Merci Etienne pour ces mots. ils m'aident en ce moment.etienne lorant a écrit :Mais ce que j'ai découvert récemment dans l'Imitation, ces injonctions qui touchent à notre nécessaire sanctification, confortent ma foi.
Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)
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Re: La foi et les craintes
Merci Anne pour vos prières, elles ne serviront pas qu'à Etienne.
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etienne lorant
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4/2/2009 - Où en suis-je de ma foi ?
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 6, 1-6)
04 Jésus leur disait : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »
05 Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
06 Il s'étonna de leur manque de foi.
Cet étonnement me paraît douloureux, rien qu'à la façon dont Marc l'exprime. Cela me rappelle le nombre de problèmes auxquels j'ai déjà été confronté et qui sur le moment, me semblaient complètement insolubles. Pourtant, j'étais déjà converti et je pratiquais déjà.
Mais, de la même manière que j'avais cru auparavant que Dieu, s'Il existait, ne pouvait s'intéresser à un homme comme moi (perdu dans la masse des milliards d'autres hommes), de la même manière, je songeais que le Seigneur n'avait que faire de tel ou tel de mes problèmes.
Voilà: je m'étais converti avec coeur, au sujet du péché et de la misère de la chair, mais de nouveau, retombant dans mes travers, je limitais Dieu à régner au plus haut des Cieux et pour les seules questions de vie et de mort... mais quant à ce qui touchait cette accusation injuste que j'avais subie, je ne m'imaginais pas du tout que le Seigneur s'y intéressât. Certes non ! Mais il advint, la veille même de mon procès, que tout d'un coup, au coin d'une rue, je fus absolument certain (comment expliquer cela ?) que j'allais gagner, mais je ne voyais vraiment pas comment. Le lendemain, quand mon tour arriva, le juge me fit cette simple demande: "Monsieur, au cours de cette affaire (trois ans que ça durait), avez-vous rencontré un magistrat qui vous a déclaré: je vous inculpe ?", à quoi je répondis non. "Bon, répondit le Juge, je vois qu'on me fait perdre mon temps ici: puisque vous n'êtes pas accusé, vous ne devriez pas être ici. Je vous acquitte de toutes charges, passons à l'affaire suivante." Il en fut donc ainsi, au bout de trois années éreintantes pour mon état nerveux. Bien plus tard, cet épisode de ma vie, j'en ai tiré cette conclusion: le Seigneur a soutenu mon affaire, mais Il l'a aussi limitée dans son expansion, afin que je ne perde pas de vue que c'est Lui la source de tous les biens.
Cette histoire, c'est la mienne, mais aussi celle des gens de Nazareth: comment le fils de Joseph pourrait-il être celui que tout Israël attend ? Bien sûr que ce n'est pas possible ! Pauvres de nous. Nous parvenons à croire qu'un message peut être expédié en une demi-seconde à l'autre bout du monde - mais rares ceux qui pourraient expliquer le phénomène de bout en bout de façon scientifique, mais nous ne croyons pas, même au milieu d'une prière, que Dieu nous écoute ! Où en suis-je de ma foi, en ce jour ? Voilà la question que m'inspire le texte de ce jour.
04 Jésus leur disait : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »
05 Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
06 Il s'étonna de leur manque de foi.
Cet étonnement me paraît douloureux, rien qu'à la façon dont Marc l'exprime. Cela me rappelle le nombre de problèmes auxquels j'ai déjà été confronté et qui sur le moment, me semblaient complètement insolubles. Pourtant, j'étais déjà converti et je pratiquais déjà.
Mais, de la même manière que j'avais cru auparavant que Dieu, s'Il existait, ne pouvait s'intéresser à un homme comme moi (perdu dans la masse des milliards d'autres hommes), de la même manière, je songeais que le Seigneur n'avait que faire de tel ou tel de mes problèmes.
