Mariage et sainteté

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Shane
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Mariage et sainteté

Message non lu par Shane »

Bonjour,

Visiblement, je suis dans le faux en pensant ceci :

Être Saint, c'est se donner entièrement et être pur. Comment peut-on être totalement pur et se vouer à la sainteté si on a des rapports sexuels avec son conjoint, dans le cadre du mariage. Être Saint, c'est se donner entièrement à Dieu, en tout cas, c'est ma vision. Je croyais qu'être sur le chemin de la Sainteté, c'était de tout abandonner au service de Dieu. A mon sens c'est hypocrite alors que de tolérer les impuretés pour arriver à la Sainteté. Ce n'est plus être saint. C'est une approche. On est parfaitement parfait ou pas du tout. Le but n'est pas de tout se permettre non plus au final parce qu'on est impur, mais d'arriver devant la face de Dieu sans être trop "sale". Si quelqu'un pouvait m'expliquer (sans jugement de valeur) :)
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Christophe
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Re: Sainteté et mariage

Message non lu par Christophe »

Bonne fête de l'Ascension, Mérovingienne ! :fleur:

Permettez-moi de repartir de votre message initial, publié dans un autre fil :
Mérovingienne, [url=http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=48947#p48947]dans un autre fil[/url], a écrit :PS: Je ne peux devenir Sainte. Parce que si je fais le choix d'aller dans ce sens là, alors je me devrais d'être en totale perfection. Or, je suis mariée et j'ai un enfant. Je ne peux plus être parfaite. J'aurai dû être Vierge, non mariée et n'avoir jamais détourné mon regard de Dieu. Je suis assez manichéenne : c'est blanc ou noir. On est pur ou pas. Alors difficile, je donne ce que je peux. Ce que j'ai de plus précieux. C'est nul, je sais. :(
Ce message est intéressant, en ce qu'il véhicule plusieurs "idées fausses" que l'on entend couramment :
1) Sainteté et mariage seraient incompatibles
2) La sexualité, même dans le cadre du mariage, rend impure
3) Les saints sont des gens "parfaits", n'ayant jamais péchés

Chacune de ses trois idées mérite des développements que je vous apporterai (mais j'invite les autres intervenants à contribuer également) assez rapidement. :smart:

Que Dieu vous bénisse, chère Mérovingienne ! :)
Christophe
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Shane
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Re: Sainteté et mariage

Message non lu par Shane »

Bonjour Christophe !

Bonne fête à vous aussi :fleur: :)

C'est avec impatience que j'attends des réponses :oui:
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Christophe
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Re: Sainteté et mariage

Message non lu par Christophe »

Chère Mérovingienne ! :)

Je reprends les trois idées exprimées, et les mets en vis-à-vis de citations du Magistère.

1) Sainteté et mariage seraient incompatibles
Constitution dogmatique sur l'Eglise : Lumen Gentium, chapitre V : La vocation universelle à la sainteté dans l'Église
[+] Texte masqué
CHAPITRE V
LA VOCATION UNIVERSELLE À LA SAINTETÉ DANS L'ÉGLISE
Introduction

39. Cette Église, dont le saint Concile expose le mystère, la foi lui reconnaît une sainteté sans défaillance. En effet, le Christ, Fils de Dieu, qui avec le Père et le Saint-Esprit est proclamé "le seul Saint" (1), a aimé l'Eglise comme son épouse et s'est donné pour elle afin de la sanctifier (cf. Eph. 5, 25-26). Il l'a unie à lui comme son corps et l'a comblée du don de l'Esprit-Saint, pour la gloire de Dieu. Voilà pourquoi tous les membres de l'Église, tant ceux qui appartiennent à la hiérarchie que ceux qui sont dirigés par elle, sont appelés à la sainteté, selon l'expression de l'Apôtre: "La volonté de Dieu c'est votre sanctification" (I Thess. 4, 3; Eph. 1, 4). Cette sainteté de l'Église se manifeste constamment et doit se manifester par les richesses de la grâce que l'Esprit-Saint produit chez les fidèles; elle s'exprime différemment en chacun de ceux qui, dans la conduite de leur vie, parviennent, en édifiant le prochain, à la perfection de la charité; elle apparaît en quelque sorte proprement dans la pratique des conseils qu'on appelle d'ordinaire "évangéliques". Cette pratique des conseils, embrassée par beaucoup de chrétiens sous l'impulsion du Saint-Esprit, soit privément, soit dans une condition ou un état reconnus dans l'Église, porte et doit porter dans le monde un témoignage remarquable et un éclatant exemple de cette sainteté.

