Ancien et Nouvel Israël

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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ravi
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par ravi »

Ce discour de Jean Paul II à Maence peut nous aider dans notre réflexion

Le 17 novembre, en fin de matinée, le Pape a rencontré à Mayence les représentants de la communauté juive à qui il s’est adressé dans les termes suivants :
Shalom !
HONORABLES MESSIEURS, CHERS FRERES,
Je vous remercie pour vos amicales et sincères paroles de salutation. Cette rencontre était pour moi une exigence du cœur dans 1e cadre de ce voyage apostolique et je vous remercie d’être venus à la rencontre de mon désir. Que la bénédiction de Dieu remplisse de joie cette heure !
« Quiconque rencontre Jésus-Christ, rencontre le judaïsme »
1. Les chrétiens doivent se sentir frères de tous les hommes et se comporter en conséquence, mais cette obligation sacrée vaut encore plus quand ils se trouvent en face de ceux qui appartiennent au peuple juif ! Dans la « Déclaration sur les rapports de l’Eglise avec le judaïsme » du mois d’avril de cette année, les évêques de la République fédérale allemande ont débuté par cette affirmation : « Quiconque rencontre Jésus-Christ, rencontre le judaïsme. » Je voudrais aussi faire mienne cette parole. La foi de l’Eglise en Jésus-Christ, fils de David et fils d’Abraham (cf. Mt 1, 1), contient en effet ce que les évêques dans cette déclaration appellent « l’héritage spirituel d’Israël pour l’Eglise » (§ 11), un héritage vivant qui, chez nous chrétiens catholiques, est comprise et conservée dans sa profondeur et sa richesse.
Des relations fraternelles au cours de l’histoire
2. Les relations concrètes et fraternelles entre les juifs et les catholiques d’Allemagne prennent une valeur toute particulière sur 1’arrière-plan douloureux de la persécution et de la tentative d’élimination du judaïsme dans ce pays. Les victimes innocentes en Allemagne et ailleurs, les familles détruites ou dispersées, les valeurs culturelles ou les trésors d’art détruits pour toujours prouvent tragiquement où peuvent conduire la discrimination et le non-respect de la dignité humaine, en particulier si elles sont animées par des théories perverses sur une prétendue différence d’estimation entre les races ou sur la division des hommes en hommes de « grande valeur » et « dignes de vivre » face à ceux qui sont « privés de ces valeurs » et « indignes de vivre ». Devant Dieu, tous les hommes ont la même va1eur et la même importance.
C’est dans cet esprit aussi que se sont engagés des chrétiens, souvent au péril de leur vie, durant les persécutions pour empêcher, ou du moins soulager, les souffrances de leurs frères juifs. Je voudrais leur exprimer, en cette heure, reconnaissance et gratitude. De même qu’à ceux qui, en chrétiens, affirmant leur appartenance au peuple juif, ont par- couru la via crucis de leurs frères et sœurs jusqu’au bout - comme la grande Edith Stein, appelée dans son Institut religieux Thérèse-Bénédicte de la Croix, dont le souvenir est à juste titre évoqué avec une telle vénération.
Je voudrais en outre rappeler aussi Franz Rozenzweig et Martin Buber qui, grâce à leur familiarité créative avec la langue hébraïque et allemande, ont construit un admirable pont pour permettre une rencontre approfondie de l’une et l’autre culture.
Vous-mêmes, dans vos paroles de salutation, vous avez fait remarquer que, dans les multiples efforts pour bâtir dans ce pays une nouvelle convivence entre concitoyens, les catholiques et l’Eglise ont apporté une contribution décisive. Cette reconnaissance et la collaboration nécessaire de votre part me rem- plissent de joie. De mon côté, je désire exprimer toute mon admiration devant vos propres initiatives, y compris la toute récente fondation de votre université à Heidelberg.
Le dialogue entre juifs et catholiques
3. La profondeur et la richesse de notre héritage commun se découvrent à nous d’une manière particulière dans le dialogue amical et la collaboration confiante. Je me réjouis que tout cela soit pris en charge dans ce pays de façon consciente et organisée. De nombreuses initiatives publiques et privées dans le domaine pastoral, académique et social servent un tel dessein, y compris dans des occasions très solennelles, comme récemment le Katolikentag de Berlin. La réunion du Comité international de liaison entre l’Eglise catholique romaine et le judaïsme, l’année dernière à Ratisbonne, a aussi été un signe encourageant.
