On devrait davantage en parler aux catholiques d'aujourd'hui, vous ne croyez pas?
Nicole



Nous avons peut-être peur de l'accueil qui nous serait fait si nous nous y essayiions...Nicolette a écrit :Pourquoi avons-nous tant de pudeur de parler de mystique chrétienne, comme si ça n'avait exister que dans las siècles passés? On parle des GRANDS mystiques pour parler des Saints reconnus par l'Église mais la mystique est l'expérience intérieure de Dieu qui chavire l'âme et la dépossède d'elle-même pour l'amener au DON.
On devrait davantage en parler aux catholiques d'aujourd'hui, vous ne croyez pas?
Nicole![]()

Oui, c'est ça: une expérience toute intérieure qui nous ouvre à une lumière et qui est si naturelle...une entrée en soi qui nous ouvre à une rencontre et à une sorte d'enseignement intérieur qui nous paraît plus certain que toute certitude extérieure.c'est qu'il "colle" tellement au naturel que l'on dirait un film transparent et invisible,
Les apôtres ne se sont pas posé ces questions à la Pentecôte. Ils sont sortis de leur refuge pour proclamer au grand jour, devant les foules.MichelG a écrit :
Mais j'ai toujours le sentiment de ne pas "mériter" cet attention de Jésus à mon endroit ... pourquoi me "parle-t-il" aussi directement ? qu'ai-je fait pour avoir "droit" à ce traitement de faveur ?
De plus comment ne pas douter ... mes envies, mes orgueils, mes égoïsmes ne me dictent-ils pas ces merveilleuses réponses qui tombent tant à point nommé ?

C'est étrange n'est-ce pas que d'entrer dans le monde de Dieu et de vivre cette bivalence de nos limites confrontées à la Lumière qui nous vient de Dieu. C'est cette manifestation, exactement de nos limites reconnues mariées à cette Lumière divine, qui garantit la vérité de l'expérience spitituelle, tous les grands Maîtres en parlent.Mais j'ai toujours le sentiment de ne pas "mériter" cet attention de Jésus à mon endroit ... pourquoi me "parle-t-il" aussi directement ? qu'ai-je fait pour avoir "droit" à ce traitement de faveur ?
De plus comment ne pas douter ... mes envies, mes orgueils, mes égoïsmes ne me dictent-ils pas ces merveilleuses réponses qui tombent tant à point nommé ?



Dans mon cas, le sentiment de la présence de Dieu (mais disons : "la présence de Dieu" car dire "le sentiment de la présence", c'est encore évoquer le domaine de la rêverie ou de l'hallucination, c'est encore manquer de foi !) s'est manifesté plus régulièrement, et ces sortes d'"effleurements spirituels" se sont multipliés à partir du moment où j'ai cessé de combattre la solitude, de la rejeter. Quand j'ai cessé de concevoir des plans pour rencontrer des personnes, pour retrouver ce sentiment de sécurité "tout simple" que j'éprouvais quand je ne logeais pas seul, à ce moment-là, une porte s'est ouverte... Le fait de vivre seul, lorsque j'avais vingt ans, c'était la liberté et l'aventure au coin de la rue, mais aujourd'hui, c'est un espace libre pour toutes sortes de rencontres, mais la rencontre avec Dieu en est le coeur, le centre.Nicolette a écrit :«Les voies de Dieu sont impénétrables». Dieu dépasse toujours nos attentes et on n'a pas fini d'en voir avec Lui... Nous n'avons jamais fini de voir, de comprendre, de saisir...Il se laisse deviner, Il nous surprend là où on ne l'attend pas...
Wikipédia a écrit : Le mystique chrétien privilégie « l’expérience personnelle de Dieu » plutôt que la réflexion, il lui faut ressentir plutôt que penser (voir saint Augustin). Saint Jean de la Croix parlait d’un « mariage mystique » (dans les Cantiques spirituels) et n'avait de cesse de comparer l'amour divin à l'amour charnel (cf. son recueil Nuits Obscures) L'Église catholique reconnaît des expériences mystiques surnaturelles : locutions intérieures, extases, visions, prophétie, révélations diverses… Mais ces manifestations sont considérées comme extraordinaires, don de Dieu à qui Il le souhaite mais non pas la forme ordinaire de la relation à Dieu.
L'Église est également très prudente au sujet des expériences mystiques extraordinaires. Le Pape Benoît XVI écrit par exemple : « Comme c'est toujours le cas dans la vie des véritables mystiques, Hildegarde voulut se soumettre aussi à l'autorité de personnes sages pour discerner l'origine de ses visions, craignant qu'elles soient le fruit d'illusions et qu'elles ne viennent pas de Dieu »14 et encore « le sceau d'une expérience authentique de l'Esprit Saint, source de tout charisme » est que « la personne dépositaire de dons surnaturels ne s'en vante jamais, ne les affiche pas, et surtout, fait preuve d'une obéissance totale à l'autorité ecclésiale »14.
Anthony Feneuil fait remarquer que la connaissance discursive « consiste à comparer et à classer, à faire entrer une chose singulière dans un certain ordre général en lui conférant un nom commun » mais le nom propre met cette connaissance en échec. L'une des théologies qui a dominé le monde catholique depuis le Moyen Âge - le thomisme - est donc ici prise en quelque sorte en défaut puisqu'elle vise à parler de Dieu comme de ce qu'il est en le corrigeant par l'analogie (ce que nous pouvons attribuer à Dieu peut de fait l'être à condition d'ajouter aussitôt que c'est sans commune mesure avec ce que cette qualité est pour nous). Mais, ajoute Feneuil, commentant ici Bergson, « si Dieu se donne dans la relation personnelle avec lui », alors il ne peut plus être connu dans son quid (ce qu'il est) mais dans son quis (qui il est), et « la nature de Dieu ne se donne jamais qu'à travers sa personne », soit dans l'expérience mystique 15.
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 20 invités