L'appel universel à la sainteté

40. Le Seigneur Jésus, Maître et Modèle divin de toute perfection, a prêché cette sainteté de la vie, dont lui-même est l'auteur et qu'il conduit à son achèvement, à tous et à chacun de ses disciples, quelle que soit sa condition: "Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait"(2) (Mt. 5, 48). En effet, il envoya à tous le Saint-Esprit qui les incite intérieurement à aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, de tout leur esprit et de toutes leurs forces (cf. Mc 12, 30), et à s'aimer les uns les autres comme le Christ les a aimés (cf. Jn 13, 34; 15, 12). Les adeptes du Christ, appelés par Dieu et justifiés en Jésus-Christ non à cause de leurs œuvres, mais selon le dessein et la grâce de Dieu, sont vraiment devenus, dans le baptême de la foi, fils de Dieu et participants de la nature divine et ont été, par conséquent, réellement sanctifiés. Ils doivent donc, avec l'aide de Dieu, maintenir et perfectionner dans leur vie cette sainteté qu'ils ont reçue. L'Apôtre les exhorte à vivre "comme il convient à des saints" (Eph. 5, 3), à se revêtir, "comme il convient à des élus de Dieu, saints et agréables, de sentiments de miséricorde, de bonté, d'humilité, de mansuétude et de patience" (Col. 3, 12), et à recueillir les fruits de l'Esprit en vue de leur sanctification (cf. Gal. 5, 22; Rom. 6, 22). Et puisque tous nous commettons bien des fautes (cf. Jac. 3, 2), nous avons continuellement besoin de la miséricorde de Dieu et devons demander chaque jour: "Remets-nous nos dettes" (3) (Mt. 6, 12).

Il est donc clair pour tous que chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité (4). Au reste, par une telle sainteté il contribue à rendre plus humaine la manière de vivre dans la société terrestre elle-même. A l'acquisition de cette perfection les fidèles emploieront leurs forces, salon la mesure du don du Christ; si bien que, suivant ses traces, devenus conformes à son image et soumis en tout à la volonté du Père, ils se consacreront de tout cœur à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu donnera des fruits abondants, comme la vie de tant de saints le manifeste excellemment dans l'histoire de l'Église.

La pratique multiforme de l'unique sainteté

41. En divers genres de vie et parmi des occupations différentes, c'est une unique sainteté que cultivent ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu; obéissant à la voix du Père et adorant le Père en esprit et en vérité, ils suivent le Christ pauvre, humble et chargé de la croix, pour mériter de participer à sa gloire. Chacun doit, selon ses capacités et sans aucune hésitation, s'engager dans la voie de la foi vive qui éveille l'espérance et opère par la charité.

A l'image du Grand-Prêtre éternel, pasteur et évêque de nos âmes, les pasteurs du troupeau du Christ doivent, avant toutes choses, accomplir leur ministère dans la sainteté, avec élan, humilité et courage. Un tel ministère ainsi rempli sera pour eux un moyen idéal de sanctification. Élus à la plénitude du sacerdoce, ils reçoivent une grâce sacramentelle qui leur permet d'exercer parfaitement le devoir de la charité pastorale par la prière, l'offrande du saint sacrifice et la prédication, par tout ce qui sollicite l'attention et requiert l'activité d'un évêque (5). Qu'ils ne craignent pas de donner leur propre vie pour les brebis et, se faisant les modèles de leur troupeau (cf. I Petr. 5, 3), qu'ils suscitent également par leur exemple, au sein de leur Eglise, une sainteté sans cesse grandissante.

