Altior a écrit : ↑dim. 17 nov. 2024, 0:49
À quoi sert la terre ? Nous voyons bien que la terre sert pour que les plantes poussent. Toutes les légumes et les fruits ont besoin de terre. S'il n'y avait pas de terre, alors on n'aurait pas de pommes de terre ! Bon, maintenant, si la terre sert pour les plantes, la question qui se pose est : les plantes servent à quoi ? Eh bien, les plantes servent pour nourrir les animaux. Bien sûr, il y a des animaux qui se nourrissent avec d'autres animaux, tu sais que ceux-là s'appellent carnivores, à la différence des animaux qui se nourrissent avec des plantes, les herbivores. Néanmoins, s'il n'y avait pas de plantes, nous n'aurions aucun animal. À leur tour, les animaux servent à quoi ? Les animaux servent pour notre nourriture, par leur viande. Ils nous sont aussi utiles pour nous habiller, pour guider les aveugles, pour nous divertir, pour jouer avec. Donc, les minéraux comme la terre servent pour le monde végétal, qui lui-même sert pour le monde animal qui, à son tour, sert pour nous. Nous voyons que chaque ordre d'existence sert à quelque chose de supérieur, car les plantes sont supérieures aux minéraux, puisqu'elle sont vivantes. Les animaux sont supérieurs aux plantes, car ils ont des sens : ils voient, ils entendent. L' Homme est supérieurs aux animaux, car il a intelligence et conscience. Alors, les Hommes servent à quoi ? Sans doute, il doit exister quelque chose qui nous est supérieur, quelque chose d'un autre ordre.
Cette démonstration se suit avec plaisir, même avec quelques lacunes (les plantes ne servent vraiment qu’à nourrir les animaux ? Et leur action sur l’air que l’on respire, et pour fixer les sols, et pour abriter, et… n’y aurait-ll vraiment aucun animal (dont les déjections servent aussi d'engrais) sans les plantes ?
Bref, vous avez été plus loquace avec seulement les animaux : crainte des lobbies végétariens ?)
Mais le problème il survient dans votre question finale sur les hommes, là où vous étiez attendu.
En bon disciple de St Thomas, vous avez voulu aller plus loin que la Genèse pour qui l’homme est l’aboutissement de cette chaîne. Raison oblige ! Car croitre et se multiplier ce n’est que se servir soi-même, voire se desservir parfois après le péché. Mais avant ? Dieu a-t-il dit à l’homme de le servir ou semble-t-il qu’il l’ait fait ? Rejoindre Dieu à la brise du jour pour papoter, était-ce le servir ?
Ceci dit, c’était bien vu de jouer sur l’ambiguïté du verbe servir, et de passer d’un usage centré sur nous à un usage décentré sur le service à « quelque chose de supérieur » qui ne peut être que spirituel.
Il se sent pourtant une gêne de votre part pour aborder ce spirituel, une cachotterie et un manque de respect pour la question et ce qu’elle recelait d’existentiel, un désir de garder le contrôle.
Car le problème, il est dans votre « chute :
Altior a écrit : ↑dim. 17 nov. 2024, 0:49
Maintenant, tu sais déjà à quoi ça sert de vivre : ça sert à servir quelque chose de supérieur. Bon, ça reste à voir qu'est ce que c'est et comment on peut servir. Mon petit, tu aura tout une vie pour cela, mais il faut beaucoup apprendre !
Car il faut qu’il y ait une fin à cette chaîne pour qu’elle ait du sens, sans quoi vous montez vous montez vous montez en altitude, mais pour finir par chuter dans le vide !
Ainsi Dieu, qui ne sert personne, est-il bien un aboutissement, mais vous le cachez et le problème, c’est qu’il est Tout-Puissant et qu’il n’a donc besoin du service de personne ! C’est plutôt lui qui est au service de tout … et son/le Créateur.
La Genèse avait raison de s’arrêter à l’homme, pour ce qui est du monde visible. Et si depuis le péché il y a bien un service (missionnaire) à assurer pour Dieu, c’est face à une opposition et pour nos frères, cela reste en vase clos. Or pour qu’ils croient et servent Dieu qui peut très bien s’en passer – y compris pour Sa Gloire à quoi l’enfer participe.
« Servir » ne saurait être pour l’homme une finalité ontologique, désolé.
« Donner », autrement dit se priver, sans rien espérer en retour (car l’espoir d’une récompense n’offre aucune compensation, et rentrer dans le registre de la flatterie est bien trop « bas » ) donc sacrifier, pourrait en être une, mais pour le coup sans une source de resourcement qui nous « régénère » et purifie, on va à la mort et notre vie nous dessert au lieu de nous servir.
Bien sûr, l’homme ne saurait être l’aboutissement de ce à quoi sert la vie qui est en Dieu : je me passerai de démonstration sur ce point, le sens irait bien vers ce générateur et non vers nous.
Mais vous ne l’avez pas donné.
Je pourrai compléter mais je préfère vous laisser le faire. Qui sait ! Une heureuse surprise est toujours possible…