Merci, cher Gaudens, pour votre vigilance et votre prudence fraternelle.Gaudens a écrit : ↑lun. 16 juin 2025, 17:44
Bonjour Théophile,
[...]
Ce que vous écrivez peut paraître inquiétant, comme si vous combattiez une entité existante (une "entité psychique") qui serait vous et en même temps votre ennemi. C’est peut-être pour vous une figure de style (je n’ai pas lu qu’un diagnostic de schizophrénie avait été posé), mais sinon, attention : il n’y a qu’un Théophile, vous, pas deux, et surtout pas un Théophile qui serait votre ennemi, un être dangereux. Le seul Ennemi que nous avons, c’est Satan, le diviseur et l’accusateur. Théophile, lui, ne demande qu’à être sauvé, et montre d’ailleurs de belles dispositions pour cela, qu’on peut lui envier...
Ce que vous dites est en partie vrai, et je me pose moi-même parfois la question : suis-je “normal” ? Est-ce que ce que je vis relève de la pathologie ou simplement d’un cheminement intérieur profond ? Je crois que c’est une question légitime, surtout quand on entre dans des zones aussi sensibles de la psyché et de l’âme.
Pour ma part, je n’ai jamais reçu de diagnostic psychiatrique, et je ne ressens pas de déconnexion d’avec le réel. Ce que je vis s’apparente plutôt à un travail intérieur, spirituel, où certaines blessures anciennes, très enfouies, commencent à remonter à la lumière. Cela peut sembler déroutant — et je l’admets, c’est parfois vertigineux — mais tout cela reste profondément enraciné dans la foi, dans la prière, et dans la confiance en Dieu.
Ce que j’appelle “l’enfant blessé”, ou cette “entité psychique”, n’est pas un autre moi. Il est bien moi, mais une part oubliée, marginalisée, blessée par le temps, et que je n’avais jamais osé écouter. Ce n’est pas un ennemi, même si ses réactions de défense sont violentes. C’est une partie de moi-même qui attend d’être réintégrée dans la lumière du Christ.
Je crois profondément que le seul Ennemi véritable est en effet Satan, le diviseur, et que tout ce qui en moi résiste à la grâce est appelé à être transfiguré. Loin de nourrir une dualité intérieure malsaine, je cherche au contraire à retrouver une unité. Mais c’est un chemin long, et parfois douloureux, surtout en ce moment
Les commentaires de Saint Cyprien sur le « Notre Père » dans les lectures du jour arrive à point d’ailleurs
Mon « enfant » n’est pas encore dans la grâce, mais la grâce l’enveloppe.
Je sens que l’Esprit Saint est à l’œuvre, doucement, patiemment.
Mais je reconnais que ce travail intérieur ressemble parfois à une descente dans les enfers — ces enfers que le Christ lui-même est allé visiter.
Je vous remercie donc pour votre parole, car elle m’aide à rester vigilant et humble. Et je vous rassure aussi : tout ce que je vis reste dans un cadre lucide, priant, et soutenu par l’espérance.
Fraternellement en Lui,