A l'instar des évêques, dont ils forment la couronne spirituelle (6), et ayant part grâce au Christ, éternel et unique Médiateur, à la grâce que comporte la charge d'évêque, les prêtres doivent, par l'accomplissement quotidien de leur devoir, grandir dans l'amour de Dieu et du prochain, conserver intact le lien de la communion sacerdotale, abonder en toutes sortes de biens spirituels et donner à tous le vivant témoignage de Dieu (7); tels ces prêtres qui, au cours des siècles, dans un ministère souvent humble et obscur, ont laissé un magnifique exemple de sainteté, et dont l'Eglise de Dieu fait la louange. En s'acquittant du devoir de la prière et du saint sacrifice en faveur de leurs ouailles et pour toue le peuple de Dieu, en ayant conscience de ce qu'ils font et en imitant ce qu'ils touchent (8), loin d'être arrêtés par les soucis, les périls et les fatigues de l'apostolat, ils parviendront, au contraire, par ces moyens, à une haute sainteté, s'ils ont soin de nourrir et d'alimenter leur action aux sources inépuisables de la contemplation pour la joie de l'Eglise de Dieu tout entière. Tous les prêtres, et principalement ceux qui, d'après le titre spécial de leur ordination, sont appelés prêtres diocésains, se rappelleront combien la fidélité à leur évêque, leur généreuse coopération avec lui contribuent grandement à leur sanctification.

Cette mission et cette grâce du sacerdoce suprême, les ministres d'ordre inférieur et, en premier lieu, les diacres y participent également de façon particulière. Officiant aux mystères du Christ et de l'Église (9), ceux-ci doivent se maintenir purs de tout vice, plaire à Dieu et s'employer à toutes sortes de bonnes œuvres devant les hommes (cf. I Tim. 3, 8-10 et 12-13). Les clercs, appelés par le Seigneur, mis à part pour son service et qui se préparent sous la vigilance des pasteurs, à la charge de ministres sacrés, doivent conformer leurs esprits et leurs cœurs à une élection aussi sublime. Adonnés à l'oraison, fervents dans la charité, qu'ils soient attentifs à tout ce qui est vrai, juste et de bonne renommée, agissant uniquement pour la gloire et l'honneur de Dieu. A ces clercs il faut joindre les laïcs choisis par Dieu et que l'évêque invite à s'adonner plus complètement aux œuvres apostoliques et à travailler fructueusement dans la vigne du Seigneur (10).

Les époux et les parents chrétiens, engagés dans la voie qui leur est propre et fidèles à leur amour, doivent s'aider mutuellement dans la grâce durant toute leur vie. Les enfants, qu'ils ont généreusement acceptés de la main de Dieu, ils les élèveront dans la doctrine chrétienne et leur inculqueront le sens des vertus évangéliques. Ils offriront ainsi à tous l'exemple d'un amour inlassable et généreux, ils édifieront la communauté fraternelle de la charité et deviendront témoins et coopérateurs de la fécondité de la Mère Église, en signe et en participation de l'amour dont le Christ a aimé son Épouse, avec lequel il s'est livré pour elle (11). Un exemple analogue nous est encore proposé par les personnes veuves et les gens non mariés qui peuvent, eux aussi, contribuer notablement à la sainteté et à l'activité de l'Église. Quant à ceux qui se livrent à des travaux souvent pénibles, ils doivent par ces réalisations humaines se perfectionner, aider leurs concitoyens, améliorer les conditions sociales et celles de la création tout entière; et mieux encore, par une charité active, une joyeuse espérance, par le support mutuel des épreuves, imiter le Christ, lui dont les mains s'exercèrent aux travaux manuels et qui travaille continuellement avec le Père au salut de tous les hommes. Enfin, par leur travail de chaque jour, ils doivent s'élever à une plus haute sainteté qui fera d'eux aussi des apôtres.

