Bonjour !
Aujourd'hui, l'expression SABLER LE CHAMPAGNE.
19. SABLER LE CHAMPAGNE
On me demande souvent s’il convient de sabler ou de sabrer le champagne.
Certes, au XIXème siècle, les officiers de cavalerie un peu éméchés offraient
le champagne aux pensionnaires de certaines maisons en sabrant le col des
bouteilles …

Mais laissons cela aux nostalgiques de la Belle Epoque. Nous, nous sablons
le champagne ! Le verbe sabler possède plusieurs sens, tous dérivés de
sable. Par exemple : répandre du sable ; on sable une autoroute gelée ...
Dans le vocabulaire de la fonderie, sabler signifie verser du métal en fusion
dans un moule fait de sable.

On comprend que du sens de "verser promptement un liquide", on soit passé,
dès le XVIIème siècle, à celui de "boire d’un trait".
Cet emploi est des plus courants au XVIIIème siècle. J’ai relevé dans Jacques
le Fataliste de Diderot, ce passage : Tout en balbutiant, Jacques, en chemise
et pieds nus, avait sablé quelques rasades.
De bon matin, Jacques le fataliste boit du champagne, car - et le fait est curieux -
dès cette époque, sabler au sens de boire, semble se restreindre au champagne.
C’est d’ailleurs l’usage actuel qui s’est précisé. On sable le champagne en compagnie
à l’occasion d’une réjouissance. Le coté festif a remplacé la rapidité, voire l’abondance
de la consommation.
Le fait, je l’ai dit, est curieux : pourquoi sabler s’est-il restreint au champagne ?
Hé bien, je n’en sais rien !
A demain !


















