cmoi a écrit : ↑sam. 08 févr. 2025, 5:11
Catholique Zombie a écrit : ↑ven. 07 févr. 2025, 13:19
L'idée étant qu'il serait bien mal d'agir même pour une
bonne cause apparente, si s'appuyant que sur sa volonté propre au lieu d'être soucieux de la volonté divine.
Il n'y aurait pas de raisons spéciales non plus mais pour penser qu'un Judas aurait pu vouloir mal agir à ses propres yeux. Ce serait forcé sur le pain bénit : vouloir mordicus faire de Judas une sorte de monstre extraordinaire et comme mu uniquement par de bas motifs inavouables. C'est l'idée du message de cmoi grosso modo.
C’est bien vu. Si Judas est resté avec Jésus, c’était librement. Mais la vision temporelle du Messie ne l’avait pas quitté et l’ayant vu ressusciter des morts etc,, il ne voyait pas de conséquences néfastes à mettre ce dernier au pied du mur pour qu’il devienne ce que lui croyait qu’il devait être.
Ceci indépendamment du fait qu’il pouvait dans ce contexte n’être pas devenu aussi saint qu’il l’aurait dû compte tenu de l’enseignement reçu.
Oui, mais dans ce cas, il aurait bien agit de bonne foi et non pour la bonne cause. ou alors il y a quelque chose qui m'échappe.
Judas reste avec Jésus librement, et pense en toute sincérité que Jésus est venu pour un règne temporel et agit pour le pousser à "accélérer les choses". Or, le pseudo règne temporel n'est pas une bonne cause, puisque ce n'était pas la volonté de Dieu. en revanche, il est possible que Judas ait agit de Bonne foi en pensant sincèrement que c'est ce qu'il y avait de mieux à faire.
Pour ma part, je pencherai plutôt pour l'explication qui consiste à dire qu'à force de voir Jésus échapper aux tentatives de mise à mort, il s'est dit que c'était une moyen facile de se faire un peu d'argent et que Jésus leur échapperai comme d'habitude.
Mais de toute façon, quelle qu'aie été l'intention de Judas, son acte étant monstrueux par lui-même, ça n'en ferai qu'une circonstance aggravante ou atténuante et ça ne changerait pas la nature du péché en lui-même (sauf à considérer que Judas ne savait pas que c'était mal, mais bon, je trouve ça un peu gros.)
cmoi a écrit : ↑sam. 08 févr. 2025, 5:11
Catholique Zombie a écrit : ↑ven. 07 févr. 2025, 10:37
L'absurdité réside dans le fait qu'une telle idée contredit aussi bien le Nouveau Testament que la pratique de l'Église et son entendement traditionnel sur le sujet.
Vous avez tout à fait raison, la perdition de Judas ne peut se décider que sur ces 2 bases, et raison d’évoquer en particulier la première.
A son égard, il y a 2 objections :
- 1> Jésus a aussi déclaré qu’il ne connaissait pas l’heure du jugement dernier, alors qu’en tant que Dieu il la connaissait. Ses propos que nous pouvons interpréter comme évoquant la damnation de Judas suppose qu’il les ait dits en tant que Dieu, et non qu’homme. Or rien n’est moins sûr. Jésus avait parfois un langage extrême (appeler Pierre « Satan », dire « je ne vous ai pas connu » à ceux qui auront prêché pour lui, etc.) pour « secouer ».
Petite réponse à l'objection N° 1:
La nature divine de Jésus est indissociable de sa nature humaine, Jésus ne parle pas en tant qu'homme à certains moments et en temps que Dieu à certains autres. D'après St Thomas d'Aquin, à cette instant, il parle surtout en tant que 2ème personne de la Saint Trinité, l'heure du jugement dernier incombant au Père.
Quant à traiter St Pierre de Satan, il s'agit certes d'un terme assez fort, mais qui présente une réalité, celle que la proposition de St Pierre émanait de Satan.
En fait, Jésus ne mentant pas, si on ne veut pas prendre au 1er degré ce qu'il dit il faut trouver une explication dans un sens second. Je ne pense pas que le fait de vouloir marquer les esprits soit une raison pour dire quelque chose de faux.
cmoi a écrit : ↑sam. 08 févr. 2025, 5:11
2> Si vraiment l’Eglise avait compris ce propos comme vous, pourquoi aurait-elle à ce point réfléchi à la chose selon d’autres considérations plus théologiques, au point aujourd’hui de considérer que ce n’est pas sa trahison mais son suicide qui en serait la cause ? Or elle reste encore au conditionnel...[/list]
Concernant le suicide, la position de l’Eglise a évolué et s’est éloigné de l’idée phare qu’attenter à sa vie reçue de Dieu était commette la pire offense point à la ligne.
Ainsi, un catho résistant qui se suicidait pendant l’occupation pour ne pas « donner » ses camarades sous la torture, était-ce légitime de l’envoyer en enfer ? Il y a des héroïsmes antagonistes et lequel est le bon ?
Un jeune qui s’est fait violer, inceste ou par un prêtre, qui se suicide parce qu’il ne supporte pas la découverte qu’un tel mal est possible ici-bas, peut-on lui prêter l’intention de la théologie ?
Etc.
- Or nous ne connaissons rien "officiellement" du reste de la vie de Judas, non plus de son for interne, alors...
Petite réponse à l'objection n° 2
Le fait de réfléchir sur la faute de Judas n'est aucunement incompatible avec le fait de penser qu'il est damné. Et vous avez raison, il ne s'agit pas non plus d'un élément de Foi. C'est le principe de la Tradition de l'Eglise: on a les Ecritures sainte et la Tradition de l'Eglise continue de les étudier, d'affiner sa compréhension de celles ci. C'est exactement ce qu'il s'est passé pour le dogme de l'Immaculé Conception.
D'autre part, le suicide reste interdit par l'Eglise, quel que soit le contexte. le fait, là encore, que ce soit fait avec une intention louable n'y change rien; la fin ne justifie pas les moyens. dans le cas de votre résistant, il n'a pas à faire ça. Idem pour celui qui s'est fait violer. Je ne présume pas du salut d'une personne qui ferait ça, mais l'acte en lui-même reste peccamineux.
Enfin, totalement d'accord sur le fait qu'on ne connait pas le for intérieur de Judas. la croyance selon laquelle Judas est damné est uniquement basé sur les Saintes Ecritures.