mikesss a écrit : ↑Hier, 18:20
je crains que vous ne compreniez mal les textes que vous avez cités. ce n'est pas parce que la personne dit les paroles correctement que le sacrement est valide. une telle position est incompatible avec le fait, enseigné par l'Eglise, que pour qu'un sacrement soit valide, il faut que le ministre soit habilité a administrer le sacrement, que la matière et la forme du sacrement soient respectés et que le ministre ait l'intention de faire ce que veut l'Eglise. Car dans ce cas, pourquoi s'embêter à préciser cette histoire d'intention, puisque selon vous, si la forme y est, la sacrement est valide. Et donc non, un musulman, pour reprendre votre exemple, qui verserait de l'eau sur la tête de quelqu'un en disant la bonne formule, mais juste pour singer ou pour s'amuser, pas pour baptiser, ne baptiserait pas validement. et dans le texte de St Thomas que vous citez, il ne dit pas le contraire, il dit qu'il faut bien avoir l'intention de faire ce que fait l'Eglise (en l'occurrence baptiser), même si c'est juste pour un avantage matériel.
je pense que vous avez oublié une négation dans votre phrase. Mais je n'ai pas dit que tous les prêtres niaient le fait que la messe soit un sacrifice. je dis juste que selon la nouveau rite, il peut y avoir un doute suivant le célébrant sur la compréhension qu'il a de la messe. et d'ailleurs, cela transpire jusque dans l'ordo Missae lui même qui définit ainsi la messe
Un prêtre, qui a fait six ans d'étude avant d'être ordonné, qui génuflecte, qui donne la communion en disant "le Corps du Christ", et il ne comprendrait pas ce qu'il fait ???
Le prêtre utilise la forme et la matière, et quand il prononce, durant la messe, les yeux sur le missel, les paroles de la consécration, il a l'intention de faire ce que fait l'Eglise. Je ne vois pas où est le problème.
J'ose espérer que vous ne considérez pas qu'ils font cela pour "singer" ou "s'amuser" ?!
La Messe est le rassemblement du peuple de Dieu, présidé par un prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur.
Où avez-vous trouvé cela ?
Moi je lis :
https://www.vatican.va/roman_curia/cong ... #_ednref37
27. A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique
le terme "sacrifice" ou ses dérivés reviennent... 41 fois dans ce texte.
Vous faites une fixette sur le sujet de la validité des sacrements mais il me semble que la position de la FSSPX ne se résume pas à ça, loin de là. d'ailleurs, à ma connaissance, il n'y a que très peu de sacrements redonnés sous condition par la FSSPX (pas plus que par le Vatican.)
Oh, je pourrais parler de pas mal de choses que je reproche à la FSSPX, mais celui-là est pour moi le pire. J'ai l'impression que vous considérez cela comme un détail quasi sans importance ?
C'est d'ailleurs un point à apprécier au regard de leur argumentaire (pas du tout convaincant) pour sacrer sans mandat pontifical.
Ils arguent d'un état de nécessité, disent-ils d'un côté ; de l'autre, ils indiquent que les évêques n'exerceront aucune juridiction, leurs évêques seront là pour donner les sacrements.
Mais si les sacrements de la sainte Eglise sont valides, à quoi servent ces évêques ? Ou alors il y a différents niveaux de Corps du Christ ? Ou la grâce du sacrement dépendrait de la sainteté du ministre ?
je ne vais pas vous tenir rigueur de tendre une oreille complaisante à la FSSPX, d'avoir à son égard quelques sympathies, cela a pu m'arriver dans le passé, et j'ai toujours des livres du MJCF chez moi.
Mais d'une part la FSSPX s'est sévèrement radicalisée, et d'autre part j'ai approfondi ma réflexion depuis.
Je pense que juste après le refus de la validité des sacrements donnés par l'Eglise, ce qui me choque le plus est leur incohérence.
Traditionnalistes et anti collégialité dans leurs discours, ils sont modernistes et contre le Pape dans leurs actes. A quoi cela sert-il de diffuser largement Quanta Cura, Ad apostolorum principis, Quartus supra, si ce n'est pour y aller à l'encontre ?
https://laportelatine.org/formation/mag ... cipis-1958
https://laportelatine.org/formation/mag ... rtus-supra
Etc.
Il faut avouer que certains passages semblent avoir été prémonitoires.
Je ne résiste pas au plaisir de les citer.
