À propos de l'encyclique Dilexit nos

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ChristianK
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par ChristianK »

Cmoi a écrit : ChristianK a écrit : ↑Hier, 20:37C’est pourquoi il ne faut pas, en philo (comme dans le document), lier cœur et sacré cœur, il ne faut pas faire comme si tous les hommes avaient un cœur lié au sacré cœur.
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, ce genre de bavures se retrouve dans la tradition pastorale de l’Eglise à plein pot, et en particulier chez les traditionalistes. Et c’est exprès pour rappeler la souverainement de Dieu sur tous les hommes, les inciter à revenir vers leur Créateur comme s’il ne pouvaient y échapper.
Malentendu. Tradition pasto dans une perspective mystique oui. Pas tradition philosophique. Pas avec référence à Heidegger, si incroyablement confus

Ici le pape rejoint une démarche antique et solennelle, dont vous pointez une lacune. Et il la rejoint, lui le progressiste, et en cela il témoigne que sa foi et son amour de Dieu, son caractère missionnaire, ne sont en rien plus tièdes que ceux d’un tradi.
La référence au tradi me semble non pertinente car justement les dévotions particulières sont très tradies et prometteuses. C’est juste l’incohérence le problème, la fluidité pasto qui se prétend critique de la fluidité sociale alors qu’elle fait corps avec elle.
En fait on est entre 2, un aspect progressiste, on le voit avec référence à la génération défroquée (Certeau), et un aspect tradi; et cela recoupe ce qu’on sait du provincial jésuite Bergoglio qui avait remis de l’ordre en son temps dans certaines dérives horizontalisantes de la théologie de la libération dans la génération défroquée. Mais comme personne privée il est resté marqué par l’époque.

Vous qui prêchez ordinairement d’attendre, de laisser faire et de voir, …: oui, on peut changer les choses, mais ce ne sera pas par la voie intellectuelle qui est la vôtre
MA voie n’est nullement intellectuelle seulement, la dévotion au sacré cœur est un immense pas en avant dans la verticalité, mais juste incomplet, manquant de clarté, trop « fluide »

Car votre langage est aussi celui des tradis, qui n’ont rien changé à l’ambiguïté antérieure mais veulent la faire durer par crainte du changement.
Il est plus précis de dire : par cohérence. Et il y a aussi ceux qui ont peur du changement dans la direction tradie…
Mais surtout c’est pas le point de vue tradi, mais celui du caté de 92 sur l’âme, le salut des âmes etc.

. Pourquoi en refuser le droit au pape et donc au reste de l’Eglise ?
Je ne refuse rien, je montre certaines lacunes glissantes, parentes de la société « fluide », a-dogmatique ou anti-dogmatique, contre-apologétique, molle.

Oui il y a malentendu. Le sacré cœur est humain, mais la notion en est une de théologie mystique (son champ d’application) ; la notion n’a aucun sens, aucune valeur sans présupposition de la foi. Il est risible de parler de sacré cœur en philo. (ou en cardiologie).
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L’Eglise ne fait de la philo que comme soutien théologique ou pour l’apologie, laquelle n’a jamais converti personne…. Elle se moque à ce titre de la rigueur philosophique sur les mots que vous lui voudriez voir tenir, …Et souvent quand elle a voulu en faire, soit elle est devenue abstruse, soit obsolète et décalée (car le langage thomiste l’est).
Oh que non, St Thomas demeure docteur commun et Fides et Ratio (JP 2) a une section sur la « constante nouveauté de la pensée de St Thomas d’Aquin ». L’église cultive la philo, et il est évident qu’elle est distincte de la théologie et qu’il n’y a pas de sacré cœur en philo. Et pourquoi 2 références à Heidegger, la pensée molle, « fluide » ?

que prendre St Thomas comme référence de langage, c’est nier que son langage et ses définitions ne sont plus celles d’aujourd’hui,
Il est amplement cité dans le caté , dans le concile, et le concile exige les études dogmatiques sous la conduite de St Thomas…

Si on veut de l’émotion du cœur, il faut les compléments comme le dogme de la crainte de l’enfer comme don divin, la componction du cœur, la mortification du cœur, le sacrifice du cœur, le renoncement du cœur, l’élimination des ordures du cœur etc.etc. Bref il faut du cœur antimondain ou « dur » par un aspect, non seulement loin de toute miellosité et mièvrerie, mais cœur ARMÉ de contre-miellosité.
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Vous êtes en train de retomber dans vos marottes (qui sont hors sujet et du sujet de cette encyclique), et comme par hasard du coup vous acceptez et adopteriez le langage du pape que vous critiquiez !
Tout à fait mais dans un sens plus complet, qui n’ira pas dans le sens des émotions subjectives liées au consumérisme qu’on veut combattre; il s’agira d’émotions anticonsuméristes, antihédonistes, comme la crainte de l’enfer comme don divin (vérité dogmatique solennelle)

Or vous préférez chipoter en remplaçant « cœur des fidèles » par « l’âme des fidèles », mais sur le fond cela ne change rien ! voyons :
Ça change l’accent, on parle du salut des âmes, pas du salut des cœurs, la connotation est différente. Cela dit, le document a tout de même 32 références à l’âme.

aurait été beaucoup mieux de garder le cœur pour le sacré cœur et parler du, rapport du sacré cœur avec l’âme des fidèles.
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Bien sûr que « sans expérience et présence de grâce il ne peut pas y avoir accueil par le cœur, seulement croyance naturelle et philosophique …

Il n’y a rien là de mielleux ou de consumériste
Le consumérisme relève des émotions, le cœur tout court aussi, c’est la parenté. L’âme, dans son sens non émotif, n’a pas cette connotation. En particulier dans l’expression salut des âmes au jugement particulier.

Vous ne cessez vous-même d’abuser de termes dont vous inventez une définition personnelle et qui mériteraient plus de rigueur d’expression, dans l’emploi aussi bien que la définition, comme ici « fluide », et qui expriment souvent un mépris qui ne croit pas avoir à se justifier : « cucu » en est un exemple délétère…
On peut prendre mielleux, c’est plus clair même si cucu a une connotation de plus.. Fluide vient du document lui-même.
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Xavi
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par Xavi »

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
Xavi a écrit : Hélas, nos mots se croisent mais ne se rencontrent pas.
Aucune importance du moment que les points à l’étude soient creusés de plus en plus.
Merci pour ces mots justes qui permettent, en effet, de poursuivre cet échange difficile mais utile.

Merci aussi pour votre réaction à la citation du Catéchisme que nous accueillons avec la même reconnaissance de son excellence.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
Mais, il me semble que, précisément, vous ne voyez pas en quoi le cœur physique est une image adéquate et même, très logiquement, vous en rejetez l’usage qu’en fait l’Église et l’encyclique du Pape François, parce que vous lui préférez un autre point de vue.
Non je ne rejette pas, c’est un malentendu…
Je l’accepte et la recommande totalement en mystique.
Je la dit inadéquate en philo (le cœur tout court)…
C’est bien ce que j’avais compris. Et c’est aussi le point essentiel du malentendu.

Que ce soit recommandé en mystique, nous sommes bien d’accord. Mais, la spécificité du cœur que vous rejetez c’est précisément que le cœur est le centre et la synthèse du mystique « et » du naturel. Le cœur relie tout le réel. Exactement comme l’Incarnation elle-même.

La philosophie elle-même est appauvrie si elle ne respecte pas l’ouverture au-delà d’elle-même que le cœur indique.

Il faut cependant admettre que, pour le philosophe athée, la notion distincte d’un cœur n’a pas de sens utile pour comprendre le réel exclusivement physique qu’il considère.

Mais, pour un philosophe athée qui, sans croire à l’existence d’un être personnel avec lequel une relation est possible, croit cependant à un au-delà spirituel par rapport au monde physique et à une subsistance d’une âme spirituelle au-delà de la mort physique, la notion d’un cœur comme centralisateur de toute connaissance, y compris spirituelle, reste précieuse.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37 on pourrait dire que le cœur se trouve dans la volonté, une faculté de l’âme…

Il y a 32 occurrences du terme âme dans le document…
Cependant le terme cœur a priorité (475 occurrences) et surtout semble se présenter comme entité distincte de l’âme et du corps, philosophiquement, et ça manque de clarté, à moins que cœur ne soit à peu près équivalent à la volonté, qui n’est rien d’autre qu’une faculté de l’âme. Le centre de la personne sera une faculté de l’âme, ou y siègera.
Vous avez raison de rejeter clairement l’idée que le cœur serait une entité « distincte » de l’âme et du corps.

C’est même exactement le contraire qu’il me semble nécessaire de comprendre.

Vous avez aussi raison de dire que le cœur c’est « à peu près » l’équivalent de la volonté et que c’est une « faculté » de l’âme. Le cœur n’est, en effet, rien d’autre et ce « centre » qui siège dans l’âme.

Et, on peut ajouter aussitôt et tout autant que le cœur siège aussi et indistinctement au « centre » du corps même si, à cet égard, il ne faut oublier qu’il ne s’agit pas ici du muscle cardiaque.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
il me semble qu’il faut éviter de qualifier le Sacré-Cœur de « partiellement humain ».
Malentendu. Il est partiellement humain au sens où il est divin aussi. Pas le cœur des hommes tout court, distinct du sacré coeur
Il me semble que vous ne pouvez pas déformer ainsi le sens d’un mot de la langue française. Une « partie » ce n’est pas le tout et c’est le contraire de la totalité de l’objet ou du sujet en cause.

Le fait d’être simultanément une chose « et » une autre ne signifie en rien que l’on soit « partiellement » chacune de ces deux choses.

Et, il ne s’agit pas ici d’une simple imprécision des mots car cela touche l’essentiel de notre foi.

Il faut affirmer clairement qu’il est faux d’affirmer que le Sacré-Cœur est « partiellement » humain et de le déduire du fait qu’il vrai qu’il est « divin aussi ».

