"Ne nous soumets pas à la tentation"
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Philon
- Barbarus

"Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonjour et bon dimanche aux frères et soeurs dans la foi,
je voudrais poster une question concernant la tentation.
En effet je suis mariée devant Dieu depuis 7 ans mais je constate que l'on n'est jamais définitivement à l'abri de la tentation.
J'ai beau me dire dans ma tête que certains sentiments pour d'autres personnes ne sont pas de mise, il m'arrive d'être émue par qui je ne le dois pas.
Jusqu'ici je n'ai pas commis d'adultère mais j'estime que de rêver à quelqu'un d'autre que mon mari est une mauvaise chose pour plusieurs raisons :
d'une part, c'est un amour de type égoiste et immature. Il ne contient pas d'engagement. Ce n'est pas un acte adultère mais c'est unsentiment adultère.
D'autre part ce sentiment vole à mon mari ce qui lui revient. Il offense Dieu.
Il exprime une certaine faiblesse de ma part, une difficulté à tenir la promesse donnée. Faiblesse qui n'est même pas forcément de "chair" : on peut concevoir un sentiment platonique mais c'est tout de même quelque chose de mal qui échappe au contrôle. De plus c'est dangereux car on ne sait jamais à quoi ça peut conduire.
Je discerne ce type d'amour "rêveur" de celui que je porte à mon mari avec qui j'ai construit ne famille.
Si je rêve à un homme avec qui il ne se passera rien, il peut arriver que ces sentiments soient partagés et qu'il en souffre. Je m'en veux surtout quand c'est quelqu'un pour qui j'ai par ailleurs une très grande estime.
Au total cela fera du mal à beaucoup de personnes.
C'est pourquoi je crois à la fidélité comme à un but noble vers lequel Dieu nous commande d'aller parce qu'il sait que c'est le mieux pour nous, pour les autres, pour nos enfants.
Je m'en veux de ce que j'éprouve parfois et je cherche des textes qui puissent me conforter dans mon choix de vie.
je voudrais vous demander si vous avez vous-mêmes été tentés et comment vous avez lutté contre la tentation.
je voudrais poster une question concernant la tentation.
En effet je suis mariée devant Dieu depuis 7 ans mais je constate que l'on n'est jamais définitivement à l'abri de la tentation.
J'ai beau me dire dans ma tête que certains sentiments pour d'autres personnes ne sont pas de mise, il m'arrive d'être émue par qui je ne le dois pas.
Jusqu'ici je n'ai pas commis d'adultère mais j'estime que de rêver à quelqu'un d'autre que mon mari est une mauvaise chose pour plusieurs raisons :
d'une part, c'est un amour de type égoiste et immature. Il ne contient pas d'engagement. Ce n'est pas un acte adultère mais c'est unsentiment adultère.
D'autre part ce sentiment vole à mon mari ce qui lui revient. Il offense Dieu.
Il exprime une certaine faiblesse de ma part, une difficulté à tenir la promesse donnée. Faiblesse qui n'est même pas forcément de "chair" : on peut concevoir un sentiment platonique mais c'est tout de même quelque chose de mal qui échappe au contrôle. De plus c'est dangereux car on ne sait jamais à quoi ça peut conduire.
Je discerne ce type d'amour "rêveur" de celui que je porte à mon mari avec qui j'ai construit ne famille.
Si je rêve à un homme avec qui il ne se passera rien, il peut arriver que ces sentiments soient partagés et qu'il en souffre. Je m'en veux surtout quand c'est quelqu'un pour qui j'ai par ailleurs une très grande estime.
Au total cela fera du mal à beaucoup de personnes.
C'est pourquoi je crois à la fidélité comme à un but noble vers lequel Dieu nous commande d'aller parce qu'il sait que c'est le mieux pour nous, pour les autres, pour nos enfants.
Je m'en veux de ce que j'éprouve parfois et je cherche des textes qui puissent me conforter dans mon choix de vie.
je voudrais vous demander si vous avez vous-mêmes été tentés et comment vous avez lutté contre la tentation.