Voilà: je m'étais converti avec coeur, au sujet du péché et de la misère de la chair, mais de nouveau, retombant dans mes travers, je limitais Dieu à régner au plus haut des Cieux et pour les seules questions de vie et de mort... mais quant à ce qui touchait cette accusation injuste que j'avais subie, je ne m'imaginais pas du tout que le Seigneur s'y intéressât. Certes non ! Mais il advint, la veille même de mon procès, que tout d'un coup, au coin d'une rue, je fus absolument certain (comment expliquer cela ?) que j'allais gagner, mais je ne voyais vraiment pas comment. Le lendemain, quand mon tour arriva, le juge me fit cette simple demande: "Monsieur, au cours de cette affaire (trois ans que ça durait), avez-vous rencontré un magistrat qui vous a déclaré: je vous inculpe ?", à quoi je répondis non. "Bon, répondit le Juge, je vois qu'on me fait perdre mon temps ici: puisque vous n'êtes pas accusé, vous ne devriez pas être ici. Je vous acquitte de toutes charges, passons à l'affaire suivante." Il en fut donc ainsi, au bout de trois années éreintantes pour mon état nerveux. Bien plus tard, cet épisode de ma vie, j'en ai tiré cette conclusion: le Seigneur a soutenu mon affaire, mais Il l'a aussi limitée dans son expansion, afin que je ne perde pas de vue que c'est Lui la source de tous les biens.
Cette histoire, c'est la mienne, mais aussi celle des gens de Nazareth: comment le fils de Joseph pourrait-il être celui que tout Israël attend ? Bien sûr que ce n'est pas possible ! Pauvres de nous. Nous parvenons à croire qu'un message peut être expédié en une demi-seconde à l'autre bout du monde - mais rares ceux qui pourraient expliquer le phénomène de bout en bout de façon scientifique, mais nous ne croyons pas, même au milieu d'une prière, que Dieu nous écoute ! Où en suis-je de ma foi, en ce jour ? Voilà la question que m'inspire le texte de ce jour.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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La "non-campagne" des douze
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 6, 7-13)
07 Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
08 et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
09 « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
10 Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ.
11 Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
12 Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
13 Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Les évangélistes Luc et Mathieu mentionnent au sujet de l'envoi des douze qu'ils ne doivent pas emporter de bâton non plus, tandis que Marc indique que seul le bâton est permis. N'est-ce pas une preuve que les Évangiles se contredisent ? Je réponds qu'à ma première lecture attentive (avant 1980), j'ai en effet conclu que les quatre Évangélistes n'étaient même pas d'accord sur cette simple question. Mais après ma conversion, j'en ai tiré la conclusion exactement inverse: les Évangiles disent d'autant plus vrai que les énoncés changent parfois. Les points de détail changent, mais la base est solide - et ici les textes s'accordent pour dire que Jésus a envoyé les disciples "sans grand équipage".
C'est qu'ils ne partent pas en campagne, ils ne viennent pas dans les villages pour ameuter la population, ni pour tenir des discours contre l'occupant ou les autorités religieuses. Mais ils vont, humblement, apporter paix et réconfort là où l'on les accueillera de bon coeur.
Ce passage me rappelle, de manière paradoxale sans doute, la prise de Jéricho, dont on fit sept fois le tour en sonnant de la trompette avant que les murailles s'effondrent d'elles-mêmes. Ce sont les murailles de l'incroyance qu'il s'agit de faire tomber. Quand Marc écrit:
"Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage", il s'agit bien d'un témoignage non d'une sanction. Il signifie : vous n'avez pas voulu nous écouter, nous vous abandonnons donc jusqu'à la poussière d'où vous êtes sortis. Mais d'autres disciples viendront, jusqu'à sept fois, comme autour de Jéricho et sept fois comme le nombre de pardons qu'il faut accorder à son frère lorsque celui-ci le demande.