Il ne s’agit pas seulement de la rectification d’une fausse vision religieuse du peuple juif qui, au cours de l’Histoire, a été en partie l’une des causes d’incompréhension et de persécution. Il s’agit avant tout du dialogue entre les deux religions qui - avec l’islam - ont pu donner au monde la foi en un Dieu unique et ineffable qui nous parle et que nous voulons servir au nom du monde entier.
La première dimension de ce dialogue, c’est-à-dire la rencontre entre le Peuple de Dieu de l’ancienne Alliance, une Alliance qui n’a jamais été dénoncée par Dieu (cf. Am 11, 29), et le Peuple de Dieu de la nouvelle Alliance, est en même temps un dialogue intérieur à notre Eglise, s’établissant pour ainsi dire entre la première et la deuxième partie de la Bible. A ce sujet, nous lisons dans les Orientations pour l’application de la déclaration conciliaire Nostra ætate : « On s’efforcera de mieux comprendre ce qui, dans l’Ancien Testament, conserve une valeur propre et perpétuelle... puisque cette valeur n’a pas été oblitérée par l’interprétation ultérieure du Nouveau Testament qui lui donne sons sens plénier, de sorte que, bien plus, le Nouveau Testament reçoit en retour de l’Ancien sa lumière et son explication. » (Orientations… II.)
-Une seconde dimension de notre dialogue - véritable et centrale - est la rencontre entre 1es Eglises chrétiennes d’aujourd’hui et le peuple actuel de l’alliance conclue avec Moïse. Il importe « que les chrétiens - pour reprendre les directives postconciliaires - essayent de mieux comprendre les composantes fondamentales de la tradition religieuse du judaïsme et apprennent quelles lignes fondamentales sont essentielles pour la réalité religieuse vécue par les Juifs, selon leur propre compréhension » (Introduction). La voie de cette connaissance réciproque est le dialogue. Je vous remercie vénérables frères, qui, vous aussi, menez un tel dialogue avec cette « ouverture et largeur d’esprit », ce « rythme » et cette prudence qui nous sont recommandés à nous, catholiques, par les directives en question. La déclaration des évêques allemands citée au début, « sur 1es rapports entre l’Eglise et le judaïsme », au mois d’avril de cette année, est le fruit d’un tel dialogue et un encouragement pour sa fructueuse progression. C’est mon plus cher désir que cette déclaration devienne le bien spirituel de tous les catholiques en Allemagne !
Je désire d’autre part indiquer une troisième dimension de notre dialogue. Les évêques allemands parlent dans chapitre de conclusion de leur déclaration des tâches qui nous sont, communes. Juifs et chrétiens, sont les uns et les autres en tant que fils d’Abraham, appelés à être une bénédiction pour le monde (cf. Gn 12, 2 et s.), dans 1a mesure où ils s’engagent ensemble pour la paix et la justice de tous les hommes et de tous les peuples, et où ils le font en plénitude et en profondeur, comme Dieu lui-même l’a pensé pour nous et avec 1a disponibilité au sacrifice que ce noble projet peut exiger. Plus ce devoir sacré imprègne notre rencontre, plus il devient une bénédiction pour nous aussi.
Une prière commune pour la paix
4. A la lumière de cette promesse et de cet appel abrahamique, je regarde avec vous le destin et le rôle de votre peuple parmi les peuples. Volontiers, je prie avec vous pour la plénitude du Shalom en faveur de tous vos frères de nationalité et de foi et aussi pour la Terre, que tous les Juifs regardent avec une particu1ière vénération. Notre siècle a pu vivre le premier pèlerinage d’un Pape en Terre sainte. Je voudrais, pour conclure, répéter les paroles de Paul VI à son entrée à Jérusalem : « Appelez avec nous, de vos vœux et de vos prières, la concorde et la paix sur cette terre, unique au monde, que Dieu a visitée. Demandons ici ensemble la grâce d’une vraie et profonde fraternité entre tous les hommes, entre tous les peuples !... « Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment ! - Oui, que la paix habite dans tes murs, - La prospérité dans tes palais, - Je demande pour toi la paix... - Je désire pour toi le bonheur ! (Ps 122, 6-9).
Puissent tous les peuples présents à Jérusalem être réconciliés et bénis en Abraham ! Que lui, l’ineffable, dont nous parle sa création ; lui, qui ne contraint pas son humanité à faire le bien, mais qui la guide ; lui qui s’informe de notre destinée et se tait ; lui, qui nous choisit tous comme son peuple ; qu’il nous guide sur ses chemins, vers son avenir ! Que son nom soit loué ! Amen.

DC 21/12/1980 n° 1798 pp. 1148-1149 (erratum DC mai 1981 n° 1807
Charles
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Re: L'eglise catholique est-elle oui ou non le vrai Israel?

