Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Anne
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Anne »

Jean 3, 19-21:
Et voici le jugement: la lumière est venue dans le monde, et les humains ont aimé les ténèbres plus que la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque pratique le mal déteste la lumière; celui-là ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu'il soit manifeste que ses oeuvres ont été accomplies en Dieu.
Les choses qui sont cachées (ou qui sont connues d'un seul petit nombre) le sont habituellement pour de bonnes raisons qui sont mauvaises...
:/

P.S. Joli choix d'avatar "Corso": Depp dans 9th Gate de Polanski... :siffle:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Corso
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Corso »

Raistlin a écrit :Et vous oubliez de dire qui sont ces quelqu'uns : des femmes, pourtant au bas de l'échelle sociale et sans instruction, les pèlerins d'Emmaüs, etc.
Saint Paul était un grand érudit, Festus, procurateur de Judée lui disait: "Tu es fou, Paul! Avec tout ton savoir,

tu tournes à la folie!" (Ac 26:24)

Le Ressuscité est apparu à un savant, comme couronnement de son triomphe. Après avoir envahit le coeur de l'ignorant, la révélation envahit la tête du savant. Jung considérait la pensée et le sentiment comme fonction opposée, si l'une se trouve négligée par rapport à l'autre elle se venge par des pulsions envahissantes: irritabilité du rationaliste, hypersensibilité du sentimentaliste. La révélation ne néglige ni la pensée, ni le sentiment.

Raistlin a écrit :Bref, nous sommes bien loin des initiés des doctrines ésotériques.
C'est oublier la place d'Orphée dans l'art chrétien:
Orphée dans l'art chrétien

On peut s'étonner d'abord que le héros Thrace, l'aède des Argonautes, l'initiateur des mystères, le révélateur de l'orphisme, ait trouvé place aux Catacombes. On a imaginé là-dessus bien des hypothèses, dont plusieurs aventureuses. Le plus simple est d'interroger les intéressés, c'est-à-dire les chrétiens des premiers siècles. Les fidèles croyaient qu'Orphée avait connu en Egypte les livres de Moïse, et que dès lors il avait professé le monothéisme. On allait plus loin ; on admettait que, comme les Sibylles, il avait entrevu et prêché la doctrine du Verbe. Enfin, on le considérait comme une sorte de précurseur du Christ : Orphée charmant les animaux était l'image du Christ attirant les âmes. Les livres orphiques étaient familiers à Clément d'Alexandrie et à plusieurs autres apologistes. Le recueil des Orphica contient même bien des interpolations chrétiennes. Les fidèles y retrouvaient avec plaisir plusieurs de leurs doctrines favorites : l'unité divine, le péché originel, la nécessité d'une purification, les joies du Paradis réservées aux élus.

On a récemment découvert à Jérusalem, près de la porte de Damas, une mosaïque où est représentée une scène analogue. Cette mosaïque se trouvait dans un cimetière chrétien, et parait elle-même chrétienne. Orphée s'y montre avec sa physionomie symbolique, comme dans les fresques les plus récentes des Catacombes ; près de lui sont deux femmes, Theodosia et Georgia, en qui l'on a voulu reconnaître des saintes. Si l'interprétation est justifiée, cette mosaïque de Jérusalem, qui date probablement du iv ou du ve siècle, marquerait la dernière étape dans l'évolution du type. Orphée ne serait plus seulement un symbole de christianisme ; associé à des saints, il serait devenu lui-même une sorte de saint.


(...)


Pour aller plus loin...