Ils partent donc et proclament simplement qu'il faut se convertir. Se convertir, je crois que nul homme au monde, aussi rétif qu'il soit, ne peut ignorer qu'il s'agit de changer sa vie. Quitte à ce que la bile qui brûle au ventre soit changée en miel - le dernier verset me conforte dans l'idée que la conversion est essentiellement une guérison.
07 Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
08 et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
09 « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
10 Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ.
11 Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
12 Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
13 Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Les évangélistes Luc et Mathieu mentionnent au sujet de l'envoi des douze qu'ils ne doivent pas emporter de bâton non plus, tandis que Marc indique que seul le bâton est permis. N'est-ce pas une preuve que les Évangiles se contredisent ? Je réponds qu'à ma première lecture attentive (avant 1980), j'ai en effet conclu que les quatre Évangélistes n'étaient même pas d'accord sur cette simple question. Mais après ma conversion, j'en ai tiré la conclusion exactement inverse: les Évangiles disent d'autant plus vrai que les énoncés changent parfois. Les points de détail changent, mais la base est solide - et ici les textes s'accordent pour dire que Jésus a envoyé les disciples "sans grand équipage".
C'est qu'ils ne partent pas en campagne, ils ne viennent pas dans les villages pour ameuter la population, ni pour tenir des discours contre l'occupant ou les autorités religieuses. Mais ils vont, humblement, apporter paix et réconfort là où l'on les accueillera de bon coeur.
Ce passage me rappelle, de manière paradoxale sans doute, la prise de Jéricho, dont on fit sept fois le tour en sonnant de la trompette avant que les murailles s'effondrent d'elles-mêmes. Ce sont les murailles de l'incroyance qu'il s'agit de faire tomber. Quand Marc écrit:
"Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage", il s'agit bien d'un témoignage non d'une sanction. Il signifie : vous n'avez pas voulu nous écouter, nous vous abandonnons donc jusqu'à la poussière d'où vous êtes sortis. Mais d'autres disciples viendront, jusqu'à sept fois, comme autour de Jéricho et sept fois comme le nombre de pardons qu'il faut accorder à son frère lorsque celui-ci le demande.
Ils partent donc et proclament simplement qu'il faut se convertir. Se convertir, je crois que nul homme au monde, aussi rétif qu'il soit, ne peut ignorer qu'il s'agit de changer sa vie. Quitte à ce que la bile qui brûle au ventre soit changée en miel - le dernier verset me conforte dans l'idée que la conversion est essentiellement une guérison.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Pour nous souvenir de notre baptême
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 6, 14-29)
25 Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »
De tout le long texte où Marc rapporte les circonstances de la mort de Jean, j'ai retenu ce seul verset car il montre qu'un homme, quels que soient sa fortune et son pouvoir, s'il n'est pas soumis au Seigneur, n'arrivera pas à se dégager de situations semblables à celle-ci. Hérode est prisonnier de ses pulsions, mais non seulement cela, il se voit contraint de faire exécuter le Baptiste sur le champ et d'exposer sa tête de la manière indiquée. C'est qu'il a exagéré son propre pouvoir au point que s'il n'avait pas obéi, toute sa cour l'eut considéré comme un faible.
Ce qui me fascine c'est d'une part qu'un homme de Dieu tel que Jean peut être mis à mort de manière sordide et pour des raisons aussi futile: un jeu de séduction d'une part et une imprudence de langage de l'autre. Mais plus fascinant encore, du moins pour moi, c'est l'état de péché - c'est-à-dire aussi de faiblesse d'Hérode. Cet homme est roi et il n'a pas hésité à trucider les enfants de Bethléem dans le but de faire périr Jésus et de préserver son pouvoir. Mais ce pouvoir, qu'il aime par dessus tout le reste, à quoi tient-il en fait ? Hérode n'est même pas maître de ses désirs, comment conserverait-il le contrôle de ses sujets ?
