Démocratie républicaine ou Royauté ?

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
ximatt
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mer. 11 juin 2008, 14:56

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par ximatt »

j'entends bien que notre société est en crise (tout en ayant horreur du "tout va mal, c'etait mieux avant") et votre argumentation pourrait servir à me convaincre que votre modèle n'est pas plus mal que l'actuel.
Jusque là, ca va. Il y a des états proches de nous en tout point qui sont des monarchies et ça fonctionne.
Mais ça ne me suffit pas. Etant reticent à l'idée du pouvoir incarné ou symbolisé par une personne non elue (par le peuple) et reticent à l'idée d'une religion officialisée, plus la lourdeur et le manque à gagner induit par la transition entre regimes, il faudra pour que j'y adhere non seulement que ce soit pas plus mal, mais mieux.
En somme, pourquoi (ou comment) ce modele resoudrait les problemes ?

de plus, si la royauté est catholique, est-ce que ce n'est pas une atteinte à la liberté religieuse ? (ie celle du roi, ca fait leger en matiere d'atteinte aux libertés mais ca me chiffone un peu quand meme)

derniere chose, il est aussi question dans ce sujet de "republique chretienne" ou de "christinaisation des institutions". Je n'ai pas saisi à quoi cela pouvait correspondre. Concretement, qu'est-ce qui change ?
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Raistlin »

Bonjour ximatt,
ximatt a écrit :Etant reticent à l'idée du pouvoir incarné ou symbolisé par une personne non elue (par le peuple)...
Et pourquoi cette réticence ? Parce que, dans le cas d'une monarchie, le peuple ne choisit pas son dirigeant ? La belle affaire !
Je serais d'accord avec vous si les citoyens étaient suffisemment sages pour élire un dirigeant compétent, intègre, juste, etc... Mais ce n'est pas le cas ! Regardez notre "démocratie" : l'opinion publique - et donc le vote - est manipulé par les media ou les hommes politiques eux-mêmes.

Personnellement, j'ai tendance à voir dans ce refus de la monarchie un refus de l'autorité : on veut décider de sa vie par soi-même, avoir un contrôle total sur les évènements, etc. Finalement, voilà ce que disent les gens : pourquoi un individu (le roi en l'occurence) serait-il investi d'un pouvoir sur moi pour lequel je n'ai pas donné mon accord ?
C'est le même problème qu'avec Dieu... "Ni Dieu ni maître" comme dit la célèbre formule, on pourrait dire "ni Dieu ni roi"...

De mon point de vue, la monarchie a plusieurs avantages :
:arrow: Un symbole d'union et d'identité nationales. Le roi représente la pérennité de la patrie. Comme on le disait à l'époque lors du décès du Roi : "Le Roi est mort ! Vive le Roi !"
:arrow: Une seule tête à ce corps qu'est la nation
:arrow: Le fait que la fonction royale ne soit pas un simple "job", un Contrat à Durée Déterminée : c'est une vocation, une destinée. Et ça implique donc une réelle responsabilité. Certes, ça ne garantit pas que le roi règne de manière exemplaire, mais je pense que ça a le mérite de le faire réfléchir.

Le seul défaut majeur que je vois à la monarchie est la corruption. En effet, le pouvoir corrompt, c'est de notoriété publique or le roi règne à vie.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Avatar de l’utilisateur
Invité
Barbarus
Barbarus

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Invité »

le Pouvoir corrompt !
vous l'avez bien dit
il suffit de regarder entendre sentir et l'on s'aperçoit alors qu'en fait ce n'est pas l'Homme ou la Femme qui prend le Pouvoir mais bel et bien le Pouvoir qui le ou la prend

[Propos incompréhensibles. Cordialement. / Raistlin]
Olivier
Censor
Censor
Messages : 199
Inscription : dim. 29 août 2004, 23:15
Localisation : Région marseillaise
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Olivier »

ximatt a écrit :j'entends bien que notre société est en crise (tout en ayant horreur du "tout va mal, c'etait mieux avant") et votre argumentation pourrait servir à me convaincre que votre modèle n'est pas plus mal que l'actuel.
Jusque là, ca va. Il y a des états proches de nous en tout point qui sont des monarchies et ça fonctionne.
Mais ça ne me suffit pas. Etant reticent à l'idée du pouvoir incarné ou symbolisé par une personne non elue (par le peuple) et reticent à l'idée d'une religion officialisée, plus la lourdeur et le manque à gagner induit par la transition entre regimes, il faudra pour que j'y adhere non seulement que ce soit pas plus mal, mais mieux.
En somme, pourquoi (ou comment) ce modele resoudrait les problemes ?