Les représentations iconographiques d'Orphée dans les monuments chrétiens

Article Orphée du Dictionnaire des Antiquités chrétiennes de Martigny (1877)
Raistlin a écrit :Et pour ce qui est des "quelques uns" auxquels le Christ serait apparu, voici la parole de Saint Paul : "Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'ai appris moi-même, que le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures; qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures; et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants, et quelques-uns se sont endormis." (1 Co 15, 3-6)

Cinq-cents rapporté à des milliards d'hommes, c'est moins que pour le miracle de la danse du soleil observé par cinquante-milles personnes à Fatima le 13 octobre 1917.
Raistlin a écrit :Mais tous les chrétiens reçoivent le Saint Esprit, et pas dans une moindre mesure que pour les apôtres.
Cette vision de l'Esprit Saint qu'ont eu les apôtres n'est pas le fruit d'un quelconque "savoir" ésotérique de leur part. Votre interprétation n'est en rien justifiée.
Les apôtres ont reçu une science infuse, celle des langues.

Le Pape Saint-Léon disait: "C'est le Saint-Esprit, qui inspire la foi, qui enseigne la science"

Avez-vous la science infuse comme les apôtres?
Raistlin a écrit :Non, il semblerait que vous vouliez absolument mêler christianisme et ésotérisme et que cette obsession vous empêche de goûter à la vraie splendeur de la plus belle des religions.
Le père Le Guillou a écrit "Contempler la splendeur du mystère", article dans lequel il explique que la sagesse est commandée par le Mystère. Les fonctions logiques de l'esprit, le savoir doctrinal et les artifices de communication ne peuvent se saisir et rendre compte de la connaissance suprême.
Raistlin a écrit :Vous confondez les Mystères chrétiens avec le mystère au sens ésotérique du terme. Pour votre information, le Mystère au sens chrétien du terme est ce qu'on a jamais fini de comprendre, et non pas ce qui est incompréhensible ou, pire, ce qui n'est compréhensible que si on a accès à certaines connaissances secrètes. Le mystère ésotérique, lui, n'existe que dans la mesure où il s'agit d'une connaissance cachée et accessible uniquement à certains "initiés".

Bref, ça n'a rien à voir.
Si comme vous le soutenez le christianisme est une religion totalement transparente, pouvez-vous nous dire pourquoi la vie de Jésus entre 12 et 30 ans est totalement inconnue? Pouvez-vous nous dire pourquoi Saint Jean dans son "Apocalypse" ou "livre de la révélation" dissimule sa connaissance derrière des énigmes pour la réserver aux hommes d'un certain niveau: "(...)Ici est la sagesse, que l'homme doué d'esprit calcule" ?
L'introduction de "L'apocalypse" dans le canon fut âprement discuté, personne n'a à ce jour percé le secret révélé à Saint Jean sur l'île de Patmos.
Cette délicate patine,
ces superbes dorures.

Et les siècles de sagesse
qu'ils contiennent.

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Raistlin
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Raistlin »

Corso a écrit :C'est oublier la place d'Orphée dans l'art chrétien:
Quel est le rapport avec le sujet ? Le fait que certains aient vu dans la mythes orphiques une annonce du Salut chrétien ne signifie pas que celui-ci soit ésotérique. Vous prenez des racourcis dangereux.

Corso a écrit :Cinq-cents rapporté à des milliards d'hommes, c'est moins que pour le miracle de la danse du soleil observé par cinquante-milles personnes à Fatima le 13 octobre 1917.
Heu, là je ne comprends plus. Mon propos était d'invalider votre hypothèse comme quoi le Christ ressuscité n'était apparu qu'à quelques uns (genre des "initiés").

Corso a écrit :Les apôtres ont reçu une science infuse, celle des langues.

Le Pape Saint-Léon disait: "C'est le Saint-Esprit, qui inspire la foi, qui enseigne la science"

Avez-vous la science infuse comme les apôtres?
Certes nous n'avons pas tous les mêmes charismes dans l'Eglise, mais les apôtres n'ont pas reçu davantage que les autres enfants de Dieu (du moins en ce qui concerne le Salut).

Maintenant, pour ce qui concerne les aspects "visibles" des charismes et dont vous semblez particulièrement friand, je vous invite à vous renseigner sur les communautés charismatiques : vous apprendrez que, même de nos jours, l'Esprit Saint n'a pas réservé ses dons aux seuls apôtres.

