La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Colas
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Colas »

prodigal a écrit : ven. 17 juil. 2026, 9:36 Merci pour votre réponse, précise et bienveillante.
A vrai dire, peu m'importe (j'ai sans doute tort) la traduction par "enfers" ou "Schéol" ou "lieu d'anéantissement", qui sont synonymes.
Je note nos points d'accord :
1) l'Eglise connaîtra de fortes tribulations
2) elle n'en périra pas
3) son lien au Christ est indéfectible, malgré toutes les trahisons qui pourront être commises par tel ou tel de ses membres ou de ses chefs.
Est-ce bien cela?
Et voici notre point de désaccord, tel que j'ai cru le découvrir dans certains de vos autres messages :
Pierre n'a pas de successeurs selon vous, Pierre est le fondement (le Roc) de la succession apostolique selon moi. En effet, l'Eglise qui connaîtra ces tribulations qui lui sont promises, et qui n'en mourra pas, est l'Eglise catholique avec à sa tête les successeurs de Pierre.
Cher ami,

Vous avez parfaitement synthétisé nos points d’accord et notre divergence. Je note d’ailleurs avec beaucoup de joie que les éléments qui nous rapprochent sont plus nombreux que ceux qui nous éloignent. Cette concordance partielle, à défaut de constituer une harmonie parfaite, n’en demeure pas moins un beau pas en avant sur le sentier de l’œcuménisme.
Bien entendu, nous sommes en désaccord sur la question de la succession apostolique. Mais il ne me semble pas que cette différence d’opinion soit une pierre d’achoppement sur le chemin de la fraternité, bien au contraire.

Bien à vous,
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prodigal
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par prodigal »

Certes, personne ne choisit l'enfer, et sur ce point précis je ne vois pas comment vous n'auriez pas raison.
Mais quelques-uns, beaucoup sans doute, choisissent l'impénitence, dont la conséquence est l'enfer, selon la doctrine traditionnelle.
Je vous remercie par ailleurs pour votre message précédent, qui s'est croisé avec le mien. Je revenais, vous l'aurez compris, à la question initiale.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par ThéophileduSegala »

Cher Colas,

Il n’y a aucune place au Paradis pour ceux qui ont torturé, violé et assassiné les petits enfants de Dieu dans une violence que vous ne serez jamais capable de concevoir.

Il ne leur sera fait aucune miséricorde.

Leur crime est éternel ; leur châtiment le sera aussi. Dieu merci.

Dieu connaît votre peine, votre combat et la sincérité avec laquelle vous cherchez la vérité. Mais l’apocatastase est une erreur.

Le démon égare les âmes, car il sait très bien ce qui l’attend.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Colas »

Cher Théophile,

Je comprends que vous puissiez nourrir ces sentiments. Le mal commis à l’encontre des enfants est sans conteste la pire des choses qui se puisse concevoir. Je suis moi-même papa, et je n’ose imaginer la détresse qui serait la mienne si d’aventure un criminel venait à s’en prendre à mon fils. Saurais-je pardonner ? Je suis bien incapable de le dire. J’ose espérer que oui. Quoi qu’il en soit, je me verrais plongé dans un tumulte émotionnel d’une rare magnitude. Et si par-dessus le marché je souscrivais à la doctrine du libre-arbitre, qui sait si je n’aboutirais pas à une position similaire à la vôtre. Je ne dis pas que je partage votre point de vue, bien entendu ; mais je le comprends et le respecte.

