Je vais méditer vos texte, cher Didyme
L'unité
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Re: L'unité
Un texte qui exprime bien l'idée d'unité sur lequel j'interroge, en particulier la dernière partie :
"Car il y a un seul corps, qui attend d'être justifié; un seul corps, dont il est dit qu'il ressuscitera au jour du jugement: "Car bien qu'il y ait beaucoup de membres, il y a un seul corps; l'oeil ne peut dire à la main : Tu ne m'es pas nécessaire." Même si l'œil est sain et sans trouble de la vue, du moment que d'autres membres lui manquent, quelle sera sa joie?... »
« Tu auras donc de la joie lorsque tu quitteras cette vie, si tu as été saint. Mais alors seulement ta joie sera pleine, lorsqu'il ne manquera aucun membre à ton corps. Car toi aussi tu attendras les autres comme tu fus toi-même attendu. Que si à toi qui n'es qu'un membre, la joie ne semble pas parfaite tant qu'un autre membre manque, combien plus notre Seigneur et Sauveur, qui est la Tête et l'Auteur de tout le corps, estime que sa joie n'est point parfaite, tant qu'il voit quelque membre manquer à son corps [...]. Il ne veut donc pas recevoir sans toi sa gloire parfaite; sans toi, c'est-à-dire sans son peuple qui est son corps et ses membres
[...]
D'une part, une question s'impose: un être humain peut-il être totalement parfait et achevé tant qu'il est source de souffrance, tant que la faute dont il est cause continue de couver sur terre et de faire souffrir des hommes? L'hindouisme et le bouddhisme, dans leur doctrine du karman, ont systématisé à leur manière cette conception originelle qu'ils ont aussi dénaturée. Mais cette doctrine exprime pourtant par là un savoir originel que ne peut nier une anthropologie de la relation. La faute permanente est une part de moi-même, elle m'atteint en moi-même, elle est donc ainsi une part de ma constante soumission au temps dans lequel des hommes à cause de moi continuent de souffrir très réellement, et c'est par là qu'elle m'atteint. C'est à partir de là qu'il faudrait comprendre, soit dit en passant, le lien intrinsèque des dogmes de l'Immaculée Conception de Marie et de son assomption corporelle au ciel : elle est totalement chez elle, parce que nulle faute n'est venue d'elle qui fasse souffrir les hommes et continue d'agir dans la passion, qui est l'aiguillon de la mort dans le monde.
Mais ce qu'Origène dit du Christ en attente nous oblige maintenant à inverser notre réflexion: la faute passée n'empêche pas seulement l'homme de s'asseoir définitivement au festin eschatologique, à la fête sans nuage, mais elle est aussi un obstacle à l'amour qui triomphe de la faute. Si la faute nous rive au temps, inversement la liberté de l'amour est ouverture pour le temps. La nature de l'amour est d'être « pour », et c'est justement pourquoi il ne peut se clore contre ou sans les autres, tant que restent réels le temps et la souffrance. Pour exprimer ces liens, nul n'a trouvé plus jolie formule que la petite Thérèse quand elle considère le ciel comme un débordement
d'amour envers tous; mais très humainement nous pouvons dire aussi : comment une mère pourrait-elle être heureuse, pleinement, sans réserve, tant que souffre l'un de ses enfants? Nous pourrions de nouveau alléguer le bouddhisme, son idée du bodhisattva qui s'interdit d'entrer au nirvana tant qu'un seul être humain est en enfer. Par une telle attente, il dépeuple l'enfer, parce qu'il n'accepte le salut qui lui est dû que lorsque l'enfer est vide. Aux yeux du chrétien transparaît, derrière cette idée impressionnante de la piété asiatique, la figure du vrai bodhisattva, le Christ, en qui s'est vérifié le rêve de l'Asie.