de plus, si la royauté est catholique, est-ce que ce n'est pas une atteinte à la liberté religieuse ? (ie celle du roi, ca fait leger en matiere d'atteinte aux libertés mais ca me chiffone un peu quand meme)

derniere chose, il est aussi question dans ce sujet de "republique chretienne" ou de "christinaisation des institutions". Je n'ai pas saisi à quoi cela pouvait correspondre. Concretement, qu'est-ce qui change ?
La Reine d'Angleterre est chef de l'Eglise anglicane, elle est sacrée comme tel, ça n'empêche pas la liberté religieuse ou de pensée.
De 1871 à 1958, le chef d'Etat ne fut pas élu en France, ça ne gênait pas les français.

Nos problèmes ne se résoudraient pas d'une baguette magique c'est sûr. Mais l'avantage de la monarchie héréditaire est la continuité permettant de faire les réformes nécessaires sans dépendre d'élection tous les 5 ans. On ne peut rien faire sans avoir une vision à long terme, ce que n'ont pas les hommes politiques actuels. ils ne voient que les prochaines élections et pour eux.

Croyez -vous normal que les maires et les sénateurs ont un mandat plus long que le président de la République?
ximatt
Censor
Censor
Messages : 88
Inscription : mer. 11 juin 2008, 14:56

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par ximatt »

Bonjour,
Raistlin a écrit :
ximatt a écrit :Etant reticent à l'idée du pouvoir incarné ou symbolisé par une personne non elue (par le peuple)...
Et pourquoi cette réticence ? Parce que, dans le cas d'une monarchie, le peuple ne choisit pas son dirigeant ? La belle affaire !
Je serais d'accord avec vous si les citoyens étaient suffisemment sages pour élire un dirigeant compétent, intègre, juste, etc... Mais ce n'est pas le cas !

j'ai cette reticence parce quitte à etre gouverné par des incompetents, je prefere des incompetents qui sont les plus legitimes (selon mes criteres), ce qui n'est pas si anodin que ça quand on voit la stabilité des regimes qu'une partie du peuple ne considere pas comme legitime.
Pour ce qui est de la qualité des dirigeants, je ne me fais aucune illusion sur les notres mais vous retourne le commentaire :
Je serais d'accord avec vous si la monarchie permettait d'avoir un dirigeant compétent, intègre, juste, etc... Mais ce n'est pas le cas !
La royauté française (et d'ailleurs) a aussi eu son lot de fous, de megalos, d'incompetents.

dernier retour sur la liberté religieuse du souverain : si votre roi de France (ou la reine d'Angleterre) exprime le souhait de changer de religion (à titre personnel, sans remmettre en cause la religion officielle), on fait comment ?
Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7690
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Christophe »

ximatt a écrit :dernier retour sur la liberté religieuse du souverain : si votre roi de France (ou la reine d'Angleterre) exprime le souhait de changer de religion (à titre personnel, sans remmettre en cause la religion officielle), on fait comment ?
Ben, il abdique ! :zut:
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Serge BS
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 876
Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
Localisation : Marseille
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Serge BS »

Je suis républicain, mais je confirme totalement ce qu'écrit Christophe. Il est bien évident que je parle ici en tant qu'historien du droit et non en tant que partisan d'une forme ou autre de gouvernement :-D .

La Loi fondamentale de catholicité fut ajoutée au XVIème siècle ; elle est distincte, même si elle le rejoint et en découle d'une certaine manière, du principe de Monarchie de droit divin (qui n'est pas une Loi fondamentale, mais un principe fondamental du Royaume de France). Cette Loi a été approuvée comme définitive et dans les formes, donc confirmée par les Etats et les Parlements. Henri III avait été assassiné en 1589 ; il ne laissait pas de successeur direct dans la branche des Angoulême – et non pas des Valois comme trop souvent proclamé -, et il y avait donc obligation de chercher ce successeur dans une branche collatérale, celle des Bourbon. Or, les princes de cette branche étaient calvinistes, ce qui allait déclencher une véritable guerre civile, toute une partie de la France, dominée par les Princes de Guise refusant l’accession au trône d’Henri de Navarre, le futur Henri IV qui était protestant. Or, la règle jusqu’alors applicable était la règle cujus regio, ejus religio, c’est-à-dire que le roi imposait sa religion à son peuple, ce que beaucoup – en fait la majorité - refusaient. De plus, cette accession au trône s’opposait à l’édit d’union, c’est-à-dire au serment fait aux États de Blois en 1588 par Henri III d’être catholique, ce serment engageant les souverains pour l’avenir.