Le vainqueur de l'histoire, de la petite histoire comme de la grande, c'est bien Jean. Avant même son exécution, le baptiste, totalement soumis à Dieu, était déjà en possession du Royaume. Il entre d'emblée dans la lignée des saints martyrs de la foi. C'est-à-dire vraiment qu'à partir de l'ère chrétienne, la définition même du pouvoir est remise en question. Naturellement, les hommes feront vite des distinctions entre "pouvoir temporel" et "pouvoir spirituel", mais dans la pratique, au jour le jour, un vrai maître c'est quelqu'un qui s'est soumis de lui-même et "à la vie à la mort" à une Loi qui ne vient pas des hommes mais de Dieu seul. Il n'existe pas de contraintes possibles sur de tels croyants. Jésus en parlera à Nicodème et lui donnera la leçon que je repends ici:
"Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. »
Notre baptême est une renaissance. Si nous avions réellement conscience, dans la foi, de ce que nous avons reçu par notre baptême, nous serions tous comme Jean le Baptiste. Mais le sommes-nous ?
25 Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »
De tout le long texte où Marc rapporte les circonstances de la mort de Jean, j'ai retenu ce seul verset car il montre qu'un homme, quels que soient sa fortune et son pouvoir, s'il n'est pas soumis au Seigneur, n'arrivera pas à se dégager de situations semblables à celle-ci. Hérode est prisonnier de ses pulsions, mais non seulement cela, il se voit contraint de faire exécuter le Baptiste sur le champ et d'exposer sa tête de la manière indiquée. C'est qu'il a exagéré son propre pouvoir au point que s'il n'avait pas obéi, toute sa cour l'eut considéré comme un faible.
Ce qui me fascine c'est d'une part qu'un homme de Dieu tel que Jean peut être mis à mort de manière sordide et pour des raisons aussi futile: un jeu de séduction d'une part et une imprudence de langage de l'autre. Mais plus fascinant encore, du moins pour moi, c'est l'état de péché - c'est-à-dire aussi de faiblesse d'Hérode. Cet homme est roi et il n'a pas hésité à trucider les enfants de Bethléem dans le but de faire périr Jésus et de préserver son pouvoir. Mais ce pouvoir, qu'il aime par dessus tout le reste, à quoi tient-il en fait ? Hérode n'est même pas maître de ses désirs, comment conserverait-il le contrôle de ses sujets ?
Le vainqueur de l'histoire, de la petite histoire comme de la grande, c'est bien Jean. Avant même son exécution, le baptiste, totalement soumis à Dieu, était déjà en possession du Royaume. Il entre d'emblée dans la lignée des saints martyrs de la foi. C'est-à-dire vraiment qu'à partir de l'ère chrétienne, la définition même du pouvoir est remise en question. Naturellement, les hommes feront vite des distinctions entre "pouvoir temporel" et "pouvoir spirituel", mais dans la pratique, au jour le jour, un vrai maître c'est quelqu'un qui s'est soumis de lui-même et "à la vie à la mort" à une Loi qui ne vient pas des hommes mais de Dieu seul. Il n'existe pas de contraintes possibles sur de tels croyants. Jésus en parlera à Nicodème et lui donnera la leçon que je repends ici:
"Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. »
Notre baptême est une renaissance. Si nous avions réellement conscience, dans la foi, de ce que nous avons reçu par notre baptême, nous serions tous comme Jean le Baptiste. Mais le sommes-nous ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Fée Violine
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Re: Pour nous souvenir de notre baptême
Ce n'est pas le même Hérode qui a fait tuer les enfants de Bethléem, c'était son père, qui est mort en 4 avant JC. C'est même pour ça qu'on sait que Jésus-Christ est né plusieurs années avant lui-même ! La famille Hérode est assez compliquée, la fameuse Bérénice de la pièce de Racine en faisait partie elle aussi. En tout cas, Hérode fils n'était pas meilleur qu'Hérode père.