Ce rêve s'accomplit dans le Dieu qui est allé du ciel en enfer, parce qu'un ciel sur une terre qui est un enfer ne serait pas un ciel. La christologie implique la relation réelle du monde de Dieu à l'histoire, d'une manière pour Dieu et d'une autre manière pour les hommes. Mais aussi longtemps que l'histoire se réalise effectivement, elle reste, même par-delà la mort, une réalité, et l'on ne peut pas dire qu'elle y est déjà absorbée dans un éternel dernier jour. Pour ces raisons, la tentative de Greshake est vouée à l'échec, qui prétend qu'une histoire sans fin est compatible avec l'espérance du retour du Christ: selon lui, il n'est pas nécessaire que la victoire du Christ soit un terme, elle pourrait se « réaliser dans une succession dynamique illimitée [...]. Ainsi compromis, le cours de l'histoire, d'une part, est ouvert, son avenir n'est pas immobilisé, rien n'est décidé ; mais, pour Dieu, il est une marche triomphale ". Un tel triomphe de Dieu aurait en soi quelque chose de cruel et de méprisant pour l'homme. Le Dieu que nous reconnaissons à la croix du Christ est autre. Pour lui, l'histoire est à ce point réelle qu'elle le conduit au schéol et que le ciel ne peut être vraisemblablement et définitivement ciel que s'il est bâti sur une terre nouvelle.
Les idées que nous venons d'exposer décident en principe des questions encore pendantes, c'est pourquoi il nous faut nous résumer maintenant. Tout ce qui a été dit montre bien quelle est la teneur véritable de la doctrine du purgatoire, comment s'éclaire aussi le sens de la distinction entre « ciel » et consommation définitive du monde, et donc la distinction entre jugement particulier et jugement général. Une faute qui n'est pas encore payée, la souffrance qu'elle cause et qui continue de couver, voilà ce qu'est le « purgatoire ». C'est donc souffrir profondément du poids de l'héritage terrestre, avec pourtant la certitude d'être admis définitivement, mais, dans le même temps, avec la peine infinie de la présence aimée qui se dérobe.
Dans le temps où est ajourné le festin définitif et différé l'accomplissement final, le ciel c'est, d'un côté, être réellement ravi dans la plénitude infinie de la joie divine, qui, parce qu'on n'en peut perdre la pure profusion, constitue l'ultime accomplissement; elle est donc aussi certitude que justice et amour finiront par se réaliser et que non seulement notre propre souffrance, mais aussi la sempiternelle souffrance terrestre avec toutes les interrogations qu'elle pose seront assumées et changées en cet amour contemplatif qui est la suprême puissance, et ne laissera donc subsister nulle injustice. Par anticipation, cet amour, ce Dieu qui a souffert, a déjà triomphé de tout. En ce sens, le « ciel » existe déjà vraiment. Mais, d'un autre côté, l'amour comblé doit s'ouvrir à l'histoire réelle avec sa durée réelle, avec sa souffrance réelle; même si, dans l'amour contemplé, la souffrance est déjà absorbée, même si une issue est assurée, même si tous les soucis y trouvent fin et les questions réponse, le salut n'est pourtant pas encore total, tant qu'il n'est qu'anticipé en Dieu et non encore réalité pour le dernier des hommes souffrants.
Par conséquent, étant donné l'interdépendance réelle de tous les hommes et de toute la création, la fin de l'histoire n'est, pour aucun homme, quelque chose de purement extérieur qui ne le concernerait plus vraiment. La doctrine du corps du Christ ne fait que formuler ici, avec toutes ses ultimes conséquences que rend possibles la christologie, ce qu'on peut attendre de l'anthropologie.
Tout homme existe en soi et hors de soi, chacun existe en même temps dans les autres et ce qui advient à l'individu a des effets sur l'ensemble de l'humanité; ce qui advient à l'humanité lui advient aussi à lui. Le « corps du Christ », cela signifie donc que tous les hommes constituent un organisme, et que, par suite, le destin du tout est vraiment le destin de chacun. Sans doute, ce qui décide de la vie de chacun, c'est la mort avec la fin de son activité terrestre; dans cette mesure, il est déjà jugé et sa destinée est désormais accomplie. Pourtant, sa place définitive ne pourra être fixée que lorsque l'organisme sera tout à fait construit, quand toute l'histoire aura achevé son cours douloureux. Toutefois, le rassemblement de l'univers est aussi un acte en lui-même; de cette manière seulement, il est le jugement général définitif qui insère l'individu dans l'ensemble et lui assigne sa juste place qu'il ne trouve que dans l'ensemble."