Corso a écrit :Le père Le Guillou a écrit "Contempler la splendeur du mystère", article dans lequel il explique que la sagesse est commandée par le Mystère. Les fonctions logiques de l'esprit, le savoir doctrinal et les artifices de communication ne peuvent se saisir et rendre compte de la connaissance suprême.
Qu'essayez-vous de dire au juste ? Bien sûr que la raison humaine ne peut appréhender seule le Mystère de Dieu, mais ça ne veut pas dire qu'il s'agit d'un mystère au sens ésotérique du terme. Cela signifie simplement que pour avancer dans la compréhension du Mystère de Dieu, il faut l'aimer dans la foi en attendant de pouvoir l'aimer "face à face".
On est alors bien loin des doctrines ésotériques.

Corso a écrit :Si comme vous le soutenez le christianisme est une religion totalement transparente, pouvez-vous nous dire pourquoi la vie de Jésus entre 12 et 30 ans est totalement inconnue?

Parce que la vie de Jésus entre 12 et 30 ans n'apporte rien à notre Salut. Vous oubliez que la Révélation n'a pas pour but de satisfaire notre curiosité mais de nous faire rencontrer le Dieu Vivant et de nous faire connaître le Salut qu'Il propose à chacun.

Oui, le christianisme est une religion entièrement transparente. Rien d'essentiel au Salut n'est caché aux petits, la Lumière n'est pas mise sous le boisseau.
Alors que dans l'ésotérisme, c'est tout le contraire : l'essentiel est caché aux petits et seuls les "initiés" ont accès aux connaissances qui "sauvent".

Corso a écrit :Pouvez-vous nous dire pourquoi Saint Jean dans son "Apocalypse" ou "livre de la révélation" dissimule sa connaissance derrière des énigmes pour la réserver aux hommes d'un certain niveau: "(...)Ici est la sagesse, que l'homme doué d'esprit calcule" ?
L'introduction de "L'apocalypse" dans le canon fut âprement discuté, personne n'a à ce jour percé le secret révélé à Saint Jean sur l'île de Patmos.
Oh non, par pitié, laissez l'Apocalypse tranquille !
Il s'agit d'un texte de type de type apocalyptique, très difficile à déchiffrer certes, mais l'auteur ne dissimule rien, c'est ainsi qu'il l'a reçue. Il n'y a que les obsédés du secret pour croire que l'auteur a caché un code secret derrière.

Et d'ailleurs, l'Eglise a toujours été prudente au sujet de ce texte : plutôt que d'y voir un quelconque secret dissimulé, elle invite à y voir un appel à être serein et confiant face aux épreuves, certains de la victoire finale du Seigneur, le vrai maître de l'Histoire.

Le problème, c'est que vous déconnectez le christianisme de l'intention même de Dieu qui est de sauver tous Ses enfants. Pourquoi utiliserait-Il le sceau du secret ?

Encore une fois, si vous voulez vraiment goûter le beauté de l'Amour de Dieu, abandonnez l'ésotérisme et accueillez la Parole de Dieu dans la foi : vous saurez alors le bonheur et la joie qu'on a de se savoir aimé par Dieu, joie sans commune mesure avec la ce que peut offrir l'ésotérisme (croyez moi, j'ai "testé" les deux).

Posez-vous donc cette question : d'où vient votre obsession de l'ésotérisme et avez-vous besoin de ça pour être aimé de Dieu et sauvé ?

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Corso »

Raistlin a écrit :

Heu, là je ne comprends plus. Mon propos était d'invalider votre hypothèse comme quoi le Christ ressuscité n'était apparu qu'à quelques uns (genre des "initiés").
Dans un sens ils ont été initiés au mystère des mystères, les autres n'en ont une connaissance que par ouïe-dire. L'initié sait, le non-initié croit savoir.


Raistlin a écrit :

Maintenant, pour ce qui concerne les aspects "visibles" des charismes et dont vous semblez particulièrement friand, je vous invite à vous renseigner sur les communautés charismatiques : vous apprendrez que, même de nos jours, l'Esprit Saint n'a pas réservé ses dons aux seuls apôtres.