En lisant l'évangile du jour, j'ai remarqué quelque chose : Hérode dans ce texte ressemble à Pilate. L'un et l'autre sont des dirigeants puissants, cruels, velléitaires, et quand même sensibles à la justice mais pas au point de renoncer à leurs intérêts. L'un et l'autre ont en face d'eux une figure sainte qu'ils vont faire exécuter.
Est-ce un hasard ou les évangélistes ont-ils fait exprès de suggérer ce parallèle ?
En lisant l'évangile du jour, j'ai remarqué quelque chose : Hérode dans ce texte ressemble à Pilate. L'un et l'autre sont des dirigeants puissants, cruels, velléitaires, et quand même sensibles à la justice mais pas au point de renoncer à leurs intérêts. L'un et l'autre ont en face d'eux une figure sainte qu'ils vont faire exécuter.
Est-ce un hasard ou les évangélistes ont-ils fait exprès de suggérer ce parallèle ?
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etienne lorant
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Re: Pour nous souvenir de notre baptême
Merci Fée Violine pour cette rectification. Toujours est-il qu'en le cas d'espèce, le fils valait le père. Cependant, la mise en parallèle avec Pilate est plus risquée (si j'ose m'exprimer ainsi). Pilate est soumis à Rome et, de mon point de vue en tout cas, ce serait plutôt la crainte de César, le souci de la carrière, la famille demeurée au pays, etc. qui expliquent - peut-être une politique d'occupation impitoyable envers les Juifs (comme partout ailleurs) sous la "Pax Romana". C'est un point de vue. Du reste, sur le plan moral, si les motifs peuvent différer, le résultat est le même: énormément de cruauté....
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Fée Violine
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Re: Pour nous souvenir de notre baptême
Hérode aussi dépendait de Rome.
Mais je ne prétendais pas identifier les deux situations, qui ont bien sûr pas mal de différences. J'ai juste été frappée par les ressemblance.
La cruauté de Pilate n'était d'ailleurs pas due à sa fonction, puisque peu d'années après (en 36) il a été destitué de son poste, rappelé à Rome par Tibère, précisément à cause de ses massacres sauvages, et d'après la tradition, il fut exilé en Gaule.
Hérode fut lui aussi banni en Gaule (à St Bertrand de Comminges dans les Hautes Pyrénées), en 39. Ça leur fait un certain nombre de points communs, tout de même.
Quant à Hérode le Grand (le père), il a fait assassiner 3 de ses 7 fils, et une de ses 10 femmes, il a commencé son règne en faisant assassiner 45 membres du Sanhédrin, et avant de mourir il a ordonné de tuer au moins une personne par famille, pour être sûr que sa mort serait pleurée par son peuple.
Charmante famille !
Mais je ne prétendais pas identifier les deux situations, qui ont bien sûr pas mal de différences. J'ai juste été frappée par les ressemblance.
La cruauté de Pilate n'était d'ailleurs pas due à sa fonction, puisque peu d'années après (en 36) il a été destitué de son poste, rappelé à Rome par Tibère, précisément à cause de ses massacres sauvages, et d'après la tradition, il fut exilé en Gaule.
Hérode fut lui aussi banni en Gaule (à St Bertrand de Comminges dans les Hautes Pyrénées), en 39. Ça leur fait un certain nombre de points communs, tout de même.
Quant à Hérode le Grand (le père), il a fait assassiner 3 de ses 7 fils, et une de ses 10 femmes, il a commencé son règne en faisant assassiner 45 membres du Sanhédrin, et avant de mourir il a ordonné de tuer au moins une personne par famille, pour être sûr que sa mort serait pleurée par son peuple.
Charmante famille !
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Pour nous souvenir de notre baptême
He bien, que de sang versé, quel époque sordide et cruelle !
Une chose qui m'épate, c'est ton érudition : tu es enseignante ? 