Fraternellement et amicalement,
Colas.
Dernière modification par Colas le ven. 17 juil. 2026, 22:01, modifié 1 fois.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Didyme »

Théophile,

Même si je peux comprendre la colère et la révolte qui peut vous animer sur ce point, il est à noter que pour quelqu'un qui pointe le manque d'humilité de celui qui ne s'en remet pas au jugement et à l'enseignement de l'Église, vous vous permettez ici une affirmation que ne fait pas l'Église.
Et cela pour user d'un argument affirmatif (!) un peu rapide visant à détruire la position universaliste de Colas. Et avec lui toute espérance universelle...😕

Et pourtant, Dieu sait comme j'estime les enfants être ce qu'il y a de plus beau et de plus précieux au monde. Une des rares sources d'émerveillement que je peux trouver ici-bas.
Je sais comment moi j'aurais du mal à pardonner mais c'est moi.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Didyme »

Colas a écrit :Je vois… encore faudrait-il pour cela qu’ils jouissent d’un libre-arbitre ! De toute manière, cette assertion me semble vraiment contradictoire. Car quel être raisonnable pourrait, en toute connaissance de cause, préférer l’horreur de l’enfer à l’amour du Christ ? Si une personne possède ne serait-ce qu’un brin de jugeotte, elle choisira sans l’ombre d’une hésitation la félicité du paradis aux affres de Géhenne ! La question ne se pose même pas.
Le problème n'est évidemment pas aussi simple. Il n'est pas question ici de raison, d'intelligence ou d'opportunisme.
Il est question de don de soi complet, de lâcher-prise, de renoncer/mourir à soi-même.
Il y a tout un monde entre ne pas vouloir souffrir l'horreur de l'enfer et être capable de renoncer véritablement à son égo, à son "libre-arbitre" ( :?: ).
(Même si je pense au final que Dieu est capable d'y mener quiconque, la moindre de ses œuvres)
On voit déjà bien comment ici-bas il peut être une torture de renoncer à quelque chose, de ne pas faire quelque chose dont on sait pourtant les conséquences néfastes.



D'ailleurs pour revenir sur ce libre-arbitre. En retombant sur un passage évoquant la jalousie divine, il m'est soudain venu à l'esprit que cette jalousie qu'on entend trop souvent selon un sens humain était surtout l'expression d'à quel point justement Dieu ne peut être le créateur de ce libre-arbitre. En effet, cette jalousie n'est-elle pas le reflet de l'absolu divin, l'expression de ce qu'il ne supporte aucun compromis, aucune infidélité, et par conséquent n'accorde aucune valeur, aucune place au péché dont le refus est l'expression ?
Comment donc pourrait-il être le créateur du libre-arbitre quand cette jalousie (souvent associée à la vengeance) nous exprime avec force sa réprobation ?
Car si cette jalousie n'est pas à entendre selon un sens humain, émotif, en lien au manque et au besoin alors elle est à entendre selon un sens de séparation, de ce qu'il ne peut être à l'origine de quelque chose dont il rejette la conséquence.
Voudrait-il la possibilité de quelque chose que sa jalousie nous dit qu'il ne veut pas ?! Veut-il la possibilité de ce qu'il ne veut pas ?...
Dieu donnerait-il quelque chose dont il blâme et condamne l'utilisation ?!

En y réfléchissant, le libre-arbitre n'est vraisemblablement pas la création de Dieu mais notre propre "création", dans ce choix originel de se détourner de Dieu pour être comme des dieux, des par soi-même, faisant notre propre volonté, nos propres choix par nous-même, séparés, individualistes, sans Dieu, sans unité...
Car le libre-arbitre est synonyme de "par nous-même", pas d' "avec Dieu".

Mais le fait est qu'il y a certainement bien un libre-arbitre, même si je pense qu'il n'est pas l'idéal qu'on s'imagine.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

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prodigal a écrit : ven. 17 juil. 2026, 14:55 Certes, personne ne choisit l'enfer, et sur ce point précis je ne vois pas comment vous n'auriez pas raison.
Mais quelques-uns, beaucoup sans doute, choisissent l'impénitence, dont la conséquence est l'enfer, selon la doctrine traditionnelle.
Je vous remercie par ailleurs pour votre message précédent, qui s'est croisé avec le mien. Je revenais, vous l'aurez compris, à la question initiale.
Cher ami,