Quant à ceux qui sont accablés par la pauvreté, la faiblesse, la maladie et l'adversité, ou qui souffrent persécution pour la justice, qu'ils se sachant unis de façon particulière au Christ souffrant pour le salut du monde. Le Seigneur dans son Évangile les a proclamés bienheureux et "le Dieu... de toute grâce, qui nous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ, après ces quelques souffrances, achèvera son œuvre, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables" (I Petr. 5, 10).

Tous les fidèles donc se sanctifieront davantage chaque jour dans leur condition, dans les devoirs de leur état ou les circonstances de leur vie et par tout ce dont nous venons de parler, à condition de tout accueillir avec foi de la main du Père céleste et de coopérer avec la volonté divine en manifestant à tous, dans l'accomplissement de leur tâche temporelle, la charité dont Dieu a aimé le monde.

Voie et moyens de la sainteté

42. "Dieu est amour; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui" (I Jn 4, 16). Or Dieu a répandu son amour dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné (cf. Rom. 5, 5); voilà pourquoi le don primordial et souverainement nécessaire est la charité, par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose et le prochain par amour pour lui. Mais pour que la charité, comme le bon grain, croisse et produise des fruits, chacun des fidèles doit s'ouvrir à la parole de Dieu et, avec l'aide de la grâce, accomplir effectivement la volonté divine, recevoir fréquemment les sacrements, surtout l'Eucharistie, et participer souvent aux célébrations liturgiques. Ils s'appliqueront constamment à la prière, à l'abnégation d'eux-mêmes, à servir assidûment leurs frères et à la pratique de toutes les vertus. La charité, en effet, en tant que lien de la perfection et accomplissement de la loi (cf. Col. 3. 14; Rom. 13, 10), règle, informe et conduit à leur fin tous les moyens de sanctification (12). Ainsi la charité envers Dieu et envers le prochain est-elle la marque distinctive qui caractérise le vrai disciple du Christ.

Jésus, le Fils de Dieu, a manifesté sa charité en offrant sa vie pour nous: nul donc n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour lui et pour ses frères (cf. I Jn 3, 16; Jn 15, 13). Dès l'origine, des chrétiens ont été appelés - et toujours certains le seront, - à rendre à la face de tous, et surtout des persécuteurs, ce suprême témoignage de l'amour. Aussi le martyre, où le disciple devient semblable au Maître, en acceptant volontiers la mort pour le salut du monde, où il lui devient conforme par l'effusion du sang, est-il estimé par l'Église comme une faveur du plus haut prix et la marque de la suprême charité. Et si ce privilège échoit au petit nombre, tous doivent cependant être prêts à confesser le Christ devant les hommes et à le suivre sur le chemin de la croix, dans les persécutions qui ne manquent jamais à l'Église.

Pareillement la sainteté de l'Église affectionne particulièrement les multiples conseils dont le Seigneur dans l'Évangile propose l'observance à ses disciples (13). En tête de ces conseils il faut placer le don précieux de la grâce, que le Père accorde à quelques-uns (cf. Mt. 19, 11; I Cor. 7, 7), de se consacrer à Dieu seul (14) par la virginité ou le célibat, avec un coeur plus facilement intègre (cf. I Cor. 7, 32-34). Cette parfaite continence en vue du Royaume des cieux, l'Eglise, qui en a toujours eu une très haute idée, la considère comme un signe et un stimulant de la charité et comme une source peu commune de fécondité spirituelle dans le monde.

L'Église se souvient aussi de l'avertissement de l'Apôtre invitant les fidèles à la charité, les exhortant à avoir en eux les mêmes sentiments qui furent en Jésus-Christ, lequel "s'est anéanti lui-même en prenant la nature d'esclave... en se faisant obéissant jusqu'à la mort (Phil. 2, 7-8), et pour nous "de riche qu'il était se fit pauvre" (II Cor. 8, 9). Cette charité et cette humilité du Christ ne peuvent en aucun moment se passer de l'imitation ou du témoignage qu'en donnent ses disciples. Notre Mère l'Église se réjouit donc de constater qu'en son sein beaucoup d'hommes et de femmes suivent de plus près cet anéantissement du Sauveur et le manifestent de façon plus éclatante en embrassant la pauvreté dans la liberté des fils de Dieu et en renonçant à leur propre volonté; en d'autres termes, que des chrétiens se soumettent à un homme pour l'amour de Dieu, en ce qui regarde la perfection, au-delà de l'étroite mesure du précepte, afin de se conformer davantage au Christ obéissant (15).