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Boris
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Re: La "non-campagne" des douze
Magnifique !etienne lorant a écrit :les Évangiles disent d'autant plus vrai que les énoncés changent parfois. Les points de détail changent, mais la base est solide
UdP,
Boris
Boris
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Viscérale incrédulité !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 8, 14-21
14 Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque.
15 Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode ! »
16 Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain.
17 Il s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeur aveuglé ?
18 Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?
19 Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
20 — Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. »
21 Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »
Dans l'Evangile de Marc, ce passage est situé juste après que Jésus ait multiplié les pains devant les disciples et les ai fait distribuer à la foule. Le Seigneur vient à peine de commencer de mettre en garde ses disciples de ne pas essayer de discuter ni de composer avec les Pharisiens et les hommes d'Hérode, quand il se rend compte de ce qui préoccupe les douze: ils craignent de manquer un repas.
D'où cette envolée que je ne peux m'empêcher de retranscrire avec un sourire: "Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?" Et il va jusqu'à les obliger à refaire ce calcul baroque : cinq pains divisés par cinq mille rapportent douze corbeilles et sept divisé par quatre mille rapportent sept corbeilles. Oh, je sais bien que les chiffres sept et douze ont des valeurs symboliques, mais je ne m'attarde pas là-dessus. Ce qui m'accroche, c'est le fait d'avoir assisté à un tel miracle, de se tenir avec l'homme qui a rendu une telle chose possible, et puis aussitôt ensuite de retomber dans un souci de la chair: qu'allons-nous manger à midi ?
Je l'avoue pour moi aussi : j'ai beau communier, j'ai beau dire Jésus, j'ai confiance en Toi, il m'arrive toujours et chaque jour de retomber dans l'incrédulité totale.
J'ai été malade durant cinq jours (avec sorties interdites), mais avant même d'appeler le médecin de garde, samedi dernier, j'avais reçu un document me signalant que je pourrai poursuivre mon activité sans devoir me soumettre à de nouveaux règlements fiscaux; j'avais également reçu un remboursement d'impôts qui a couvert tous mes frais médicaux. Mais le plus fort, c'est que mes propriétaires venaient de me proposer, pour le printemps 2009, l'installation d'une airco complète (avec caisson extérieur) : et donc l'hiver prochain, j'échapperai au froid. Malgré tous ces signes favorables, l'épreuve m'a trouvé démuni, j'ai levé les yeux au ciel comme si j'avais été abandonné... pas facile, n'est-ce pas, la vraie foi, l'abandon total dans la confiance !
PS Je reprends mes activités normales le 23. Merci de m'avoir gardé dans vos prières !
14 Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque.
15 Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode ! »
16 Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain.
17 Il s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeur aveuglé ?
18 Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?
19 Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
20 — Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. »
21 Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »
Dans l'Evangile de Marc, ce passage est situé juste après que Jésus ait multiplié les pains devant les disciples et les ai fait distribuer à la foule. Le Seigneur vient à peine de commencer de mettre en garde ses disciples de ne pas essayer de discuter ni de composer avec les Pharisiens et les hommes d'Hérode, quand il se rend compte de ce qui préoccupe les douze: ils craignent de manquer un repas.
D'où cette envolée que je ne peux m'empêcher de retranscrire avec un sourire: "Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ?" Et il va jusqu'à les obliger à refaire ce calcul baroque : cinq pains divisés par cinq mille rapportent douze corbeilles et sept divisé par quatre mille rapportent sept corbeilles. Oh, je sais bien que les chiffres sept et douze ont des valeurs symboliques, mais je ne m'attarde pas là-dessus. Ce qui m'accroche, c'est le fait d'avoir assisté à un tel miracle, de se tenir avec l'homme qui a rendu une telle chose possible, et puis aussitôt ensuite de retomber dans un souci de la chair: qu'allons-nous manger à midi ?