Le "parler en langues" de ces communautés nouvelles s'apparente bien souvent à du charabia, peu de chose à voir avec le don de glossolalie reçu par les apôtres.


Raistlin a écrit : Qu'essayez-vous de dire au juste ? Bien sûr que la raison humaine ne peut appréhender seule le Mystère de Dieu, mais ça ne veut pas dire qu'il s'agit d'un mystère au sens ésotérique du terme. Cela signifie simplement que pour avancer dans la compréhension du Mystère de Dieu, il faut l'aimer dans la foi en attendant de pouvoir l'aimer "face à face".
On est alors bien loin des doctrines ésotériques.
Charles a écrit :
Le mystère de Dieu, c'est qu'il est infini
L'infini sous l'angle de la pensée est ce qui n'est pas fini, mais ce n'est pas en sachant ce qu'elle n'est pas qu'on connaît une chose. Le dominicain Dominique Cerbelaud nourrit cette réflexion dans son livre "Vraiment tu es un Dieu caché!" Si la pensée, instrument de communication universelle, ne nous permet pas de connaître Dieu et si les 5 sens ne nous le permettent pas non plus, il faut emprunter la "voie étroite", trop étroite pour laisser passer tout le monde.

Raistlin a écrit :
Parce que la vie de Jésus entre 12 et 30 ans n'apporte rien à notre Salut. Vous oubliez que la Révélation n'a pas pour but de satisfaire notre curiosité mais de nous faire rencontrer le Dieu Vivant et de nous faire connaître le Salut qu'Il propose à chacun.

Vous croyez que sur les 18 années occultées de la vie de Jésus, il n'y en a pas une seule qui présente de l'intérêt pour nous?
Raistlin a écrit :
Il s'agit d'un texte de type de type apocalyptique, très difficile à déchiffrer certes, mais l'auteur ne dissimule rien, c'est ainsi qu'il l'a reçue
Alors pourquoi fait-il appel à la sagacité de l'homme doué d'esprit pour déchiffrer le nom de la Bête? Du reste vous parlez-vous même de déchiffrement?


Raistlin a écrit :

Et d'ailleurs, l'Eglise a toujours été prudente au sujet de ce texte : plutôt que d'y voir un quelconque secret dissimulé, elle invite à y voir un appel à être serein et confiant face aux épreuves, certains de la victoire finale du Seigneur, le vrai maître de l'Histoire.

Le problème, c'est que vous déconnectez le christianisme de l'intention même de Dieu qui est de sauver tous Ses enfants. Pourquoi utiliserait-Il le sceau du secret ?
Le Livre de vie est scellé par des sceaux et nul homme ne peut les ouvrir:


"et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux" (apocalypse 5, 9)


Raistlin a écrit :
Posez-vous donc cette question : d'où vient votre obsession de l'ésotérisme
Du peu de consistance de l'exotérisme.
Raistlin a écrit :
et avez-vous besoin de ça pour être aimé de Dieu et sauvé ?
Dieu seul le sait.
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par jeanbaptiste »

L'ésotérisme d'aujourd'hui, ce n'est qu'un fantasme, un rêve de gloire, pour ceux qui ont le plus le sentiment de rater leur vie.
Oui, c'est assez vrai. Cet ésotérisme va de pair avec les théories farfelues du complot : "on nous cache tout, mais je sais monsieur, MOI je sais ce qui est caché à tous" un "initié" en somme ;)
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Corso »

Charles a écrit :
Cela n'a aucun sens. L'initiation, dans le religion archaïque, c'est un acte politique, qui introduit dans une communauté et aux affaires de cette communauté. Les non-initiés accèdent par les rites initiatiques aux délibérations des tribunaux, aux conseils de guerre ou autres, au statut d'homme, de guerrier, de citoyen, etc. Et cela se fait toujours par un sacrifice, l'initiation étant un sacrifice inversé, une expulsion à l'envers.
Le sens de l'initiation est dévoyé par le pouvoir corrompu et devient complot, tout comme la guerre sainte devient guerre de conquête mûe par des intérêts sordides.