Tous les fidèles donc sont invités - et même tenus - à rechercher la sainteté et la perfection de leur état. A cette fin, qu'ils s'efforcent d'orienter leurs tendances dans la voie droite, de peur que l'usage des choses de ce monde et un attachement aux richesses contraire à l'esprit de la pauvreté évangélique n'entravent chez eux la poursuite de la charité parfaite. C'est ainsi en effet que l'Apôtre nous met en garde: Ceux qui usent de ce monde ne doivent pas s'y arrêter; car elle passe, la figure de ce monde (16) (Cf. I Cor. 7, 31 gr.).

2) La sexualité, même dans le cadre du mariage, serait source d'impureté
Catéchisme de l'Église catholique, paragraphes 2360 à 2363
[+] Texte masqué
III. L’amour des époux

2360 La sexualité est ordonnée à l’amour conjugal de l’homme et de la femme. Dans le mariage l’intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement.

2361 " La sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort " (FC 11) :
  • Tobie se leva du lit, et dit à Sara : " Debout, ma sœur ! Il faut prier tous deux, et recourir à notre Seigneur, pour obtenir sa grâce et sa protection ". Elle se leva et ils se mirent à prier pour obtenir d’être protégés, et il commença ainsi : " Tu es béni, Dieu de nos pères ... C’est toi qui a créé Adam, c’est toi qui a créé Eve sa femme, pour être son secours et son appui, et la race humaine est née de ces deux-là. C’est toi qui a dit : ‘Il ne faut pas que l’homme reste seul, faisons-lui une aide semblable à lui’. Et maintenant, ce n’est pas le plaisir que je cherche en prenant ma sœur, mais je le fais d’un cœur sincère. Daigne avoir pitié d’elle et de moi et nous mener ensemble à la vieillesse ! " Et ils dirent de concert : "Amen, amen ". Et ils se couchèrent pour la nuit (Tb 8, 4-9).
2362 " Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance " (GS 49, § 2). La sexualité est source de joie et de plaisir :
  • Le Créateur lui-même (...) a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération (Pie XII, discours 29 octobre 1951).
2363 Par l’union des époux se réalise la double fin du mariage : le bien des époux eux-mêmes et la transmission de la vie. On ne peut séparer ces deux significations ou valeurs du mariage sans altérer la vie spirituelle du couple ni compromettre les biens du mariage et l’avenir de la famille.

L’amour conjugal de l’homme et de la femme est ainsi placé sous la double exigence de la fidélité et de la fécondité.

3) Les saints seraient des gens "parfaits", n'ayant jamais péchés
Je ne connais pas de texte du Magistère sur la question, mais l'exemple de la vie de quelques saints est assez éclairante... Par contre, je vous propose la lecture d'un petit texte du Père Yves-Marie Blanchard, sur le site du diocèse de Poitiers, qui répond à la question Qu'est-ce qu'un saint ? Peut-être d'autres intervenants pourront-ils le compléter par d'autres sources.
[+] Texte masqué
Qu'est-ce qu'un saint ?
P. Yves-Marie Blanchard

Questions théologiques


1. Dans la tradition biblique, le titre "Saint" s'applique à Dieu seul, exclusivement de toute autre réalité. La sainteté constitue la qualité intrinsèque de Dieu ("Saint, saint, saint le Seigneur"), en tous points différent de l'homme. D'où une certaine confusion avec la notion de "sacré" et tout ce qu'elle implique de séparation (cf. le Saint des Saints du Temple de Jérusalem). De fait, les verbes "sanctifier" et "consacrer" paraissent souvent interchangeables.