Ce serment engageant pour l’avenir, la catholicité étant une Loi fondamentale du Royaume, il est impossible de concevoir un Roi de France non catholique, et toute personne non catholique qui oserait porter ce titre sera à la fois illégitime et illégale ! La volonté d'un éventuel changement de religion imposerait donc l'abdication, comme l'a écrit Christophe, et, en cas de refus d'abdication, la déposition, le Roi de France étant soumis à des contre-pouvoirs, dont celui majeur des Lois fondamentales du Royaume, ... et en cas de refus de cette déposition droit pour les sujets de réagir à ce qui devrait dès lors être qualifié de Tyrannie ! Ou alors, il serait roi des français, roi de l'Etat français, n'importe quoi comme qualificatif, mais en aucun cas Roi de France !
Olivier
Censor
Censor
Messages : 199
Inscription : dim. 29 août 2004, 23:15
Localisation : Région marseillaise
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Olivier »

ximatt a écrit :Bonjour,
Raistlin a écrit : Et pourquoi cette réticence ? Parce que, dans le cas d'une monarchie, le peuple ne choisit pas son dirigeant ? La belle affaire !
Je serais d'accord avec vous si les citoyens étaient suffisemment sages pour élire un dirigeant compétent, intègre, juste, etc... Mais ce n'est pas le cas !

j'ai cette reticence parce quitte à etre gouverné par des incompetents, je prefere des incompetents qui sont les plus legitimes (selon mes criteres), ce qui n'est pas si anodin que ça quand on voit la stabilité des regimes qu'une partie du peuple ne considere pas comme legitime.
Pour ce qui est de la qualité des dirigeants, je ne me fais aucune illusion sur les notres mais vous retourne le commentaire :
Je serais d'accord avec vous si la monarchie permettait d'avoir un dirigeant compétent, intègre, juste, etc... Mais ce n'est pas le cas !
La royauté française (et d'ailleurs) a aussi eu son lot de fous, de megalos, d'incompetents.

dernier retour sur la liberté religieuse du souverain : si votre roi de France (ou la reine d'Angleterre) exprime le souhait de changer de religion (à titre personnel, sans remmettre en cause la religion officielle), on fait comment ?

Parce que vous pensez vraiment que les français peuvent choisir le plus compétent? 50 ans de Vème république me confirment que non.

Peut être que la royauté a eu son lieu de fous, de mégalos ou d'incompétence (vous pourrez cité des noms), mais au moins la France n'a pas cessé d'accroître. Je pense que les institutions de la Vème République attire des fous (Chirac peut être à partir de 2005, Sarkozy?), des mégalos (De Gaulle, Mitterrand et Sarkozy) et d'incompétent (Sarkozy) et la France en 50 ans a chuté, jamais comme par avant.
Serge BS
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 876
Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
Localisation : Marseille
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Serge BS »

Quelques réflexions ou questions à la lecture de ce qui précède…

1. Vous nous parlez de monarchie. D’accord ? Mais laquelle exactement ? Car il y a plusieurs formes monarchiques possibles, tout comme il y a eu plusieurs modèles de souverains français, parfois bien opposés. Même la théorie monarchique française a été bien changeante ! Louis IX a été bien différent de Louis XVIII, tout comme il y a une distance réelle à mes yeux entre un Louis XIV et un Louis XVI, pour en rester à ces seuls exemples. Donc, pourriez-vous définir ?

2. De plus, n’y a-t-il pas un risque lorsqu’il y a substitution du bon vouloir au bien commun, l’histoire nous le démontrant ? Et, dès lors,aucun corps intermédiaire n'est là pour limiter, d'autant plus si la conception de l'Eglise est plus ou moins gallicane ! Que faire dans ce cas ?