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonjour,
la tentation n'est pas un péché, le péché commence quand on y donne son consentement, quand on se délecte à l'idée présentée dans la tentation. Même si la tentation se représente après avoir été repoussée, on doit rester ferme. Repousser une tentation, lui refuser notre consentement est une victoire et finalement le Tentateur peut être pris à son propre piège parce que c'est une victoire relativement facile : il ne s'agit pas de résoudre le problème de la faim dans le monde, du conflit israélo-palestinien ou du cancer, mais seulement de rester ferme. C'est à chaque fois, un effort relativement faible et aussi une grande victoire.
Cependant, la règle d'or du combat spirituel est très simple :
la tentation a d'autant moins de prise sur nous que nous réalisons profondément dans nos vie l'amour qui vient de Dieu. Nous la repoussons moins en la prenant frontalement qu'en nous montrant indisponible pour elle, déjà trop occupés à réaliser l'oeuvre de Dieu qu'est l'amour..
Dans le cas du mariage, il faut se souvenir qu'il est un sacrement, c'est-à-dire qu'il est dans nos vie une source par laquelle Dieu se donne à nous. Dans chaque mariage, il y a Dieu qui est là, présent, disponible, prêt à irriguer la relation, à la fertiliser, à faire croître l'amour conjugal.
Pour repousser les tentations adultères, peut-être faut-il prier Dieu de faire grandir l'amour que l'on a pour son conjoint. Et c'est une prière qui est toujours exaucée, Dieu donne toujours d'aimer à celui qui le demande. On peut même demander à Dieu de nous donner d'aimer la personne qui nous est le plus antipathique, et avoir des surprises décoiffantes...
la tentation n'est pas un péché, le péché commence quand on y donne son consentement, quand on se délecte à l'idée présentée dans la tentation. Même si la tentation se représente après avoir été repoussée, on doit rester ferme. Repousser une tentation, lui refuser notre consentement est une victoire et finalement le Tentateur peut être pris à son propre piège parce que c'est une victoire relativement facile : il ne s'agit pas de résoudre le problème de la faim dans le monde, du conflit israélo-palestinien ou du cancer, mais seulement de rester ferme. C'est à chaque fois, un effort relativement faible et aussi une grande victoire.
Cependant, la règle d'or du combat spirituel est très simple :
la tentation a d'autant moins de prise sur nous que nous réalisons profondément dans nos vie l'amour qui vient de Dieu. Nous la repoussons moins en la prenant frontalement qu'en nous montrant indisponible pour elle, déjà trop occupés à réaliser l'oeuvre de Dieu qu'est l'amour..
Dans le cas du mariage, il faut se souvenir qu'il est un sacrement, c'est-à-dire qu'il est dans nos vie une source par laquelle Dieu se donne à nous. Dans chaque mariage, il y a Dieu qui est là, présent, disponible, prêt à irriguer la relation, à la fertiliser, à faire croître l'amour conjugal.
Pour repousser les tentations adultères, peut-être faut-il prier Dieu de faire grandir l'amour que l'on a pour son conjoint. Et c'est une prière qui est toujours exaucée, Dieu donne toujours d'aimer à celui qui le demande. On peut même demander à Dieu de nous donner d'aimer la personne qui nous est le plus antipathique, et avoir des surprises décoiffantes...
Dernière modification par Charles le lun. 09 juin 2008, 20:55, modifié 1 fois.
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
..je ne suis pas marié, mais bon ça n'empêche pas de se poser déjà des questions, et donc - et ça n'est pas seulement "mon" avis, certains pères s'exprimant sur le sujet le disent :
il faut bien distinguer entre "être ému(e) par" et "aimer" et "rêver à".
Être ému par quelqu'un qui ne soit pas notre époux/épouse, c'est normal ; humain ; et ce n'est pas un choix, ça vient comme ça ; c'est comme "être amoureux", d'ailleurs. ça va, ça vient...
