Jésus et les goûts
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Jésus et les goûts
Bonjour à tous.
Je n'en finis pas de m'interroger, mais cette fois-ci, sur un registre un peu matériel.
Voici une question à laquelle je suis bien en peine d'apporter réponse (si cela vous interpelle aussi, ou si vous avez des éléments de réponse..) :
En tant que personnage publique et que médiateur, sans se montrer mondain, je me dis que Jésus devait cependant cultiver une accessibilité pour réagir favorablement à la réception d'un éventuel cadeau, ou comme invité dans une fête. Ainsi, à votre avis, était il "bon public", faisait il bon accueil à toutes sorte de cadeaux, ou de plats dans une fête ? Se serait il permis d'exprimer qu'un cadeau ou un plat ne soit pas à son goût, alors que l'intention aurait été de lui faire plaisir ?
Quelle priorité aurait il donné, entre exprimer une éventuelle aversion pour un présent, (et ce faisant refléter son ressenti en vérité sans le moduler) d'une part, et par ailleurs, le souci de ne pas blesser ?
Ou bien, en corollaire, et pour caricaturer ma question, est il plausible que Jésus soit venu dans l'incarnation avec la faculté d'aimer les pommes de terre cuites à l'huile de foie de morue ?
Je n'en finis pas de m'interroger, mais cette fois-ci, sur un registre un peu matériel.
Voici une question à laquelle je suis bien en peine d'apporter réponse (si cela vous interpelle aussi, ou si vous avez des éléments de réponse..) :
En tant que personnage publique et que médiateur, sans se montrer mondain, je me dis que Jésus devait cependant cultiver une accessibilité pour réagir favorablement à la réception d'un éventuel cadeau, ou comme invité dans une fête. Ainsi, à votre avis, était il "bon public", faisait il bon accueil à toutes sorte de cadeaux, ou de plats dans une fête ? Se serait il permis d'exprimer qu'un cadeau ou un plat ne soit pas à son goût, alors que l'intention aurait été de lui faire plaisir ?
Quelle priorité aurait il donné, entre exprimer une éventuelle aversion pour un présent, (et ce faisant refléter son ressenti en vérité sans le moduler) d'une part, et par ailleurs, le souci de ne pas blesser ?
Ou bien, en corollaire, et pour caricaturer ma question, est il plausible que Jésus soit venu dans l'incarnation avec la faculté d'aimer les pommes de terre cuites à l'huile de foie de morue ?
- Olivier JC
- Tribunus plebis

- Messages : 1348
- Inscription : mer. 16 avr. 2008, 23:57
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Re: Jésus et les goûts
Bonjour,
Je n'ai pas de réponse immédiate à cette interrogation, au demeurant intéressante comme tout ce qui touche à la personne de Notre Seigneur.
Il me semble qu'il serait pertinent de rechercher comment se comportait à cet égard les israéliens pieux, puisqu'en son Humanité, Notre Seigneur a été élevé et éduqué dans ce milieu par la S. Vierge et S. Joseph. J'ignore si les données disponibles ont pu permettre des études anthropologiques à ce sujet ?
Il se trouve certainement dans le Livre des Proverbes quelques aphorismes sur le sujet ?
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Je n'ai pas de réponse immédiate à cette interrogation, au demeurant intéressante comme tout ce qui touche à la personne de Notre Seigneur.
Il me semble qu'il serait pertinent de rechercher comment se comportait à cet égard les israéliens pieux, puisqu'en son Humanité, Notre Seigneur a été élevé et éduqué dans ce milieu par la S. Vierge et S. Joseph. J'ignore si les données disponibles ont pu permettre des études anthropologiques à ce sujet ?
Il se trouve certainement dans le Livre des Proverbes quelques aphorismes sur le sujet ?
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
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Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1889
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- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: Jésus et les goûts
"Israéliens",dites-vous,Olivier ? Un peu d'anachronisme,non ? Je dirais plutôt Palestiniens ou Judéens ,concernant les Juifs compatriotes du Christ.