Charles a écrit :
Aujourd'hui, il n'y a plus d'initiation rituelle. Les seules choses qui se rapprochent de l'initiation au sens antique, ce sont les accréditations secret-défense, les délits d'initiés, les procès à huis-clos, ce genre de choses.

Mais sinon, l'idée d'initiation est complètement obsolète. Il n'y a pas d'initiés à des mystères ésotériques ou religieux dans le style Gurvitch et autres, parce qu'il n'y aucun contenu socialement significatif dans leurs "mystères". L'initiation antique était toujours sociale, religieuse et politique.
Le contexte socio-politique a changé, mais les mystères, comme défis lancés à la raison, subsistent.
Charles a écrit :
Maintenant, il y en a qui parce qu'ils ont été écartés des cercles du pouvoirs, se bâtissent des cercles vides de tout contenu, mais auxquels ils prétendent avoir un accès privilégiés.... et il y en a pour les croire et pour aspirer à être initiés à ce cercle. Bien sûr, il y a un autre cercle, aussi vide, à l'intérieur du premier, avec une autre interdiction d'y pénétrer, une autre aspiration à y être admis, et une autre initiation... Ca, c'est pour les gens qui voudraient être quelqu'un alors qu'ils ont le sentiment de n'être personne. Pour la clientèle du rayon ésotérisme-ovni de la Fnac.
Ce sont des gens vulnérables abusés par les marchands du temple. Cela relève d'ailleurs de l'exotérisme puisque cela s'inscrit dans la consommation de masse.



Charles a écrit :

Non, c'est ce dont l'essence est d'être.
Et vous n'avez pas avancé d'un pas dans la connaissance de son essence.

Charles a écrit :
Sauf que Dieu s'est révélé, le Verbe s'est chair et il a habité parmi nous, et il nous a révélé tout ce dont nous avons besoin pour le rejoindre. Si on ne l'atteint pas, ce n'est pas parce qu'il ne s'est pas assez révélé, mais parce que nous ne voulons pas aimer...

Le nous trans-historique n'est pas le nous actualisé. Connaître une personne est une chose, en avoir simplement entendu parler une autre.

Charles a écrit :
La foi, l'espérance et la charité, qui sont les seuls moyens de connaissances proportionnés à Dieu relèvent de la pensée, mais sont plus que la seule pensée. Foi, espérance et charité impliquent aussi la volonté humaine, et la Grâce en tant que dons de Dieu.


Vous pouvez espérer tant que vous voulez, si votre nom n'est pas inscrit dans le Livre de Vie, vous aurez espéré en vain. L'approche exotérique, à destination des masses, conclut à la possibilité d'une vaine espérance. L'approche ésotérique vous dit que si vous parvenez à la conclusion de l'inanité d'une vertu théologale parce que limitée par le Livre de Vie, c'est que le sens de tout cela vous échappe.


Charles a écrit :
L'ésotérisme de pacotille qui est à la mode aujourd'hui, dépourvu de tout sens ésotérique au sens originel et de tout contenu religieux, n'est qu'un moyen de repousser indéfiniment le moment de se confronter au réel.

C'est vrai, mais la confrontation avec la réalité ésotérique existe bel et bien. Voci une exemple:

Plus de cinquante-milles personnes ont vu le miracle de "la danse du soleil" à Fatima, Portugal, le 13 octobre 1917.


"DE MGR L’EVEQUE DE LEIRIA : Dans sa lettre pastorale du 13 octobre 1930, approuvant les apparitions et le culte de Notre-Dame de Fatima, Mgr l’Evêque de Leiria-Fatima, après diverses considérations, en arrive au grand « Prodige solaire », qu’il résume en ces termes : « Le phénomène solaire du 13 octobre 1917, décris par les journaux de l’époque, a été le plus merveilleux et celui qui a causé le plus d’impression sur toutes les personnes qui ont eu le bonheur de le contempler."
a


Nous avons bien une manifestation exotérique. Mais tout le monde n'a pas perçu les mêmes signes, et même perçu la même chose: un même signifiant pour une vraie signification et une multitude de fausses significations.