"Rêver à", c'est déjà différent : cela suppose que l'on ne laisse pas juste passer une pensée, un sentiment, comme ça, qui prend forme et s'envole, mais qu'on le retient, qu'on s'y arrête, qu'on s'y attarde, qu'on se plaît à imaginer ce qu'il en résulterait... ...ne serait-ce qu'en pensée, et là ce n'est déjà plus de la tentation mais de l'adultère "dans son cœur", me semble-t-il.
En parler à un père, ou mère spirituelle, ou confesseur, aiderait sans doute beaucoup à travailler son discernement.
il faut bien distinguer entre "être ému(e) par" et "aimer" et "rêver à".
Être ému par quelqu'un qui ne soit pas notre époux/épouse, c'est normal ; humain ; et ce n'est pas un choix, ça vient comme ça ; c'est comme "être amoureux", d'ailleurs. ça va, ça vient...
"Rêver à", c'est déjà différent : cela suppose que l'on ne laisse pas juste passer une pensée, un sentiment, comme ça, qui prend forme et s'envole, mais qu'on le retient, qu'on s'y arrête, qu'on s'y attarde, qu'on se plaît à imaginer ce qu'il en résulterait... ...ne serait-ce qu'en pensée, et là ce n'est déjà plus de la tentation mais de l'adultère "dans son cœur", me semble-t-il.
En parler à un père, ou mère spirituelle, ou confesseur, aiderait sans doute beaucoup à travailler son discernement.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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christelle
- Quæstor

- Messages : 217
- Inscription : lun. 09 juin 2008, 15:08
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
et surtout meme dans l'adultère le lien du mariage suplante meme ce "péché". Clairement dit on ne dissout pas un mariage pour adultère.
je crois qu'il ne faut pas que tu en fasses une obsession surtout. Parceque tu seras toujours tenté, si tu pretes trop attention ou considère trop cette tentation le risque est d'en faire une obsession.
je crois qu'il ne faut pas que tu en fasses une obsession surtout. Parceque tu seras toujours tenté, si tu pretes trop attention ou considère trop cette tentation le risque est d'en faire une obsession.
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Jean Dendor
- Ædilis

- Messages : 21
- Inscription : lun. 19 mai 2008, 13:43
- Localisation : FRANCE (80)
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonsoir,
Dans ce genre de situation il faut se poser quelques questions :
1) Est-ce que le rêve est érotique ? Si non, le rêve n'est pas "adultère".
Si la réponse est oui. Il faut déterminer les causes de cet état.
2) Est-ce une personne que l'on voit de façon régulière (travail, trajet, amical, familiale...) ?
3) Quel est la teneur des conversations ? Strictement professionnelles, banales...ou grivoises ?
4) Dans quel état émotionnel se trouve-t-on lorsque l'on est à proximité de cette personne ?
5) Les regards échangées sont-ils appuyés ? Y a-t-il des contacts de main à main, sur l'avant-bras ou sur l'épaule pendant les conversations comme pour attirer l'attention de l'autre ?
6) Est-ce qu'il y a une comparaison entre cette personne et le conjoint ou la conjointe ?
Cette liste n'est pas exhaustive mais le but est de cerner le problème. Selon les réponses il faudra peur-être changer de comportement pour éviter les "ouvertures" même inconscientes.
Il faut aller se confesser, prier la Sainte Vierge et Saint Joseph (terreur des démons), une prière à Saint Michel Archange, ou aux Patrons des conjoints et de la famille, pour demander entre autre de faire de bons rêves !
Comme Saint-Pierre le dit le démon cherche sans repos sa proie et tente par tous les moyens de nous faire plonger dans le péché. Comme le dit Charles la tentation n'est pas le péché. Tant que nous sommes sur terre, il n'y aura pas de repos pour nous car ici c'est le lieu de l'épreuve.
Mais lorsqu'une personne pêche, elle ne doit pas se décourager, mais se repentir et aller se confesser. Il ne faut pas être trop dure avec soi-même à la moindre chute, pendant son chemin de croix le Seigneur Jésus est tombé 3 fois mais il s'est toujours relevé pour aller au Père qui est aussi notre Père. Saint Paul dans l'Epître aux Romains 5,20 :" là où le péché a abondé, la grâce a surabonder".