Re: Jésus et les goûts
Cher Ombiace,
je vais vous faire une réponse pas très fine :
- Tous les êtres humains ont des préférences particulières
- Or, Jésus-Christ était un être humain
- Jésus-Christ avait donc des préférences particulières.
Mais l'on peut aussi multiplier les syllogismes sur le même modèle. Par exemple
- Jésus-Christ n'a jamais péché
- C'est un péché que de se montrer impoli sans raison
- Jésus-Christ ne s'est donc jamais montré impoli sans raison.
Le fond de la question, cependant, me semble lié à la question de la mondanité. Parfois il est bon de se montrer aimable, parfois non. J'en déduis, au moyen du même modèle syllogistique abrégé, que Jésus-Christ s'est parfois montré aimable, parfois non. De nos jours, utiliserait-il les émoticônes?
je vais vous faire une réponse pas très fine :
- Tous les êtres humains ont des préférences particulières
- Or, Jésus-Christ était un être humain
- Jésus-Christ avait donc des préférences particulières.
Mais l'on peut aussi multiplier les syllogismes sur le même modèle. Par exemple
- Jésus-Christ n'a jamais péché
- C'est un péché que de se montrer impoli sans raison
- Jésus-Christ ne s'est donc jamais montré impoli sans raison.
Le fond de la question, cependant, me semble lié à la question de la mondanité. Parfois il est bon de se montrer aimable, parfois non. J'en déduis, au moyen du même modèle syllogistique abrégé, que Jésus-Christ s'est parfois montré aimable, parfois non. De nos jours, utiliserait-il les émoticônes?
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
- Olivier JC
- Tribunus plebis

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Re: Jésus et les goûts
Erreur de ma part, c'est le terme israélite que j'avais en tête...
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
Re: Jésus et les goûts
Merci Olivier, je ne suis malheureusement pas fort érudit, ni chercheur dans les documents anciens.Olivier JC a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 9:23 Bonjour,
Il me semble qu'il serait pertinent de rechercher comment se comportait à cet égard les israéliens pieux, puisqu'en son Humanité, Notre Seigneur a été élevé et éduqué dans ce milieu par la S. Vierge et S. Joseph. J'ignore si les données disponibles ont pu permettre des études anthropologiques à ce sujet ?
Il se trouve certainement dans le Livre des Proverbes quelques aphorismes sur le sujet ?
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Je me dis cependant qu'il ne me semble pas assuré que Jésus ait observé les mêmes comportements que les juifs de son temps en la matière
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Altior
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Re: Jésus et les goûts
Bonjour, mes amis !
Bon, si on parle d'anachronismes...
-la majeure : Jésus Christ est né avec toutes les facultés d'aimer
-la mineure : mais le pommes de terre imposent de les aimer.
Donc, Jésus Christ est né avec la faculté d'aimer les pommes de terre. QED.
Bon, si on parle d'anachronismes...
Néanmoins, si on parle de syllogismes, voici encore un qui pourrait être utile :
-la majeure : Jésus Christ est né avec toutes les facultés d'aimer
-la mineure : mais le pommes de terre imposent de les aimer.
Donc, Jésus Christ est né avec la faculté d'aimer les pommes de terre. QED.
Re: Jésus et les goûts
Vous parlez, cher Prodigal, en terme de préférence.prodigal a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 10:35 Cher Ombiace,
je vais vous faire une réponse pas très fine :
- Tous les êtres humains ont des préférences particulières
- Or, Jésus-Christ était un être humain
- Jésus-Christ avait donc des préférences particulières.
Mais l'on peut aussi multiplier les syllogismes sur le même modèle. Par exemple
- Jésus-Christ n'a jamais péché
- C'est un péché que de se montrer impoli sans raison
- Jésus-Christ ne s'est donc jamais montré impoli sans raison.