Message non lu par Charles »

jeanbaptiste a écrit :
Encore une fois, il ne faut pas confondre Peuple de Dieu et Israel qui le Peuple Elu, c'est à dire une partie du Peuple de Dieu !
«L'Israël selon la chair, cheminant dans la solitude, prend déjà le nom d'Eglise de Dieu (II Esdr. 13, 1; cf. Nombr. 20, 4; Deut. 23, 1 et suiv.); de même le nouvel Israël, celui de l'ère présente en quête de la cité future et qui ne finit pas (cf. Hébr. 13, 14), s'appelle également l'Eglise du Christ (cf. Mt. 16, 18). »

«Sicut vero Israel secundum carnem, qui in deserto peregrinabatur, Dei Ecclesia iam appellatur (cf. 2Esd 13,1; Num 20,4; Deut 23,1ss.), ita novus Israel qui in praesenti saeculo incedens, futuram eamque manentem civitatem inquirit (cf. Hebr 13,14), etiam Ecclesia Christi nuncupatur (cf. Mt 16,18),»

ll semble donc que nous retrouvons bien dans Lumen Gentium l'idée d'une Église pensée comme Nouvel Israël.

La distinction terminologique est donc bien la suivante : l'Israel selon la chair/peuple juif ; le nouvel Israel/peuple catholique. Dès lors un juif messianique, ou tout simplement un catholique juif, est à la fois membre d'Israel selon la chair et du nouvel Israel.
Oui, explication tout à fait limpide. La question étant de savoir ce qu'est Israël selon la chair, et si cette notion a un sens d'aujourd'hui, après la Shoah et l'apostasie massive du Judaïsme que représente sionisme.

Mon doute, actuellement, c'est qu'on pourrait savoir qui est juif et s'il y a encore des Juifs. Fait-il croire le rabbin Ron Chaya quand il dit que 18 millions de Juifs nés depuis la dernière guerre ne sont pas vraiment juifs ? Que désigne précisément "chair", est-ce seulement la descendance, ou cela implique-t-il l'attachement à la Loi ? Peut-on être juif selon la chair sans tenter d'appliquer à la lettre la Loi ? On oppose lettre et esprit... Loi et foi... chair et promesse... je n'arrive pas encore à m'y retrouver. :sonne: Il me semble qu'être juif selon la chair, ce n'est pas seulement l'être selon la descendance mais encore selon la lettre et la Loi. Le reste d'Israël dans l'histoire biblique, ce n'est pas seulement ceux qui reviennent de déportation, c'est surtout ceux qui n'apostasient pas le judaïsme au contact des paganismes cotoyés pendant les déportations et occupations par les puissances voisines (égyptienne, assyrienne, héllenistique, romaine, arabe, ottomane, etc.). Il y a trois "restes" possibles dans le temps de l'Ancien Testament : celui de l'extermination physique par les persécuteurs, celui de l'apostasie en faveur de leur paganisme sous leur influence, celui de l'apostasie d'Israël en lui-même du fait de sa propre corruption (exemple : Israël seul dans le Sinaï qui se fait tout seul, de lui-même, un veau d'or). Auxquels s'ajoute un quatrième, dans le temps du Nouveau Testament, le reste que constituent les Juifs messianiques. Tout cela est confus dans mon esprit. Je n'arrive pas à y voir clair.
Dernière modification par Charles le mar. 03 févr. 2009, 12:47, modifié 1 fois.
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Boris
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Re: L'Église catholique est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Boris »

gerardh a écrit :Je pense que l'Eglise n'est pas la continuation d'Israël,
Alors elle serait sortie de nulle part ?
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Boris,

Oui, dans un sens l'Eglise est sortie de nulle part. Ou plutôt elle est sortie de la côte d'Adam (figure du Christ) lorsque celui-ci était dans un profond sommeil (figure de la mort). Mais cela dit l'Eglise était cachée en mystère dans les conseils de Dieu de toute éternité : la symbolique d'Adam et Eve en est un exemple.

Rom 16, 25 : mon évangile et la prédication de Jésus Christ, selon la révélation du mystère à l’égard duquel le silence a été gardé dès les temps éternels, mais qui a été manifesté maintenant, et qui, par des écrits prophétiques, a été donné à connaître à toutes les nations, selon le commandement du Dieu éternel, pour [l’]obéissance de [la] foi

Eph 3,9 : mettre en lumière devant tous quelle est l’administration du mystère caché dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses

Col 1, 26-27 : le mystère qui avait été caché dès les siècles et dès les générations, mais qui a été maintenant manifesté à ses saints, auxquels Dieu a voulu donner à connaître quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère parmi les nations, c’est-[à-dire] Christ en vous l’espérance de la gloire.