Je l'avoue pour moi aussi : j'ai beau communier, j'ai beau dire Jésus, j'ai confiance en Toi, il m'arrive toujours et chaque jour de retomber dans l'incrédulité totale.
J'ai été malade durant cinq jours (avec sorties interdites), mais avant même d'appeler le médecin de garde, samedi dernier, j'avais reçu un document me signalant que je pourrai poursuivre mon activité sans devoir me soumettre à de nouveaux règlements fiscaux; j'avais également reçu un remboursement d'impôts qui a couvert tous mes frais médicaux. Mais le plus fort, c'est que mes propriétaires venaient de me proposer, pour le printemps 2009, l'installation d'une airco complète (avec caisson extérieur) : et donc l'hiver prochain, j'échapperai au froid. Malgré tous ces signes favorables, l'épreuve m'a trouvé démuni, j'ai levé les yeux au ciel comme si j'avais été abandonné... pas facile, n'est-ce pas, la vraie foi, l'abandon total dans la confiance !
PS Je reprends mes activités normales le 23. Merci de m'avoir gardé dans vos prières !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Viscérale incrédulité !
Oui, dans certaines épreuves de la vie on ne sait que gémir "Pourquoi m'as-tu abandonné", mais ce moment de faiblesse et de doute est assumé, vous le savez Etienne : c'est encore une prière, un cri de Jésus ! béni soit son Nom !
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Mac
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Re: Viscérale incrédulité !
C'est la question que je me posais ce midi même! Comme quoi on est tous pareille. Je me demande si le Seigneur ne désespère pas plus de nous, que nous de Lui? Je trouve qu'Il a bien du courage de nous supporter notre Seigneur.etienne lorant a écrit :qu'allons-nous manger à midi ?
Le tout c'est de se relever. C'est pas facile tous les jours. Mais quand on se relève on a encore plus de mérite.Je l'avoue pour moi aussi : j'ai beau communier, j'ai beau dire Jésus, j'ai confiance en Toi, il m'arrive toujours et chaque jour de retomber dans l'incrédulité totale.
Qu'est-ce que c'est la vrai foi? levé les yeux aux ciel, après vos problèmes, c'est déjà être dans la vrai foi. Le Seigneur est présent chaque jour à vos côtés.tous ces signes favorables, l'épreuve m'a trouvé démuni, j'ai levé les yeux au ciel comme si j'avais été abandonné... pas facile, n'est-ce pas, la vraie foi, l'abandon total dans la confiance !
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etienne lorant
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Mystères éternels
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 8, 27-33)
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait : « Pour les gens, qui suis-je ? »
28 Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. »
29 Il les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »
30 Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
31 Et, pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
32 Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
33 Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Marc réussit le raccourci extraordinaire (mais souvent source d'instrospection en profondeur pour le lecteur) de poser Pierre déclarant ouvertement que Jésus est le Messie, en même temps qu'il le montre se faire traiter, devant tous les autres, de "Satan" par le Christ ! Puisque Jésus demande par ailleurs: qui dîtes-vous que je suis ?, je répondrai pour moi-même... en priant le Seigneur de me garder dans l'humilité. Je me crois donc capable de reconnaître aussi Jésus comme le Messie, et le Messie présent dans ma vie d'instant en instant d'une manière que je ne puis expliquer. Et en même temps, je ne cesse de me reprocher mon incrédulité "massive", mon penchant à toujours revendiquer, ma crainte devant le monde, ainsi que mon ego si difficile à réduire.
