pénibles, lui et Pausanias, de faire des cachotteries.
Comment comprendre "Celui qui immole un boeuf tue un homme" ? Et "celui qui sacrifie une brebis égorge un chien" ?On lit par exemple, à propos de ceci dans Isaïe 66?1 - Ainsi parle Yahweh: Le ciel est mon trône, et la terre est l'escabeau de mes pieds quelle est la maison que vous me bâtiriez, et quel serait le lieu de mon repos?
2 - Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ces choses sont arrivées ainsi a l'existence, -- oracle de Yahweh, Voici celui que je regarde: celui qui est humble, qui a le coeur brisé et qui tremble à ma parole
3 - Celui qui immole un boeuf tue un homme; celui qui sacrifie une brebis égorge un chien; celui qui présente une oblation offre du sang de porc; celui qui fait brûler l'encens bénit une idole. Comme ils choisissent leurs voies, et elle leur âme se comptait dans leurs abominations,
4 - moi aussi je choisirai leur infortune, et je ferai venir sur eux ce qu'ils redoutent, parce que j'ai appelé, et personne n'a répondu ; j'ai parlé, et ils n'ont pas entendu ; ils ont fait ce qui est mal à mes yeux, et ils ont choisi ce qui me déplaît.
Mais sur quoi repose cette catégorisation ?Les Israélites apostats se signalaient en mangeant du porc... parce que dans la Bible, finalement, les animaux sont catégorisés par rapport à des "animaux de référence". le bétail par exemple (dans une population qui est, à l'origine, pastorale) était catégorisé selon des critères comme "ongulés/pied fendu/ruminant". Ces critères étaient cohérents par rapport à une norme, celle du groupe de l'animal. Par exemple, un animal qui "vole mais qui n'a pas d'ailes" est forcément "impur", etc.
Dans le judaïsme, il n'y a pas de salut sans effusion de sang.
Oui et pas seulement dans le Judaïsme.
Si l'interdit du porc vient d'Egypte, n'est-ce pas justement parce qu'il y était sacrifié ?L'interdit alimentaire: le porc est impur, la bête par excellence des cultes idolâtres. Il représente la mort.
Le corps du porc est donc impropre aux sacrifices.
Tout cela est bien difficile à démêler...
Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Cher Charles,
L'offrande des sacrifices humains pleinement établie, le cannibalisme devint donc tabou.
En conséquence, la chair humaine fut désormais une nourriture réservée aux dieux.
Les hommes n'avaient le droit d'en manger qu'un tout petit morceau cérémoniel (on va dire un "sacrement").
La "table" de l'hébreu avant les lois de Moïse relevait, en quelque sorte, de l'"autel" du cannibale.
Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que les hébreux pratiquaient des sacrifice d'animaux "purs" (à la place de sacrifice humains) et consommaient de la viande animale comme substitut à la viande humaine (l'anthropophagie), avant la loi mosaïque.
(après, les lois mosaiques n'autorisent plus que la consommation de viande "kasher" - ie vidée de son sang - en substitut à toute viande: la viande casher est équivalente à celle des animaux "purs" utilisés pour le sacrifice - en substitution du sacrifice humain - avant les lois mosaïques).
Qui immole un boeuf tue un homme...
Par ailleurs, pour être plus complet et précis, le texte d'Hérodote que j'ai cité se poursuit par une description du contexte général du sacrifice du porc.
Il s'agit donc de la fête célébrées en l'honneur d'Osiris (le Bacchus des Grecs) dans laquelle on faisait procession d'un phallus.
La différence entre la fête grecque et la fête des Egyptiens c'est qu'en Egypte on y sacrifiait précisément un porc (à la place d'un humain - et avec la connotation que l'on veut bien lire).
Le même Hérodote nous apprend que le Phallus porté en procession par les Egyptiens, à la différence de celui des Grecs, adhérait à une figure humaine (c'est ce qui est adoré - un sexe à figure humaine).
L"abomination" dont parle les textes de la Bible, c'est celà:
Sacrifice d'un porc (identifié à l'homme, sacrifié avec effusion de sang), dans le cadre d'une grande cérémonie d'adoration du "phallus à figure humaine"... le sexe déifié en quelque sorte.
A bientôt.
Amicalement.
Virgile.
ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il a fallut une très longue période de temps avant que l'humanité se refasse une "pureté" en passant du cannibalisme à une nourriture plus "végétale"... et que les sacrifices humains ont mis fin au cannibalisme.Charles a écrit : Comment comprendre "Celui qui immole un boeuf tue un homme" ?
L'offrande des sacrifices humains pleinement établie, le cannibalisme devint donc tabou.
En conséquence, la chair humaine fut désormais une nourriture réservée aux dieux.
Les hommes n'avaient le droit d'en manger qu'un tout petit morceau cérémoniel (on va dire un "sacrement").
La "table" de l'hébreu avant les lois de Moïse relevait, en quelque sorte, de l'"autel" du cannibale.
Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que les hébreux pratiquaient des sacrifice d'animaux "purs" (à la place de sacrifice humains) et consommaient de la viande animale comme substitut à la viande humaine (l'anthropophagie), avant la loi mosaïque.
(après, les lois mosaiques n'autorisent plus que la consommation de viande "kasher" - ie vidée de son sang - en substitut à toute viande: la viande casher est équivalente à celle des animaux "purs" utilisés pour le sacrifice - en substitution du sacrifice humain - avant les lois mosaïques).
Qui immole un boeuf tue un homme...
Par ailleurs, pour être plus complet et précis, le texte d'Hérodote que j'ai cité se poursuit par une description du contexte général du sacrifice du porc.
Il s'agit donc de la fête célébrées en l'honneur d'Osiris (le Bacchus des Grecs) dans laquelle on faisait procession d'un phallus.
La différence entre la fête grecque et la fête des Egyptiens c'est qu'en Egypte on y sacrifiait précisément un porc (à la place d'un humain - et avec la connotation que l'on veut bien lire).
Le même Hérodote nous apprend que le Phallus porté en procession par les Egyptiens, à la différence de celui des Grecs, adhérait à une figure humaine (c'est ce qui est adoré - un sexe à figure humaine).
L"abomination" dont parle les textes de la Bible, c'est celà:
Sacrifice d'un porc (identifié à l'homme, sacrifié avec effusion de sang), dans le cadre d'une grande cérémonie d'adoration du "phallus à figure humaine"... le sexe déifié en quelque sorte.
A bientôt.
Amicalement.
Virgile.
- Etrigan
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- Inscription : jeu. 09 févr. 2006, 13:21
- Localisation : Pas loin de Paris, dans une ville protégée par une Sainte et des bois.
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Re: Boire du sang et autres interdits vétéro-testamentaires
Je viens me faire une petite place dans cette discussion : quand le Christ parle de manger sa chair et de boire son sang, j'entends pour ma part, le consommer intimement. Il me semble que cela est symbolique ; on peut par contre s'étonner de ce qu'il ai formulé quelque chose d'aussi cru et direct par rapport aux rites alimentaires de ses frères juifs. De fait, il y a finalement la question suivante à poser : pourquoi le Christ a-t-il fait de la provocation ?
« Le Verbe s’est incarné pour la Rédemption du Péché. Faudra-t-il que le Saint-Esprit s’incarne pour la rédemption de la sottise ? » Léon Bloy
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