Sans être laxiste, il faut d'une certaine façon se pardonner aussi à soi-même car si à la moindre faute on se dit que Dieu ne peut pas nous pardonner , s'est faire injure à son Grandeur, à son Amour qui est infini "Je veux l'amour non le sacrifice". Et avec cette attitude nous risquons de l'être aussi avec les fautes des autres car la dureté de coeur, même si s'est envers soi-même, le devient aussi envers les autres. "Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde".
Tout ce que Dieu nous demande c'est notre bonne volonté à faire la Sienne et par amour pour Lui. Dieu ne nous tente pas au-dessus de nos forces, alors courage car Jésus a vaincu le monde.
Dans ce genre de situation il faut se poser quelques questions :
1) Est-ce que le rêve est érotique ? Si non, le rêve n'est pas "adultère".
Si la réponse est oui. Il faut déterminer les causes de cet état.
2) Est-ce une personne que l'on voit de façon régulière (travail, trajet, amical, familiale...) ?
3) Quel est la teneur des conversations ? Strictement professionnelles, banales...ou grivoises ?
4) Dans quel état émotionnel se trouve-t-on lorsque l'on est à proximité de cette personne ?
5) Les regards échangées sont-ils appuyés ? Y a-t-il des contacts de main à main, sur l'avant-bras ou sur l'épaule pendant les conversations comme pour attirer l'attention de l'autre ?
6) Est-ce qu'il y a une comparaison entre cette personne et le conjoint ou la conjointe ?
Cette liste n'est pas exhaustive mais le but est de cerner le problème. Selon les réponses il faudra peur-être changer de comportement pour éviter les "ouvertures" même inconscientes.
Il faut aller se confesser, prier la Sainte Vierge et Saint Joseph (terreur des démons), une prière à Saint Michel Archange, ou aux Patrons des conjoints et de la famille, pour demander entre autre de faire de bons rêves !
Comme Saint-Pierre le dit le démon cherche sans repos sa proie et tente par tous les moyens de nous faire plonger dans le péché. Comme le dit Charles la tentation n'est pas le péché. Tant que nous sommes sur terre, il n'y aura pas de repos pour nous car ici c'est le lieu de l'épreuve.
Mais lorsqu'une personne pêche, elle ne doit pas se décourager, mais se repentir et aller se confesser. Il ne faut pas être trop dure avec soi-même à la moindre chute, pendant son chemin de croix le Seigneur Jésus est tombé 3 fois mais il s'est toujours relevé pour aller au Père qui est aussi notre Père. Saint Paul dans l'Epître aux Romains 5,20 :" là où le péché a abondé, la grâce a surabonder".
Sans être laxiste, il faut d'une certaine façon se pardonner aussi à soi-même car si à la moindre faute on se dit que Dieu ne peut pas nous pardonner , s'est faire injure à son Grandeur, à son Amour qui est infini "Je veux l'amour non le sacrifice". Et avec cette attitude nous risquons de l'être aussi avec les fautes des autres car la dureté de coeur, même si s'est envers soi-même, le devient aussi envers les autres. "Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde".
Tout ce que Dieu nous demande c'est notre bonne volonté à faire la Sienne et par amour pour Lui. Dieu ne nous tente pas au-dessus de nos forces, alors courage car Jésus a vaincu le monde.
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
C'est peut-être le plus grave... car cela montre un manque d'amour envers le conjoint qui prend des racine assez profondes. Comparer le conjoint c'est, avant même de savoir avec qui on le compare, ignorer sa dimension de personne. Si l'on compare, c'est que l'on a pas encore compris que la personne est incomparable, que sa richesse est inépuisable.Jean Dendor a écrit :Est-ce qu'il y a une comparaison entre cette personne et le conjoint ou la conjointe ?
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Philon
- Barbarus

Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonsoir aux frères et soeur dans le Christ,
merci pour vos réponses précises et complexes autant que sages.
La comparaison, je le sens, est impossible, entre un "rêve" qui est ma production (donc un acte d'autocontemplation) et la personne dont je partage l'existence, qui a choisi de vivre avec moi, envers qui je me suis engagée devant Dieu.