Il me semble que nous sommes ici au point central de nos échanges, celui où il nous faut accepter ou non que le corporel créé et le spirituel divin ont pu être réellement fusionnés pour créer un être tellement semblable à Dieu que Dieu lui-même a pu, sans se dénaturer en rien, se faire pleinement (pas partiellement) un homme.

Et au centre de cet être nouveau, avec une nature unique dans toute la création, spécialement créée corporelle et spirituelle, indivisiblement, vous avez un centre unificateur qui détermine la volonté. C’est ce que l’Église et l’encyclique Dilexit nos appellent le cœur.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37 Spirituel (comme est l’âme) n’est pas la même chose, ou le même angle, que mystique ou surnaturel. Spirituel=non matériel.
Ici, le malentendu peut se clarifier.

Je ne vois pas de distinction utile à faire entre spirituel, mystique et surnaturel. Ces trois mots nous renvoient au-delà du physique scientifiquement observable.

Il ne me semble pas exact d’affirmer que le mot « spirituel » serait le contraire ou l’opposé du « matériel » ou du « visible ». car il y a, bien sûr, de nombreuses réalités physiques non visibles, et, par exemple, toute la sensibilité humaine ou l’intelligence du cerveau pour lesquelles le seul mot « matériel » n’est pas adéquat.

Il me semble plus exact de comprendre le « spirituel » par rapport du « physique » et sans les opposer car, tout au contraire, tout le mystère de notre création et de l’Incarnation plonge dans cette union du spirituel et du physique.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
ChristianK a écrit : ↑Hier, 20:37il ne faut pas faire comme si tous les hommes avaient un cœur lié au sacré cœur.
Il est plus précis de dire : qui peut les relier, ou qui peut aussi les délier

L’âme sans la grâce est spirituelle chez des athées sans grâce surnaturelle.
Oui, en effet.

Le mot « spirituel » est neutre par rapport à notre communion avec Dieu.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37 Le spirituel n’est aucunement surnaturel en soi.
Ici, il me semble que l’ambiguïté est dans le mot « surnaturel » et plus précisément dans le mot « nature ».

On utilise souvent le mot « nature » pour évoquer le « physique » et c’est de ce point de vue que le spirituel est « sur-naturel ».

Mais, lorsqu’il est dit que notre « nature » humaine est « corporelle et spirituelle » ou lorsqu’on évoque la « nature » de Dieu, le mot nature ne peut, dans ces usages, être opposé au spirituel.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37 Le cœur semble être au point de contact avec Dieu, et présupposer la grâce.
Le cœur est certes le point de contact avec Dieu, mais il ne présuppose en rien la grâce car le cœur peut rejeter Dieu et ne pas accueillir la grâce.

Le cœur peut pencher d’un côté comme de l’autre.

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
Le cœur au fond (au centre) de la personne centralise toutes les connaissances (y compris intellectuelles ou philosophiques), mais il ne faut évidemment pas le confondre avec le réceptacle cérébral physique qui, dans le cerveau de notre corps, centralise et accumule les connaissances intellectuelles.
Non, aucune philo ne parle ainsi, ni le docteur commun St Thomas. Les connaissances sensibles relèvent des facultés sensibles, les connaissances intellectuelles de l’intellect.
Certes.

Mais, le langage et la réflexion de l’Église ont développé depuis lors la notion de cœur sans contradiction avec les philosophes ou St Thomas.

Et cela, précisément, permet de mieux comprendre que l’être humain a accès à un au-delà des connaissances des facultés sensibles (du corps) et de l’intellect (du cerveau du corps)
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:37
Il me semble que vous pensez le divin et le spirituel comme une chose matérielle ou une réalité technique dans lesquels la liberté, l’amour et la communion n’ont pas de place.
C’est pas mon point de vue mais simplement celui des commandements : ils laissent libre de fait, mais ils obligent de droit sous peine de condamnation.
Votre point de vue est, en effet, le point de vue des commandements.

Et, à cet égard, il est en effet toujours possible de regarder le réel du point de vue des commandements comme on le voit souvent dans l’Écriture Sainte et dans les textes de la Tradition de l’Église, mais il est aussi possible de regarder le même réel à partir d’autres points de vue, ce que l’on peut découvrir aussi dans l’Écriture Sainte et les textes de la Tradition de l’Église.

Votre point de vue a, à tout le moins, le mérite de permettre un échange profond entre nous malgré les difficultés du sujet et je vous en remercie.
cmoi
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par cmoi »

ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Malentendu. Tradition pasto dans une perspective mystique oui. Pas tradition philosophique. Pas avec référence à Heidegger, si incroyablement confus
Nous sommes bien d‘accord, donc aucun malentendu, sinon que je ne sache pas que Heidegger soit une référence pour l’Eglise Catholique et qu’il n’y a pas besoin de tradition philosophique quand il est question d’une pratique de dévotion
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 La référence au tradi me semble non pertinente car justement les dévotions particulières sont très tradies et prometteuses. C’est juste l’incohérence le problème, la fluidité pasto qui se prétend critique de la fluidité sociale alors qu’elle fait corps avec elle.
Non pas critique de la réalité sociale, mais réhabilitant et se réappropriant celle-ci par un autre bout sans la critiquer. Oui, très tradies, d’où la référence quoi qu’on en fasse ou y fasse.
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 MA voie n’est nullement intellectuelle seulement, la dévotion au sacré cœur est un immense pas en avant dans la verticalité, mais juste incomplet, manquant de clarté, trop « fluide »
Je vous l’accorde, mais il faut bien un début, s’élancer avant de clarifier. Si vous critiquez les imperfections de l’élan, prenez garde à ce qu’il ne s’étouffe et se tarisse si vous souhaitez le voir s’étoffer.
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Il est plus précis de dire : par cohérence. Et il y a aussi ceux qui ont peur du changement dans la direction tradie…
Accordé !
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Oh que non, St Thomas demeure docteur commun et
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 ]Il est amplement cité dans le caté , dans le concile, et le concile exige les études dogmatiques sous la conduite de St Thomas…
Il n’empêche que c’est un St Thomas inévitablement réactualisé et que cet homme n’a rien d’un philosophe, même quand il fait de la philosophie. Il a pompé toute sa partie proprement philosophique. Et d’un point de vue strictement philosophique, je m’étonne que vous n’observiez pas son manque de rigueur. Sa démonstration de l’existence de Dieu en offre un bel exemple…
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Tout à fait mais dans un sens plus complet, qui n’ira pas dans le sens des émotions subjectives liées au consumérisme qu’on veut combattre; il s’agira d’émotions anticonsuméristes, antihédonistes, comme la crainte de l’enfer comme don divin (vérité dogmatique solennelle)
Mais qui vous dit que ce n’est pas pareil pour François !? Vous me semblez-là dans le préjugé.
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Ça change l’accent, on parle du salut des âmes, pas du salut des cœurs, la connotation est différente. Cela dit, le document a tout de même 32 références à l’âme.
Disons qu’il y a un changement d’octave mais la musique est la même. Et que c’est vous qui connotez la connotation, mais elle ne dévie pas de la mélodie : il s’agit bien du salut de l’âme par le cœur et puisqu’il est question de cœur.
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Le consumérisme relève des émotions, le cœur tout court aussi, c’est la parenté. L’âme, dans son sens non émotif, n’a pas cette connotation.
Je ne pense pas que l’on puisse dire que le consumérisme relève des émotions, même s’il relève de la concupiscence au milieu des obligations de la condition humaine, et que la concupiscence relève de la passion qui relève de l’émotion. Car alors il s’agit d’une émotion impure, atteinte et blessé, qui ne se rattache plus directement et strictement au cœur qui a vocation d’être pur et de n’accueillir que les émotions qui le sont car les autres le blessent – en rapport avec ce que vous dites de l’âme. Dit autrement : une émotion pure produit de la joie et échappe à l’émotif, car elle est grâce.
ChristianK a écrit : mar. 12 nov. 2024, 1:41 Fluide vient du document lui-même.
Mouais, je sais. Mais comme je ne peux pas demander à son auteur ce qu’il a voulu dire, je le demande à ceux qui le réemploient, je veux dire ce qu’eux y trouvent et en disent. Pour ma part je préfère m’abstenir et changer de mot, comme çà plus d’ambiguïté.
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Fernand Poisson
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par Fernand Poisson »

Bonjour,
ChristianK a écrit : ven. 08 nov. 2024, 20:37 Le cœur ne centralise aucune connaissance en philo, aucun philosophe ne dit ça, il se ridiculiserait. Non plus en physique. C’est pourquoi Pascal place le cœur hors la philo, de laquelle il se méfie suite à Montaigne.
Je trouve excessif de dire qu'il n'y a pas d'usage proprement philosophique du cœur chez Pascal. Le texte suivant le montre bien :
Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaie de les combattre. Les pyrrhoniens, qui n’ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point, quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison ; cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l’incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent.

Car la connaissance des premiers principes, comme qu’il y a espace, temps, mouvement, nombres, est aussi ferme qu’aucune de celles que nos raisonnements nous donnent et c’est sur ces connaissances du cœur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie et qu’elle y fonde tout son discours - Le cœur sent qu’il y a trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont infinis et la raison démontre ensuite qu’il n’y a point deux nombres carrés dont l’un soit double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude quoique par différentes voies - et il est aussi inutile et aussi ridicule que la raison demande au cœur des preuves de ses premiers principes pour vouloir y consentir, qu’il serait ridicule que le cœur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu’elle démontre pour vouloir les recevoir.