3. Lorsque l’un ou l’autre se présente ici comme royaliste ou monarchiste, je me pose la question de savoir s’il s’agit d’une monarchie héréditaire ou d’une monarchie élective ? Bref, est-ce la forme monarchie en général, ou une forme particulière qui a vos préférences ? Car ces deux formes ont à la fois leurs inconvénients et leurs avantages... Je sais que ce n'est pas là le sujet du présent débat, mais cela m'intéresse. Ce que je crains, c'est la dérive de la monarchie en tyrannie, ou même simplement en monocratie, du fait de l'accession toujours possible à la monarchie d'une personne qui n'aurait pas le bien commun comme priorité (cela s'est vu en France, le brave Louis XVI payant les pots cassés des fautes de certains de ses prédécesseurs, y compris en matière de ... gallicanisme)... Cette crainte n'est pas nouvelle, se retrouvant par exemple chez Aristote ou encore chez Saint Thomas d'Aquin... Attention, quand je parle de fautes de certains, je ne parle en aucun cas de tyrannie, ces fautes se situant d'ailleurs justement dans mon esprit en des temps de limitation partielle (j'ai bien écrit partielle) de certains corps intermédiaires ou encore dans les phases de gallicanisme. En fait, ce que je reproche surtout à certains rois, c'est d'avoir introduit la vénalité des charges pour certains de ces corps intermédiaires, tout en cherchant à briser la "vieille" aristocratie. Bref, la seule véritable dent que j'ai contre les souverains français, c'est Louis XIV qui s'est souvent dispensé de toute idée de charité ou de morale chrétienne, et heureusement qu'un corps intermédiaire tel que le Parlement de Paris ait pu parfois limiter ses dérives. Quant à Louis XVI, oui, c'est une victime, car je crois qu'il aimait son peuple, mais il a payé pour les fautes de Louis XIV et de la Régence, du moins à mon avis..., ainsi que de corps intermédiaire plus intéressés par leurs intérêts que par le bien commun, du fait même de la vénalité des charges, l'argent prenant le pas sur le mérite; de plus, les négligences dans son éducation ont fait qu'il n'était pas vraiment préparé à affronter les crises de son temps, y compris des crises tout simplement climatiques ! Pour un souverain, le savoir-vivre et le savoir-faire sont importants, mais le savoir aussi lorsque l'on doit décider pour le bien commun, lorsque l'on doit finalement servir son peuple ! D'où la nécessité de l'éducation des princes...

4. La politie au sens aristotélicien, même si je considère qu'elle doit être tempérée par certaines formules aristocratiques, mais de manière limitée, et ce afin de limiter les risques de dérive ou d'iniquité est-elle ou non incompatible avec l’idée monarchique ? ... Mais reste toujours, dès lors que l’on parle de monarchie ou d’aristocratie, l'éternel problème du choix et de la définition des "meilleurs", d'où la tendance d'Aristote dans son Ethique à Nicomaque à malgré tout préférer la politie tempérée... D’ailleurs Thomas d’Aquin n’était-il pas favorable à une formule mixte combinant monarchie/aristocratie/politie ?

5. Pour moi, il y a quant même un "léger" problème quant à la monarchie française, celui du prétendant... En effet, et même si les Lois fondamentales du Royaume n'ont jamais constitué un corpus constitutionnel au sens contemporain, ayant de plus évolué au gré de l'histoire, les deux principaux prétendants actuels posent problème :
  • - pour ce qui est de Louis de Bourbon, se pose la question de la renonciation de Philippe V le 5 novembre 1712, avec ces mots : "Je promets et engage ma foi et parole de roi que de ma part et de celle de mes dits enfants et descendants je procurerai l'observation et l'accomplissement de cet acte... et je le jure solennellement sur les Evangiles..." Ceci pose un problème avec la loi de catholicité, même si cette dernière n'aura jamais été formellement enregistrée. L'argument de l'erreur du Parlement de Paris en 1701 ne tient pas puisqu'antérieure ! L'accession au trône d'un descendant de cette branche remet en cause un serment sur les Evangiles !
    - pour ce qui est des Orléans (n'oublions pas de Louis-Philippe aura été Roi des Français et non pas de France), ils descendent d'un régicide, et cela efface leurs droits, selon les traditions royale, féodale et aristocratique, certes pas selon une Loi fondamentale solennellement enregistrée (mais il en est de même de l'idée de droit divin. Ils peuvent prétendre au titre de "Roi des Français", mais en aucun cas à celui de "Roi de France", de par l'acte de leurs ancêtres.
Peut-être faudrait-il alors chercher plus loin ? ... N'oublions pas qu'Henri IV n'était cousin qu'au 21° degré, ce qui ne l'empêchât pas d'accéder au trône DE France; peut-être que des recherches approfondies permettraient de dévoiler un prétendant peu ou prou connu, et ce sans même remonter aux Mérovingiens... Ou alors, ne faudrait-il pas une élection par les descendants véritablement titrés et subsistant des "Grands" de France (mais les vrais : un seul Duc par famille si vous voyez ce que je veux dire messieurs les "La Rochefoucauld", cf. le Bottin mondain) ou encore sur la base des vrais quartiers de noblesse existant à la mort de Louis XVII, pour renouveler "le sang" ? Le lien avec la tradition royale ne serait pas forcément brisé dans ce cas...

