Shaka
C'est pourtant la position de Saint Augustin, mieux vaut une âme remise sur le droit chemin par la contrainte qu'une âme laissée libre de se perdre à tout jamais.
Position totalement intenable, contraire à l’esprit et la logique de l’Evangile, déjà descendue en flammes par St Paul, anéantie par St Thomas d’Aquin et dont le scandale est bien illustré par St Simon (celui qui n’était pas saint).
Si Jésus avait pensé « mieux vaut une âme remise sur le droit chemin par la contrainte», il aurait accepté la royauté d’Israël qu’on lui offrait, et avec un peu de contrainte, y compris quelques légions d’anges, aucune âme ne se serait plus jamais perdue.
Pour St Paul, il est totalement inutile de contraindre les gens. De force, on peut circonscrire la chair, mais jamais le cœur. « Si avec le Christ, vous êtes morts à tous les règlements du monde, comment peut-on vous faire la leçon comme si vous y viviez encore : ne prends pas…. n’y goûte pas… n’y touche pas… on reconnaît bien là les obligations et les doctrines humaines. Tout cela paraît très sage, avec un grand mépris pour le corps. Mais c’est inefficace quand la chair se rebelle ». C'est-à-dire, quand on n’est pas converti. Et la conversion ne s’impose pas.
St Thomas d’Aquin dit que si un être humain, en conscience, ne peut pas accepter la pratique de l’Eglise, alors il doit suivre sa conscience.
Et Saint Simon (le duc) nous explique, après l’odieuse révocation de l’Edit de Nantes, pourquoi il est sacrilège de remettre une âme sur le droit chemin par la contrainte :
« d’autres sacrifiaient leurs consciences à leurs biens et à leurs repos et achetaient l’un et l’autre par des abjurations simulées, … on les traînaient à adorer ce qu’ils ne croyaient pas, et à recevoir réellement le divin Corps du Saint des saints, tandis qu’ils demeuraient persuadés qu’ils ne mangeaient que du pain, qu’ils devaient encore abhorrer ».
Les hommes de l’Etat peuvent prélever des impôts pour aider les pauvres, ceux qui paient ne sont pas généreux. Les esclaves employés à construire une léproserie, œuvre en soi admirable, ne sont pas des philanthropes, ou si nous le croyions, il faudrait les fouetter davantage pour qu’ils soient encore plus charitables.
Cordialement
Christian