Bien sûr, nous avons tendance parfois à préférer nos "egos" et leurs fantaisies à la réalité, c'est humain. Nous savons cependant que c'est une erreur et que l'amour nous est donné par Dieu. C'est pourquoi nous avons besoin d'une éducation, d'une main tendue (celle de Dieu) et de sacrements qui nous élèvent au dessus de nos egocentrismes.
Je vais prier aussi beaucoup et demander l'aide d'un prêtre.
"Dieu ne nous tente pas au-dessus de nos forces",quelle belle phrase ! Elle me rend la confiance.
Bonne nuit à tous et encore merci.
Philon
merci pour vos réponses précises et complexes autant que sages.
La comparaison, je le sens, est impossible, entre un "rêve" qui est ma production (donc un acte d'autocontemplation) et la personne dont je partage l'existence, qui a choisi de vivre avec moi, envers qui je me suis engagée devant Dieu.
Bien sûr, nous avons tendance parfois à préférer nos "egos" et leurs fantaisies à la réalité, c'est humain. Nous savons cependant que c'est une erreur et que l'amour nous est donné par Dieu. C'est pourquoi nous avons besoin d'une éducation, d'une main tendue (celle de Dieu) et de sacrements qui nous élèvent au dessus de nos egocentrismes.
Je vais prier aussi beaucoup et demander l'aide d'un prêtre.
"Dieu ne nous tente pas au-dessus de nos forces",quelle belle phrase ! Elle me rend la confiance.
Bonne nuit à tous et encore merci.
Philon
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christelle
- Quæstor

- Messages : 217
- Inscription : lun. 09 juin 2008, 15:08
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
J'ai trouvé la réponse de Charles très riche
La comparaison est souvent horrible à suporter.
Qu'est ce qu'elle a de mieux que moi, qu'est ce qu'il a de mieux que moi ? ce sont souvent des questions qu'on se pose, mais horrible à la fois.
La comparaison est souvent horrible à suporter.
Qu'est ce qu'elle a de mieux que moi, qu'est ce qu'il a de mieux que moi ? ce sont souvent des questions qu'on se pose, mais horrible à la fois.
Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Tout le monde a fort bien répondu, et fait le tour détaillé de toutes les "failles du système".
Toutefois, il reste une petite ouverture qui n'a pas été explorée. St Jean de la Croix disait pour une toute autre raison plus mystique, que "c'est en vain qu'on jette les rets au devant de ceux qui ont des ailes". Et dans les réponses, j'ai vu bien des choses interessantes, mais personne n'a indiqué clairement (à part par la prière et les sacrements) comment y échapper d'une "manière humaine". En d'autres termes , comment empêcher notre "imagination de vagabonder". Car si elle vagabonde, (même si nous en connaissons, ou croyons connaitre, les raisons profondes), notre raisonnement et nos bonnes résolutions ne pourront la freiner. "Savoir" n'est pas "pouvoir".
J'ai en réserve une petite anecdote, presqu'une parabole, qui m'est survenue il y a une quinzaines d'années. J'avais monté à l'époque, un cheval fougueux au caractère assez sauvage qui refusait de se laisser maitriser par qui que ce soit. Après quelques rodéos presque humoristiques, ma monture est partie au triple galop dans les grandes prairies qui entouraient le vaste domaine. Constatant que frère cheval avait du " caractère", je l'ai laissé se dépenser sans compter, jusqu'au moment où...il a commencé à fatiguer. C'est là que je suis intervenu et l'ai forcé à galoper encore plus vite. Il devait lutter entre sa fatigue, et mon désir tenace de vitesse. Finalement, il s'est laissé faire, et lorsque j'ai compris qu'il devenait plus docile (et pour cause), nous sommes tranquilement rentré au pas.