Le fond de la question, cependant, me semble lié à la question de la mondanité. Parfois il est bon de se montrer aimable, parfois non. J'en déduis, au moyen du même modèle syllogistique abrégé, que Jésus-Christ s'est parfois montré aimable, parfois non. De nos jours, utiliserait-il les émoticônes?![]()
Il me semble cependant qu'il se trouve rarement un humain dont les goûts particuliers ne comportent pas un ou plusieurs sujets de réticences.
Je me suis parfois demandé pourquoi le Seigneur avait choisi un ânon pour son triomphe.
Y a t il faute de goût, selon vous ?
L'animal avait il été choisi pour "incarner" l'humilité du Seigneur ?
Parce que "l'honneur" du Seigneur, dans un triomphe particulièrement, aurait pu être de "chevaucher" un animal qu'il aurait été le premier à monter ?
Bref, a t il choisi cet ânon par défaut, plutôt qu'un autre animal ?
C'est aussi mon impression
C'est bien ma question reformulée.prodigal a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 10:35 Le fond de la question, cependant, me semble lié à la question de la mondanité. Parfois il est bon de se montrer aimable, parfois non. J'en déduis, au moyen du même modèle syllogistique abrégé, que Jésus-Christ s'est parfois montré aimable, parfois non. De nos jours, utiliserait-il les émoticônes?
En gras (j'ai pris cette liberté), ce qui me chiffonne encore, bien que cela me rappelle Mt 7,
Ces personnes et Jésus se sont manifestement fréquentées, mais peut-être (?) uniquement superficiellement, de façon mondaine.23 Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Cela semble indiquer que nous n'aurons pas la réponse à mon questionnement, si vraiment on peut interpréter ce passage scriptural comme le fait que Jésus lui-même avait de l'audience auprès des mondains, ce qui pouvait peut-être le faire confondre avec l'un d'eux.
Il ne semble en effet pas développer davantage ce qui motive sa phrase, celle précédemment citée..
- Olivier JC
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Re: Jésus et les goûts
Ce que je voulais dire, c'est que la connaissance du milieu peut orienter la réflexion.
Par exemple, pour la nourriture, j'ai eu pour ma part une éducation qui était, je crois, assez commune quelques décennies en arrière, où il s'agit de manger ce qu'il y a dans son assiette sans ronchonner, sous peine de s'en voir resservir une louche, ne pas terminer le contenu de son assiette n'étant pas une option. Comment cela se passait-il communément à cette époque, sachant que l'éventail gastronomique devait être sensiblement plus réduit.
Ou encore pour les cadeaux. Quant était-il d'usage d'en faire ? Comment devaient-ils être reçus ? Il est des cultures, en Asie par exemple, où il est impoli d'ouvrir son cadeau devant le donataire, et où prime donc le fait de recevoir un cadeau et non le cadeau lui-même.
Pour le dire autrement, je ne pense pas que Notre Seigneur ait été concerné par l'attitude à avoir si son cadeau de Noël ne lui plaisait pas, puisque je pense pouvoir affirmer sans risque d'être contredit qu'il n'en recevait aucun de cet ordre...
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
Re: Jésus et les goûts
Merci pour cette imparable démonstration, cher Altior. Les mots me manquentAltior a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 14:44 Bonjour, mes amis !
Bon, si on parle d'anachronismes...
Néanmoins, si on parle de syllogismes, voici encore un qui pourrait être utile :
-la majeure : Jésus Christ est né avec toutes les facultés d'aimer
-la mineure : mais le pommes de terre imposent de les aimer.
Donc, Jésus Christ est né avec la faculté d'aimer les pommes de terre. QED.
Re: Jésus et les goûts
Nous sommes d'accordOlivier JC a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 16:05 Ce que je voulais dire, c'est que la connaissance du milieu peut orienter la réflexion.