(La mort et l'au-delà, Joseph Ratzinger)
"Car il y a un seul corps, qui attend d'être justifié; un seul corps, dont il est dit qu'il ressuscitera au jour du jugement: "Car bien qu'il y ait beaucoup de membres, il y a un seul corps; l'oeil ne peut dire à la main : Tu ne m'es pas nécessaire." Même si l'œil est sain et sans trouble de la vue, du moment que d'autres membres lui manquent, quelle sera sa joie?... »
« Tu auras donc de la joie lorsque tu quitteras cette vie, si tu as été saint. Mais alors seulement ta joie sera pleine, lorsqu'il ne manquera aucun membre à ton corps. Car toi aussi tu attendras les autres comme tu fus toi-même attendu. Que si à toi qui n'es qu'un membre, la joie ne semble pas parfaite tant qu'un autre membre manque, combien plus notre Seigneur et Sauveur, qui est la Tête et l'Auteur de tout le corps, estime que sa joie n'est point parfaite, tant qu'il voit quelque membre manquer à son corps [...]. Il ne veut donc pas recevoir sans toi sa gloire parfaite; sans toi, c'est-à-dire sans son peuple qui est son corps et ses membres
[...]
D'une part, une question s'impose: un être humain peut-il être totalement parfait et achevé tant qu'il est source de souffrance, tant que la faute dont il est cause continue de couver sur terre et de faire souffrir des hommes? L'hindouisme et le bouddhisme, dans leur doctrine du karman, ont systématisé à leur manière cette conception originelle qu'ils ont aussi dénaturée. Mais cette doctrine exprime pourtant par là un savoir originel que ne peut nier une anthropologie de la relation. La faute permanente est une part de moi-même, elle m'atteint en moi-même, elle est donc ainsi une part de ma constante soumission au temps dans lequel des hommes à cause de moi continuent de souffrir très réellement, et c'est par là qu'elle m'atteint. C'est à partir de là qu'il faudrait comprendre, soit dit en passant, le lien intrinsèque des dogmes de l'Immaculée Conception de Marie et de son assomption corporelle au ciel : elle est totalement chez elle, parce que nulle faute n'est venue d'elle qui fasse souffrir les hommes et continue d'agir dans la passion, qui est l'aiguillon de la mort dans le monde.
Mais ce qu'Origène dit du Christ en attente nous oblige maintenant à inverser notre réflexion: la faute passée n'empêche pas seulement l'homme de s'asseoir définitivement au festin eschatologique, à la fête sans nuage, mais elle est aussi un obstacle à l'amour qui triomphe de la faute. Si la faute nous rive au temps, inversement la liberté de l'amour est ouverture pour le temps. La nature de l'amour est d'être « pour », et c'est justement pourquoi il ne peut se clore contre ou sans les autres, tant que restent réels le temps et la souffrance. Pour exprimer ces liens, nul n'a trouvé plus jolie formule que la petite Thérèse quand elle considère le ciel comme un débordement
d'amour envers tous; mais très humainement nous pouvons dire aussi : comment une mère pourrait-elle être heureuse, pleinement, sans réserve, tant que souffre l'un de ses enfants? Nous pourrions de nouveau alléguer le bouddhisme, son idée du bodhisattva qui s'interdit d'entrer au nirvana tant qu'un seul être humain est en enfer. Par une telle attente, il dépeuple l'enfer, parce qu'il n'accepte le salut qui lui est dû que lorsque l'enfer est vide. Aux yeux du chrétien transparaît, derrière cette idée impressionnante de la piété asiatique, la figure du vrai bodhisattva, le Christ, en qui s'est vérifié le rêve de l'Asie.
