Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,13-15.
Alors, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Ce mot de Jésus nous rappelle que l'Evangile, plutôt que d'être réservé aux sages et aux intelligents, est destiné en priorité aux petits et aux simples. Cette prédilection de Dieu fera d'ailleurs l'objet d'une exclamation de louange de la part de Jésus "Je Te bénis, Père, Dieu du ciel et de la terre !"...
Un jour, pour essayer de faire revenir à l'Evangile une personne proche, je lui avais envoyé le Commentaire de l'Evangile de Lanza del Vasto, que j'avais trouvé intéressant par endroits, mais dont l'analyse était un peu trop "intello" à mon goût; l'auteur, un universitaire converti, qui a voyagé à pieds jusqu'en Inde (chez Ghandi) puis jusqu'en terre sainte, puise à toutes les sources de la culture, tient compte de la valeur numérique des lettres de l'aphabet hébraïque, de différentes traductions de la Bible, etc. Bref, c'est un commentaire d'érudit. Eh bien, m'étais-je dit: je vais lui offrir ce livre, peut-être qu'il accrochera ? Mais j'ai reçu en retour un coup de fil qui m'a refroidi. "Tu sais, Etienne, j'ai beaucoup lu et dans les Evangiles, de quel côté qu'on les prenne, ils sont toujours contradictoires".
Cet exemple sert mon commentaire, car mon ami a raison: c'est vrai, il y a des passages, dans chacun des Evangiles qui semblent contredire d'autres passages - et quiconque vient à cette lecture sans y rechercher sincèrement la Vérité, c'est-à-dire une nourriture pour sa vie personnelle, ne fait qu'achopper sur ces apparentes contradictions, ce qui lui donne un prétexte pour passer outre.
En réalité, il faut lire la Bible et les Evangiles non en se tenant en haut, mais en y entrant par le bas. D'ailleurs, même un "gros intellectuel", s'il se laisse piéger par les jeux de miroir contenus dans les textes, finira tôt ou tard par abandonner la superbe de sa raison et de son intelligence, pour humblement aller puiser dans le petit livre un peu d'eau pour son âme assoiffée.
Mais il n'y a pas que des contradictions dans l'Evangile. Il y a également des enseignements proclamés sur le ton de l'évidence, et qui ne supportent aucune contradiction: "L'homme peut-il par son souci prolonger sa vie d'une seule journée !" en est un exemple. Cet autre est beaucoup plus fin mais toujours aussi éclatant: "Regardez les lys des champs : Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu mieux qu'eux !", et puis dans le discours sur la façon d'aimer: "Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ?" (C'est déjà un peu plus subtil, mais pour une âme qui suffoque dans l'amour du "Moi-même", quelle bouffée d'air frais, vivifiant !)
Je prie le Seigneur de me donner, à force d'exercices d'assouplissement, à raison même des épreuves de l'existence, un nouvel esprit d'enfant. De ce point de vue, le vieux Nicodème quand il proteste : "Un homme peut-il retourner dans le ventre de sa mère pour naître de nouveau ?!", montre combien, alors qu'il est reconnu comme maître par l'élite d'Israël, demeure loin de l'Esprit - de l'Esprit qui vivifie. C'est qu'il connaît tout le solfège et toutes les notes, mais il n'entend pas la musique et il ne sait pas chanter... tandis qu'en enfant !
Depuis quelques années, une ou deux fois par an, il se produit dans mon quotidien des petits "incidents surnaturels". Oh, je sais bien que si j'en parlais, on me démontrerait qu'un simple calcul de probabilités vient à bout des coïncidences que je dis merveilleuses. Mais quoi, çà m'est complètement égal. Je dis que les petits enfants voient des choses que leurs parents ne peuvent plus voir: ils s'extasient où ils sont effrayés, mais ils voient. C'est sans doute qu'à cause de leur petite taille et de l'absolue confiance qui les anime, ils passent très facilement par "la porte étroite", ils contemplent l'invisible et en reviennent avec des mots extraordinaires... que les adultes feraient bien d'écouter !
Lorsque l'enfant paraît...
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Lorsque l'enfant paraît...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Re: Lorsque l'enfant paraît...
Lorsque l'enfant paraît, c'est un poème de Victor Hugo, extrait des "Feuilles d'Automne", que je ne résiste pas à recopier ici...
Lorsque l'enfant paraît
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
Lorsque l'enfant paraît
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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