Cette impuissance ne doit donc servir qu’à humilier la raison, qui voudrait juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude, comme s’il n’y avait que la raison capable de nous instruire ; plût à Dieu que nous n’en eussions au contraire jamais besoin et que nous connaissions toutes choses par instinct et par sentiment, mais la nature nous a refusé ce bien ; elle ne nous a au contraire donné que très peu de connaissances de cette sorte, toutes les autres ne peuvent être acquises que par raisonnement.
Le cœur est ce qui permet la connaissance des premiers principes et des notions primitives. Il n'a donc pas qu'une dimension mystique, mais bien aussi philosophique, même s'il joue bien sûr un rôle très important dans la mystique.

Quant à exclure Pascal de la philosophie parce qu'il défend une position sceptique, ça suppose de nier que le scepticisme soit une position philosophique. Ce qui est hautement questionnable.
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par prodigal »

On peut concilier vos deux positions, chers ChristainK et Ferdinand Poisson.
Pascal a en effet bien écrit que toute la philosophie ne valait pas une heure de peine.
Mais quand un philosophe critique la philosophie, ou bien c'est parce qu'il rejette la raison, et par inclusion la philosophie, ou bien c'est que sa critique ne vise qu'une certaine manière de faire de la philosophie, qui n'est pas la sienne.
Avec Pascal, nous sommes clairement dans le deuxième cas de figure. Ce qui fait l'objet du refus pascalien, c'est le rêve d'une philosophie qui aboutirait au savoir absolu. La véritable philosophie doit intégrer l'horizon de son propre échec, et donc aspirer à son propre dépassement, par le cœur.
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par ChristianK »

l
Prodigal a écrit :
On peut concilier vos deux positions, chers ChristainK et Ferdinand Poisson.
Pascal a en effet bien écrit que toute la philosophie ne valait pas une heure de peine.
Mais quand un philosophe critique la philosophie, ou bien c'est parce qu'il rejette la raison, et par inclusion la philosophie, ou bien c'est que sa critique ne vise qu'une certaine manière de faire de la philosophie, qui n'est pas la sienne.
Avec Pascal, nous sommes clairement dans le deuxième cas de figure. Ce qui fait l'objet du refus pascalien, c'est le rêve d'une philosophie qui aboutirait au savoir absolu. La véritable philosophie doit intégrer l'horizon de son propre échec, et donc aspirer à son propre dépassement, par le cœur.
Oui, une philo peut très bien admettre les limites de la philo, pas de problème. Mais Pascal va plus loin à cause d’une tendance scientiste : Il tend vers le scepticisme philosophique, influencé par le superficiel et littérateur Montaigne. Là c’est la philo, c’est vrai, mais contre elle-même, ce qui est glissant sur une pente antiphilo donc incohérente.


Fernand Poisson a écrit :
Je trouve excessif de dire qu'il n'y a pas d'usage proprement philosophique du cœur chez Pascal. Le texte suivant le montre bien :

« Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaie de les combattre. «

Le cœur est ce qui permet la connaissance des premiers principes et des notions primitives. Il n'a donc pas qu'une dimension mystique, mais bien aussi philosophique, même s'il joue bien sûr un rôle très important dans la mystique.
Ca m’avait échappé, intéressant. Mais justement, traduit en thomisme ca veut dire cœur=intellect, car l’intuition des 1ers principes, première opération de l’esprit (simple appréhension, par opposition à la 2e et 3e, jugement et raisonnement) , relève du bon sens, qui est une vertu (disposition de l’intellect), les autres vertus intellectuelles étant la science (connaissance par les causes secondes) et la sagesse (par les causes 1eres). Et là Pascal va avoir des problèmes avec le cœur en mystique, radicalement différent car il suppose la grâce. Il y aura au plus une simple analogie (intuition dans les 2 cas) entre le cœur-intellect et le cœur-mystique.
Il vaut mieux éviter le vocabulaire pascalien, aucune philo des maths ne dit que 1=1 est su par le « cœur ». C’est confus pour rien.
Quant à exclure Pascal de la philosophie parce qu'il défend une position sceptique, ça suppose de nier que le scepticisme soit une position philosophique. Ce qui est hautement questionnable.
Disons que son scepticisme vise la philo classique et que sa philo est si minimaliste (comme on voit souvent en positivisme, ou chez Wittgenstein) qu’elle est quasi nulle. Et effectivement le scepticisme est maigre comme philo.
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par ChristianK »

Cmoi a écrit :

Pas avec référence à Heidegger, si incroyablement confus
---------------------------
Nous sommes bien d‘accord, donc aucun malentendu, sinon que je ne sache pas que Heidegger soit une référence pour l’Eglise Catholique et qu’il n’y a pas besoin de tradition philosophique quand il est question d’une pratique de dévotion
Dilexit vos : « 16. D’autre part, cette force unique du cœur nous aide à comprendre pourquoi il est dit que, lorsqu’une réalité est saisie avec le cœur il est possible de mieux la connaître, et plus complètement. Cela nous conduit inévitablement à l’amour dont le cœur est capable, car « le fond de la réalité c’est l’amour ». [11] Pour Heidegger, selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain, la philosophie ne commence pas par un concept pur ou une certitude, mais par une émotion : « La pensée doit être saisie avant ou pendant qu’elle travaille avec les concepts. Sans l’émotion, la pensée ne peut pas commencer. La première image de la pensée, c’est la chair de poule. C’est l’émotion qui fait réfléchir et questionner : “La philosophie se fait toujours dans un état d’âme fondamental” ( Stimmung) ». [12] C’est là qu’apparaît le cœur qui « abrite les états d’âme, fonctionne comme un “gardien de l’état de l’âme”. Le “cœur” entend de manière non métaphorique “la voix silencieuse” de l’être, se laissant modérer et déterminer par elle ». [13]
Le cœur qui assemble les fragments
17. En même temps, le cœur rend possible tout lien authentique, car une relation qui n’est pas construite par le cœur ne peut pas surmonter le morcellement de l’individualisme. Deux monades qui se croiseraient pourraient seulement se maintenir, mais elles ne s’uniraient pas vraiment. L’anti-cœur est une société de plus en plus dominée par le narcissisme et l’autoréférence. Nous arrivons finalement à la “perte du désir”, parce que l’autre disparaît de l’horizon et nous nous enfermons dans notre égoïsme, incapables de relations saines. [14] En conséquence, nous devenons incapables d’accueillir Dieu. Comme le dirait Heidegger, pour recevoir le divin, nous devons bâtir une « maison d’hôtes ». [15]
[12] Byung-Chul Han, Heideggers Herz. Zum Begriff der Stimmung bei Martin Heidegger, München 1996, p. 39.
[13] Ibid., p. 60; cf. p. 176.
[14] Cf. Id., Agonie des Eros, Berlin 2012.
[15] Martin Heidegger, Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung, Frankfurt a. M. 1981, p. 120.”



:41La référence au tradi me semble non pertinente car justement les dévotions particulières sont très tradies et prometteuses. C’est juste l’incohérence le problème, la fluidité pasto qui se prétend critique de la fluidité sociale alors qu’elle fait corps avec elle.
-------------------
Non pas critique de la réalité sociale, mais réhabilitant et se réappropriant celle-ci par un autre bout sans la critiquer. Oui, très tradies, d’où la référence quoi qu’on en fasse ou y fasse.
Mais ce n’est pas en ce sens que votre objection allait : « Car votre langage est aussi celui des tradis, qui n’ont rien changé à l’ambiguïté antérieure mais veulent la faire durer par crainte du changement » . Vous preniez tradi au sens des néotridentins antimodernistes, et c’est en ce sens que l’objection est non pertinente, car ils sont pour les dévotions verticales.
Ensuite le document est certainement critique de la « fluidité » (son mot) sociale, puisque celle-ci y est associée au consumérisme.




41MA voie n’est nullement intellectuelle seulement, la dévotion au sacré cœur est un immense pas en avant dans la verticalité, mais juste incomplet, manquant de clarté, trop « fluide »
-------------------------
Je vous l’accorde, mais il faut bien un début, s’élancer avant de clarifier. Si vous critiquez les imperfections de l’élan, prenez garde à ce qu’il ne s’étouffe et se tarisse si vous souhaitez le voir s’étoffer.
Non, car justement il est déjà étouffé par incohérence : la fluidité pasto a-dogmatique antiascétique et contre-apologétique, manquant de mépris du monde, bloque les dévotions verticales , par manque de défense contre la mondanité horizontalisante


]Il est amplement cité dans le caté , dans le concile, et le concile exige les études dogmatiques sous la conduite de St Thomas…
------------------------
Il n’empêche que c’est un St Thomas inévitablement réactualisé et que cet homme n’a rien d’un philosophe, même quand il fait de la philosophie. Il a pompé toute sa partie proprement philosophique. Et d’un point de vue strictement philosophique, je m’étonne que vous n’observiez pas son manque de rigueur. Sa démonstration de l’existence de Dieu en offre un bel exemple…

Il demeure docteur commun et base de la synthèse dogmatique, c’est une exigence de vatican II. Derrière lui il y a la philosophia perennis, Platon-Aristote, qu’il a approfondi et perfectionné philosophiquement.
Les 5 voies manqueraient de rigueur? C’est pas la position de l’église, au contraire (Léon XIII, JP 2)).



41Tout à fait mais dans un sens plus complet, qui n’ira pas dans le sens des émotions subjectives liées au consumérisme qu’on veut combattre; il s’agira d’émotions anticonsuméristes, antihédonistes, comme la crainte de l’enfer comme don divin (vérité dogmatique solennelle)
--------------------------
Mais qui vous dit que ce n’est pas pareil pour François !? Vous me semblez-là dans le préjugé.
Non, le terme cœur (tout court) sera compris dans un sens émotif, il ne pouvait l’ignorer, à moins que…

Et puis si le dogme solennellement promulgué et infaillible de la crainte de l’enfer comme don divin va sans dire, cela aurait été encore mieux en le disant (comme disait Talleyrand à Vienne) , surtout dans la bouche de ce pape…


1:41Ça change l’accent, on parle du salut des âmes, pas du salut des cœurs, la connotation est différente. Cela dit, le document a tout de même 32 références à l’âme.
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Disons qu’il y a un changement d’octave mais la musique est la même. Et que c’est vous qui connotez la connotation, mais elle ne dévie pas de la mélodie : il s’agit bien du salut de l’âme par le cœur et puisqu’il est question de cœur.

