Désolé, vous avez raison, je vais trop vite. Je cherche à obtenir une vision d'ensemble de sa pensée car elle m'intéresse. En fait, je rassemble en même temps les pièces du puzzle de mon expérience au sein des communautés traditionnelles et j'en fais une relecture. Je comprends mieux leur position désormais.
Je vais allez plus lentement pour éviter les contre sens.
Mon but n’est pas de constituer un dossier à charge contre saint Thomas d'Aquin, mais en lisant ses raisonnements, je sens intuitivement qu’il y a un problème. Je reconnais toutefois que son travail est passionnant, car il permet de compiler et de synthétiser toute la théologie de l’Église catholique.
Vous avez raison je caricature quand je dis qu’il a dit que la grosses était moche. Voila comment je lis son raisonnement pour la question 92 (je décompose en different element) :
1) Hiérarchie Homme > Femme : La source est Aristote, doublée d'une lecture de la Genèse où l'homme est perçu comme l'image primaire de Dieu. STA pose la question de savoir si la production de la femme est une "bonne chose" car, contrairement à d'autres étapes de la Création, la Bible ne le précise pas explicitement pour elle. Une interrogation que l'on peut juger particulièrement malsaine.
2) Raison > Chair : On retrouve ici le dualisme classique de la théologie catholique (présent aussi chez Saint François de Sales) : l'esprit doit primer sur le corps.
3) Activité intellectuelle > Activité génératrice : C'est le cœur du texte de STA. Bien qu'il reconnaisse les deux comme vertueuses, il établit une hiérarchie de noblesse en faveur de la connaissance.
4) Le principe des avantages comparatifs : Pour interpréter ce texte, je sollicite cette théorie économique : un agent doit se spécialiser là où son efficacité relative est la plus grande.
Ce principe, il découle de l'objection 2 de l'article 2 de la question 153 - LA LUXURE EN GENERAL (c'est un point qui justifie mon 4) et mon 5) - (Oui, c'est une objection mais que STA tient pour vrai vu qu'il l'a retient).
2. Partout où l’on trouve quelque chose d’excessif qui nous éloigne du bien de la raison, il y a là
quelque chose de vicieux, puisque la vertu se corrompt par l’excessif et par l’insuffisant, selon
Aristote. Mais en tout acte charnel il y a un excès de jouissance, qui absorbe la raison en ce sens
qu’il " est impossible de réfléchir à quelque chose à ce moment ". selon Aristote. Et, comme dit S.
Jérôme’, dans cet acte l’esprit de prophétie ne touchait pas le cœur des prophètes. Aucun acte sexuel
ne peut donc être sans péché.
5) L'indisponibilité de l'homme : Puisque l'homme est ordonné à l'activité intellectuelle noble, il n'est censé se rendre disponible pour le "commerce sexuel" que de manière intermittente.
6) La litote anglaise : Dire qu'une chose est "moins bonne" qu'une autre revient, dans les faits, à la déprécier. C'est une manière polie de désigner une infériorité.
7) Spécialisation des rôles : Par application des avantages comparatifs, l'homme se spécialise dans le "noble" (l'intellect), laissant à la femme la spécialité du "générateur" (la chair).
8) Finalité de la femme : Le but de la femme serait donc de décharger l'homme des nécessités biologiques pour lui permettre de se consacrer pleinement à l'esprit. C'est ainsi que s'interpréterait le « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » : il a besoin d'une assistante pour la gestion de l'espèce.
C'est un raisonnement qu'on retrouve dans les milieux tradi lorsqu'on dit que l'homme est la tête (raison) et la femme le coeur (chair)... mais dit comme ça c'est plus élégant et sa masque l'intention réelle derrière.
Je ne sais pas si je commets une erreur de lecture.
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Je n’ai rien contre saint Thomas d'Aquin — son raisonnement est cohérent si l’on considère les prémisses d’Aristote comme justes — mais je m’élève contre ceux qui l’utilisent comme une vérité absolue. J’écoutais hier soir une conférence de l’abbé Raffray qui prétendait démontrer une vérité en s'appuyant sur le géocentrisme de la Somme théologique...
Je pense que ce système, dont je ne conteste pas l'intérêt historique ou intellectuel, doit être rejeté pour ses conclusions. En ce qui concerne les femmes, son raisonnement s’enferme dans une définition réductrice de l’essence. Pour saint Thomas d'Aquin, l’essence semble se confondre avec la finalité biologique particulière. Sous prétexte que la spécificité de la femme est de donner naissance, elle se trouve réduite à cette seule fonction, faisant fi de sa raison, de ses capacités physiques et de l’intégralité de sa personne.
Je ne pense pas qu'il soit misogyne, à mon avis il raisonne froidement (1 + 1 = 2 - quand je rigolais tout à l'heure, c'est qu'il est tellement froid que parfois je trouve ca marrant). Par ailleurs, l'un des problèmes du raisonnement de saint Thomas d'Aquin (parmi ceux que j'ai déjà évoqués) est l'absence de méthode expérimentale. Par exemple, par simple observation du soleil qui se lève et se couche, il en conclut que celui-ci tourne autour de la Terre (c'est un problème qu'on retrouve chez aristote, l'observation par les sens).
Vous en pensez quoi ? je dis des bêtises ?
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Apres le postulat : raison > chair n est pas accepté par les orthodoxes qui eu tiennent compte de l'incarnation + la gestion par marie donc pour eux raison = chair.
Ce qui me semble être la doctrine catholique aussi aujourd hui.