Invité a écrit :Mais d'après la doctrine catholique (et plus généralement le christianisme), Dieu n'est-il pas identifié au souverain Bien ? Par conséquent, quiconque aime le souverain Bien, aime Dieu (même s'il l'ignore ou s'en défend). Or aimer son prochain c'est vouloir pour eux le souverain Bien, agir en conséquence et s'en réjouir. Si on a cet état d'esprit qui nous anime, quand bien même on n'aime pas explicitement Dieu voire quand bien même on ne croit pas explicitement à son existence, n'oeuvre-t-on pas malgré tout pour le Royaume de Dieu ? Autrement dit, celui qui aime son prochain parce qu'il juge que cela est Bien, ne sert-il pas Dieu sans connaître Son Nom. Si on part de l'idée suivant laquelle Dieu a gravé dans notre coeur la loi naturelle : alors qui obéit à la loi naturelle obéit indirectement à Dieu qui est l'auteur de la loi naturelle et de cette empreinte qu'il a laissé dans notre coeur et qui guide notre conscience. Non ?
Ce que vous dites est tout à fait exact.
Mais si aimer son prochain est accomplir la volonté de Dieu, même en l'ignorant, ce n'est pas aimer Dieu. Ou alors, il faudra m'expliquer comment on peut aimer quelqu'un que l'on ne connaît pas. N'est-il pas écrit :
"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton coeur et de toute ta force" ?
Le célibat pour le Royaume dont parle Jésus suppose Dieu connu et aimé.
Mais Dieu ne nous appelle-t-il pas tous à faire de notre mieux pour réaliser le Bien ? Ceci étant posé, le célibat n'est-il pas tout simplement la voie qui convient le mieux à certains (qui ne ressentent pas un besoin impérieux de fonder une famille ou d'avoir des relations sexuelles) pour oeuvrer en ce sens (en se rendant plus disponibles) ? Ma question me semble d'autant plus pertinente que le célibat des prêtres n'a jamais été considéré - que je sache - comme un point de doctrine intangible (à l'inverse de l'opposition à l'ordination de femmes), mais plutôt comme une option très pragmatique (j'en veux pour preuve les dérogations possibles, ainsi que la pratique générale des églises orientales).
Ce célibat "consacré" (je mets des guillemets car consacré au souverain Bien mais pas explicitement à Dieu) ne peut-il pas se voir dans d'autres religions/philosophies ?
Mais si un catholique choisi le célibat pour se consacrer aux autres, il le fait forcément par amour pour Dieu. Sinon, il finira par péter un cable.
D'autre part, celui qui choisi le célibat non pas parce qu'il s'y sent appelé, mais parce qu'il ne "ressent" pas un "besoin" impérieux de fonder une famille, celui-là, finalement, fait sa volonté. Le célibat pour le Royaume n'est pas censé être une option par défaut.
En outre, l'abstinence des clercs est une tradition qui remonte aux Apôtres, et finalement à Jésus. Le fait, pour l'Eglise catholique, de n'appeler aux Ordres sacrés que des hommes qui ont reçu l'appel au célibat pour le Royaume n'est qu'une évolution pragmatique (il est plus facile de demeurer dans l'abtinence s'il n'y a pas de Mme dans le même lit, si vous voulez).
Ce qui ne veut pas dire que la vie conjugale normale est incompatible avec le sacerdoce. Il ne s'agit que d'une convenance, d'une exigence de cohérence. Et de la volonté de maintenir une tradition apostolique.
Mais comment un état de vie pourrait ne pas être admissible (cf. votre premier post où vous dites que le célibat qui n'est pas une réponse à un appel de Dieu n'est pas un état de vie admissible) et en même temps être très noble ? N'y a-t-il pas contradiction ?
C'est la finalité du célibat qui est dans ce cas humainement noble. Pas le célibat en lui-même.
Il faut bien voir que mariage et célibat ne sont en aucun cas et sous aucun rapport deux états de vie indifférents, ayant la même valeur et s'offrant comme une option à tout un chacun.
Normalement, tout le monde est appelé à ce marier. A cet appel général et toujours valable, Dieu peut ajouter un appel spécifique à renoncer à cet appel, à renoncer à ce qu'il est normal pour l'homme de faire, pour se donner pleinement à Lui, pour devenir un instrument entre Ses mains, au service du Royaume et de sa croissance en ce monde.
Donc, si je décide de rester célibataire parce qu'au fond, avoir des gosses ne m'attire pas beaucoup, je me plante. Parce que je refuse de répondre à l'appel universel au mariage sans pour autant être appelé au célibat pour le Royaume.
PS : Ceci, c'est sur le principe. Après, Dieu écrit droit avec des lignes courbes, il faut toujours le garder à l'esprit. Mais le catholique qui décide de rester célibataire doit se poser la question de savoir s'il s'agit de faire sa volonté ou de répondre à un réel appel de Dieu.
Après, celui qui n'est pas catholique... Qu'il se débrouille !
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