En relisant le texte, il me semble que Jésus, en parlant de tous ces malheurs auxquels il est destiné, jusqu'à la Résurrection, a cherché d'emblée à soulever la pierre d'achoppement sur laquelle Pierre, Pierre l'élu, va trébucher aussitôt, lamentablement, devant tous les autres réunis. Il me semble qu'à travers Pierre et les disciples, Jésus veut ainsi s'adresser à nous tous et nous prévenir: "Attention, méfiez-vous de vos pensées, aussi élevées qu'elles soient, car vos pensées sont toujours des pensées d'homme". Et j'ajoute ceci que j'ai lu dans les pages de ma formation théologique: les mystères divins sont là pour être sondés, aussi profondément que l'homme le peut, mais jamais pour être éclaircis, solutionnés. Autrement dit: même notre renaissance dans la vié éternelle, après la mort, ne nous apportera pas la "soluce complète" (comme disent les amateurs de jeux vidéos): la Vérité est la Vérité parce qu'elle est insondable. La Vérité est le principe même de la vie, de toutes les formes de vie, et ce mystère restera mystère - mais pour l'adoration parfaite et la parfaite félicité.
Du reste, s'il n'en était pas ainsi, nous cesserions vite d'aimer, car l'amour ne demeure que dans une quête perpétuelle : si l'autre n'est plus capable de m'étonner, de me surprendre, comment l'aimer encore ?
27 Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait : « Pour les gens, qui suis-je ? »
28 Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. »
29 Il les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »
30 Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
31 Et, pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
32 Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
33 Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Marc réussit le raccourci extraordinaire (mais souvent source d'instrospection en profondeur pour le lecteur) de poser Pierre déclarant ouvertement que Jésus est le Messie, en même temps qu'il le montre se faire traiter, devant tous les autres, de "Satan" par le Christ ! Puisque Jésus demande par ailleurs: qui dîtes-vous que je suis ?, je répondrai pour moi-même... en priant le Seigneur de me garder dans l'humilité. Je me crois donc capable de reconnaître aussi Jésus comme le Messie, et le Messie présent dans ma vie d'instant en instant d'une manière que je ne puis expliquer. Et en même temps, je ne cesse de me reprocher mon incrédulité "massive", mon penchant à toujours revendiquer, ma crainte devant le monde, ainsi que mon ego si difficile à réduire.
En relisant le texte, il me semble que Jésus, en parlant de tous ces malheurs auxquels il est destiné, jusqu'à la Résurrection, a cherché d'emblée à soulever la pierre d'achoppement sur laquelle Pierre, Pierre l'élu, va trébucher aussitôt, lamentablement, devant tous les autres réunis. Il me semble qu'à travers Pierre et les disciples, Jésus veut ainsi s'adresser à nous tous et nous prévenir: "Attention, méfiez-vous de vos pensées, aussi élevées qu'elles soient, car vos pensées sont toujours des pensées d'homme". Et j'ajoute ceci que j'ai lu dans les pages de ma formation théologique: les mystères divins sont là pour être sondés, aussi profondément que l'homme le peut, mais jamais pour être éclaircis, solutionnés. Autrement dit: même notre renaissance dans la vié éternelle, après la mort, ne nous apportera pas la "soluce complète" (comme disent les amateurs de jeux vidéos): la Vérité est la Vérité parce qu'elle est insondable. La Vérité est le principe même de la vie, de toutes les formes de vie, et ce mystère restera mystère - mais pour l'adoration parfaite et la parfaite félicité.
Du reste, s'il n'en était pas ainsi, nous cesserions vite d'aimer, car l'amour ne demeure que dans une quête perpétuelle : si l'autre n'est plus capable de m'étonner, de me surprendre, comment l'aimer encore ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mac
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Re: Mystères éternels
Ça m'a toujours frappé cette contradiction entre ce " tu es le messie" et quelques lignes plus loin: « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
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Fulcanelli
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Re: Mystères éternels
6.521 – La solution du problème de la vie, c'est une manière de vivre qui fasse disparaître le problème.les mystères divins sont là pour être sondés, aussi profondément que l'homme le peut, mais jamais pour être éclaircis, solutionnés.
Ludwig WITTGENSTEIN, Tractatus logico-philosophicus.
L'idée rend d'abord compte d'une évolution de la spiritualité du chercheur qui l'exprime.
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