10. Mais comme les néo-schismatiques ne peuvent en retirer aucun avantage, ils se sont mis à suivre les traces des hérétiques modernes ; ils se sont excusés en disant que la sentence de schisme et d’excommunication, portée contre eux en Notre nom par Notre Vénérable Frère l’archevêque de Tyane, délégué apostolique dans la ville de Constantinople, était injuste et par conséquent nulle et sans valeur. Ils ont même été jusqu’à dire qu’ils ne pouvaient s’y soumettre, de crainte que les fidèles, privés de leur ministère, n’embrassassent le parti des hérétiques. Mais ce sont là des raisons d’une nouvelle espèce, complètement inouïes et inconnues aux Pères de l’Eglise. En effet, « l’Église entière répandue dans le monde sait que le Siège de l’Apôtre saint Pierre a le droit de délier les liens imposés par sentence de n’importe quel évêque, puisque ce siège a le droit déjuger les affaires de toute l’Église, et qu’il n’est permis à personne d’en appeler à son jugement (12). » Aussi les hérétiques jansénistes ayant osé enseigner (13) que sous prétexte d’injustice on pouvait mépriser l’excommunication lancée par son légitime prélat, et continuer à remplir, malgré tout, ce qu’ils appellent son propre devoir, Clément XI, Notre prédécesseur d’heureuse mémoire, publia contre les erreurs de Quesnel la constitution Unigenitus, par laquelle étaient proscrites et condamnées ces mêmes propositions qui, du reste, ne différaient en rien de quelques articles de Jean Vicleff, déjà condamnés par le synode de Constance et par le pape Martin V. Il peut arriver parfois, il est vrai, que par suite de la faiblesse humaine, quelqu’un soit frappe de censure par son prélat ; mais il faut, comme le fait observer saint Grégoire le Grand Notre prédécesseur (14), « que celui qui est sous la dépendance d’un pasteur craigne d’être lié, même injustement, et ne critique pas le jugement de son pasteur avec témérité, de peur que, même s’il est lié injustement, il ne se rende coupable, par le fait de son orgueil et de sa critique passionnée, d’une faute qui n’existait pas d’abord. » Si donc ceux-là mêmes qui sont liés par une sentence injuste du pasteur doivent craindre, que faut-il dire de ceux qui sont liés précisément parce que, rebelles à leur pasteur et à ce Siège Apostolique, ils ont déchiré et déchirent par un nouveau schisme la robe sans couture du Christ, c’est-à-dire l’Église ?
15. Aussi les néo-schismatiques auront beau se vanter d’être catholiques ; ils ne pourront jamais se le persuader à eux-mêmes, à moins de ne tenir aucun compte de la tradition constante et perpétuelle de l’Eglise, et confirmée de la manière la plus éclatante par les témoignages des Pères.
« Et Nous ne pouvons passer sous silence l'audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que : " Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège Apostolique dont l'objet regarde manifestement le bien général de l'Église, ses droits et sa discipline, on peut, du moment qu'ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux mœurs, leur refuser l'assentiment et l'obéissance, sans péché et sans cesser en rien de professer le catholicisme. À quel point cela est contraire au dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre Seigneur lui-même au Pontife Romain, de paître, de régir et de gouverner l'Église universelle, il n'est personne qui ne le voie et qui ne le comprenne clairement et distinctement. [...] Il s'agit en effet, vénérables frères et bien-aimés fils, d'accorder ou de refuser obéissance au siège apostolique; il s'agit de reconnaître sa suprême autorité même sur vos églises, et non seulement quant à la Foi, mais encore quant à la discipline: celui qui la nie est hérétique; celui qui la reconnaît et qui refuse opiniâtrement de lui obéir est digne d'anathème.» (Encyclique Quanta Cura, 8 décembre 1864)
Et quand on voit la FSSPX qui envoie sa déclaration de foi au Pape, comment ne pas penser à cela ? (Quartus supra)
Or, pour prouver qu’ils sont catholiques, ces néoschismatiques en appellent à une déclaration de foi, comme ils l’appellent, qu’ils ont publiée le 6 février 1870, dans laquelle ils disent qu’il n’y a rien qui soit en désaccord avec la foi catholique. Mais il n’a jamais été permis à personne de prouver qu’il est catholique en produisant à son gré des formules de foi où l’on a coutume de passer sous silence ce que l’on n’aime pas confesser ; il est au contraire de toute nécessité de souscrire aux formules proposées par l’Église, comme nous l’atteste l’histoire ecclésiastique de tous les temps.
8. Ce qui confirme aussi que leur déclaration de foi était trompeuse et perfide, c’est qu’ils ont rejeté celle qui, suivant la coutume, leur a été proposée en Notre nom, et que Notre Vénérable Frère Antoine Joseph, archevêque de Tyane et légal apostolique de Constantinople, leur avait ordonné de souscrire par ses lettres monitoires du 29 septembre de la même année. Il est en effet aussi contraire à la constitution divine de l’Église qu’à la tradition perpétuelle et constante que quelqu’un puisse prouver la catholicité de sa foi et s’appeler véritablement catholique lorsqu’il n’obéit pas à ce Siège Apostolique, car il est nécessaire que ce siège [5], par sa primauté plus élevée, domine toutes les autres églises, c’est-à-dire tous les fidèles répandus dans le monde, et celui [6] qui abandonne cette chaire de Pierre, sur laquelle l’Église est fondée, se persuade faussement qu’il est dans l’Église, puisque celui-là est déjà schismatique [7] et pécheur qui élève une chaire contre la chaire unique de Pierre, de laquelle [8] découlent sur toutes les autres les droits sacrés de communion.
Eux qui n'ont que la Tradition à la bouche, et qui ne cessent d'évoquer le Magistère d'hier pour mieux mépriser les avis du Magistère d'aujourd'hui : cela leur parle, "Extra Ecclesia nulla salus" et "En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain" (Boniface VIII, Unam sanctam) ?