Je comprends bien votre argument, mais je n’y souscris pas. En effet, votre raisonnement repose sur la distinction entre l’impénitence de ses conséquences. Or dans une perspective catholique, les conséquences de l’impénitence sont au nombre de trois :
  • L’impénitence attriste profondément notre Père céleste, c’est-à-dire la personne même qui nous a créé ;
  • Elle est source d’un terrible malheur pour les autres ;
  • Elle est source d’un malheur ineffable pour nous-mêmes, dans le siècle présent et pour toute l’éternité.
Dans ces conditions, vous comprenez bien qu’il est impossible à quiconque de choisir l’impénitence en pleine connaissance de cause. Car si les pécheurs appréhendaient l’impénitence dans toute sa mesure, il est bien évident qu’ils ne la choisiraient jamais. Qui pourrait être assez fou pour choisir de blesser Dieu, les autres et soi-même par un seul et même acte ? En fait, la raison même pour laquelle les pécheurs « choisissent » l’impénitence (si tant est que des esclaves du péché puissent faire le moindre choix !), c’est précisément parce qu’ils n’ont pas la moindre idée du mal qu’ils font. La plupart du temps, ils ignorent jusqu’à l’existence de Dieu. Qui plus est, ils sont persuadés de tirer un profit personnel de leur impiété, sans quoi ils ne se livreraient pas à la débauche. Peut-être ont-ils vaguement conscience que leur attitude à l’égard des autres est répréhensible ; mais ils ne ressentent aucune empathie ; sans quoi ils n’agiraient pas de la sorte. En somme, ils rejettent un Sauveur dont ils ne connaissent pas les qualités et embrassent une voie de perdition dont ils ne connaissent pas les défauts. Dans ces circonstances, parler de « choix libre » me paraît tout à fait hors de propos.

L’être humain est une créature rationnelle. Dès lors qu’il connaît Dieu, sa raison le contraint à aimer le Seigneur. Car nul être rationnel ne peut rejeter une entité dont il connaît les avantages. Voilà pourquoi en langue hébraïque, un seul et même verbe (yada) désigne l’acte de connaître et celui d’aimer (comme en Genèse 4 :1 où il est écrit : « Adam connut Ève, sa femme ; elle conçut, et enfanta Caïn »).
Semblablement, celui qui ne connaît pas Dieu n’a pas d’autre choix que de le haïr. Voilà pourquoi « le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d'une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu » (2 Thessaloniciens 1:7-8). Cette punition ardente, il est vrai, sera effroyablement douloureuse. Fort heureusement, elle sera aussi médicinale car la justice divine n’est pas vengeresse mais restaurative. N’oublions pas que Jésus a prié en ces termes : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23:34). Et nous savons que le Père exauce toujours le Fils (voir Jean 11:42).

Fraternellement,
Colas.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par ThéophileduSegala »

Didyme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 20:48 Théophile,

Même si je peux comprendre la colère et la révolte qui peut vous animer sur ce point, il est à noter que pour quelqu'un qui pointe le manque d'humilité de celui qui ne s'en remet pas au jugement et à l'enseignement de l'Église, vous vous permettez ici une affirmation que ne fait pas l'Église.
Et cela pour user d'un argument affirmatif (!) un peu rapide visant à détruire la position universaliste de Colas. Et avec lui toute espérance universelle...😕

Et pourtant, Dieu sait comme j'estime les enfants être ce qu'il y a de plus beau et de plus précieux au monde. Une des rares sources d'émerveillement que je peux trouver ici-bas.
Je sais comment moi j'aurais du mal à pardonner mais c'est moi.
Cher Didyme,

J’ai passé une nuit et une journée très difficiles, avec très peu de sommeil.

L’enfer et les démons existent ; je n’ai plus aucun doute à ce sujet. Ce n’est donc pas seulement une question d’ego, comme Colas semble le suggérer.

Vous savez, j’envie ceux qui n’ont jamais été confrontés aux horreurs que j’ai vues. Certaines réalités marquent profondément et rendent cette question bien moins abstraite qu’elle ne peut l’être pour d’autres.

J’ai préféré détourner le regard jusqu’à présent, mais la réalité est là.
Je ne suis plus en colère ; je m’en remets à notre Sauveur.