Je pense qu'avec l'imagination nous pouvons agir de la sorte. S'emballe t'elle ? Ce n'est pas grave, laissons là courrir et voler librement. C'est en vain que nous lui jetterions les filets de notre raisonnement. Mais lorsqu'elle poursuit sa route jusqu'à son aboutissement, au contraire "poussons là" à aller plus loin, en contemplant intérieurement les scènes futures de nos responsabilités. L'imagination nous a t'elle portée à l'adultère ? sachons regarder le divorce qui suit, le mari détruit dans son âme et les enfants qui pleurent. Sachons regarder (toujours avec les yeux de l'imagination) les "ruines funestes " que nous aurions semés autour de nous, si nous passions à l'acte. Ainsi, les "conséquences" intègrent le fantasme qui s'annule de lui-même puisqu'il ne trouve plus d'objet de désir pour sa propre contemplation. Le Fantasme n'est pas refoulé, bien au contraire, il est sublimé, et par là même: "détruit" jusqu'à sa racine, nous laissant une odeur mentale de dégoût pour l'idée elle même.
Fraternellement
Séraphin
Toutefois, il reste une petite ouverture qui n'a pas été explorée. St Jean de la Croix disait pour une toute autre raison plus mystique, que "c'est en vain qu'on jette les rets au devant de ceux qui ont des ailes". Et dans les réponses, j'ai vu bien des choses interessantes, mais personne n'a indiqué clairement (à part par la prière et les sacrements) comment y échapper d'une "manière humaine". En d'autres termes , comment empêcher notre "imagination de vagabonder". Car si elle vagabonde, (même si nous en connaissons, ou croyons connaitre, les raisons profondes), notre raisonnement et nos bonnes résolutions ne pourront la freiner. "Savoir" n'est pas "pouvoir".
J'ai en réserve une petite anecdote, presqu'une parabole, qui m'est survenue il y a une quinzaines d'années. J'avais monté à l'époque, un cheval fougueux au caractère assez sauvage qui refusait de se laisser maitriser par qui que ce soit. Après quelques rodéos presque humoristiques, ma monture est partie au triple galop dans les grandes prairies qui entouraient le vaste domaine. Constatant que frère cheval avait du " caractère", je l'ai laissé se dépenser sans compter, jusqu'au moment où...il a commencé à fatiguer. C'est là que je suis intervenu et l'ai forcé à galoper encore plus vite. Il devait lutter entre sa fatigue, et mon désir tenace de vitesse. Finalement, il s'est laissé faire, et lorsque j'ai compris qu'il devenait plus docile (et pour cause), nous sommes tranquilement rentré au pas.
Je pense qu'avec l'imagination nous pouvons agir de la sorte. S'emballe t'elle ? Ce n'est pas grave, laissons là courrir et voler librement. C'est en vain que nous lui jetterions les filets de notre raisonnement. Mais lorsqu'elle poursuit sa route jusqu'à son aboutissement, au contraire "poussons là" à aller plus loin, en contemplant intérieurement les scènes futures de nos responsabilités. L'imagination nous a t'elle portée à l'adultère ? sachons regarder le divorce qui suit, le mari détruit dans son âme et les enfants qui pleurent. Sachons regarder (toujours avec les yeux de l'imagination) les "ruines funestes " que nous aurions semés autour de nous, si nous passions à l'acte. Ainsi, les "conséquences" intègrent le fantasme qui s'annule de lui-même puisqu'il ne trouve plus d'objet de désir pour sa propre contemplation. Le Fantasme n'est pas refoulé, bien au contraire, il est sublimé, et par là même: "détruit" jusqu'à sa racine, nous laissant une odeur mentale de dégoût pour l'idée elle même.
Fraternellement
Séraphin
Et toi fils d'homme, j'ai fait de toi un guetteur pour la maison d' Israël; lorsque tu entendras de ma bouche une parole, tu les avertiras de ma part. (Ezech. 33)
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonsoir,
merci beaucoup Séraphin pour ce "tuyau" très pragmatique et réaliste : freiner (et parfois stopper net) les méfaits d'une imagination débordante en "visualisant" les conséquences m'a souvent évité des chûtes catastrophiques. Pour "dédramatiser" et oublier plus rapidement telle ou telle tentation de sensualité (s'attarder trop longtemps sur la grâce d'un visage, faute pas toujours si grave quand on est de nature à contempler la beauté) j'arrive pour ma part à "retourner la situation" par un "Merci Seigneur ! pour la splendeur
de tes créatures, tant de poésie répandue dans la lumière, les sourires, la grâce de tel geste, oui Merci mon Dieu !" j'évite ainsi de me renfrogner et de "faire la gueule" en soupirant un "que de tentations, c'est trop dur ce que Tu demandes !"
