Olivier JC a écrit : ↑lun. 16 juin 2025, 18:06
... je suis un peu perplexe par les verbes que vous employez et qui me semblent faire état de règles en contradiction avec les canons que j'ai évoqués précédemment.
Y a-t-il des règles spécifiques s'agissant de la première réception de la Sainte Communion pour un adulte n'ayant reçu que le baptême en bas âge ?
Vos références canoniques s'appliquent aux enfants, et comme vous le faites justement remarquer : Lithopédion n'est pas un enfant. Il n'entre donc pas dans le cadre que vous proposez.
Alors ne nous enfermons pas dans la surinterprétation ou sous-interprétation de la loi puisque celle-ci est faite pour l’homme et non l’inverse !
Ce qui suit est à destination de tout lecteur et ne vise personne en particulier.
Une catéchèse n'a pas pour seul but d'apprendre à devenir croyant, ou d'être "en règle", mais aussi de vivre les sacrements en communauté.
C'est parce que nous sommes en communion avec le Christ-Tête
ET le Christ-Corps (l'Église Peuple de Dieu) que nous pouvons communier aux espèces; c'est pourquoi un protestant ne le peut pas tout en étant chrétien ou tout catholique qui n'est pas en pleine communion avec l'Église.
Et comme ce n'est pas l'homme qui est fait pour la loi, un prêtre peut autoriser à adapter la forme de la catéchèse au futur communiant (sans omettre au préalable de traiter la question avec le doyen ou le vicaire épiscopale, puisque le prêtre n'est pas l'évêque et son lien particulier avec le catéchumènat).
Période de catéchèse durant laquelle on peut assister à la messe sans communier aux espèces mais tout en communiant, selon ce qu'on nomme communément "la communion de présence". C'est la raison pour laquelle tout catéchumène avance les bras croisés sur la poitrine pour recevoir la bénédiction de l'Église. Je dis cela sans provocation aucune, mais dans ma paroisse c'est ainsi que communierait Lithopédion en attendant sa première communion (acte communautaire avant d'être personnel) après la première année; temps d'attente dont l'impatience participe aussi à la compréhension de Celui qu'on s'apprête à recevoir.
Concernant les espèces Eucharistiques, l'Église demande - si on n’a pas fait sa première communion - de suivre une préparation pour recevoir dignement le Christ
avec une conscience éclairée, dans un cœur bien disposé et réconcilié avec Dieu.
Par comparaison, c'est le même principe que vont recevoir des mariés éloignés de l'Église par trois rencontres de préparation avec celui qui va présider et bénir leur mariage.
Profitons de l'occasion pour rappeler les conditions pour communier (aux espèces):
- Avoir fait sa première communion ; [NdA : et le verbe employé est péremptoire sur tout site catholique]
Savoir qu’on va recevoir le Christ et désirer le recevoir ;
Être à jeun depuis une heure au moins ; [NdA : chewing-gum inclus]
Ne pas avoir commis consciemment et librement un péché portant sur une matière grave ;
Avoir une vie cohérente du point de vue des autres sacrements.
En accord avec la dernière condition, c'est pourquoi un adulte ne fait pas seulement une préparation à la première communion mais suit généralement un catéchuménat qui va le mener jusqu'à la Confirmation. (pour mon diocèse, +230 confirmands adultes à la Pentecôte lors d'une célébration à la cathédrale).
Et pour anticiper aux besoins de conformités à la lettre, la conscience éclairée ramène aux articles 1783 à 1785 du catéchisme : la formation des consciences.
(Merci aux prêtres étudiants, doctorants en théologie ou droit Canon, que nous envoient leurs évêques et qui logent au presbytère pour tout ce qu'ils m'ont apporté ).