La perception du scientifique:


"À Fatima, il conservait lumière et chaleur, et se dessinait nettement dans le ciel, avec son bord en arête vive comme une table à jeu... Le plus étonnant est d'avoir pu fixer aussi longtemps le disque solaire dans tout son éclat de lumière et de chaleur, sans avoir mal aux yeux, et sans éblouissement de la rétine."

(professeur Almeida Garrett )


La perception de l'abbée

"C'était le grand miracle, que l'on voyait très distinctement du haut de la colline où se trouve mon village... Je me sens incapable de le décrire tel que je le vis alors.
Je regardai fixement le soleil, et il me semblait avoir pâli, de telle sorte qu'il n'éblouissait pas les yeux. Il paraissait un globe de neige qui tournait sur lui-même.
Puis, soudain, il sembla descendre en zigzag comme s'il allait tomber sur la terre.
Épouvanté, je courus me mettre au milieu de la foule.
Tout le monde pleurait, attendant la fin du monde d'un instant à l'autre."



(l'abbée Lourenço )


Et encore bien d'autres témoignages variables dans les interprétations et émotions manifestées.


Où est le vrai sens dans tous ces témoignages? Le phénomène est exotérique, mais le sens caché.
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par fil bleu »

Nous sommes à Jérusalem dans une fête de pélerinage qui avait lieu chaque année. Les habitants de Jérusalem recevaient les pélerins.L'homme à la cruche préparait la fête. Avec sa cruche, il portait de l'eau pour les ablutions que l'on faisait au cours du repas pascal comme les serviteurs remplissent les jarres pour les ablutions aux noces de Cana.Cela expliquerait que ce soit un homme qui porte de l'eau ce jour là Pierre et Jean suivent ce serviteur qui va les conduire au propriétaire
Ce n'est pas une exegèse officielle, c'est ma comprehension
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par franc_lazur »

fil bleu a écrit :Nous sommes à Jérusalem dans une fête de pélerinage qui avait lieu chaque année. Les habitants de Jérusalem recevaient les pélerins.L'homme à la cruche préparait la fête. Avec sa cruche, il portait de l'eau pour les ablutions que l'on faisait au cours du repas pascal comme les serviteurs remplissent les jarres pour les ablutions aux noces de Cana.Cela expliquerait que ce soit un homme qui porte de l'eau ce jour là Pierre et Jean suivent ce serviteur qui va les conduire au propriétaire
Ce n'est pas une exegèse officielle, c'est ma comprehension

Bonjour Fil bleu.

Et je vais poursuivre avec ma propre compréhension, que je n'ai pas inventée, mais qui vient des travaux de François LE Quéré

Jésus savait où ce porteur d'eau conduirait Pierre et Jean . Chez un notable de Jérusalem sans aucun doute et que Jésus connaissait parfaitement.

1. L'évangéliste Jean ne dit pas que l'apôtre Jean est allé avertir le propriétaire que le Jour était venu ! Étonnant si Jean est bien Jean !!!

2. Le propriétaire , nul n'en parle !!!

3. Mais quelle est la place normale du maître de maison ? à la droite de l'invité principal !

4. Qui est à droite de Jésus ,"tout contre Jésus" ? "Celui qu'aimait Jésus" autrement dit "l'ami de Jésus", non pas un apôtre, mais un ami intime.

5. Qui a écrit le 4ème évangile :"celui que Jésus aimait" répondrons-nous en chœur !

Et qui a écrit les épitres de Jean : Jean le Presbytre. Et donc............ Et l'Apocalypse : Jean le Presbytre, pourquoi pas ? Rien ne l'empêchait d'aller d'Ephèse à Patmos !