C’est l’erreur pasto, si le cœur sera compris comme émotion. Les cœurs consuméristes ne bougeront pas car le consumérisme est affaire de cœur.


ChristianK a écrit : ↑mar. 12 nov. 2024, 1:41Le consumérisme relève des émotions, le cœur tout court aussi, c’est la parenté. L’âme, dans son sens non émotif, n’a pas cette connotation.
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Je ne pense pas que l’on puisse dire que le consumérisme relève des émotions, même s’il relève de la concupiscence au milieu des obligations de la condition humaine, et que la concupiscence relève de la passion qui relève de l’émotion. Car alors il s’agit d’une émotion impure, atteinte et blessé, qui ne se rattache plus directement et strictement au cœur qui a vocation d’être pur et de n’accueillir que les émotions qui le sont car les autres le blessent – en rapport avec ce que vous dites de l’âme. Dit autrement : une émotion pure produit de la joie et échappe à l’émotif, car elle est grâce.

Exactement. Donc il faut lutter CONTRE (agere contra) le cœur tout court, marqué par le péché originel. Et comme par hasard, pas une seule référence au péché originel dans le document. C’est ce que je dis : le cœur tout court en philo n’est pas le sacré cœur en mystique.


1:41Fluide vient du document lui-même.
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Mouais, je sais. Mais comme je ne peux pas demander à son auteur ce qu’il a voulu dire, je le demande à ceux qui le réemploient, je veux dire ce qu’eux y trouvent et en disent.
Le contexte suffit : « Revenir au cœur
9. Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. Mais nous évoluons dans des sociétés de consommateurs en série vivant au jour le jour, dominés par les rythmes et les bruits de la technologie, et qui n’ont pas une grande patience pour accomplir les processus que l’intériorité requiert. Dans la société actuelle, l’être humain « risque de perdre le centre, le centre de lui-même ». [6] « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. Malheureusement, des modèles de comportement assez répandus amplifient sa dimension rationnelle et technologique, ou à l’inverse sa dimension instinctive ». [7] Le cœur fait défaut.
10. Certes, le problème d’une la société liquide est d’actualité, mais la dévalorisation du centre intime de l’homme – du cœur – vient de très loin : on la trouve déjà dans le rationalisme grec et préchrétien, dans l’idéalisme postchrétien et dans le matérialisme sous ses diverses formes. Le cœur a peu de place dans l’anthropologie et il est une notion étrangère pour la grande pensée philosophique. D’autres concepts tels que la raison, la volonté ou la liberté lui ont été privilégiés. «

En passant je corrige : le mot est « liquide » au lieu de fluide. C’est lié au consumérisme et c’est contraire à « solide » (comme le biblisme est plus liquide comparé au dogme et au droit canon). Le lien entre consommation et liquidité vient de ce que qu’on passe d’un objet consommé à un autre, sous emprise des passions, i.e. du « cœur » tout court.

PS . Il y a eu malentendu ci-haut :
« Il n’y a rien là de mielleux ou de consumériste mais de médiatique assurément, car cela est incontournable aujourd’hui dans une pastorale papale… »
Quand je parle de consumérisme médiatique, je ne parle pas de la consommation des médias (à leur tour), bien que cela ne soit pas exclu. Je parle du contenu consumériste (antiascétique, antidogmatique, antimoralisateur etc) des médias, qui sont causes de la liquidité qu’on veut combattre, et qui est dans le cœur (les émotions)
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Xavi a écrit :

Que ce soit recommandé en mystique, nous sommes bien d’accord. Mais, la spécificité du cœur que vous rejetez c’est précisément que le cœur est le centre et la synthèse du mystique « et » du naturel. Le cœur relie tout le réel…

La philosophie elle-même est appauvrie si elle ne respecte pas l’ouverture au-delà d’elle-même que le cœur indique.

Il faut cependant admettre que, pour le philosophe athée, la notion distincte d’un cœur n’a pas de sens utile pour comprendre le réel exclusivement physique qu’il considère.

Mais, pour un philosophe athée qui, sans croire à l’existence d’un être personnel avec lequel une relation est possible, croit cependant à un au-delà spirituel par rapport au monde physique et à une subsistance d’une âme spirituelle au-delà de la mort physique, la notion d’un cœur comme centralisateur de toute connaissance, y compris spirituelle, reste précieuse.
Confusions.
Ouverture ne signifie pas inclusion. Le cœur est exclu en philo, pas nécessaire. Et si on fait une synthèse du mystique et du philosophique, on n’est plus en philo.
Le philo athée peut très bien être spiritualiste concernant l’âme humaine. L’immatérialité de l’intellect n’ a rien à voir avec le cœur.
Le principe d’unité est l’âme.

Vous avez raison de rejeter clairement l’idée que le cœur serait une entité « distincte » de l’âme et du corps.

C’est même exactement le contraire qu’il me semble nécessaire de comprendre.

Vous avez aussi raison de dire que le cœur c’est « à peu près » l’équivalent de la volonté et que c’est une « faculté » de l’âme. Le cœur n’est, en effet, rien d’autre et ce « centre » qui siège dans l’âme.
Non, le centre de l’âme humaine sont les facultés d’intellect et de volonté. Si le document veut inclure le corps, le centre c’est l’âme, qui est la forme substantielle du corps, qui fait un avec lui. A la rigueur le cœur n’est qu’une activité Particulière, dans un cadre religieux, de l’intellect et de la volonté (avec accent sur celle-ci)


il me semble qu’il faut éviter de qualifier le Sacré-Cœur de « partiellement humain ».
--------------------
Malentendu. Il est partiellement humain au sens où il est divin aussi. Pas le cœur des hommes tout court, distinct du sacré cœur
----------------------
Il me semble que vous ne pouvez pas déformer ainsi le sens d’un mot de la langue française. Une « partie » ce n’est pas le tout et c’est le contraire de la totalité de l’objet ou du sujet en cause.

Le fait d’être simultanément une chose « et » une autre ne signifie en rien que l’on soit « partiellement » chacune de ces deux choses.

Et, il ne s’agit pas ici d’une simple imprécision des mots car cela touche l’essentiel de notre foi.

Il faut affirmer clairement qu’il est faux d’affirmer que le Sacré-Cœur est « partiellement » humain et de le déduire du fait qu’il vrai qu’il est « divin aussi ».

Il me semble que nous sommes ici au point central de nos échanges, celui où il nous faut accepter ou non que le corporel créé et le spirituel divin ont pu être réellement fusionnés pour créer un être tellement semblable à Dieu que Dieu lui-même a pu, sans se dénaturer en rien, se faire pleinement (pas partiellement) un homme.
Non, c’est juste un malentendu. Le sacré cœur est partiellement humain seulement au sens ou son accès n’est présent que chez une partie des hommes, dont le cœur est lié au sacré cœur; l’autre partie n’est pas liée, sans la grâce ou ayant refusé la grâce. Ca veut dire le sacré cœur est une notion partiellement humaine car elle est surnaturelle.

ChristianK a écrit : ↑mar. 12 nov. 2024, 1:37Spirituel (comme est l’âme) n’est pas la même chose, ou le même angle, que mystique ou surnaturel. Spirituel=non matériel.
-------------------------
Ici, le malentendu peut se clarifier.

Je ne vois pas de distinction utile à faire entre spirituel, mystique et surnaturel. Ces trois mots nous renvoient au-delà du physique scientifiquement observable.
Sophisme. Il est évident qu’une philo athée peut reconnaitre la spiritualité de l’âme, ou des entités mathématiques . Ca n’a rien de mystique religieux, de lien avec Dieu.

Il ne me semble pas exact d’affirmer que le mot « spirituel » serait le contraire ou l’opposé du « matériel » ou du « visible ». car il y a, bien sûr, de nombreuses réalités physiques non visibles, et, par exemple, toute la sensibilité humaine ou l’intelligence du cerveau pour lesquelles le seul mot « matériel » n’est pas adéquat.

Justement, c’est le mot spirituel qui convient, hors de toute religion ou théisme. Une réalité physique sera toujours visible au sens de perceptible avec des instruments.


Le mot « spirituel » est neutre par rapport à notre communion avec Dieu.
Voilà. Alors c’est pas mystique en soi

ChristianK a écrit : ↑mar. 12 nov. 2024, 1:37Le spirituel n’est aucunement surnaturel en soi.
------------------------
Ici, il me semble que l’ambiguïté est dans le mot « surnaturel » et plus précisément dans le mot « nature ».

On utilise souvent le mot « nature » pour évoquer le « physique » et c’est de ce point de vue que le spirituel est « sur-naturel ».

Mais, lorsqu’il est dit que notre « nature » humaine est « corporelle et spirituelle » ou lorsqu’on évoque la « nature » de Dieu, le mot nature ne peut, dans ces usages, être opposé au spirituel.
Exactement. Dieu n’est pas surnaturel en philo, il fait corps avec les lois de la nature dont il est la cause. Certaines de Ses actions, comme la grâce, la révélation, sont surnaturelles car se surajoutant aux lois ordinaires de la nature (providence extraordinaire).
Ce ne sont que les philos positivistes qui nomment Dieu entité surnaturelle. Juste une question de mots.

Le cœur est certes le point de contact avec Dieu, mais il ne présuppose en rien la grâce car le cœur peut rejeter Dieu et ne pas accueillir la grâce.

Le cœur peut pencher d’un côté comme de l’autre.
C’est pourquoi il faut rejeter ce terme poétique en philo sérieuse.