Ce rêve s'accomplit dans le Dieu qui est allé du ciel en enfer, parce qu'un ciel sur une terre qui est un enfer ne serait pas un ciel. La christologie implique la relation réelle du monde de Dieu à l'histoire, d'une manière pour Dieu et d'une autre manière pour les hommes. Mais aussi longtemps que l'histoire se réalise effectivement, elle reste, même par-delà la mort, une réalité, et l'on ne peut pas dire qu'elle y est déjà absorbée dans un éternel dernier jour. Pour ces raisons, la tentative de Greshake est vouée à l'échec, qui prétend qu'une histoire sans fin est compatible avec l'espérance du retour du Christ: selon lui, il n'est pas nécessaire que la victoire du Christ soit un terme, elle pourrait se « réaliser dans une succession dynamique illimitée [...]. Ainsi compromis, le cours de l'histoire, d'une part, est ouvert, son avenir n'est pas immobilisé, rien n'est décidé ; mais, pour Dieu, il est une marche triomphale ". Un tel triomphe de Dieu aurait en soi quelque chose de cruel et de méprisant pour l'homme. Le Dieu que nous reconnaissons à la croix du Christ est autre. Pour lui, l'histoire est à ce point réelle qu'elle le conduit au schéol et que le ciel ne peut être vraisemblablement et définitivement ciel que s'il est bâti sur une terre nouvelle.
Les idées que nous venons d'exposer décident en principe des questions encore pendantes, c'est pourquoi il nous faut nous résumer maintenant. Tout ce qui a été dit montre bien quelle est la teneur véritable de la doctrine du purgatoire, comment s'éclaire aussi le sens de la distinction entre « ciel » et consommation définitive du monde, et donc la distinction entre jugement particulier et jugement général. Une faute qui n'est pas encore payée, la souffrance qu'elle cause et qui continue de couver, voilà ce qu'est le « purgatoire ». C'est donc souffrir profondément du poids de l'héritage terrestre, avec pourtant la certitude d'être admis définitivement, mais, dans le même temps, avec la peine infinie de la présence aimée qui se dérobe.
Dans le temps où est ajourné le festin définitif et différé l'accomplissement final, le ciel c'est, d'un côté, être réellement ravi dans la plénitude infinie de la joie divine, qui, parce qu'on n'en peut perdre la pure profusion, constitue l'ultime accomplissement; elle est donc aussi certitude que justice et amour finiront par se réaliser et que non seulement notre propre souffrance, mais aussi la sempiternelle souffrance terrestre avec toutes les interrogations qu'elle pose seront assumées et changées en cet amour contemplatif qui est la suprême puissance, et ne laissera donc subsister nulle injustice. Par anticipation, cet amour, ce Dieu qui a souffert, a déjà triomphé de tout. En ce sens, le « ciel » existe déjà vraiment. Mais, d'un autre côté, l'amour comblé doit s'ouvrir à l'histoire réelle avec sa durée réelle, avec sa souffrance réelle; même si, dans l'amour contemplé, la souffrance est déjà absorbée, même si une issue est assurée, même si tous les soucis y trouvent fin et les questions réponse, le salut n'est pourtant pas encore total, tant qu'il n'est qu'anticipé en Dieu et non encore réalité pour le dernier des hommes souffrants.
Par conséquent, étant donné l'interdépendance réelle de tous les hommes et de toute la création, la fin de l'histoire n'est, pour aucun homme, quelque chose de purement extérieur qui ne le concernerait plus vraiment. La doctrine du corps du Christ ne fait que formuler ici, avec toutes ses ultimes conséquences que rend possibles la christologie, ce qu'on peut attendre de l'anthropologie.