Voilà notre homme ,le génial auteur du 4ème évangile: un notable, peut-être un prêtre du Temple, connu du Grand Prêtre, converti à Jésus ( était-ce Lazare ???), propriétaire du Cénacle en plein cœur de Jérusalem, obligé à la plus grande discrétion... et qui avait reçu, et lui seul, les dernières confidences de Jésus pendant le dernier repas ! Et nommé par la Tradition Jean-le -Presbytre !

Fraternellement.
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par fil bleu »

Merci beaucoup très intéressant pour comprendre ce passage. Dans l'évangile il y a plein de sous-entendus car ceux qui le lisaient pouvaient facilement boucher les trous.
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Anne
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Re: Sens caché d'un verset : le porteur d'eau

Message non lu par Anne »

Très intéressant, Jean!

La tradition veut d'ailleurs que Marie ait habité et se soit endormie, après le départ de son fils, au Cénacle...
Comme Jésus avait confié sa mère à Jean...
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Pour vous que représentent ces deux personnages ?

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 14, 12-16.22-26)
12 Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »
13 Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le.
14 Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?'
15 Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »

Dans l'Evangile de ce jour, fête du Corps et du Sang du Christ, l'apôtre Marc, lui généralement si concis, accorde pourtant quatre versets sur dix à ces personnages "accessoires": l'homme qui porte une cruche d'eau et le propriétaire du lieu où il apporte cette cruche? J'avoue que, pour moi-même, je n'y vois goutte. L'homme à la cruche est sans doute l'un des nôtres, un croyant qui ne se doute même pas que sa pensée est "écoutée", et quant à l'aubergiste, il devait connaître Jésus, puisqu'il suffira aux disciples de dire : "'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?" pour que cet homme s'exécute et ouvre sa porte.

Je voudrais bien avoir quelques avis divers sur ces deux personnages et je pose la question, simplement: qui me répondra ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Pour vous que représentent ces deux personnages ?

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Etienne,

Il y a en effet beaucoup de monde dans cet épisode, préliminaire au don le plus extraordinaire de tout l'univers, le don de Dieu.

1/ Il y a les deux disciples qui doivent préparer le sacrifice : ce sont les témoins (les témoins vont toujours par deux).

2/ Il y a le serviteur qui porte l'eau (l'enseignement) qui doit montrer le chemin du lieu du sacrifice. C'est le prophète.

3/ Il y a le propriétaire du lieu du sacrifice qui doit ouvrir le lieu même du sacrifice (saint des saints) : c'est le prêtre

4/ Il y a Jésus enfin qui sacrifiera. C'est le grand-prêtre. Mais il sera aussi l'offrande, nous l'apprenons dans la suite.

Enfin il faut noter que pour la première fois dans toute l'histoire de la tradition d'Israël, un seul est vraiment l'unique source du sacrifice, puisque c'est ce même grand prêtre Jésus qui envoie les disciples (1), consacre son serviteur (2), et commande au prêtre (3). Notre Seigneur et notre Dieu est seule source de notre salut, par lui, avec lui et en lui !

PS : c'est vraiment une fête extraordinaire (et le mot est encore bien faible) cette fête Dieu !!!
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etienne lorant
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Re: Pour vous que représentent ces deux personnages ?

Message non lu par etienne lorant »

Ah, bien, chapeau bas ! Je prends des notes !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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MichAel
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Re: Pour vous que représentent ces deux personnages ?

Message non lu par MichAel »

Si vous faites allusion aux aux deux disciples, c'était Pierre et Jean.Ils sont entrés dans la ville par la porte du fumier et l'homme qui portait le broc de cette bonne eau venait de En-Rogel.
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Pneumatis
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Re: Pour vous que représentent ces deux personnages ?

Message non lu par Pneumatis »

MichAel a écrit :Si vous faites allusion aux aux deux disciples, c'était Pierre et Jean.Ils sont entrés dans la ville par la porte du fumier et l'homme qui portait le broc de cette bonne eau venait de En-Rogel.
D'après... ?
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