6. Reste maintenant que toute la question du régime tient à la fois de la mystique et du politique, de la confrontation de mystiques et de politiques (cf. Péguy, Notre jeunesse)... Toujours est-il que la monarchie n'est pas d'actualité à mes yeux... Reste que nos institutions fondent une sorte de monarchie où le peuple peut pacifiquement "guillotiner" son "roi" tous les cinq ans (temps trop court à mon avis, sept années étaient bien mieux, ne serait-ce qu’en termes de politiques publiques, tout comme je suis contre la limitation à deux mandats, car c’est une atteinte à l’intelligence des Français)... Reste que le retour à la monarchie ne pourrait avoir lieu qu'après une très grave crise mettant en péril la survie même de la France, mais même la seconde guerre mondiale ne l'a pas permis... Et je ne pense pas que le temps soit déjà venu d'une telle crise...

7. Toujours est-il qu'il faudrait une bonne fois pour toute que les vrais Ducs français légitimes se mettent d'accord pour "adouber" un véritable prétendant, en tenant compte des Lois fondamentales et des traditions, ... quitte même à remettre en cause l'élément masculinité, finalement justifié uniquement a posteriori, et de plus sur la base d'un doute réel quant à la légitimité de la filiation ! Est-ce donc si dur ? Ou alors, chacun "joue t-il" pour lui au lieu d'agir pour la France ? Un vrai "roi" de réserve pourrait obtenir l'assentiment de beaucoup plus que plusieurs prétendants s'entredéchirant, constituer un véritable recours en cas de crise très grave, sous réserve du respect du jeu démocratique ! Mais que font les vrais nobles (pas ceux ayant acheté un titre à Louis XVIII), je parle ici de la véritable Noblesse d'épée (même et y compris celle évincée par Louis XIV pour des motifs ... financiers) ? Une monarchie n'est pas exclusive d'une république (au sens de Res Publica), ni même d'une politie vraie ! Certains Etats montrent de tels exemples (même si leurs souverains "s'oublient" pour certains un peu quant à l'avortement, au mariage homosexuel, etc..., tout autant, voire plus que bien des Républiques, et c’est plus grave car la monarchie c'est surtout des devoirs) ! Toujours est-il que le choix devrait aussi tenir compte de l'exemplarité de la vie, certains Nobles ayant oublié leurs devoirs, la Noblesse étant avant tout devoir et non pas droit... Ce fut d'ailleurs cet oubli à partir de Louis XIV qui induisit à mes yeux la chute de la monarchie française, le "bien commun" devant passer avant le "bon plaisir" pour un roi, l'intérêt du pays avant celui des "menus plaisirs" ! Tout le cours de l'histoire aurait pu en être changé, et la monarchie française n'en serait pas à expier les fautes du passé. Un simple questionnement : Versailles (le bâtiment) est-il catholique ou un temple aux dieux antiques ?...

8. Pour ce qui est de Sarkozy, je ne pense pas qu’il soit personnellement incompétent. Je pense plutôt que c’est son entourage qui est bien défaillant… De plus, il n'a pris personne en traitre ! Tous ses actes se retrouvent dans son livre : Libre (Pocket, 2001), et pour une fois qu'un élu fait ce qu'il avait promis de faire...

9. Je suis républicain :-D , mais le retour de la monarchie en ... Ecosse ne me gênerait en rien :rire: !
Olivier
Censor
Censor
Messages : 199
Inscription : dim. 29 août 2004, 23:15
Localisation : Région marseillaise
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Olivier »

Je vais vous répondre vite fait.
Pour ce qui est de la monarchie elle a changé dans le fond mais pas dans ces principes. Pour ce qui est pour le futur, il faut savoir que le général de Gaulle s'est largement inspiré pour la Vème, de la monarchie voulue par les prétendant d'Henri V à Henri VI. L'actuel comte de Paris, et son fils Jean se voient très bien dans les institutions de la Vème République.
Cela vous donne une idée. (faudrait que j'écris un livre sur la monarchie selon les héritiers)

La monarchie a fait des erreurs, j'en conviens, il n'est pas question de revenir non plus à 1789. Mais que dire des erreurs de la République...