2. Qualité propre à Dieu, la sainteté habite tout ce qui appartient à Dieu ; ainsi peut-on parler de Cité sainte, Nation sainte, Esprit saint… Naturellement, Jésus est le Saint par excellence. Dans la mesure où la communauté chrétienne participe de la vie du Ressuscité, elle est elle-même composée de saints. Habituellement au pluriel dans les épîtres de Paul, le mot "saints" désigne tous les baptisés, en tant que sanctifiés, c'est-à-dire associés à la divinité de Jésus à travers leur participation au mystère pascal.

3. Très tôt les martyrs se détachent de l'ensemble des chrétiens. Leur mort violente les associe plus que tous au mystère pascal de Jésus. Le titre de "saints" leur revient en priorité, au titre de leur communion au destin de Jésus. De fait, leurs reliques sont placées dans les autels et sont associées au mystère eucharistique. Bientôt d'autres héros de la foi, décédés de mort naturelle, bénéficient du même traitement. La notion d'exemplarité s'impose peu à peu : les saints constituent des modèles proposés à l'imitation des fidèles.

4. Initialement, la reconnaissance des saints procède du peuple chrétien (acclamation par la communauté, désignation par l'évêque). Mais, très vite, les excès de l'engouement populaire appellent des régulations quasi juridiques, tant en Orient qu'en Occident. On parle alors d'une véritable homologation (canonisation) qui, dans l'Eglise catholique, prend la forme d'un "procès" (avocat du diable, défenseur de la cause). Mais, au-delà de la décision ecclésiale, subsiste l'idée que la sainteté est un don de Dieu à son Eglise, pour la soutenir et l'inspirer dans sa vie sur la terre (d'où la requête de miracles, censés manifester le consentement divin).

5. Très différents selon leur personnalité, leur époque, leur milieu culturel, leur situation sociale et ecclésiale, leur type de spiritualité, les saints ont en commun d'avoir vécu leur foi avec une radicalité et une intensité peu communes. Souvent leur témoignage ou leur mode de vie ont exercé une influence durable longtemps après leur mort. Cela ne veut pas dire qu'ils soient parfaits ou exempts de toute faiblesse humaine : ils n'en sont pas moins admirables par leur fidélité, au moins à tel ou tel aspect de l'évangile. Ils associent souvent un enracinement historique très fort (donc inimitable) et une intuition évangélique, plus essentielle que les conditionnements socio-historiques.

6. Figures exemplaires de la "communion des saints", les bienheureux reconnus et les saints canonisés sont forcément présents à la prière de l'Eglise. Cela ne veut pas dire qu'il faille les transformer en intercesseurs tout-puissants, au détriment de la foi en l'unique médiation, celle du Christ notre frère en humanité et le seul Saint au sens fort du terme (condition même de Dieu). Essentielle à la vie de l'Eglise, la mémoire des saints ne doit pas dégénérer en culte idolâtrique : le dialogue œcuménique a le mérite de nous le rappeler.

7. Comme toute la réalité chrétienne, les saints participent à la fois de la sainteté divine immuable et de la relativité des contingences historiques. Non seulement leur propre existence mais le fait de leur canonisation s'inscrivent dans le temps. Ils ne sont jamais que quelques figures exemplaires, émergeant de la foule anonyme des baptisés fidèles à l'évangile (fête de la Toussaint).

(janvier 2004)

Vous voyez : ne désespérez pas, l'appel à la sanctification vous est encore adressé !!! :-D

PaX
Christophe
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Shane
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Re: Sainteté et mariage

Message non lu par Shane »

Bonjour !

Je prendrai le temps de lire cette après-midi, et vous remercie :) Si question, je viendrai bien entendu les poser, mais visiblement les textes ont l'air suffisament clairs.
Vous voyez : ne désespérez pas, l'appel à la sanctification vous est encore adressé !!!
:saint: En même temps, si ce point est résolu, ce n'est pas chose aisée que de le devenir, beaucoup, beaucoup d'effort à donner.