Tout homme existe en soi et hors de soi, chacun existe en même temps dans les autres et ce qui advient à l'individu a des effets sur l'ensemble de l'humanité; ce qui advient à l'humanité lui advient aussi à lui. Le « corps du Christ », cela signifie donc que tous les hommes constituent un organisme, et que, par suite, le destin du tout est vraiment le destin de chacun. Sans doute, ce qui décide de la vie de chacun, c'est la mort avec la fin de son activité terrestre; dans cette mesure, il est déjà jugé et sa destinée est désormais accomplie. Pourtant, sa place définitive ne pourra être fixée que lorsque l'organisme sera tout à fait construit, quand toute l'histoire aura achevé son cours douloureux. Toutefois, le rassemblement de l'univers est aussi un acte en lui-même; de cette manière seulement, il est le jugement général définitif qui insère l'individu dans l'ensemble et lui assigne sa juste place qu'il ne trouve que dans l'ensemble."
(La mort et l'au-delà, Joseph Ratzinger)
L'autre est un semblable.
Re: L'unité
Bonjour à tous.
J'ai lu, Didyme, les textes que vous avez produits. Je vous remercie de ce fil, où la notion de communion des saints me semble rivaliser avec celle que vous proposez (L'unité), à ceci près qu'on serait tentés de les opposer, pour le caractère à priori sélectif de la première (tout le monde n'est pas attiré par la sainteté), quand la seconde chercherait à l'éradiquer (le caractère sélectif)
Je ne connais absolument pas le phénomène, mais l'AT évoque le roi Saül devenant ennemi de Dieu pour avoir fait appel à une voyante à la demande du roi qui voulait converser avec le prophète Samuel décédé.
C'est d'avoir eu cette conversation avec Samuel mort qui, si j'ai bien compris, rendit le roi Saül ennemi de Dieu ; et probablement la voyante n'était pas du bon coté non plus.
Et là, je vous soumets mon intuition que l'art de vivre ne serait pas dans le commerce avec la (ou les ) mort(s), ce qui peut sembler logique, à priori, mais bien de privilégier les interactions avec les vivants.
On pourrait imaginer que la mort a une utilité ;
je suppose, si c'est le cas, que ce pourrait être la franche séparation des êtres vivants avec les morts, une manière de vivre dans le présent, non dans le passé, c'est à dire en connexion avec ce qui me semble être le sens de la vie, et en déconnexion des mirages potentiels (qui sait si ce "fantôme" revenu parler à Saül était bien celui de Samuel ?)
C'est ainsi que je comprends le passage que je viens de citer de Benoît XVI.
Du coup, pour revenir à l'unité, je ne sais donc pas s'il faut davantage développer ses interactions avec le monde des morts qu'une simple prière de Fatima quotidienne, des intentions de messe pour les âmes du Purgatoire. Perso, je m'en contente.
Ceci à part, pour me positionner maintenant par rapport à votre questionnement, j'avoue osciller entre l'adhésion au souci oriental d'un Karman collectif que l'humanité "épongerait" petit à petit, en en répartissant les charges sur tous (mais la question se pose de quel critère de répartition), et celui d'un Karman individuel, qui individualiserait les charges selon le "passif" de chacun.
Dans tous les cas, il semble incontournable d'avoir à "mesurer" la quantité de Karman "héritée" à la naissance de chacun, rapportée à la quantité léguée à la mort, comme première approche.
Les intentions, bonnes ou mauvaises, et non suivies d'effet dans le quotidien de chaque créature pourraient aussi être à comptabiliser, je trouve..