Je suis simplement convaincu que l’apocatastase est une erreur doctrinale, conformément à l’enseignement de l’Église.

Je suis plutôt confiant et réaliste à présent.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Colas »

Didyme a écrit : ven. 17 juil. 2026, 21:01 D'ailleurs pour revenir sur ce libre-arbitre. En retombant sur un passage évoquant la jalousie divine, il m'est soudain venu à l'esprit que cette jalousie qu'on entend trop souvent selon un sens humain était surtout l'expression d'à quel point justement Dieu ne peut être le créateur de ce libre-arbitre. En effet, cette jalousie n'est-elle pas le reflet de l'absolu divin, l'expression de ce qu'il ne supporte aucun compromis, aucune infidélité, et par conséquent n'accorde aucune valeur, aucune place au péché dont le refus est l'expression ?
Comment donc pourrait-il être le créateur du libre-arbitre quand cette jalousie (souvent associée à la vengeance) nous exprime avec force sa réprobation ?
Car si cette jalousie n'est pas à entendre selon un sens humain, émotif, en lien au manque et au besoin alors elle est à entendre selon un sens de séparation, de ce qu'il ne peut être à l'origine de quelque chose dont il rejette la conséquence.
Voudrait-il la possibilité de quelque chose que sa jalousie nous dit qu'il ne veut pas ?! Veut-il la possibilité de ce qu'il ne veut pas ?...
Dieu donnerait-il quelque chose dont il blâme et condamne l'utilisation ?!

En y réfléchissant, le libre-arbitre n'est vraisemblablement pas la création de Dieu mais notre propre "création", dans ce choix originel de se détourner de Dieu pour être comme des dieux, des par soi-même, faisant notre propre volonté, nos propres choix par nous-même, séparés, individualistes, sans Dieu, sans unité...
Car le libre-arbitre est synonyme de "par nous-même", pas d' "avec Dieu".
Cher Didyme,

Votre idée selon laquelle le libre-arbitre ne viendrait pas de Dieu mais de l’égo est absolument passionnante. Je la trouve lumineuse et d’une rare beauté. Non pas que je la partage, bien entendu, car vous savez fort bien que mon approche du sujet est beaucoup plus radicale. Mais je dois bien avouer que cette vision d’un égo qui créerait son propre libre-arbitre ne m’était jamais venue à l’esprit. Elle m’intrigue et captive mes regards. Et votre réflexion au sujet de la jalousie divine est d’une logique exquise. Food for thought, comme on dit dans mon pays.

Amicalement,
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Didyme »

Je pense aussi à ce passage de la Genèse :

"mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal" (Genèse 3 : 5)
"Vous serez comme des dieux", vous posant en principe, étant la propre cause de votre vouloir, quelque chose comme la naissance d'un libre-arbitre.
"Connaissant le bien et le mal", ou décidant (comme le connaissant) par vous-même le bien et le mal. Ce qui est bien l'objet du libre-arbitre.

Car le fait est que si l'on connaît en Vérité le bien et le mal alors nous ne pouvons refuser Dieu.
"Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira" (Jean 8 : 32)
Seulement, on croît connaître le bien et le mal, on le détermine par soi-même mais nous ne sommes pas libre car alors nous ne sommes pas dans la Vérité.


Mais cette critique du libre-arbitre ne conduit pas pour autant à prendre l'être humain pour une marionnette. Nous sommes des personnes et en tant que telles nous sommes dotés d'une volonté. Seulement cette volonté n'est pas vraiment libre mais divisée (en proie au manquement, au péché) tant que non unie à son fondement.
L'homme n'est-il pas une personne ? N'est-il pas doté d'une volonté ?
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par Colas »

ThéophileduSegala a écrit : ven. 17 juil. 2026, 22:18 Cher Didyme,

J’ai passé une nuit et une journée très difficiles, avec très peu de sommeil.

