Le redoublement en question

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Thomas
Ædilis
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Le redoublement en question

Message non lu par Thomas »

Bonjour,

Aujourd'hui dans l'éducation nationale, le redoublement est beaucoup plus rare qu'avant. De nombreux élèves passent dans la classe supérieure alors qu'ils n'ont pas fait preuve du niveau minimum requis. Je suis (jeune) enseignant et cette réalité est une découverte pour moi. J'aimerais avoir vos avis, vos epériences.

La justification ? Le redoublement serait dans la très grande majorité des cas improductif. Les élèves redoublants ne rattrapperaient pas le retard et en plus le redoublement les stigmatiseraient, empêchant encore un peu plus leurs progrès.

En réalité, les seuls élèves à qui le redoublement est proposé sont ceux dont on considère que leur attitude et leurs capacités leur permettront d'en tirer réellement profit. Les autres sont "évacués par le haut".

La conséquence de ce choix, c'est la très grande hétérogénéité des classes, à la fois au niveau des acquis et des attitudes. On se retrouve, en fin de collège par exemple, avec des élèves "normaux" et d'autres qui n'ont jamais travaillé. On comprend mieux les problématiques de la disipline et du "niveau" dans l'éducation nationale...

Ce qui me pose question, c'est bien sûr le message qui est transmis aux jeunes sur la valeur de l'effort.

Thomas
MB
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Re: Le redoublement en question

Message non lu par MB »

Bonjour !

Je me trouve plus ou moins dans votre situation (cette année, j'ai enseigné dans un collège de Zep). J'ai comme vous été intrigué par ces phénomènes, et à ce titre, j'ai interrogé mes collègues plus expérimentés ; ils m'ont répondu la même chose qu'à vous.

Pour les non-enseignants : le principe d'un redoublement est simple. L'élève n'ayant pas acquis le niveau requis, on lui donne une seconde chance ; comme il a déjà un peu tâté des matières de l'année écoulée, il aura - théoriquement - plus de facilité à se rattraper l'année suivante.
Le problème est qu'une telle démarche suppose une certaine maturité de la part de l'élève et de ses parents. Or les élèves qui n'ont pas le niveau, par définition, ont le plus souvent tendance à ne pas jouir de cette maturité. Ce qu'ils voient le plus souvent, c'est l'aspect punitif du redoublement, qui, de fait, les décourage l'année suivante. On arrive donc à ce résultat paradoxal, qui est que le redoublement, quand il a lieu, fait réellement baisser son niveau au lieu de lui donner les moyens de se rattraper. Paradoxalement aussi, quand on fait redoubler un élève, c'est le meilleur des mauvais, si je puis dire...

Le problème est accru par autre chose : il faut que les parents soient d'accord (aucune décision de ce type ne peut se prendre sans leur avis conforme). Or, bien souvent, ils ne le sont pas ; les parents d'élèves irresponsables ne sont pas un mythe. Mais supposons qu'ils le soient : leur enfant va donc redoubler. Ce qu'il constatera l'année prochaine, c'est que d'autres de ses anciens camarades, qui avaient un niveau aussi faible que le sien, voire pire, mais dont les parents n'auront pas accepté le redoublement, seront passés dans la classe de niveau supérieur. On imagine le sentiment de bizarrerie et d'injustice qui en résultera... et les effets sur sa motivation.

Ajoutons à cela un problème pratique, qui se pose avec d'autant plus d'acuité parmi les classes d'âge du collège : un élève redoublant, en pleine puberté, ayant bien souvent un sentiment d'humiliation et de louse, aura naturellement tendance à perturber sa nouvelle classe composée d'élèves plus jeunes que lui...

Pour améliorer cette situation, il faudra donc beaucoup de jugeote !

A bientôt
MB
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Wistiti
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Re: Le redoublement en question

Message non lu par Wistiti »

Cette peur d’échouer comme si une indignation me fatigue.

J’ai connus plein de personnes qui en arrachaient au début à l’école et qui ont mieux réussis que moi dans la vie.

Il faut changer la façon de donner des cours magistraux sur le plan d’apprentissage théorique de la matière.

Permettre aux enfants une meilleure intercommunication sans que ça devienne une cacophonie. Avec entraide et soif du savoir.

En 6e année on formait des équipes avec un chef (parfois le turbulent) pour différentes périodes de temps données.

Donnée le goût au prof à de l’initiative personnel. Pas besoin d’attendre devant le ministère sur la façon de faire un bulletin et tout le carcan.

Le système de fiches de travail est intéressant et pourquoi pas parfois changement de classe temporairement.

Le système vicariant, pour le peu que j’ai lu, aiderait avec un système d'équipes de travail temporaires.
http://www.pmev.fr/index.php?lng=fr
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)
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Invité
Barbarus
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Re: Le redoublement en question

Message non lu par Invité »

bonjour mes soeurs et frères,
je m'immisce dans la discussion étant en contact avec beaucoup de jeunes et de parents par le caté, et parce que je suis un "ancien redoublant assidu" ;)

rares sont les cas où le redoublement apporte quoique ce soit à l'enfant ! c'est un constat :(
quand un enfant a beaucoup de mal à suivre en élémentaire ou en collège, les enseignants proposent le redoublement parce qu'ils n'ont rien d'autre sous la main ...
- pour qqs enfants, il parait évident qu'ils n'ont pas les capacités de soutenir une vie scolaire ... le redoublement n'apporte rien, ils ne suivront pas de toutes façons
- d'autres enfants ont eu un problème particulier sur l'année qui peut expliquer les difficultés rencontrés (souvent la séparation des parents, mais aussi la maladie) ... le redoublement peut qqfois permettre de souffler un peu ... mais pas toujours... il faudrait donc faire du "cas par cas" ... et cela dépend du talent et de la disponibilité de l'équipe enseignante et des représentants de parents d'élèves (loterie donc)
- un grand nombre d'enfants souffre aussi de retard parcequ'ils s'ennuient, ne s'impliquent pas dans l'école ... la solution du redoublement est une hérésie ! je me suis affronté plusieurs fois avec des enseignants (et les parents) pour que des enfants soient testés par le psy car j'avais compris qu'il s'agissait d'enfants précoces (je connais bien le sujet :roule: ) ... les fois où j'ai été écouté les enfants ont pris connaissance de leur différence et soit ont même pu sauter 1 classe rattrapant toutes les lacunes + 1 année en 2 mois, soit se sont coulé dans l'année suivante sans plus de difficulté.
- bien sur il existe aussi les dislexiques mal diagnostiqués (j'en découvre presque chaque année) ... si le redoublement ne s'accompagne d'un suivi spécialisé, c'est l'échec assuré

qu'est ce que je veux dire par tout ça ?
qu'il faut éviter d'étiqueter les enfants trop vite et s'attacher à comprendre le "pourquoi" de l'échec ... le redoublement est un moyen, jamais une solution :exclamation:
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