De la sorte, l'exemple de Marie est en effet éclairant :Elle n'avait aucun passif à la naissance, et a épongé pas mal de Karman ; on l'imagine aussi bourrée de bonnes intentions, qui n'auront surtout d'effets que posthumes.. Marie est légère (au sens pieux, bien sûr), et elle allège aussi nos fardeaux
J'ai lu, Didyme, les textes que vous avez produits. Je vous remercie de ce fil, où la notion de communion des saints me semble rivaliser avec celle que vous proposez (L'unité), à ceci près qu'on serait tentés de les opposer, pour le caractère à priori sélectif de la première (tout le monde n'est pas attiré par la sainteté), quand la seconde chercherait à l'éradiquer (le caractère sélectif)
Il me semble qu'un des risques de trop se focaliser sur le monde des morts serait de chercher à tisser des liens avec ce monde.Didyme a écrit : ↑lun. 19 août 2024, 13:20 (Citation de votre texte de Benoît XVI)
Sans doute, ce qui décide de la vie de chacun, c'est la mort avec la fin de son activité terrestre; dans cette mesure, il est déjà jugé et sa destinée est désormais accomplie. Pourtant, sa place définitive ne pourra être fixée que lorsque l'organisme sera tout à fait construit, quand toute l'histoire aura achevé son cours douloureux.
Je ne connais absolument pas le phénomène, mais l'AT évoque le roi Saül devenant ennemi de Dieu pour avoir fait appel à une voyante à la demande du roi qui voulait converser avec le prophète Samuel décédé.
C'est d'avoir eu cette conversation avec Samuel mort qui, si j'ai bien compris, rendit le roi Saül ennemi de Dieu ; et probablement la voyante n'était pas du bon coté non plus.
Et là, je vous soumets mon intuition que l'art de vivre ne serait pas dans le commerce avec la (ou les ) mort(s), ce qui peut sembler logique, à priori, mais bien de privilégier les interactions avec les vivants.
On pourrait imaginer que la mort a une utilité ;
je suppose, si c'est le cas, que ce pourrait être la franche séparation des êtres vivants avec les morts, une manière de vivre dans le présent, non dans le passé, c'est à dire en connexion avec ce qui me semble être le sens de la vie, et en déconnexion des mirages potentiels (qui sait si ce "fantôme" revenu parler à Saül était bien celui de Samuel ?)
C'est ainsi que je comprends le passage que je viens de citer de Benoît XVI.
Du coup, pour revenir à l'unité, je ne sais donc pas s'il faut davantage développer ses interactions avec le monde des morts qu'une simple prière de Fatima quotidienne, des intentions de messe pour les âmes du Purgatoire. Perso, je m'en contente.
Ceci à part, pour me positionner maintenant par rapport à votre questionnement, j'avoue osciller entre l'adhésion au souci oriental d'un Karman collectif que l'humanité "épongerait" petit à petit, en en répartissant les charges sur tous (mais la question se pose de quel critère de répartition), et celui d'un Karman individuel, qui individualiserait les charges selon le "passif" de chacun.
Dans tous les cas, il semble incontournable d'avoir à "mesurer" la quantité de Karman "héritée" à la naissance de chacun, rapportée à la quantité léguée à la mort, comme première approche.
Les intentions, bonnes ou mauvaises, et non suivies d'effet dans le quotidien de chaque créature pourraient aussi être à comptabiliser, je trouve..
De la sorte, l'exemple de Marie est en effet éclairant :Elle n'avait aucun passif à la naissance, et a épongé pas mal de Karman ; on l'imagine aussi bourrée de bonnes intentions, qui n'auront surtout d'effets que posthumes.. Marie est légère (au sens pieux, bien sûr), et elle allège aussi nos fardeaux
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Re: L'unité
Oui, c'est juste.Ombiace a écrit : ↑mar. 20 août 2024, 5:47 Bonjour à tous.
J'ai lu, Didyme, les textes que vous avez produits. Je vous remercie de ce fil, où la notion de communion des saints me semble rivaliser avec celle que vous proposez (L'unité), à ceci près qu'on serait tentés de les opposer, pour le caractère à priori sélectif de la première (tout le monde n'est pas attiré par la sainteté), quand la seconde chercherait à l'éradiquer (le caractère sélectif)
Je pense qu'en réalité tout le monde est attiré ("Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi" (Jean 12 : 32)), est appelé à la sainteté, à l'unité. Mais tout le monde n'y est pas disposé de la même manière.