Non, aucune philo ne parle ainsi, ni le docteur commun St Thomas. Les connaissances sensibles relèvent des facultés sensibles, les connaissances intellectuelles de l’intellect.
---------------------
Certes.

Mais, le langage et la réflexion de l’Église ont développé depuis lors la notion de cœur sans contradiction avec les philosophes ou St Thomas.

Et cela, précisément, permet de mieux comprendre que l’être humain a accès à un au-delà des connaissances des facultés sensibles (du corps) et de l’intellect (du cerveau du corps)

Il n’y a pas contradicton entre poésie, mystique et philo, mais il y a confusion à mêler philo et mystique. Les philosophes sérieux vont rigoler du « cœur » de Francois en philo…

Il n’y a aucun accès en philo à un au-delà de la philo. Il y a un accès hors de la philo à un au-delà.



Votre point de vue est, en effet, le point de vue des commandements.

Et, à cet égard, il est en effet toujours possible de regarder le réel du point de vue des commandements comme on le voit souvent dans l’Écriture Sainte et dans les textes de la Tradition de l’Église, mais il est aussi possible de regarder le même réel à partir d’autres points de vue, ce que l’on peut découvrir aussi dans l’Écriture Sainte et les textes de la Tradition de l’Église
A condition de ne pas contredire les commandements, qui sont contraires à la liberté de perdition, donc qui obligent la liberté. C’est le problème de la cuculisation pasto, liée au consumérisme liquide…
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ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 ilexit vos : « 16. D’autre part, cette force unique du cœur nous aide à comprendre pourquoi il est dit que, lorsqu’une réalité est saisie avec le cœur il est possible de mieux la connaître, et plus complètement. Cela nous conduit inévitablement à l’amour dont le cœur est capable, car « le fond de la réalité c’est l’amour ». [11] Pour Heidegger, selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain, la philosophie ne commence pas par un concept pur ou une certitude, mais par une émotion : « La pensée doit être saisie avant ou pendant qu’elle travaille avec les concepts. Sans l’émotion, la pensée ne peut pas commencer. La première image de la pensée, c’est la chair de poule. C’est l’émotion qui fait réfléchir et questionner : “La philosophie se fait toujours dans un état d’âme fondamental” ( Stimmung) ». [12] C’est là qu’apparaît le cœur qui « abrite les états d’âme, fonctionne comme un “gardien de l’état de l’âme”. Le “cœur” entend de manière non métaphorique “la voix silencieuse” de l’être, se laissant modérer et déterminer par elle ». [13]
Le cœur qui assemble les fragments
17. En même temps, le cœur rend possible tout lien authentique, car une relation qui n’est pas construite par le cœur ne peut pas surmonter le morcellement de l’individualisme. Deux monades qui se croiseraient pourraient seulement se maintenir, mais elles ne s’uniraient pas vraiment. L’anti-cœur est une société de plus en plus dominée par le narcissisme et l’autoréférence. Nous arrivons finalement à la “perte du désir”, parce que l’autre disparaît de l’horizon et nous nous enfermons dans notre égoïsme, incapables de relations saines. [14] En conséquence, nous devenons incapables d’accueillir Dieu. Comme le dirait Heidegger, pour recevoir le divin, nous devons bâtir une « maison d’hôtes ». [15]
[12] Byung-Chul Han, Heideggers Herz. Zum Begriff der Stimmung bei Martin Heidegger, München 1996, p. 39.
[13] Ibid., p. 60; cf. p. 176.
[14] Cf. Id., Agonie des Eros, Berlin 2012.
[15] Martin Heidegger, Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung, Frankfurt a. M. 1981, p. 120.”
Tout ce que vous citez là ne me contredit en rien. Le pape y réhabilite le cœur (anticipant en quelque sorte un des fondements de votre critique) en se servant de Heidegger, or c’est un peu comme se servir d’un raisonnement par l’absurde. Cela ne fait pas de ce dernier une référence, sinon de l’opposition et encore « selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain » qui est mouillé lui aussi.
Encore une fois : le pape défend une pratique de dévotion face aux critiques philosophiques qui en nient l’utilité.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Mais ce n’est pas en ce sens que votre objection allait : « Car votre langage est aussi celui des tradis, qui n’ont rien changé à l’ambiguïté antérieure mais veulent la faire durer par crainte du changement » . Vous preniez tradi au sens des néotridentins antimodernistes, et c’est en ce sens que l’objection est non pertinente, car ils sont pour les dévotions verticales.
Ensuite le document est certainement critique de la « fluidité » (son mot) sociale, puisque celle-ci y est associée au consumérisme.
Vous disiez « c’est juste l’incohérence le problème » et j’ai donc pointé celle qui serait des tradis en le critiquant ici. Je ne pense pas que le pape soit lui incohérent, il joue sur une autre ambiguïté que vous taxez trop hâtivement de complice de consumérisme car dans cette liquidité, il y a en suspension bien des choses contradictoires et vous ne pensez pas aux mêmes que lui, ne leur donnez pas la même couleur car lui il « s’adapte au monde » pour lui parler.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Non, car justement il est déjà étouffé par incohérence : la fluidité pasto a-dogmatique antiascétique et contre-apologétique, manquant de mépris du monde, bloque les dévotions verticales , par manque de défense contre la mondanité horizontalisante
Vous êtes en pleine théorie car c’est votre point de vue antérieur, or s’il défend la dévotion vous devriez lui accorder d’être a priori d’accord avec vous, et non le contraire et qu’il le présuppose.
Vous le dites vous-même :
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 ]Il est amplement cité dans le caté , dans le concile, et le concile exige les études dogmatiques sous la conduite de St Thomas…
Ce qui n’est pas vrai que pour St Thomas, mais pour toute la tradition de l’Eglise dont il est lui pape l’ultime représentant. Pourquoi associer le pape à ce qui va contre le concile, puisque vous-même reconnaissez sur un autre poste que les déviations ne sont pas le fait du concile en lui-même.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Il demeure docteur commun et base de la synthèse dogmatique, c’est une exigence de vatican II. Derrière lui il y a la philosophia perennis, Platon-Aristote, qu’il a approfondi et perfectionné philosophiquement.
Les 5 voies manqueraient de rigueur? C’est pas la position de l’église, au contraire (Léon XIII, JP 2)).
Nous y voilà : Platon et Aristote ne sont pas chrétiens et leur doctrine serait en tant que telle fort rabrouée sur bien des points. Le taoïsme est un terreau préchrétien bien meilleur que la culture grecque sur bien des points. En revanche, leur rigueur philosophique est bien plus forte que St Thomas qui la réutilise mal d’un point de vue purement logique, puisqu’il utile abusivement la Révélation comme argument de raison, autant que le contraire. Relisez-le ! C’est tellement frappant mais suppose de rester objectif et de ne pas opiner à tout par un acte de foi (le sien et le vôtre) qui n’a pas à intervenir comme cela …!
A son époque, c’était bien plus excusable qu’aujourd’hui !

ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Non, le terme cœur (tout court) sera compris dans un sens émotif, il ne pouvait l’ignorer, à moins que…

Et puis si le dogme solennellement promulgué et infaillible de la crainte de l’enfer comme don divin va sans dire, cela aurait été encore mieux en le disant (comme disait Talleyrand à Vienne) , surtout dans la bouche de ce pape…
A moins que quoi ? Qu’il l’ignorait ? Ou … qu’il faisait exprès de se servir d’une certaine ambiguïté à des fins pastorales ? Je vous ai donné des pistes…
Chaque chose en son temps et à sa place…
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 C’est l’erreur pasto, si le cœur sera compris comme émotion. Les cœurs consuméristes ne bougeront pas car le consumérisme est affaire de cœur.
C’est vous qui le dites et ce serait plutôt une erreur dogmatique si cela en était une or vous n’allez pas jusque-là. Et s’il était plus malin que vous ne le pensez et avait une vision plus juste que la vôtre du « besoin », et de ce qu’il convient de « passer sous silence » ?
Croyez-vous qu’on puisse convertir le monde actuel avec des mots comme « propitiatoire », « consubstantiel » « hypostase », impétratoire, expiatoire, propitiatoire, latreutique, etc. ?
Vous pouvez bien parler de « simplisme », il faut rester pragmatique.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Exactement. Donc il faut lutter CONTRE
En luttant contre une force on la renforce. On donne de l’importance à la force.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Le contexte suffit : « Revenir au cœur
9. Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. Mais nous évoluons dans des sociétés de consommateurs en série vivant au jour le jour, dominés par les rythmes et les bruits de la technologie, et qui n’ont pas une grande patience pour accomplir les processus que l’intériorité requiert. Dans la société actuelle, l’être humain « risque de perdre le centre, le centre de lui-même ». [6] « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. Malheureusement, des modèles de comportement assez répandus amplifient sa dimension rationnelle et technologique, ou à l’inverse sa dimension instinctive ». [7] Le cœur fait défaut.
10. Certes, le problème d’une la société liquide est d’actualité, mais la dévalorisation du centre intime de l’homme – du cœur – vient de très loin : on la trouve déjà dans le rationalisme grec et préchrétien, dans l’idéalisme postchrétien et dans le matérialisme sous ses diverses formes. Le cœur a peu de place dans l’anthropologie et il est une notion étrangère pour la grande pensée philosophique. D’autres concepts tels que la raison, la volonté ou la liberté lui ont été privilégiés. «