Je précise que ce type de louange me vient quand il n'y a pas de pensées à caractère érotique, là il faut être conscient du danger et éviter de...tenter le Diable en préférant la fuite !
Cordialement dans le Christ
La Beauté est un pressentiment du Ciel (Saint Odon de Cluny)
merci beaucoup Séraphin pour ce "tuyau" très pragmatique et réaliste : freiner (et parfois stopper net) les méfaits d'une imagination débordante en "visualisant" les conséquences m'a souvent évité des chûtes catastrophiques. Pour "dédramatiser" et oublier plus rapidement telle ou telle tentation de sensualité (s'attarder trop longtemps sur la grâce d'un visage, faute pas toujours si grave quand on est de nature à contempler la beauté) j'arrive pour ma part à "retourner la situation" par un "Merci Seigneur ! pour la splendeur
de tes créatures, tant de poésie répandue dans la lumière, les sourires, la grâce de tel geste, oui Merci mon Dieu !" j'évite ainsi de me renfrogner et de "faire la gueule" en soupirant un "que de tentations, c'est trop dur ce que Tu demandes !"
Je précise que ce type de louange me vient quand il n'y a pas de pensées à caractère érotique, là il faut être conscient du danger et éviter de...tenter le Diable en préférant la fuite !
Cordialement dans le Christ
La Beauté est un pressentiment du Ciel (Saint Odon de Cluny)
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Bonjour,
La parade proposée est certainement intéressante et efficace. Elle présente, me semble-t-il, un gros défaut : c'est qu'au final, on s'en sort tout seul.
Or, si Dieu nous tente, ce n'est pas pour que nous nous en sortions tout seul, c'est pour que nous nous tournions vers lui.
Ce qui n'enlève pas sa valeur et son efficacité à cette méthode. Mais si l'on s'en tient à cela, notre vertu d'en trouvera sans doute grandie, mais notre foi, notre espérance et notre charité n'en aurons tiré aucun profit.
D'autant qu'il est louable de se représenter les dégâts qui résulteraient du fait de céder à la tentation. Mais ce faisant, et ne faisant que cela, il s'ensuit que l'on en reste à la condition de l'esclave.
Ceci dit en référence à cet admirable mot de S. Basile le Grand, qui distinguait trois attitudes de l'esprit susceptibles de nous amener à faire le bien et à lutter contre le mal :
1) La peur des conséquences, de l'enfer > la disposition de l'esclave ;
2) L'attrait de la récompense, du gain résultant du fait de faire le bien > la disposition du mercenaire ;
3) L'amour pour Dieu > la disposition de l'enfant, du fils, de l'ami.
Inutile de préciser, je pense, à quelle disposition nous sommes appelés.
C'est un travers très actuel aujourd'hui dans l'Eglise, je trouve : la contamination de l'aspiration au développement personnel. Certes, suivre le Christ est la voie la plus haute et la plus parfaite pour parvenir au plein développement personnel. Mais si c'est là que gît la motivation, nous en restons à la disposition du mercenaire. Nous restons centrés sur nous même.
M'avais marqué cette simple phrase opposée par une fillette qui allait ensuite se faire violer et tuer, avant d'être canonisée : aux avances de son agresseur, elle répondit : "Non, Dieu ne veut pas". Tout est dans cette réponse admirable : Dieu ne veut pas, donc je ne veux pas. Non pas ma volonté, mais Ta volonté.
Ne l'oublions pas : la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse ! Non pas, certes, avoir peur de Dieu, mais simplement avoir la crainte de déplaire à Dieu, pour une seule et unique raison (la seule qui vaille et qui ne passera jamais) : l'amour.
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La parade proposée est certainement intéressante et efficace. Elle présente, me semble-t-il, un gros défaut : c'est qu'au final, on s'en sort tout seul.