L’enfer et les démons existent ; je n’ai plus aucun doute à ce sujet. Ce n’est donc pas seulement une question d’ego, comme Colas semble le suggérer.
Cher Théophile,

Loin de moi l’idée selon laquelle les personnes qui adhèrent à la doctrine des tourments éternels sont mus par leur égoïsme. Je ne vous imputerais jamais ce genre de motivation, car je suis persuadé que vous êtes une personne altruiste dont le souci premier est de plaire à Dieu et d’être bon avec tous les hommes. Je sens la flamme de la miséricorde brûler dans votre cœur. Et j’ai bien trop d’égards pour votre personne pour vous prêter des intentions un tant soit peu mesquines. Mon argument théologique visait simplement à démontrer que l’égo n'est autre que Satan, et que les passions aliénantes qui en procèdent ne sont autres que les démons ; sachant bien que c’est pour les anges déchus, et non pour l’homme, que le brasier ardent a été préparé depuis la fondation du monde (voir Matthieu 25:41).

Que toutes ces choses, cependant, ne viennent pas vous perturber. Elles ont été écrites pour notre bonheur et non pour nous affliger. Je vous souhaite une bonne nuit. Demain est un autre jour.

Amicalement et fraternellement,
Colas.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par prodigal »

Colas a écrit : ven. 17 juil. 2026, 21:59
prodigal a écrit : ven. 17 juil. 2026, 14:55 Certes, personne ne choisit l'enfer, et sur ce point précis je ne vois pas comment vous n'auriez pas raison.
Mais quelques-uns, beaucoup sans doute, choisissent l'impénitence, dont la conséquence est l'enfer, selon la doctrine traditionnelle.
Je vous remercie par ailleurs pour votre message précédent, qui s'est croisé avec le mien. Je revenais, vous l'aurez compris, à la question initiale.
Cher ami,
vous comprenez bien qu’il est impossible à quiconque de choisir l’impénitence en pleine connaissance de cause.
Mais bien entendu, vous avez raison. Aucun choix n'est fait en pleine connaissance de cause, dans aucune circonstance de la vie, sinon il n'y aurait pas à choisir, la bonne option s'imposerait d'elle-même, puisque nous saurions tout.
Néanmoins il est possible de s'efforcer de faire le bon choix, c'est-à-dire le choix du juste et du bien, en suivant la voix de sa conscience. L'impénitent est celui qui s'y refuse. Mais comme l'a montré Platon, nul n'est méchant volontairement. Il y a cependant des méchants, attirés par dessus tout par ce qui est mal, ou bien incapables de résister à leurs mauvais penchants.
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par patatedouce »

prodigal a écrit : Mais comme l'a montré Platon, nul n'est méchant volontairement.
Dire cela, c'est refuser le principe de l'autonomie de la volonté.

Or, je pense que Dieu est une personne différente de nous. Donc, nous avons une volonté autonome ? Guidée effectivement par notre conscience ?

A partir de ce constat, on peut penser que Dieu, à la fin des temps, peut évaluer notre volonté. A lui reviens le jugement professionnel si j'ose dire la formule consacrée ?

On ne peut pas réduire la volonté à un calcul (appliquer le bien ou le mal) mais il y a un aspect conceptuel (l'homme est capable de concevoir sa volonté ?)... sinon l'ia serait le meilleur être humain... (ou plus humain que l'homme ou l'homme serait une ia imparfaite ? Et la plus grande invention de l'humanité serait la calculette ? - il resout bien mieux les caluls, solde les positions...)
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par lintrus »