N'ayant pas encore lu ma question est peut-être mal-venue, mais j'ai un autre souci qui se pose face au chemin de la sainteté.

Je sais que la mal peut prendre possession d'un corps. Quelles sont ses victimes ? Celles qui vont vers le chemin de la sainteté ? Parce que son but est bien d'éloigner les âmes de Dieu ? Mais en même temps se rapprocher de Dieu c'est être plus fort ? Je me souviens avoir lu aussi dans les évangiles que NSJC disait que si l'on suivait ce chemin, il ne fallait surtout pas arrêter, sinon on serait pire qu'avant dans nos comportements. Alors entre les griffes du mal et un chemin très dur qui risque d'amener à être encore plus mauvais si on abandonne pour X raisons... :/ :(

Edition : j'ai lu et j'ai parfaitement compris. Je vous remercie encore Christophe de m'avoir ouvert la porte de la Vérité :fleur:

Que Dieu vous bénisse.
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ti'hamo
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Re: Sainteté et mariage

Message non lu par ti'hamo »

Je dirais :
-> qu'avant de s'inquiéter de la possession diabolique des corps, commençons déjà par nous soucier tout bêtement des petits liens quotidiens qu'il nous tisse mine de rien pour nous rattacher l'âme loin de Dieu. Avant de se demander "risqué-je d'être possédé par Satan ?", demandons nous "suis-je en train d'agir pour Dieu, en vérité et en charité ?".

ensuite, advienne que pourra, ça ne nous appartient pas.

-> que de toute façon, on chutera. Le tout est de se relever, non par ses propres forces, mais de demander à Dieu la force et la persévérance de se relever toujours. Sans se décourager, lors même que l'on voit bien que ce qui nous fait chuter n'est que broutille.
(il y a à ce propos un passage de "L'imitation de N.S. Jésus Christ", qu'il me faudra retrouver, et qui dit bien qu'un rien nous plonge dans des abîmes de tentation, et que cela est bien décourageant).

-> que, comme nous le répétait un père l'autre jour à la Pentecôte, il faut bien se garder de croire que l'on peut devenir parfait ; on en viendrait à une grande déception menant au désespoir, ou encore à se mettre en colère ou à haïr tout notre entourage, en le considérant comme un obstacle à la réalisation de notre perfection.
Contre cette tentation, et contre la tentation inverse (celle du monde) de se résigner,
il nous disait que la vertu de force, c'est de se reconnaître comme médiocre, autant que n'importe qui et même pas plus que tout le monde, de savoir que l'on chutera et de l'accepter,
mais de ne pas s'y résigner et de tout faire pour que cela ne se produise pas.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
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Giles
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Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Giles »

Bonjour, pour un catholique est-ce que le mariage est une obligation (comme pour les sacrements : le baptême, la communion, le sacrement de réconciliation…) ?
Merci d'avance pour vos réponses ;)
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vobisangelicum
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Re: Le mariage,une obligation ?

Message non lu par vobisangelicum »

Non le mariage n'est absolument pas une obligation. C'est un sacrement.
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Anonymus
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Anonymus »

Je dirais même le contraire en fait: le mariage ne peut avoir lieu que dans le cas où un homme et une femme ont un profond désir de fonder un foyer sur des valeurs communes. De plus, c'est un engagement pour toute la vie.

C'est donc un acte très sérieux, il vaut mieux ne pas se marier que se marier avec quelqu'un avec qui on est pas durablement et profondément "compatible".
Dernière modification par Anonymus le dim. 07 mars 2010, 15:05, modifié 1 fois.
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Bisdent
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Bisdent »

Autre question rapide : n'avez-vous quand même pas l'impression qu'un catholique qui ne s'engage ni dans le mariage, ni dans une des formes de célibat consacré, sera un peu moins considéré, du point de vue de son engagement dans la communauté catholique ? Un simple célibataire "de longue durée" ne sera-t-il pas un peu à la marge dans la société catholique ?
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Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.
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Laurent L.
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Laurent L. »

