Bonsoir Wistiti,
Melki a raison et vous n’avez pas tort. Il fallait mettre à bas Saddam (le pendre, je ne sais pas, je suis contre la peine de mort), comme il faut déboulonner Mugabe, Kim Jong-Il, Than Shwe, Karimov, le Roi Abdullah, Poutine et quelques autres criminels à des degrés divers. Bush avait le Droit pour lui. Le problème est qu’il ne lui appartenait pas de l’appliquer. La faute de Bush est d’avoir privé les Irakiens de ce qui était leur bien, non pas leur liberté, mais leur libération. Ce peuple fier reste à jamais redevable d’une dette inextinguible.
Pensez aux Français. En 1918, ils pouvaient prétendre que les Américains remboursaient Louis XVI (ce que les Américains s’employaient à faire croire en criant gentiment ‘La Fayette, nous voici’). Mais après 1944, que de contorsions et rationalisations ne fallait-il pas effectuer pour que la France affirme sans honte ne rien devoir aux Yankees ?
Or nous étions sous domination étrangère, sous la coupe d’une formidable puissance occupante. Les Irakiens n’étaient soumis qu’à eux-mêmes. Ils étaient des impuissants. Voilà ce que Bush leur répète implicitement depuis 5 ans. Normal qu’ils aient la rage.
(Je pense que l’Irak éclatera ; chaque nouvelle entité écrira son histoire en partant d’un An Zéro après Saddam, rejetant la libération par les Etats-Unis dans une pré-histoire où existait un autre pays)
Bush aurait pu aider à renverser Saddam : infiltrer des agents, équiper et financer les opposants, fomenter des troubles… Mais en politique comme au sein de n’importe quelle institution humaine, une victoire n’a aucun intérêt si vous n’en obtenez pas le crédit. Pour Bush peu importait que Saddam tombe si Bush ne le faisait pas tomber. Les Etats-Unis devaient laver leur honneur après 11/9/01 Il ne s’agissait pas de liquider le mal, il fallait que seul l’ange américain liquide le mal et restaure son image.
C’est raté.
Cordialement
Christian
Vouloir porter à force ouverte la liberté chez les autres
est le meilleur moyen de se faire haïr, de la faire haïr
et d’en empêcher le triomphe.
Talleyrand