Dans Lc 1, on lit :
J'ai toujours considéré que l'appellation : "Comblée de grâce" faisait référence à la bienveillance de Dieu pour Marie.28 L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
29 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Malgré tout, sans l'avoir trouvé explicitement dans les Evangiles, je me disais aussi que Marie ne devait probablement pas garder jalousement ces grâces sur elle.
Et puis à l'instant, en prière, je me demandais si cette appellation ne pouvait pas être interprétée comme "toute en gratuité", car Marie est un personnage qui me semble correspondre à cela.
Pourtant, scripturalement, je ne trouve pas de quoi étayer cette dénomination.
Pourtant encore, ne parvenant pas à percevoir Marie autrement que "toute en gratuité", j'en suis venu à faire le lien avec le sermon du Dimanche écoulé, qui m'a percuté.
En introduction, le prêtre disait que l'amour de Dieu était gratuit, mais que nous ne voulons pas d'un amour gratuit ; nous voulons un amour mérité..
Le centrage était révélateur. J'en ai pris pour mon grade, mais cela m'a fait à l'instant cheminer en méditation, et considérer les échanges en gratuité entre le Père et Marie comme le fruit d'une réciprocité parfaite :
A l' Annonciation, l'échange de réciprocité se traduit par la conception gratuite de l'Esprit Saint et par le oui "virginal" et gratuit de Marie.
C'est le premier échange de réciprocité gratuite.
La gratuité de la disponibilité de Marie se retrouve en d'autres occasions, pas seulement avec le Père.
Or, une question me vient de temps à autre : Si Jésus a connu ce que Freud appelle le complexe d'Oedipe, à supposer que cette conception du développement de l'enfant soit applicable à tous, et si Marie, conçue sans péché, est réellement telle que je viens de la décrire (toute en gratuité disponible et en réciprocité), comment Jésus a t il dépassé ce complexe ?
D'ailleurs peut-être est il envisageable qu'il ne l'ait pas dépassé (?)
Qu'en pensez vous, svp ?
J'en viens à la crucifixion, au moment où Jésus présente Marie à Jean, le disciple que Jésus aimait.
Une autre question me vient, tirée de cet épisode :
L'Eglise voit dès cet instant Marie comme sa mère, au travers de ce Jean, si j'ai bien compris.
Est il possible que les chrétiens soient invités à partager avec Jésus cette filiation sprirituelle d'une manière qui nous ferait revenir à notre propre complexe d'Oedipe, vécu et transposé à la personne de Marie, vierge, vertueuse, sur un angle filial, et non sexué ?
Marie serait à l'amour filial ce qu'une muse est à l'amour en général.
Et Jésus y aurait toute sa vie terrestre puisé des ressources ..
L'écueil de cette approche psychologique est que Marie n'inspirerait pas la même chose aux chrétiennes qu'aux chrétiens. Mais cet écueil est il pour autant rédhibitoire ? Je vous demande aussi avis sur tout cela, svp




