Bonjour Mikess,
Pour le lien je suis désolé, je ne suis pas parvenu à contourner l’obstacle.
Mais si vous allez sur le site
www.christ-roi.net, dans la bibliothèque, et recherchez les oeuvres de monseigneur de Ségur, vous en trouverez une sur l’enfer : c’est la bonne.
Concernant la co-rédemption de Marie, je m’attendais à autre chose car vous parliez de péché originel or rien ne l’évoque dans votre citation qui « tourne autour » du dogme et en donne des applications/méditations mais ne contient rien de déterminant pour fixer un dogme. Ce serait une façon certes de le propager s’il existait, mais c’est insuffisant pour l’établir.
mikesss a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 10:06
Les arguments avancés me semblent tout de même très faibles, voire même irrecevables, et de plus ne font aucun cas des textes antérieurs qui soutenaient le contraire; il n'essaye même pas de répondre aux objections qu'ils posent.
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais je trouve cette déclaration du pape François très dangereuse dans la forme (elle laisse à penser que la morale est évolutive au cours du temps) et peu convaincante sur le fond (je viens de relire la lettre qu'il a écrite au présidente de la commission internationale contre la peine de mort (lettre qui a été à l'origine du changement dans le catéchisme et qui révèle son raisonnement) et non seulement ses arguments me semblent très légers, mais en plus il n'y a aucune réfutation des arguments de ses prédécesseurs qui disaient exactement le contraire). Je pense qu'il a au mieux, manqué de prudence sur ce coup là.
Il me semble bon de lire aussi ceux qui se sont opposés à cette peine quand elle était en vigueur en pleine ère chrétienne. Je pense notamment à Victor Hugo, qui en fut un farouche opposant et à son œuvre « le dernier jour d’un condamné » qui vaut lecture y compris et surtout sa préface (pour une seconde édition) où il exposa tous ses arguments contre celle-ci (car combien de claviers modernes sont à la hauteur d’une telle plume ?)
Si maintenant vous voulez des références plus « sérieuses » qui défendent son abolition, à savoir dans l’Ecriture Sainte, je ne suis pas le pape mais je vous invite à reprendre le livre des proverbes et notamment 2 passages :
Proverbes (28- 17) : « un homme coupable de meurtre fuira jusqu'à la tombe : qu'on ne l'arrête pas ! » qui lui-même ouvre une porte de compréhension sur ces deux étonnants versets qui semblent s’opposer à la peine de mort : (Proverbes, 24 : 11-12) ) « délivre ceux qu'on envoie à la mort, ceux qu'on traîne au supplice, puisses-tu les sauver ! Diras-tu : "Voilà ! nous ne savions pas ?" Celui qui pèse les cœurs ne comprend-il pas ? Alors qu'il sait, lui qui a façonné ton âme ; c'est lui qui rendra à l'homme selon son œuvre. ».
mikesss a écrit : ↑jeu. 06 mars 2025, 10:06
Je pense pour ma part m'arrêter là dans cette discussion qui est pourtant passionnante, car elle n'a plus rien à voir (sinon que de très très loin) avec le sujet original. Si vous souhaitez que nous continuions, je vous propose pour cela de créer un autre fil.
Je vous souhaite un bon Carême.
Oui, je pense comme vous, et je ne vais donc pas relancer les sujets, en l’occurrence il y en a plusieurs mais puisque saint Thomas (un sujet à lui tout seul…) est votre référent fétiche, concernant l’intuition, certes il l’affecte à l’intelligence, mas surtout il lui donne la priorité quant à la connaissance de la vérité (questions 58 article 4 solution 1, 64 article 2 réponse, en plus de votre citation, e til y en aurait sûrement d’autres…) or il l’oppose en cela d’une certaine manière par sa simplicité à notre raison humaine et faillible (en particulier question 59 solution 1).
Et donc le chemin que j’indiquais, en passant par le taoïsme, parce que notre humanité appuie ces puissances sur le corps (qui produit des images) est une façon de séparer cette intelligence de la raison et de l’isoler pour qu’elle ne connaisse pas l’erreur.
Je cite en support l’article 3 de la question 70 : « En revanche, il est une activité de l’âme qui ne s’exerce pas par l’intermédiaire du corps, bien que le corps lui apporte un certain concours : ainsi est-ce le corps qui fournit à l’âme humaine les images dont elle a besoin pour faire acte d’intelligence. Il est donc nécessaire aussi pour cette âme d’être unie à un corps en raison de son opération, encore qu’il lui arrive d’en être séparée »
Et par conséquent le corps a un rôle non négligeable, et il intervient dans l’intuition qui est toujours juste et pour la dépolluer des raisonnements.
