En résumé : un CES rénové, représentant ce que la doctrine sociale de l'Église (DSE) appelle (de façon impropre, à mon avis) les "corps intermédiaires" serait l'institution maîtresse d'une authentique démocratie sociale (par opposition à la démocratie libérale, fondamentalement individualiste).Benjamin Guillemaind a écrit :7. Une réforme de nos institutions parlementaires
Nous mettons en cause également la conception de la démocratie fondée sur les partis. Le Compendium, s'il n'exclut pas les partis dans le contexte actuel, est très réservé à leur égard : "La démocratie est un système et non une fin" (407), "L'adhésion à un parti ne sera jamais idéologique mais toujours critique" (573).
Pour sortir de cette opposition infernale entre une droite et une gauche qui ne reflètent pas le pays réel et redonner à "la société civile organisée à travers ses structures intermédiaires" (356) une place prépondérante, l'Alliance Sociale préconise une réforme parlementaire dans l'esprit des États Généraux, c'est-à-dire une représentation organique des corps intermédiaires, composés de familles, de métiers, d'écoles et universités, de communes, de régions, d'associations... dont les délégués disposent d'un mandat impératif, c'est-à-dire munis d'un pouvoir de négocier des lois qui protègent leurs mandants.
Le rôle du pouvoir politique, qui est distinct de la société civile, consiste à maintenir l'harmonie, à préserver le Bien Commun, à garantir la justice entre ces corps intermédiaires et à les protéger vis-à-vis de l'extérieur.
Je complète cette première intervention par un extrait du livre Les Silences de la Doctrine sociale catholique de Jean-Yves Calvez sur la prise de décision "par consensus" :
En résumé : pour lutter contre la tyrannie de la majorité, l'octroi d'un "droit de veto" aux minorités doit permettre de déboucher sur des décisions consensuelles, acceptables par tous.Jean-Yves Calvez a écrit :Dernier point : même dans la démocratie plus développée, reposant sur plus de confiance entre les citoyens, sur davantage de communauté dans la vérité (dans un certain lot de vérités), il faut souvent préférer à la décision majoritaire la décision "par consensus". J'emploie cette fois le mot en un sens relativement technique, pour signifier la procédure souvent employée dans les organisations internationales, surtout dans leurs commissions. Le président, chargé de mener la délibération, s'efforce d'éviter qu'une majorité tranche, voire brutalise, laissant de côté les minorités, éventuellement insatisfaites, il travaille plutôt à faciliter le compromis. Quand il pense que sur telle ou telle formule les points de vue ont déjà été suffisamment rapprochés, il ne demande pas qui s'y retrouve tout à fait et pleinement, mais s'il y a encore quelqu'un qui mettrait un veto absolu, qui ne pourrait vivre d'aucune façon avec la solution proposée. S'il en est encore, on reprend l'effort pour tenir compte de ce qui ne peut vraiment pas être abandonné par tel ou tel (ou tels ou tels). On recommence, autant de fois qu'il est nécessaire. Vient le moment où la proposition est non-opposed, nul ne dit plus qu'il ne peut d'aucune manière vivre avec elle. Il est bon que, du moins pour des questions graves, pouvant mettre en cause la conscience, on procède ainsi dans les commissions parlementaires, voire dans les parlements, en définitive entre tous les hommes. Et l'Eglise devrait, je pense, favoriser de tels développements, non comme un pis-aller, mais comme l'une des meilleures règles de la démocratie, démocratie assurément concrète, telle qu'elle est instituable en pratique.
PaX
Christophe