Ça dépend ce que vous voulez dire. Si vous voulez aimer pleinement une femme par l'exercice de votre devoir conjugal :-D et fonder une famille , oui, il faut se marier. Les relations sexuelles hors mariage sont ce qu'on appelle le péché de fornication.
Mais on peut parfaitement rester célibataire (moines, prêtres, nonnes etc.). Le célibat consacré est d'ailleurs un état supérieur a celui d'époux ou d'épouse, nous dit Saint Paul :
Première épitre aux Corinthiens a écrit :I Cor 7,1. Quant aux choses dont vous m'avez écrit, il est bon pour l'homme de ne pas toucher de femme.
I Cor 7,2. Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chaque homme ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.
[...]
I Cor 7,6. Je dis cela par concession; je n'en fais pas un ordre.
I Cor 7,7. Car je voudrais que vous fussiez tous comme moi; mais chacun a reçu de Dieu son don particulier, l'un d'une manière, et l'autre d'une autre.
I Cor 7,8. Mais je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves: Il leur est bon de demeurer ainsi, comme moi.
I Cor 7,9. S'ils ne peuvent garder la continence, qu'ils se marient; car il vaut mieux se marier que de brûler.
[...]
I Cor 7,32. Or je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n'est pas marié s'inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire à Dieu.
I Cor 7,33. Mais celui qui est marié s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme; et il se trouve partagé.
I Cor 7,34. De même la femme qui n'est pas mariée et la vierge pensent aux choses du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit; mais celle qui est mariée pense aux choses du monde, aux moyens de plaire à son mari.
I Cor 7,35. Or je vous dis cela dans votre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est bienséant, et qui vous donnera la facilité de prier Dieu sans empêchement.
Bien à vous,
Laurent.
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Laurent L.
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Laurent L. »

Bisdent a écrit :Autre question rapide : n'avez-vous quand même pas l'impression qu'un catholique qui ne s'engage ni dans le mariage, ni dans une des formes de célibat consacré, sera un peu moins considéré, du point de vue de son engagement dans la communauté catholique ? Un simple célibataire "de longue durée" ne sera-t-il pas un peu à la marge dans la société catholique ?
Non, je n'ai pas cette impression. :incertain: Je ne vois pas trop ce que vous entendez par "considéré" mais beaucoup de simples laïcs célibataires s'occupent de fonctions paroissiales, notamment des "vieilles demoiselles" qui s'occupent du catéchisme. D'autant plus qu'aujourd'hui, il y a de moins en moins de femmes au foyer. Mais je n'ai jamais vu personne moins bien considérée à cause de son célibat.
Ce n'est pas tellement la communauté catholique mais la société en général qui se moque des "vieilles filles" et des "vieux gars".
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Giles
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Giles »

D'accord merci beaucoup à tous ;)
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Sofijka
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par Sofijka »

C'est à dire que pour certains couples, il est flatteur d'avoir en amis un couple et ses enfants, et quand on a de tout comme amis on invite plus facilement les couples épanouis. Un célibataire discret peut même être oublié, ça m'est arrivé il y a une dizaine d'années pour un anniversaire important. Mais c'est comme ça partout.
Cela dit on a besoin de toute sorte de personne partout. Un célibataire jovial, sympathique, ouvert, dynamique et serviable ne se fera pas oublier.
Pour habiter, tipi beaucoup mieux. Toujours propre, chaud en hiver, frais en été, facile à bouger. Homme moderne construit grosse maison, beaucoup d'argent dépensé, comme une grande cage, pas de soleil, jamais sortir. Toujours malade.
:hugh:
Chef Faucon Volant (1852-1931)[/i]
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ti'hamo
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Re: Le mariage, une obligation ?

Message non lu par ti'hamo »

Disons que du point de vue catholique il y a une différence immense entre le célibat non choisi, et l'esprit du temps actuel qui valorise un célibat volontaire encouragé comme un refus total de l'engagement.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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