_________
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Raistlin »

Citons à nouveau Saint Paul :

Ce n'est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas le véritable Israël, et pour être la postérité d'Abraham, tous ne sont pas ses enfants; mais " C'est la postérité d'Isaac qui sera dite la postérité ", c'est-à-dire que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d'Abraham. (Romains 9:6-8)

Le vrai Juif, ce n'est pas celui qui l'est au dehors, et la vraie circoncision, ce n'est pas celle qui paraît dans la chair. Mais le Juif, c'est celui qui l'est intérieurement, et la circoncision, c'est celle du coeur, dans l'esprit, et non dans la lettre: ce Juif aura sa louange, non des hommes, mais de Dieu. (Romains 2:28-29)


Très honnêtement, de ces passages - et de nombreux autres chez Saint Paul - on peut déduire que le nouveau peuple de Dieu (donc le nouvel Israël) est bel et bien l'Eglise, c'est-à-dire l'ensemble des baptisés.

J'ajoute que ce nouveau peuple est le vrai puisque la Nouvelle Alliance est plus parfaite et plus accomplie que l'Ancienne.

Fraternellement,
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Boris »

Tout cela pour dire que sans le peuple Juif, pas de Christ, donc pas d'Esprit Saint, donc pas d'Eglise ...
:p
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Hélène »

Amen !

J'aime beaucoup cette parole dans saint Jean : Jésus, rendit l'esprit - ce qui veut dire qu'il meurt mais aussi qu'Il souffle l'esprit (sur Marie et Jean)... puis, Il vient au milieu des apôtres et souffle sur eux : recevez l'Esprit Saint. Jésus fait le même geste du Père au jour de la Création : Il souffle le Ruah, le souffle de Vie sur les apôtres... c'est une nouvelle création.

C'est très beau... je crois que c'est Cyrille d'Alexandrie qui a une très belle méditation à ce sujet, il faudrait que je la retrouve.

Fraternellement,
Hélène
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Boris »

C'était un des rites du baptême dans l'ancienne forme au moment de l'exorcisme pour chasser les démons.
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Hélène »

Boris a écrit :C'était un des rites du baptême dans l'ancienne forme au moment de l'exorcisme pour chasser les démons.
Génial. On se demande pourquoi nous avons perdu cette tradition. Je sais que chez les juifs, le papa souffle dans les narines du bébé au moment de la naissance... c'est très beau comme geste paternel.
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Boris »

Voici comment cela se faisait :
juste après le dialogue initial :
Le prêtre souffle trois fois sur le visage de l’enfant. Ce geste fut celui du Christ pour chasser le démon.
Exi ab eo (ea) immúnde spíritus, | Sors de cet(te) enfant, esprit impur,
et da locum Spirítui Sancto Paráclito. | et cède la place à l’Esprit-Saint Paraclet.

On peut penser que cela a été retiré pour éviter la confusion avec la Confirmation est la véritable effusion de l'Esprit Saint dans l'âme du chrétien.

Il faut savoir que le rituel du Baptême pose beaucoup de problèmes. Si la question du baptême des petits enfants ne pose plus de problème (sauf aux protestants), celle de la célébration de celui-ci est nettement plus complexe.

Le rituel est issu de celui des adultes qui généralement reçoivent le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie dans la même célébration.
De là est issu le rituel en usage dans la forme extraordinaire avec ce défaut que les parrain/marraine répondent aux questions que le prêtre pose à l'enfant.
Cela fut corrigé après Vatican II : le prêtre interroge désormais les parents car ce sont eux qui demandent réellement le baptême pour leur enfant. Il y a une question spécifique pour les parrain/marraine, qui permet de leur redonner leur juste place.

Néanmoins, la structure reste toujours celle du baptême des adultes :
- accueil
- signation
- Liturgie de la Parole
- exorcisme
- renonciation à Satan
- credo
- baptême au Baptistère
- prière à l'Esprit saint
- prière sur l'Autel
- bénédiction + envoi

On reconnait dans les derniers éléments la Confirmation et l'Eucharistie. En fait, c'est pire que cela : si un Evêque prononce la prière à l'Esprit Saint, il y a alors Confirmation (dixit un vieux prêtre de Versailles, expert en Liturgie).

Voyez donc le mélange des genres !

