Bonsoir,
Sokrates a écrit :1°) on ne puisse pas fonder l'éthique sur une autre base ontologique que Dieu ;
On peut tout à fait fonder une éthique sur une autre base. La seule chose indispensable, hors de laquelle aucune éthique ne saurait être valable, c'est de considérer l'unité de la nature humaine dans l'espace et dans le temps. En d'autres termes, que ce qui est mal ici le soit aussi là, et que ce qui l'était hier le sera toujours demain.
Cela dit, je répugne à citer comme exemples Aristote ou les stoïciens, dans la mesure où leur souci n'était pas de développer une morale au sens où on l'entend généralement (ce qui est permis et donc bien, et ce qui est interdit et donc mal). Leur but, c'est de formuler un art de vivre de nature à procurer le bonheur.
De la conception du bonheur que l'on retient, il en surgit des morales bien différentes, mais dans tous les cas bien plus ample (si, si) que la métaphysique des moeurs d'un Kant, qui ne s'extrait pas du cadre d'une morale de l'obligation, forcément limité.
Sokrates a écrit :2°) on puisse mieux fonder l'éthique sur Dieu que sur d'autres considérations.
Pour reprendre la perspective précédente, tout dépend de ce que l'on retient comme constituant le bonheur de l'homme. Pour certains, cela sera le plaisir solitaire devant des spectacles peu édifiants. La spécificité du christiannisme réside dans le fait qu'il propose une certaine idée du bonheur (dont la charte fondamentale est constituée par le sermon sur la montagne), bonheur qui réside dans le fait d'être en communion avec Dieu.
Ce pourquoi Dieu, et mieux encore, Dieu tel qu'il s'est révélé aux Juifs, fournit le meilleur fondement de la morale, puisque c'est Lui qui nous révèle que la fin de l'homme est la communion avec Lui, étant précisé qu'Il est assez bien placé pour le savoir puisque c'est Lui qui nous a créé.
En résumé, le christiannisme ne propose pas de fonder la morale sur Dieu, mais de la fonder sur le bonheur (ce en quoi elle est des plus classique, c'est ce que faisaient Aristote, c'est ce que fait l'Ancien testament). Le christiannisme offrant par ailleurs le meilleur fondement en cela qu'il permet de connaître le vrai bonheur.
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