En passant je corrige : le mot est « liquide » au lieu de fluide. C’est lié au consumérisme et c’est contraire à « solide » (comme le biblisme est plus liquide comparé au dogme et au droit canon). Le lien entre consommation et liquidité vient de ce que qu’on passe d’un objet consommé à un autre, sous emprise des passions, i.e. du « cœur » tout court.
Reprenez ce que dit le pape : il oppose bien le cœur à cette liquidité, alors que vous voulez l’y associer. Vous voulez à tout prix (inconsciemment) changer la définition implicite qu’il en donne ou son sens pour pouvoir le critiquer.
ChristianK a écrit : sam. 16 nov. 2024, 19:06 Quand je parle de consumérisme médiatique, je ne parle pas de la consommation des médias (à leur tour), bien que cela ne soit pas exclu. Je parle du contenu consumériste (antiascétique, antidogmatique, antimoralisateur etc) des médias, qui sont causes de la liquidité qu’on veut combattre, et qui est dans le cœur (les émotions)
J’avais bien compris et il s’agit bien des deux. Or le pape doit faire en sorte que sa parole franchisse cette barrière médiatique pour toucher les cœurs. Si cela manque de rigueur (toutes vos remarques) c’est sans doute plus efficace que s’il avait adopté un langage doctrinalement impeccable et c’est devenu inévitable en pastorale !
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par Gaudens »

En parenthèse à cet échange,je signale le livre du P.Edouard Divry,op (Editions du cerf ,juin 2023) " Le retour au coeur",donc antérieur à l'encyclique dont il est ici question.Un signe d'un intérêt nouveau pour ce thème parmi les théologiens, certains en tous cas.
Voir le descriptif sur le site
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Message non lu par Fée Violine »

Croyez-vous qu’on puisse convertir le monde actuel avec des mots comme « propitiatoire », « consubstantiel » « hypostase », impétratoire, expiatoire, propitiatoire, latreutique, etc. ?
En effet ;)
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par ChristianK »

Oui on peut convertir à condition de répéter et de ne jamais censurer. L'occultation et la miellosoté sont nettement pires pastoralement, comme la messe western...
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par cmoi »

Pourquoi faites-vous toujours cette fixation sur la messe western !
C'est comme juger de tous les tradis en ne considérant que les sédévacantistes ! Ou critiquer la voie du mariage à cause de l'adultère possible...

St François de Salles était mielleux, et c'est une qualité qui lui est reconnue.
St Jean de la Croix, Ste Thérèse de l'enfant Jésus, St Charles de Foucaud, et tant d'autres, n'ont-ils pas aussi occulté ce dont vous voudriez qu'on en parle beaucoup plus !
S'il y a plusieurs congrégations religieuses, n'est-ce pas pour permettre plusieurs voies ? Celle de l'expiation, etc. n'en est qu'une et si le centre de gravité donné par l'Eglise a changé, c'est sous l'inspiration de l'Esprit-Saint et non du diable.
Cette voie de l'amour et de la charité, du dialogue, de la contemplation énamourée, où il se peut que certains voient l'abandon d'une partie de la doctrine, elle a aussi ses martyrs pour prouver que ce qui ne se paye pas de mots n'en porte pas moins les fondements !

Cette façon tradi de voir les choses ressemble à une addiction verbale dépourvue de discernement, car il faut bien trouver de quoi critiquer ce qui nous met en porte-à-faux, aussi bien pastoralement, liturgiquement que doctrinalement.
Il est facile de leur part d'accuser l'Eglise conciliaire d'être responsable de la perte de la foi, etc. Mais ils le sont tout autant.

Un iceberg s'est détaché de la banquise, et s'il reste une possibilité qu'après la fonte il s'y trouve assez de terre pour former une île (la possibilité d'une presqu'île a été par lui maintes fois écartée), cela devient de plus en plus improbable, et la dérive est un grand risque encore actuel.
Leur rêve de devenir un continent est ce qu'il est : "en blanc".
( Cet iceberg s'est déjà séparé en plusieurs...)
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par ChristianK »

Pourquoi faites-vous toujours cette fixation sur la messe western !
C'est comme juger de tous les tradis en ne considérant que les sédévacantistes ! Ou critiquer la voie du mariage à cause de l'adultère possible...
Non, l’analogie est fausse, car les sédévacs sont vus comme déviants par les néotroidentins antimodernistes, tandis que la messe western ou à gogo est approuvée, nullement combattue, ce qui prouve la dangerosité du novus ordo.
Si la messe western était condamnée et combattue, ce serait différent. En attendant tous les regards doivent se concentrer sur elle.
Peut-être voulez vous insinuer que la messe western est un abus mais que les évêques auraient perdu le contrôle des pulsions cuculisantes, mais cette hypothèse semble gratuite pour l'instant. L'évêque de Rouyn-Noranda en a présidé une:

https://sociocatho.forumactif.com/t81-l ... quebec#396
St François de Salles était mielleux, et c'est une qualité qui lui est reconnue.
St Jean de la Croix, Ste Thérèse de l'enfant Jésus, St Charles de Foucaud, et tant d'autres, n'ont-ils pas aussi occulté ce dont vous voudriez qu'on en parle beaucoup plus !
Je serais surpris qu’ils l’aient fait, le Pie XI cité par le document, en conformité avec les catés de 92 et 2005, ne le fait pas : « « cette crucifixion mystique dont parle l’Apôtre, nous recevrons les fruits plus abondants de propitiation et d’expiation, pour nous et pour les autres ». Sacrifice propitiatoire et expiatoire.
Il est facile de leur part d'accuser l'Eglise conciliaire d'être responsable de la perte de la foi, etc. Mais ils le sont tout autant.
Il ne s’agit pas d’église conciliaire tout court, puisque le concile parle de vengeance divine, de primauté du grégorien, de conservation du latin, d’études dogmatiques sous St Thomas, de défense de la doctrine, de réfutation des erreurs, etc.
Il s’agit de la génération défroquée : Kung, Oraison, Valadier, Bellet, etc.
Un iceberg s'est détaché de la banquise, et s'il reste une possibilité qu'après la fonte il s'y trouve assez de terre pour former une île (la possibilité d'une presqu'île a été par lui maintes fois écartée), cela devient de plus en plus improbable, et la dérive est un grand risque encore actuel.
Non c’est une chance inouie, sauf que c’est une chance partielle : ca représente « L’autre Vatican II », puisque les textes jouent un rôle d’équilibristes. Cette chance consiste essentiellement en liturgie (protection CONTRE la messe yéyé) et en caté dogmatique et apologétique, qui donnent 0.25-0.75 séminariste par lieu de culte, un chiffre astronomique. Ca s’accompagne de semi-erreur sur le rapport Pie IX-Vatican II.
Ensuite ni la FSSP ni l'IBP, ni l'ICRSP ne sont détachés, ils sont partie intégrante. Et la FSSPX est si proche que l'oecuménisme l'intègre.


ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06ilexit vos : « 16. D’autre part, cette force unique du cœur nous aide à comprendre pourquoi il est dit que, lorsqu’une réalité est saisie avec le cœur il est possible de mieux la connaître, et plus complètement. Cela nous conduit inévitablement à l’amour dont le cœur est capable, car « le fond de la réalité c’est l’amour ». [11] Pour Heidegger, selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain, la philosophie ne commence pas par un concept pur ou une certitude, mais par une émotion : « La pensée doit être saisie avant ou pendant qu’elle travaille avec les concepts. Sans l’émotion, la pensée ne peut pas commencer. La première image de la pensée, c’est la chair de poule. C’est l’émotion qui fait réfléchir et questionner : “La philosophie se fait toujours dans un état d’âme fondamental” ( Stimmung) ». [12] C’est là qu’apparaît le cœur qui « abrite les états d’âme, fonctionne comme un “gardien de l’état de l’âme”. Le “cœur” entend de manière non métaphorique “la voix silencieuse” de l’être, se laissant modérer et déterminer par elle ». [13]
Le cœur qui assemble les fragments
17. En même temps, le cœur rend possible tout lien authentique, car une relation qui n’est pas construite par le cœur ne peut pas surmonter le morcellement de l’individualisme. Deux monades qui se croiseraient pourraient seulement se maintenir, mais elles ne s’uniraient pas vraiment. L’anti-cœur est une société de plus en plus dominée par le narcissisme et l’autoréférence. Nous arrivons finalement à la “perte du désir”, parce que l’autre disparaît de l’horizon et nous nous enfermons dans notre égoïsme, incapables de relations saines. [14] En conséquence, nous devenons incapables d’accueillir Dieu. Comme le dirait Heidegger, pour recevoir le divin, nous devons bâtir une « maison d’hôtes ». [15]
[12] Byung-Chul Han, Heideggers Herz. Zum Begriff der Stimmung bei Martin Heidegger, München 1996, p. 39.
[13] Ibid., p. 60; cf. p. 176.
[14] Cf. Id., Agonie des Eros, Berlin 2012.
[15] Martin Heidegger, Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung, Frankfurt a. M. 1981, p. 120.”

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Tout ce que vous citez là ne me contredit en rien. Le pape y réhabilite le cœur (anticipant en quelque sorte un des fondements de votre critique) en se servant de Heidegger, or c’est un peu comme se servir d’un raisonnement par l’absurde. Cela ne fait pas de ce dernier une référence, sinon de l’opposition et encore « selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain » qui est mouillé lui aussi.
Encore une fois : le pape défend une pratique de dévotion face aux critiques philosophiques qui en nient l’utilité.
Evidemment non, Heidegger est cité en appui et comme source, pas comme repoussoir. L’objection disait « que je ne sache pas que Heidegger soit une référence pour l’Eglise Catholique » . Or c’est une référence pour ce document, et c’est pas bon signe.



ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06Mais ce n’est pas en ce sens que votre objection allait : « Car votre langage est aussi celui des tradis, qui n’ont rien changé à l’ambiguïté antérieure mais veulent la faire durer par crainte du changement » . Vous preniez tradi au sens des néotridentins antimodernistes, et c’est en ce sens que l’objection est non pertinente, car ils sont pour les dévotions verticales.
Ensuite le document est certainement critique de la « fluidité » (son mot) sociale, puisque celle-ci y est associée au consumérisme.
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Vous disiez « c’est juste l’incohérence le problème » et j’ai donc pointé celle qui serait des tradis en le critiquant ici.