Je n'y vois pas vraiment une invitation à une interaction avec les morts.Ombiace a écrit :Il me semble qu'un des risques de trop se focaliser sur le monde des morts serait de chercher à tisser des liens avec ce monde.Didyme a écrit : ↑lun. 19 août 2024, 13:20 (Citation de votre texte de Benoît XVI)
Sans doute, ce qui décide de la vie de chacun, c'est la mort avec la fin de son activité terrestre; dans cette mesure, il est déjà jugé et sa destinée est désormais accomplie. Pourtant, sa place définitive ne pourra être fixée que lorsque l'organisme sera tout à fait construit, quand toute l'histoire aura achevé son cours douloureux.
Je ne connais absolument pas le phénomène, mais l'AT évoque le roi Saül devenant ennemi de Dieu pour avoir fait appel à une voyante à la demande du roi qui voulait converser avec le prophète Samuel décédé.
C'est d'avoir eu cette conversation avec Samuel mort qui, si j'ai bien compris, rendit le roi Saül ennemi de Dieu ; et probablement la voyante n'était pas du bon coté non plus.
Et là, je vous soumets mon intuition que l'art de vivre ne serait pas dans le commerce avec la (ou les ) mort(s), ce qui peut sembler logique, à priori, mais bien de privilégier les interactions avec les vivants.
On pourrait imaginer que la mort a une utilité ;
je suppose, si c'est le cas, que ce pourrait être la franche séparation des êtres vivants avec les morts, une manière de vivre dans le présent, non dans le passé, c'est à dire en connexion avec ce qui me semble être le sens de la vie, et en déconnexion des mirages potentiels (qui sait si ce "fantôme" revenu parler à Saül était bien celui de Samuel ?)
C'est ainsi que je comprends le passage que je viens de citer de Benoît XVI.
Du coup, pour revenir à l'unité, je ne sais donc pas s'il faut davantage développer ses interactions avec le monde des morts qu'une simple prière de Fatima quotidienne, des intentions de messe pour les âmes du Purgatoire. Perso, je m'en contente.
Plutôt une invitation à prendre conscience du lien qui existe entre tous les hommes (en plus d'une explication sur le sens du Purgatoire).
On a là une facette de cette unité, c'est que la vie des autres nous atteind plus ou moins directement et notre vie atteind les autres plus ou moins directement.Ombiace a écrit :Ceci à part, pour me positionner maintenant par rapport à votre questionnement, j'avoue osciller entre l'adhésion au souci oriental d'un Karman collectif que l'humanité "épongerait" petit à petit, en en répartissant les charges sur tous (mais la question se pose de quel critère de répartition), et celui d'un Karman individuel, qui individualiserait les charges selon le "passif" de chacun.
Dans tous les cas, il semble incontournable d'avoir à "mesurer" la quantité de Karman "héritée" à la naissance de chacun, rapportée à la quantité léguée à la mort, comme première approche.
Et voir comme le péché d'Adam nous atteind chacun, quelque soit notre époque en témoigne.
En effet, et je pense que les saints ont justement ce sens de l'unité, de solidarité qui les fait participer, porter volontairement les peines d'autrui quand bien même ils n'auraient plus rien personnellement à expier (je pense aussi à Thérèse de Lisieux).Ombiace a écrit :De la sorte, l'exemple de Marie est en effet éclairant :Elle n'avait aucun passif à la naissance, et a épongé pas mal de Karman ; on l'imagine aussi bourrée de bonnes intentions, qui n'auront surtout d'effets que posthumes.. Marie est légère (au sens pieux, bien sûr), et elle allège aussi nos fardeaux
Et quand on a le sens de l'unité, ne plus rien avoir à expier personnellement perd même tout son sens, on ne peut être désolidarisé du péché de tous, du péché du monde. Le "moi" n'entre plus en compte, c'est le "nous" qui devient la normalité.
L'autre est un semblable.
Re: L'unité
oui, ça me semble très juste égalementDidyme a écrit : ↑mar. 20 août 2024, 12:50 Oui, c'est juste.