On pourrait dire qu'il reçu la myrrhe, l'or et l'encens, mais à un âge où communément les enfants ne vivent qu'au travers de leur mère. Comment a t il pu apprécier ces présents, sinon que par la sensation de "bonnes ondes", bien intentionnées ? Peut-être ces présents impersonnels reflétaient ils à leur manière que les mages ne savaient pas quoi offrir, réduits peut-être à se questionner dans le sens de ce fil. Ne donne t on pas de l'argent, lorsqu'on ne sait pas quoi offrir ?Olivier JC a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 16:05 Pour le dire autrement, je ne pense pas que Notre Seigneur ait été concerné par l'attitude à avoir si son cadeau de Noël ne lui plaisait pas, puisque je pense pouvoir affirmer sans risque d'être contredit qu'il n'en recevait aucun de cet ordre...
Plus généralement, sans que l'idée soit de faire un tabou, je me demande si les goûts de Jésus ne sont pas sciemment passés sous silence dans les Ecritures, peut-être (?) de manière à ne pas faire une idole de Notre Seigneur.
- Olivier JC
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Re: Jésus et les goûts
Sur ce point, je suis plutôt d'avis de considérer qu'être attentif aux moindres frémissement de la sensibilité est quelque chose de très contemporain, et que si les écrivains sacrés ne se sont pas souciés de rapporter si Notre Seigneur préférait manger du poisson grillé ou du la viande séchée, c'est qu'ils n'en avaient strictement rien à f...
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MOTUS IN FINE VELOCITOR
Re: Jésus et les goûts
... à faire, bien possible..Olivier JC a écrit : ↑jeu. 19 déc. 2024, 19:47Sur ce point, je suis plutôt d'avis de considérer qu'être attentif aux moindres frémissement de la sensibilité est quelque chose de très contemporain, et que si les écrivains sacrés ne se sont pas souciés de rapporter si Notre Seigneur préférait manger du poisson grillé ou du la viande séchée, c'est qu'ils n'en avaient strictement rien à f...
Mais pourquoi mon idée, celle de mon message que vous citez, selon laquelle cela pourrait constituer un écueil pour s'approcher de Dieu, serait elle inappropriée ?
Il se trouve en tout cas que j'ai peut-être cette faiblesse, si ç'en est vraiment une, de ne pas me satisfaire de ce que les écrivains nous ont laissé comme informations.
Je ne suis d'ailleurs pas certain que ces écrivains visaient à verrouiller ces futurs disciples que nous sommes dans un moule insipide, et à ne tenir aucun compte de ce type de sensibilité.
Et pourquoi pas le contraire, de manière à aiguiser la faim et la soif de le connaître ?
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Trinité
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Re: Jésus et les goûts
Bonsoir Ombiace
Il n'y a pas grand chose à ma connaissance, dans les écritures, sur les goûts de Jésus .
Si ce n'est qu'il buvait du vin , puisque les pharisiens le traitait d'ivrogne...et aussi, à la cène :
Puis , ayant reçu une coupe, il rendit grâce et dit " Prenez ceci et pertagez entre vous ; car je vous le dis , je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu"
D'autre part, il mangeait du poisson.
Il n'y a pas grand chose à ma connaissance, dans les écritures, sur les goûts de Jésus .
Si ce n'est qu'il buvait du vin , puisque les pharisiens le traitait d'ivrogne...et aussi, à la cène :
Puis , ayant reçu une coupe, il rendit grâce et dit " Prenez ceci et pertagez entre vous ; car je vous le dis , je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu"
D'autre part, il mangeait du poisson.
Re: Jésus et les goûts
Bonsoir cher Trinité
Je crois que nous sommes tous ex aequo sur ce constat. Cela réduit à l'humilité, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Perso, une sorte de frustration en plus, qui m'amène encore à m'interroger : Serai je à la hauteur de son avènement, moi, pécheur ?
J'apprécie votre participation.
Je crois que nous sommes tous ex aequo sur ce constat. Cela réduit à l'humilité, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Perso, une sorte de frustration en plus, qui m'amène encore à m'interroger : Serai je à la hauteur de son avènement, moi, pécheur ?
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