A la suppression de l'exsufflation, on a gagné un onction d'huile qui est signe de l'Esprit (juste après l'exorcisme).
UdP,
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par gerardh »

_________

Bonjour Raistlin,

Merci de m'avoir répondu, malheureusement pas directement par rapport à mes citations.

Cela dit vous citez l'épître aux Romains. C'est une référence excellente que l'on devrait lire bien plus attentivement. J'y trouve personnellement des choses nouvelles à chaque lecture. Je reprends vos citations :
Le vrai Juif, ce n'est pas celui qui l'est au dehors, et la vraie circoncision, ce n'est pas celle qui paraît dans la chair. Mais le Juif, c'est celui qui l'est intérieurement, et la circoncision, c'est celle du coeur, dans l'esprit, et non dans la lettre: ce Juif aura sa louange, non des hommes, mais de Dieu. (Romains 2:28-29)
Dans ces passages, Paul divise l'humanité en trois catégories : 1°) le monde non juif (ou les nations ) en général (1, 18 à 1, 32) ; 2°) les gens "évolués" (2, 1 à 2, 16) ; 3°) ensuite les juifs ( 2, 17 à 3,4) . La conclusion étant en 3, 9-10 : nous avons ci-devant accusé et Juifs et Grecs d’être tous sous [le] péché, selon qu’il est écrit : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul". Il s'agit donc bien ici des juifs chrétiens ou non, sachant que les juifs chrétiens (qui sont appelés l'Israël de Dieu en Galates 6, 16), ont une circoncision morale, avant d'en voir une physique.

C'est d'ailleurs les différences entre Israël selon la chair, qui était physique, matérielle, et le christianisme, qui est en esprit et en vérité. On passe d'une ombre des choses à venir, Israël qui était formaliste et physique, à l'Eglise, qui est d'essence spirituelle. Cel dit j'ai déjà écrit et reconnu qu'il y avait par ailleurs de nombreuses similitudes entre Israël et l'Eglise bien que ce soient des choses différentes et non un continuum.

Deuxième citation :
Ce n'est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas le véritable Israël, et pour être la postérité d'Abraham, tous ne sont pas ses enfants; mais " C'est la postérité d'Isaac qui sera dite la postérité ", c'est-à-dire que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d'Abraham. (Romains 9:6-8)
On est dans les chapitres 9 à 11 des Romains, qui traitent d'Israël. Ceux d'entre elles qui sont devenus chrétiens sont un résidu selon la grâce. A noter qu'on ne dit pas que l'Eglise est le véritable Israël mais la semence spirituelle d'Abraham (qui vivait avant Israël). Pour la majorité des juifs , il y a un endurcissement partiel (11, 25). Mais cet endurcissement n'est pas éternel : lorsque le dernier chrétien sera suscité, l'Eglise sera enlevée dans la maison du Père, et lors Dieu reprendra ses relations terrestres avec le peuple d'Israël.

En attendant , les chrétiens juifs sont invités, à l'instar de Moïse jadis, à sortir "hors du camp" religieux judaïque (Hébreux 13, 13)


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Charles
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par Charles »

"L'ancienne Alliance ne présente que l'ébauche du bonheur à venir, et non pas l'image exacte des réalités. Elle est donc absolument incapable de mener à leur perfection ceux qui viennent prendre part à ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année. Autrement, si ce culte avait purifié les gens une fois pour toutes, ils ne se sentiraient plus coupables d'aucun péché, et l'on aurait cessé d'offrir les sacrifices. Mais ceux-ci, au contraire, comportent chaque année un rappel du péché.
Il est impossible, en effet, que le péché soit enlevé par le sang des animaux. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume :
Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes,
mais tu m'as fait un corps.
Tu n'as pas accepté les holocaustes
ni les expiations pour le péché ;
alors, je t'ai dit :
Me voici, mon Dieu,
je suis venu pour faire ta volonté,
car c'est bien de moi que parle l'Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi,
il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau. Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes."(He 10, 1-18)
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par shofar »

Bonjour Boris, je suis d'accord avec ce que tu écris. Mais sachez que les juifs ne seront jamais des chrétiens mais bien des croyants au messie, tous comme le sont les juifs messianiques dont vous parlé. Ils feront parti du troupeau dont Jésus est le berger, avec eux, nous les croyants des nations, les non-juifs, nous formerons ensemble un même Peuple croyant au même messie Jésus !
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par shofar »

Oui Boris, l'Eglise est née à la Pentecôte, 50 jours après la fête des pains sans levain, où l'Esprit de Dieu est descendu (Ac 2)
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Re: L'Église est-elle le vrai Israël ?

Message non lu par shofar »

Charles, aucune église, catholique ou non est la véritable Israël !
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