prodigal a écrit : ven. 17 juil. 2026, 23:06
Colas a écrit : ven. 17 juil. 2026, 21:59
Cher ami,
vous comprenez bien qu’il est impossible à quiconque de choisir l’impénitence en pleine connaissance de cause.
Mais bien entendu, vous avez raison. Aucun choix n'est fait en pleine connaissance de cause, dans aucune circonstance de la vie, sinon il n'y aurait pas à choisir, la bonne option s'imposerait d'elle-même, puisque nous saurions tout.
Néanmoins il est possible de s'efforcer de faire le bon choix, c'est-à-dire le choix du juste et du bien, en suivant la voix de sa conscience. L'impénitent est celui qui s'y refuse. Mais comme l'a montré Platon, nul n'est méchant volontairement. Il y a cependant des méchants, attirés par dessus tout par ce qui est mal, ou bien incapables de résister à leurs mauvais penchants.
J’ajouterai que au moment du péché l’EGO refuse de prendre en compte ses conséquences pour réaliser son désir qui est aussi une volonté – car sa volonté pourrait s’y opposer mais elle se met parfois en retrait. Connaitre le bien et le mal et les conséquences n’est donc pas suffisant. Je partage aussi la présentation du sieur Didyme sur le libre arbitre, le refuser c’est simplement refuser l’idée d’une responsabilité humaine.
Or considérer que ce n’est pas l’ego mais le démon n’est qu’un changement arbitraire de définition et de niveau, c’est réduire le démon à n’être pas une personne ni un tentateur, mais une allégorie. C’est aussi nier l’expérience des exorcismes, et en faire une psychanalyse quasiment instantanée que ne peut expliquer les phénomènes réels constatés. C’est enfin nier de face l’enseignement évangélique et faire de Jésus un menteur et un simulateur.
Ce n’est qu’une expression du libre arbitre d’un seul qui ainsi se dédouane de sa responsabilité par une doctrine (certes partagée et qui s’est montrée contagieuse) qui l’aura préalablement fait : cercle vicieux qui fait de la vérité quelque chose d’inaccessible – ce qu’elle serait si Dieu ne s’était pas incarné et si cette vérité n’était pas une personne qui nous tend la main.
Et la doctrine catholique est logique quand elle affirme que nous ne pourrions nous sauver par nous-même (et cela sans même évoquer le comment du sacrifice du Christ) et que la grâce est toujours nécessaire et suffisante – ce qui laisse une place à notre consentement et adhésion pour éviter le péché. Elle tient le juste milieu et tient compte de cette doctrine de la prédestination sans nous transformer en robots.
La discussion sur le pape rejoint cette problématique puisque c’est lui qui fixe en détail les règles concernant ce bien et ce mal (avortement, contraception, etc.) Or l’Eglise a toujours reconnu que le for interne prime, par conséquent l’infaillibilité elle-même s’efface à titre individuel, elle passe après et c’est pourquoi Dieu seul peut juger.
Mais l’infaillibilité n’est ni l’omniscience (des précisions peuvent être ultérieurement apportées) ni l’autorité. Ce n’est pas vrai qu’il ne s’en prend qu’à l’infaillibilité, ce serait plutôt qu’à l’autorité, car la notion d’infaillibilité ne contient pas nécessairement celle d’autorité, qui mériterait d’être redéfinie plus précisément dans le cadre du dialogue pour reformer l’unité avec l’Eglise orthodoxe.
L’infaillibilité (qui n’appartient pas qu’au pape, mais aussi aux conciles oecuméniques) repose sur la promesse d’assistance donnée par Jésus et qui se réalise (a été conceptualisée) dans l’assistance du saint-Esprit – comment autrement ? Ce qui implique de croire que ce dernier a été actif lorsque s’est mis en place la succession pétrinienne (à une époque où les charismes furent si nombreux et manifestes), peu en importe les modalités qui ont changé avec le temps, l’assistance est là. Refuser cela c’est refuser d’y croire.
Et si Jésus en a donné la raison d’unité, il y en a plein d ‘autres qui se retrouvent à notre portée pour le comprendre (l’existence d’un chef relèverait d’une loi naturelle, etc.).

Evidemment, (on en revient au libre arbitre) les papes peuvent fauter même dans leurs fonctions, et cela peut être un argument secondaire (voire une motivation) pour la critique, mais il a été observé qu’en tout ce qui fait la matière de l’infaillibilité, ils ne se sont jamais égarés.
En plus des égarements stigmatisés, il y a surtout qu’ils n’auront pas toujours ou souvent appliqué la façon dont Jésus aura décrit comment devait s’exercer l’autorité dans l’Eglise.

