Ombiace a écrit : ↑mar. 31 déc. 2024, 12:03
Alors, que pensez vous que puisse être la monnaie d'échange dans le Royaume ?
Je dois reconnaitre que j’admire chez vous cette façon que vous avez de « retomber sur vos pattes » avec une question pertinente…
Ceci dit, aussi intimidante qu’elle soit, celle-ci ne demande pas une grande réflexion pour répondre que c’est le Saint-Esprit, lequel peut se transformer en Charité à travers chacun d’entre nous, ce qui a fait dire à nos théologiens et depuis St Paul que la charité est supérieure à la foi et l’espérance.
Mais en réalité, cette « supériorité », revue par nos théologiens pour certains préférés, correspond à une certaine tournure d’esprit car on pourrait tout aussi bien considérer qu’ici-bas, foi et espérance sont bien plus nécessaires et donc « supérieures » pour nous protéger des tentations du monde.
Et je ne suis pas sûr que de ce débat pour le coup « supérieur » ne sorte pas celui que vous avez évoqué entre la foi et les œuvres qui n’en est qu’une émanation parfois pestilentielle quand elle se mord la queue.
Le plus curieux, c’est que cette « supériorité » de la charité est fort défendue par ceux-là même qui, sous un autre fil ("Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.") et en ce moment même, défendent la supériorité de l’Eglise sur les autres voies d’éventuel salut. Car cette supériorité repose sur la foi et l’espérance, la charité (implicite en somme) étant ce qui reste aux non-baptisés pour être sauvés !
Comme quoi une certaine « culture » (dois-je ajouter traditionnelle ?) cultive parfois des contradictions inutiles et qu’elle ne veut pas voir…
Trinité a écrit : ↑mar. 31 déc. 2024, 14:19
Dans la façon de s'exprimer de Luc ,il me semble qu'il y a une réciprocité identique , à la capacité initiale donnée à l'homme de Matthieu...
Je le pense aussi et j’en vois le signe dans Luc puisqu’il y a 10 serviteurs à qui on remet la même chose, mais le récit de leur compte-rendu/restitution ne fait état que de 3 comme chez Mathieu.
J’avoue (comme je l’exprimais déjà…) ne pas trop aimer aborder ainsi par d’étroites lorgnettes une parabole (mais précisément cela me mortifie… donc me « fait du bien ») car du coup me semble-t-il on ne peut pas vraiment en déployer toute la richesse, on est obligé de l’amputer…
La richesse de celle de Luc est largement supérieure grâce à cette couronne que va chercher le maître ailleurs et à tout ce que cela ajoute dans un autre contexte (et ceux qui refusent qu’il « règne sur eux » mais dans un « ici »…) Il me semble ainsi qu’y voir l’évocation des « responsabilités que Dieu nous donne », désolé Fée Violine, c’est grandement limiter la signification de celle de Luc qui nous parle de bien plus…
Je pense mon cher Ombiace avoir ainsi répondu à une partie de vos questions (foi/oeuvres), l’autre me semblant très bateau, excusez-moi : évidemment que la foi est une grâce. C’est un peu le risque de faire ainsi « de feu de tout bois », que d’enfoncer des portes ouvertes, non ?