Pour les prétendants... La question ne se pose pas pour le moment, on verra le moment venu. Je suis assez providentialiste, mais j'aime bien le prince Jean, il a un bon potentiel.
La loi salique et son abolition était envisagé au début de la Restauration, s'il n'avait pas eu Henri d'Artois. Dans ce cas là, les descendants directs de Louise d'Artois est la famille de Bourbon de Parme.
Serge BS
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 876
Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
Localisation : Marseille
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Serge BS »

Certes. Mais quelle définition donner à la monarchie ? Quel cadre donner à la monarchie ? Je n'ai rien a priori contre la monarchie, si ce n'est que rien n'est clair, tant avec la pratique Louis quatorzième qu'avec l'épisode Louis-Philippe ! Ces deux questions sont le coeur de ma question. Je résume donc mon interrogation : "La Royauté est rétablie ? OK, mais avec quelles institutions ?"

Il est vrai que De Gaulle a eu un temps la tentation de rétablir le Trône. C'est un fait indéniable,... mais... Toujours est-il qu'il n'eut pas pour lui de tentation dynastique... (nota : je crois que quelque chose a déjà été écrit à ce sujet; il faudra que je recherche...). Il est vrai, aussi que la Constitution de la Cinquième République est compatible, en beaucoup de points, pas en tous, avec la Monarchie et que De Gaulle (au sens large :-D ) s'inspira pas mal de la tradition française... Vous seriez donc favorable à une Monarchie limitée parlementaire ? Certains flous de la Constitution de la Cinquième République ont-ils été fortuits ?

Maintenant, si l'abolition de la Loi salique avait été réalité, ou le devenait, pourquoi s'arrêter à Louise d'Artois ? N'y aurait-il pas une parenté par les femmes antérieure ? Bref, quel cadre donner ici dans le temps au rejet de la Loi salique ?
Olivier
Censor
Censor
Messages : 199
Inscription : dim. 29 août 2004, 23:15
Localisation : Région marseillaise
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Olivier »

Je ne suis pas du tout absolutiste, on a vu le résultat...
Et puis, je pense que le roi tout comme le président a besoin d'un premier ministre, ce qui n'a pas compris les derniers Bourbons (sauf Louis XVIII mort pas dans la haine et sur son trône.)

Je pense que la Vème correspond au caractère français, c'est à mon sens, la suite logique de la royauté, d'ailleurs, de Gaulle s'inspira de la Restauration.
Et je serais aussi pour redonner plus de pouvoir au parlement, pour mieux représenter les français (pourquoi ne pas tirer au sort les députés) pour avoir l'opposition non dans la rue mais dans le parlement. Mais un premier ministre dépendant du roi.

Enfin, les derniers Orléans ont toujours bien vu la Vème république.

Je ne suis pas révolutionnaire, je ne fais pas tabler rase du passé, et je ne suis pas le seul.
Serge BS
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 876
Inscription : mer. 08 mars 2006, 6:22
Localisation : Marseille
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Serge BS »

Tirer au sort les députés ? J'avais fait une proposition voisine à l'occasion de la réflexion sur la réforme des institutions : Mettre en place un scrutin de liste adapté (mais réel, sans limite basse, et intégrant le chiffre de la participation pour déterminer le nombre des élus), ... avec tirage au sort des élus sur les listes proposées par les partis ! Inutile de dire que ce ne fut pas retenu ! Sous un Roi comme en République, un parlementaire tient toujours à son os :-D !