Mais à quoi bon poursuivre. En 2015, le même homme s’est présenté sur ce forum et sur un fil fort ressemblant a déjà mené, en juillet également (il s’y ennui de perdre ses élèves...) la même démarche. C’est intéressant de comparer et de suivre son évolution humaine. En ce qui me concerne, j’attendrai encore 10 ans pour voir si cela mérite de débattre.

La doctrine des tourments éternels est une fable diabolique
https://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=38117

Si le Christ a demandé à Pierre de paître ses brebis, il n’a pas demandé à celles-ci de lui obéir et il ne peut s’agir que d’un acte d’amour et d’intelligence qui par ailleurs attache chacune d’elles à une personne à qui malgré tout est reconnu un certain pouvoir d’exhortation et de conseil qui force le respect et la conciliation. Cela n’empêche nullement qu’il lui faudra faire aussi ses preuves car il en doit témoigner d’autant !

Gaudens a écrit : jeu. 16 juil. 2026, 11:19 cher Colas,
Vous êtes ( étiez?) devenu un hôte sympathique de ce forum grâce à votre courtoisie et à la clarté de votre expression (l'une et l'autre supérieures, je dois dire, à celles de votre interlocuteur le plus fréquent récemment) , et ce malgré la formulation un peu trop agressive que vous aviez choisie pour ce fil.
L’interlocuteur en question vous fait savoir qu’il ne publie pas des posts sur un forum catholique pour faire un devoir de français ou offrir un plaisir littéraire, mais pour contribuer au même titre que chacun à l’effusion du Saint-Esprit dans les coeurs et les esprits. Et que regardant ses interlocuteurs dans les yeux, il aimerait qu’ils en fassent de même. Rien ne vous oblige à me lire, mais si vous le faites et y trouvez de l’intérêt, ne soyez pas hypocrite mais exemplaire, à plus forte raison si vous critiquez les autres sur la forme.
Il pourrait sans quoi vous faire observer qu’il s ‘est gardé de critiquer votre catholicisme mou, qui ressemble à celui de quelqu’un qui se faisant violer, s’en plaindrait mais devant l’insistance et plutôt que de se battre, bec et ongles, choisirait d’ y contribuer en réclamant que ce ne soit pas comme ci mais comme cela. Etes-vous réellement dupe de sa courtoisie ? Alors quand je parlais de naiveté, n’en envisageant que le bon côté, je me suis trompé. La Naïveté suppose du courage, pas de la lâcheté. Inutile que je tourne mieux mes phrases, vous m’aurez compris et cela seul m’importe. Pour votre pénitence, je vous invite à méditer ce passage de saint Jean (5 : 39-44) :
«  Vous scrutez les écritures et vous pensez qu’en elles, vous avez la vie qui est éternelle ; elles qui témoignent à mon sujet ! Ne voulez-vous pas venir à moi, pour avoir la vie éternelle ? Or de l’éloge qui vient des fils d’hommes, je ne reçois rien…
Mais je vous connais, je sais qu’il n’y a pas en vous d’amour de Dieu. Je suis venu au nom de mon Père et vous ne m’avez pas reçu. Pourtant si un autre venait en son nom propre, lui, vous le recevriez. Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez les louanges les uns des autres, cependant que l’éloge qui vient du seul Dieu, vous ne le recherchez pas ! » 
Et pour contribuer à votre rétablissement, de vous souvenir qu’il ne suffit pas de dire haro au relativisme, si vous ne corrigez pas une personne qui au nom de l’oecuménisme, exige que vous en avaliez une dose considérable comme s’il s’agissait d’une prescription médicale et de simple bon sens.
patatedouce
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Re: La doctrine de l'enfer est-elle une invention diabolique ?

Message non lu par patatedouce »

​@l intrus, désolé je n'arrive absolument pas à vous lire. Encore une fois, je suis dyslexique (mais pas sûr que ça ait un rapport).
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