Ca n’a pas de sens : les tradis sont cohérents car antisubjectivistes-émotionels, car suivant le docteur commun (et pas Heidegger)



, il joue sur une autre ambiguïté que vous taxez trop hâtivement de complice de consumérisme car dans cette liquidité, il y a en suspension bien des choses contradictoires et vous ne pensez pas aux mêmes que lui, ne leur donnez pas la même couleur car lui il « s’adapte au monde » pour lui parler.
La liquidité antidogmatique , même avec contenus divers, reste liquide, et c’est cette liquidité le problème, avec désarmement devant l’ennemi consumériste médiatique, le Tentateur de la consommation, qui entraine censure des fins dernières, de la vengeance divine et du dogme solennel de la crainte de l’enfer comme don divin. Si, parmi les choses contradictoires du consumérisme liquide il y a avait la vengeance divine, celle-ci ne serait tout simplement pas censurée en pasto.
L’adaptation d’ouverture aux mondains en contexte consumériste est une inadaptation (faut tester par la décadence et les sémianires morts de la génération défroquée); seule une adaptation de fermeture suffisante est adaptée, ou équilibrée. Car le monde et les mondains font pression naturelle, comme voyait très bien Jean- Paul, et comme le voyait trop peu Gaudium et spes.




ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06Non, car justement il est déjà étouffé par incohérence : la fluidité pasto a-dogmatique antiascétique et contre-apologétique, manquant de mépris du monde, bloque les dévotions verticales , par manque de défense contre la mondanité horizontalisante

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Vous êtes en pleine théorie car c’est votre point de vue antérieur, or s’il défend la dévotion vous devriez lui accorder d’être a priori d’accord avec vous
C’est ce que je fais : il fait un grand pas en avant et je suis d’accord. C’est juste le fondement qui entraine incohérence. Car l’atmosphère du monde et des mondains, leur cœur, luttent contre la dévotion, surtout depuis 1960

. Pourquoi associer le pape à ce qui va contre le concile, puisque vous-même reconnaissez sur un autre poste que les déviations ne sont pas le fait du concile en lui-même.
Pcq il occulte (jusqu’ici semble t il) la vengeance divine du concile et la primauté du latin-grégorien, et le dogme solennel de la crainte de l’enfer comme don divin, comme les jeunes jésuites à la page de 68, ^problablement sous l’infuence mielleusante de Teilhard


ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06Il demeure docteur commun et base de la synthèse dogmatique, c’est une exigence de vatican II. Derrière lui il y a la philosophia perennis, Platon-Aristote, qu’il a approfondi et perfectionné philosophiquement.
Les 5 voies manqueraient de rigueur? C’est pas la position de l’église, au contraire (Léon XIII, JP 2)).

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Nous y voilà : Platon et Aristote ne sont pas chrétiens et leur doctrine serait en tant que telle fort rabrouée sur bien des points. Le taoïsme est un terreau préchrétien bien meilleur que la culture grecque sur bien des points. En revanche, leur rigueur philosophique est bien plus forte que St Thomas qui la réutilise mal d’un point de vue purement logique, puisqu’il utile abusivement la Révélation comme argument de raison,
Faux. Il distingue très bien la révélation (argument d’autorité, imbécillius en philo, le plus faible en philo) de la philo naturelle. Comme Vatican I d’ailleurs.
D’ailleurs ils est docteur commun, référence 1ere, sauf dans la génération défroquée…

Jean Paul, Fides et ratio :
En ce sens, par son encyclique Æterni Patris, le Pape Léon XIII a accompli un pas d'une réelle portée historique pour la vie de l'Eglise. Jusqu'à ce jour, ce texte a été l'unique document pontifical de ce niveau consacré entièrement à la philosophie. Ce grand Pontife a repris et développé l'enseignement du Concile Vatican I sur les rapports entre la foi et la raison, montrant que la pensée philosophique est une contribution fondamentale pour la foi et pour la science théologique.78 A plus d'un siècle de distance, de nombreux éléments contenus dans ce texte n'ont rien perdu de leur intérêt du point de vue tant pratique que pédagogique; le premier entre tous est relatif à l'incomparable valeur de la philosophie de saint Thomas. Proposer à nouveau la pensée du Docteur angélique apparaissait au Pape Léon XIII comme la meilleure voie pour retrouver un usage de la philosophie conforme aux exigences de la foi. Saint Thomas, écrivait-il, « au moment même où, comme il convient, il distingue parfaitement la foi de la raison, les unit toutes deux par des liens d'amitié réciproque: il conserve à chacune ses droits propres et en sauvegarde la dignité ».79



ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06C’est l’erreur pasto, si le cœur sera compris comme émotion. Les cœurs consuméristes ne bougeront pas car le consumérisme est affaire de cœur.
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C’est vous qui le dites et ce serait plutôt une erreur dogmatique si cela en était une
Non, car occulter le dogme n’est pas une erreur directement dogmatique, ce n’est pas une hérésie formelle. Ce qui la rend difficile à détecter.

Croyez-vous qu’on puisse convertir le monde actuel avec des mots comme « propitiatoire », « consubstantiel » « hypostase », impétratoire, expiatoire, propitiatoire, latreutique, etc. ?

Oui, mais pas pcq c’est intello, mais pcq ca lutte contre le consumérisme et la cuculisation. Impossible de convertir sans vocations, et pas de vocations sans combat antimondain. Donc pas de mission sans mépris du monde.


ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06Exactement. Donc il faut lutter CONTRE
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En luttant contre une force on la renforce. On donne de l’importance à la force.

Sophisme. C’est en ne luttant pas contre le péché et l’occasion de péché qu’on le renforce et il passe à l’intérieur. D’ailleurs l’important n’est pas le renforcement externe mais la purification interne, l’évitement de l’occasion mondaine de péché. Ces choses doivent se juger empiriquement (par les séminaires et noviciats décadents et morts entre autres). D’où tests nécessaire et sélection naturelle par élimination. Si on ne fait rien contre le consumérisme il gagne naturellement, ne serait-ce que suite au péché originel (lui aussi occulté par cuculisation)





En passant je corrige : le mot est « liquide » au lieu de fluide. C’est lié au consumérisme et c’est contraire à « solide » (comme le biblisme est plus liquide comparé au dogme et au droit canon). Le lien entre consommation et liquidité vient de ce que qu’on passe d’un objet consommé à un autre, sous emprise des passions, i.e. du « cœur » tout court.

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Reprenez ce que dit le pape : il oppose bien le cœur à cette liquidité, alors que vous voulez l’y associer. Vous voulez à tout prix (inconsciemment) changer la définition implicite qu’il en donne ou son sens pour pouvoir le critiquer.

Sa définition est justement trop floue et implicite pour résister à la liquidité : les cœurs consuméristes vont suivre leurs émotions spontanées; Il fallait donc préciser la nécessaire lutte contre le cœur (émotion) consumériste. Il fallait distinguer cœur liquide et cœur solide (avec ascétisme, dogme, apologétique, crainte de l’enfer etc.), cœur solide présent chez les néotridentins antimodernistes, appelés intégristes par la génération défroquée.


ChristianK a écrit : ↑Hier, 19:06Quand je parle de consumérisme médiatique, je ne parle pas de la consommation des médias (à leur tour), bien que cela ne soit pas exclu. Je parle du contenu consumériste (antiascétique, antidogmatique, antimoralisateur etc) des médias, qui sont causes de la liquidité qu’on veut combattre, et qui est dans le cœur (les émotions)

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J’avais bien compris et il s’agit bien des deux. Or le pape doit faire en sorte que sa parole franchisse cette barrière médiatique pour toucher les cœurs. Si cela manque de rigueur (toutes vos remarques) c’est sans doute plus efficace que s’il avait adopté un langage doctrinalement impeccable et c’est devenu inévitable en pastorale !

Faux, c’est parfaitement évitable en pasto adaptée avec une bonne dose de fermeture antimondaine, et on reconnait cette adaptation aux séminaires pleins et remplis de jeunesse, contraste saisissant avec la génération défroquée…
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Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos

Message non lu par cmoi »

ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 Evidemment non, Heidegger est cité en appui et comme source, pas comme repoussoir. L’objection disait « que je ne sache pas que Heidegger soit une référence pour l’Eglise Catholique » . Or c’est une référence pour ce document, et c’est pas bon signe.
J’interrompt-là cet échange où il n’est plus du tout question du propos de cette encyclique mais de votre doctrine originale et critique maintes fois exposée à l’égard du magistère de l’Eglise et de sa pratique pastorale, dans un but qui n’est pas constructif et qui n’apporte rien de nouveau.
Rien que votre : « c’est pas bon signe » est à la fois contradictoire et moqueur. Ce philosophe est cité par le pape comme défenseur d’un avis qui n’est manifestement pas le sien ; inutile de couper les cheveux en 4 !
[+] Texte masqué
Je me suis laissé emporter par la discussion.. Si on reprend le texte en question :
16. D’autre part, cette force unique du cœur nous aide à comprendre pourquoi il est dit que, lorsqu’une réalité est saisie avec le cœur il est possible de mieux la connaître, et plus complètement. Cela nous conduit inévitablement à l’amour dont le cœur est capable, car « le fond de la réalité c’est l’amour ». [11] Pour Heidegger, selon l’interprétation qu’en fait un penseur contemporain, la philosophie ne commence pas par un concept pur ou une certitude, mais par une émotion : « La pensée doit être saisie avant ou pendant qu’elle travaille avec les concepts. Sans l’émotion, la pensée ne peut pas commencer. La première image de la pensée, c’est la chair de poule. C’est l’émotion qui fait réfléchir et questionner : “La philosophie se fait toujours dans un état d’âme fondamental” ( Stimmung) ». [12] C’est là qu’apparaît le cœur qui « abrite les états d’âme, fonctionne comme un “gardien de l’état de l’âme”. Le “cœur” entend de manière non métaphorique “la voix silencieuse” de l’être, se laissant modérer et déterminer par elle ». [13]
Déjà, ce philosophe n’est cité que selon l’interprétation d’un penseur contemporain non nommé, ils sont donc « retirés d’un référencement » et pour présenter l’idée que même la philo (donc la plus discursive) est tributaire de l’émotion, et pour affirmer finalement que le cœur est le gardien de l’âme et donc que lui seul permet de distinguer les bonnes émotions des mauvaises, en opposition par conséquent avec la philo qui prétend que la raison discursive peut avoir une vérité supérieure à celle-là et moins influençable – c’est en cela qu’ils s’opposent, pape et Heidegger.
Prétendre que c’est « mauvais signe », c’est à peu près la même chose que de prétendre que parler de sa grand-mère et de ses souvenirs d’enfance est de mauvais goût. C’est en effet une affaire d’habitude, d’éducation et de goût, donc de tolérance et de respect. C’est s’en prendre au ton paternel de son encyclique, à sa personnalité, donc à … celui qui l’a choisi pour pape, car le concernant il était, est et sera, comme cela et ce n’est pas un péché.
Quand le pape parle de liquidité (mot sans doute malheureux et trop imprécis), vous en reprenez le mot et le multipliez (fluide…) pour l’attaquer lui comme s’il était à mettre dans le même panier que ce qu’il critique et que cela vous donnait l’aval de l’Eglise qu’il représente.
Vous occultez le sens des mots en traitant de défroqués des qui ne le sont pas (toute une génération !) : ce genre de mépris est lassant et ne devrait pas appartenir à un discours chrétien, tout comme des expressions comme « cucu ». Cela vous a été déjà signalé par plusieurs mais vous n’en tenez pas compte.
Si vous faites parfois preuve de compréhension, d’autres fois vous vous enfermez dans votre système de pensée et ne voyez plus rien d ‘autre, employant des arguments qui n’ont pas d’autre valeur que de vouloir le défendre et qui restent superficiels et contestables.

Quand par exemple vous refusez l’idée que résister à une force c’est la renforcer : vous feriez un piètre pratiquant d’art martial, or ce qui est vrai là l’est aussi dans des matières plus spirituelles, et refuser cette idée c’est se croire toujours le plus fort et manquer d’humilité.
Vous noyez souvent le poisson en faisant traîner les échanges pour pouvoir contester ce qui ne l’est pas par un discours le moment venu acceptable (mais non démontré ni incontestable, loin de là !), comme par exemple quand vous écrivez :
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 Ca n’a pas de sens : les tradis sont cohérents car antisubjectivistes-émotionels, car suivant le docteur commun (et pas Heidegger)
Alors que l’observation de départ, comme quoi ce que vous critiquez chez le pape est une pratique aussi fréquente de leur part à eux quand ils cherchent la même chose, est si exacte qu’elle vous a dérangé et que frontalement vous n’aviez rien à lui opposer (vous avez bien dévié la force pour la dominer, attitude que vous venez de qualifier de « sophisme »).

Quand la critique est vôtre, irait-elle contre le magistère, elle a forcément du sens, mas vous refusez celle des autres au nom de ce magistère
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 D’ailleurs ils est docteur commun, référence 1ere
Sans apporter de preuve ni débattre en opposant une affirmation à une autre (la mienne étant première, je pouvais ne pas exclure que vous seriez d’accord. Si vous ne l’êtes pas et vu vos réponses arbitraires, cela ne me donne plus envie d’en débattre en plus si déjà vous trichez sur ce qui est en débat).

Relisez-vous ! tout ce que vous écrivez n’a pour vérité que celle que vous devriez démontrer et ne démontrez pas. Ainsi :
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 C’est ce que je fais : il fait un grand pas en avant et je suis d’accord. C’est juste le fondement qui entraine incohérence. Car l’atmosphère du monde et des mondains, leur cœur, luttent contre la dévotion, surtout depuis 1960
Car quel autre fondement y a-t-il dans son encyclique que celui de défendre la dévotion au Sacré-Cœur ? Et croyez-vous que ce que vous critiquez aille dans le sens de cette défense aux yeux de ceux que vous vilipendez et voudriez convertir (je vous prête encore la meilleure intention) ?

Quand vous écrive ensuite :
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 Pcq il occulte (jusqu’ici semble t il) la vengeance divine du concile et la primauté du latin-grégorien, et le dogme solennel de la crainte de l’enfer comme don divin, comme les jeunes jésuites à la page de 68, ^problablement sous l’infuence mielleusante de Teilhard
Vous n’avez en rien démontré l’utilité de cette vengeance - cette primauté - ce dogme, … sur un tel sujet qui selon le sens commun en serait au contraire affaiblit car ce serait un hors sujet et faire preuve de maniaquerie.
Parler de « jeunes jésuites à la page de 68 » est typique : En quoi cela concerne qui ? Le pape parce qu’il est jésuite (l’abus serait évident) ou à cause de son âge ou parce qu’il aurait lu cet auteur ? Vous ne cessez d’utiliser ce genre de propos malsains.
Etait-ce seulement les jésuites qui auraient « fauté » en 68, et en quoi plus eux que d’autres ? Les Jésuites sont ce qu’ils sont depuis St Ignace, et vous seriez le premier à les défendre sur d’autres terrains, alors cessez de les attaquer d’une façon ou d’une autre en référence et serait-elle partielle à ce que vous défendriez en d ‘autres occasions (en plus, il n’y a évidemment pas eu que du mauvais dans « le mai 68 », alors il faudrait être sinon plus précis).
Et cela abolirait et la mention des Jésuites et celle de 68.
User sans cesse et comme vous le faites de tels procédés vous discrédite totalement dans une conversation qui se doit de posséder les qualités que vous voudriez défendre.

La plupart de vos arguments sont déplacés. Ainsi quand vous écrivez :
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 Ensuite le document est certainement critique de la « fluidité » (son mot) sociale, puisque celle-ci y est associée au consumérisme.
Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous écrivez ? Cela veut dire qu’un mot employé dans une phrase doit conserver la connotation qu’il a eue dans cette phrase à chaque fois qu’il sera réemployé ! Et qui plus est : pas même seulement cette connotation, car elle est neutre, mais c’est comme si les autres mots de cette phrase pouvaient ensuite le connoter lui de leur signification !
Par de tels glissements, or c’est un aveu de comment votre esprit fonctionne, on pourrait conduire n’importe qui au goulag ou dans des lieux similaires et cela se fait...

Si on rapporte cela au fait que j’évoquais précédemment que vous avez repris ce mot à la volée et vous en gargarisez depuis, cela montre comment vous rattachez à des mots une signification abusive tout en en rendant d’autres personnes responsables : cela vous exonère de toute justification et c’est le propre du fanatisme, un procédé commun et fréquent de tout fanatisme.

En réalité, vous pointez la faille qu’il y avait dans l’usage fait de ce mot, mais au lieu de vous en préserver et de vous en garder, de lui accorder de ne l’avoir pas vue, c’est tout ce que vous en avez retenu et pour faire pareil en vous dédouanant.
C’est ce que j’appelle refuser de réfléchir, et c’est ainsi que s’ajoutent des œillères et des filtres. Vous ne faites que renouveler votre pensée par un mot nouveau, mais c’est la même. Vous rebâchez du néant puisque vous prêtez à ce mot une signification forte et nouvelle.
Il fallait lire « une certaine fluidité liée à ce que le consumérisme a de mauvais » mais vous vous avez décidé que cette fluidité représentait tout ce que vous (et non plus lui et sur quoi le contexte nous éclaire) vous estimez de mauvais, donc vous le mettez en contradiction, et vous en prenez prétexte pour reprocher devant tous ce que vous vous dénoncez parce qu’il en a une fois employé le mot pour dénoncer.

Or il ne l’a employé que 2 fois, au paragraphes 9 et 10, en référence à ce qu’il aura écrit au paragraphe 8 . Et vous trouvez cela suffisant pour depuis le reprendre, en y ajoutant « fluide ».
Il n’a d’ailleurs nullement parlé de consumérisme, pour comble, mais de « satisfactions superficielles », ce qui est fort différent et bien plus précis, sans valeur de consommation, reprécisant au paragraphe 9 sa pensée. Son mot de « liquide » n’était donc qu’un mot passe partout de liaison, et vous en faites un sésame pour accéder à ses coffres les plus secrets et les dévaliser : mais vous vous êtes trompés, ce ne sont pas les siens et ils n’ont d’existence que dans vos fantasmes !
Quand vous êtes parti, on ne vous arrête plus et cela devient une surenchère..
ChristianK a écrit : mer. 20 nov. 2024, 1:02 La liquidité antidogmatique , même avec contenus divers, reste liquide, et c’est cette liquidité le problème,
Cela devient à pleurer de rire ou, pour le dire autrement, d’une totale obscurité christannesque.
Je ne sais pas si quelqu'un d'autre peut vous suivre alors ensuite, mais moi j'abdique car l'effort demandé produira un fruit amer et rabougri.

Or le dogme n'a rien à avoir avec cette idée de liquidité telle qu'il l'a employée, mais vous vous en servez pour lui reprocher, à lui qui est gardien du dogme, d'en faire un fourre-tout sans consistance : seriez-vous sédévacantiste et le penseriez-vous fou ?

Dans le même registre, comment pouvez-vous accuser de complicité de consumérisme un propos pareil :
9. Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. Mais nous évoluons dans des sociétés de consommateurs en série vivant au jour le jour, dominés par les rythmes et les bruits de la technologie, et qui n’ont pas une grande patience pour accomplir les processus que l’intériorité requiert. Dans la société actuelle, l’être humain « risque de perdre le centre, le centre de lui-même ». [6] « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. Malheureusement, des modèles de comportement assez répandus amplifient sa dimension rationnelle et technologique, ou à l’inverse sa dimension instinctive ». [7] Le cœur fait défaut.
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