Je ne résiste pas à la tentation de vous présenter ce que j'avais écrit, donc j'édite mon texte :

Proposition n° 45 : "Les membres de l’Assemblée nationale devraient être désignés à la fois au scrutin de liste et au scrutin de circonscription, et ce afin de permettre à la fois la représentation de toutes les sensibilités politiques nationales et l’existence d’une majorité de gouvernement stable. Il y aurait ainsi panachage d’un système de proportionnelle et d’un système de circonscription, prévoyant un renouvellement par moitié tous les trois ans, ainsi qu’un système garantissant la représentation des femmes et des jeunes. Ainsi, il faudrait prévoir deux députés par département ou TOM, plus un député par tranche de 150.000 habitants par département, tous élus pour six ans au scrutin de circonscription. Ceci permettrait déjà un rééquilibrage tenant compte réellement des données démographiques tout en assurant un renouvellement périodique des élus tenant compte de la volonté populaire. Les re-découpages induits devraient être validés par un avis favorable de l’assemblée des Maires de France et de celle des Présidents de Conseils généraux ; à défaut de cette validation, les circonscriptions demeureraient inchangées, le département tenant dès lors lieu de circonscription pour l’élu supplémentaire. Par ailleurs, devraient être élus en parallèle avec un décalage de trois années sur les élus au scrutin de circonscription des députés en nombre maximal égal à celui des députés élus au dit scrutin de circonscription, et ce à la proportionnelle au plus fort reste sur la base de listes nationales. Il est fait mention ici de nombre maximal, et ce afin d’inciter à la participation, le nombre réel de ces élus devant être strictement proportionnel au taux de participation arrondi au député supérieur. Ces élus seraient publiquement tirés au sort en fonction des résultats par le Conseil constitutionnel, sur la base des listes. Ces listes nationales qui pourraient toutes obtenir des élus dès lors qu’elles obtiendraient le nombre de voix suffisant, devraient comporter un minimum de cent noms, avec 50 % ± 1 candidat de chaque sexe, 10 % au moins de moins de trente ans et 10 % au moins de plus de 75 ans, ces parités devant être atteintes par tirage au sort effectué par le Conseil constitutionnel au sein des listes. Cette dernière disposition ne serait applicable qu'à partir de dix élus."
Olivier
Censor
Censor
Messages : 199
Inscription : dim. 29 août 2004, 23:15
Localisation : Région marseillaise
Contact :

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par Olivier »

Oui ça serait plus démocratique et antiparti^^

Mais pour les grecs le tirage au sort fut démocratique, l'élection, aristocratique.
BJLP
Quæstor
Quæstor
Messages : 303
Inscription : mar. 18 mars 2008, 8:57

Re: Démocratie républicaine ou Royauté ?

Message non lu par BJLP »

La royauté à perdu la tête en 1789 et pourtant Louis XVI était un brave homme.
La faute en est à ces nobles qui se croyaient sortis de la cuisse de jupiter et s'octroyer tous les droits , humains , religieux, politiques.

Moi! , voir des gens avoir des richesses uniquement par ce qu'ils sont des Monsieurs De......... ça me rend malade.
La révoluition qui n'est pas trés chrétienne c'est vrai, est la consaquence des injustices de cette classe de la sociéte d'avant 1789.

La noblesse pour donner le change c'est embougeoisée , elle est même devenu dans certains cas républicaine. elle a même récuprer une parti de ses privilèges.
Les plus pauvre des noble on même étaient obloger de vendre leurstitre de noblesses à des bourgeois plus riches qu'eux et qui sont devenus les nouveaux riches d'alors!

Si la noblesse avait accepter de travailler, de payer de impots, d'être de citoyens nous serions peut-être encore sous une royauté démocratique et contitutionelle.
A qui la fautes?

A vouloir trop avoir la noblesse de 1789 c'est piégée elle même et pour tant parmi ces nobles il a eu des familles trés honorables qui respectaient leurs gens comme ils disent.

Je préfére mourir pour mon peuple que pour un roi humain si cela devait ce réaliser .

Je rapelle que la république c'est Moi comme chacun d'entre nous.

Pas de réponse à la Louis XIV "" l'état c'est Moi""
L' Etat c'est Moi , C'est nous, jamais Un seul homme .

Mais voila la répûblique n'est pas parfaite , elle est composée d'hommes imparfaits tout aussi avide de pouvoir et de privilèges qu'une certaine noblesse d'avant et d'aprés 1789.
Tous les pouvoir humain ne sont pas parfait m*eme les pouvoirs dit chrétiens et de droit Divin.

Nous les chrétien , et l'humanité y est invitée, nous faisons partit du peuple de Dieu invité à entrer dans son royaume .
Mais se royaume n'est pas de ce monde , c'est Jésus qui l'a dit et cela ne souffire aucunes contradictions.

Vive la république, Vive la France, et Vive la liberté d'expression
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 7 invités