Or, si Dieu nous tente, ce n'est pas pour que nous nous en sortions tout seul, c'est pour que nous nous tournions vers lui.
Ce qui n'enlève pas sa valeur et son efficacité à cette méthode. Mais si l'on s'en tient à cela, notre vertu d'en trouvera sans doute grandie, mais notre foi, notre espérance et notre charité n'en aurons tiré aucun profit.
D'autant qu'il est louable de se représenter les dégâts qui résulteraient du fait de céder à la tentation. Mais ce faisant, et ne faisant que cela, il s'ensuit que l'on en reste à la condition de l'esclave.
Ceci dit en référence à cet admirable mot de S. Basile le Grand, qui distinguait trois attitudes de l'esprit susceptibles de nous amener à faire le bien et à lutter contre le mal :
1) La peur des conséquences, de l'enfer > la disposition de l'esclave ;
2) L'attrait de la récompense, du gain résultant du fait de faire le bien > la disposition du mercenaire ;
3) L'amour pour Dieu > la disposition de l'enfant, du fils, de l'ami.
Inutile de préciser, je pense, à quelle disposition nous sommes appelés.
C'est un travers très actuel aujourd'hui dans l'Eglise, je trouve : la contamination de l'aspiration au développement personnel. Certes, suivre le Christ est la voie la plus haute et la plus parfaite pour parvenir au plein développement personnel. Mais si c'est là que gît la motivation, nous en restons à la disposition du mercenaire. Nous restons centrés sur nous même.
M'avais marqué cette simple phrase opposée par une fillette qui allait ensuite se faire violer et tuer, avant d'être canonisée : aux avances de son agresseur, elle répondit : "Non, Dieu ne veut pas". Tout est dans cette réponse admirable : Dieu ne veut pas, donc je ne veux pas. Non pas ma volonté, mais Ta volonté.
Ne l'oublions pas : la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse ! Non pas, certes, avoir peur de Dieu, mais simplement avoir la crainte de déplaire à Dieu, pour une seule et unique raison (la seule qui vaille et qui ne passera jamais) : l'amour.
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
- Christophe
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Dieu ne tente pas, Il éprouve. C'est le tentateur qui tente...Olivier JC a écrit :Or, si Dieu nous tente, ce n'est pas pour que nous nous en sortions tout seul, c'est pour que nous nous tournions vers lui.
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
- Olivier JC
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Certes. Mais je ne sache pas que le tentateur puisse tenter quiconque si Dieu ne le laisse pas faire.Christophe a écrit :Dieu ne tente pas, Il éprouve. C'est le tentateur qui tente...Olivier JC a écrit :Or, si Dieu nous tente, ce n'est pas pour que nous nous en sortions tout seul, c'est pour que nous nous tournions vers lui.
Et plus encore, si l'on accepte - ce qui est mon cas - la théologie du Docteur Angélique, et plus particulièrement ce qui concerne le mode de connaissance des créatures spirituelles... bien forcé de conclure que ce que le tentateur sait et va utiliser pour nous tenter, il le sait... parce que Dieu lui a donné de le savoir.
Alors bon... tenter ou éprouver, c'est une question de vocabulaire... Dans un cas, on s'arrête à la cause seconde, dans l'autre on remonte à la cause première. Mais dans les deux cas, c'est kif kif.
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Le Dr Angélique...Olivier JC a écrit :
Et plus encore, si l'on accepte - ce qui est mon cas - la théologie du Docteur Angélique, et plus particulièrement ce qui concerne le mode de connaissance des créatures spirituelles...
Qui est-il? Que fait-il? Ou, comme on dit ici: que mange-t-il en hiver?
Sérieusement, j'aimerais en savoir plus!
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
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- Hélène
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Re: "Ne nous soumets pas à la tentation"
Dr Angélique = Saint Thomas d'Aquin.AnneT a écrit :Le Dr Angélique...
Qui est-il? Que fait-il? Ou, comme on dit ici: que mange-t-il en hiver?![]()
Sérieusement, j'aimerais en savoir plus!
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