Ainsi, la psychanalyse a-t-elle échoué dans certaines guérisons là où des thérapies plus modernes faisant appel au psychocorporel arrivent à des résultats. Car le corps, quand il est reconduit dans sa vérité, peut produire l’image juste quand l’équivalent manque à l’esprit (à cause de traumatismes, refoulements, etc. mais aussi à travers le surmoi : éducation, habitus, etc.) et cela n’agit pas que sur les affects, mais aussi l’intelligence et donc les pensées, etc.
Le taoïsme et beaucoup d’expressions de sagesse orientales (notre religion elle-même ne vient-elle pas d’orient ?) connaissaient bien mieux que « nous », qui avons exacerbé le rôle donné à la raison, des vérités que nous avons redécouvertes à leur contact.
Ainsi « selon S. Augustin, la vision prophétique n’est pas offerte aux yeux du corps sous des formes corporelles : elle est présentée à l’esprit sous les images spirituelles de réalités corporelles » car « chez nous, la distinction entre l’intellect agent et l’intellect possible se prend par rapport aux images, qui sont à l’intellect possible ce que les couleurs sont à la vue, tandis qu’elles sont à l’intellect agent ce que les couleurs sont à la lumière, comme le montre Aristote. »
N’oubliez pas encore l’importance reconnue par Thomas du monde « physique » pour l’intelligence : « La lumière de l’intelligence angélique est plus intense que la lumière de l’intellect agent de notre âme. Or, celle-ci abstrait les espèces intelligibles en les tirant des images. La lumière de l’intellect angélique peut donc abstraire des espèces, même à partir des choses sensibles ; et par conséquent rien n’empêche que l’ange connaisse intellectuellement par des espèces tirées des choses. »
Même si « le sens ne saisit pas les essences des choses, mais seulement les accidents extérieurs. De même, l’imagination ne saisit que les images des corps. Seule l’intelligence saisit leurs essences. Aussi, Aristote dit-il que l’objet de l’intelligence est ce qu’est la chose, et que, dans ce domaine, jamais elle ne se trompe, pas davantage que le sens relativement à son sensible propre. Les essences des choses matérielles ne sont donc pas dans l’intelligence de l’homme et dans celle de l’ange selon leur être réel, mais à la manière dont le connu est dans le connaissant. Cependant, certaines choses sont dans l’intelligence ou dans l’âme selon ces deux manières d’être. Dans l’un comme dans l’autre cas, il y a vision intellectuelle. »
Si à l’époque de Thomas (Aristote and co…) l’inconscient était encore inconnu, il n’en était pas moins agissant et il en a donc eu une certaine « intuition » :
« Ce qui est le plus manifeste dans la nature doit l’être aussi pour les anges, qu’ils soient bons ou mauvais. Le fait qu’il n’en est pas ainsi pour nous vient de la faiblesse de notre intelligence, qui ne connaît qu’à partir des images : c’est ainsi que la faiblesse de sa vue empêche le hibou de voir le soleil.
Ce qui est le plus évident en soi nous est caché parce qu’il est hors de proportion avec notre intelligence, et non pas seulement parce que notre intelligence tire ses idées des images. »
Le problème, c’est que tout cela est exprimé par lui et les autres intellectuellement, alors que la vérité est un fait d’expérience quand il s‘agit d’en vivre, et qu’en vivre se fait autrement qu’en raisonnant (la psychanalyse l’avait déjà compris en pratiquant l’association d’idées pour essayer de débrancher la raison).
Je voulais juste clarifier ce point, et réconcilier ainsi 2 choses qu’on oppose toujours, en utilisant pour cela votre propre référent. Car il est faux de situer l’aiguillon de la concupiscence (la grande responsable !) dans le corps, elle n‘y est que parce qu’elle y a été implantée par l’esprit de l’homme, et une des meilleures façons de chasser ce que cet esprit avait de mauvais est de repartir du corps, en ce qu’il peut s’en défaire plus facilement que l’esprit et ainsi offrir à l’intelligence/intuition un support sain (c’est Satan qui donne l’illusion du contraire pour nous égarer) si on fait l’effort de lui rendre son autonomie en pleine conscience.