Je pense qu'en réalité tout le monde est attiré ("Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi" (Jean 12 : 32)), est appelé à la sainteté, à l'unité. Mais tout le monde n'y est pas disposé de la même manière.
Je suis peut être trop méfiant. Mon imagination me joue des tours..
Pensez vous qu il soit peccamineux d ambitionner ce Paradis auquel accède le bon larron, sur une simple profession de foi en l innocence de Notre Sauveur, positionnement qui le mettra déjà en marge, au moins par rapport au mauvais larron, j ai l impressionDidyme a écrit : ↑mar. 20 août 2024, 12:50 En effet, et je pense que les saints ont justement ce sens de l'unité, de solidarité qui les fait participer, porter volontairement les peines d'autrui quand bien même ils n'auraient plus rien personnellement à expier (je pense aussi à Thérèse de Lisieux).
Et quand on a le sens de l'unité, ne plus rien avoir à expier personnellement perd même tout son sens, on ne peut être désolidarisé du péché de tous, du péché du monde. Le "moi" n'entre plus en compte, c'est le "nous" qui devient la normalité.
Vous me donnez le doute sur ce que vous cherchez, mais peut être cherchez vous aussi une réponse à cette question..?
Re: L'unité
Bonjour Didyme.Ombiace a écrit : ↑mar. 20 août 2024, 16:01 Pensez vous qu il soit peccamineux d ambitionner ce Paradis auquel accède le bon larron, sur une simple profession de foi en l innocence de Notre Sauveur, positionnement qui le mettra déjà en marge, au moins par rapport au mauvais larron, j ai l impression
J'espère ne pas vous avoir froissé.
Il faut vous dire que j'incline à la modestie en matière de salut :
Je pense que même le mien passe par le Sauveur, et que je n'ajouterai rien ni ne retrancherai quelque chose à ce que Jésus peut faire en la matière.
Alors si mon pouvoir est si petit quant à mon propre salut, pourquoi me donnerais je le devoir de contribuer à celui d'un autre ?
Notez que je ne suis pas certain d'être bien inspiré en pensant cela.
Non, peut-être le salut est il une "affaire d'équipe" ;
je pense néanmoins qu'il n'est pas déraisonnable d'en passer par la case de cette modestie dont je vous parle.
Je le soumets à votre inspiration
- Didyme
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Re: L'unité
Non, vous ne m'avez pas froissé.Ombiace a écrit : ↑mer. 21 août 2024, 1:25Bonjour Didyme.Ombiace a écrit : ↑mar. 20 août 2024, 16:01 Pensez vous qu il soit peccamineux d ambitionner ce Paradis auquel accède le bon larron, sur une simple profession de foi en l innocence de Notre Sauveur, positionnement qui le mettra déjà en marge, au moins par rapport au mauvais larron, j ai l impression
J'espère ne pas vous avoir froissé.
Il faut vous dire que j'incline à la modestie en matière de salut :
Je pense que même le mien passe par le Sauveur, et que je n'ajouterai rien ni ne retrancherai quelque chose à ce que Jésus peut faire en la matière.
Alors si mon pouvoir est si petit quant à mon propre salut, pourquoi me donnerais je le devoir de contribuer à celui d'un autre ?
À la base, je suis plutôt d'accord avec vous sur le fait que "Je pense que même le mien passe par le Sauveur, et que je n'ajouterai rien ni ne retrancherai quelque chose à ce que Jésus peut faire en la matière", mais justement il y a ce principe d'unité qui apparaît.
Et qui fait dire à Saint Paul "Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise" (Colossiens 1 : 24)
Non pas que le Christ n'ait pas totalement satisfait mais qu'il nous fait participer à la rédemption car nous en faisons partie de par notre unions au Christ. Le Christ homme n'est pas seul, solitude mais en s'unissant à l'humanité il s'est uni à tous et tous sont unis au Christ. Si la tête souffre, tout le corps souffre.
Si un membre est malade, tout le corps souffre, est concerné.
La main ne vit pas sa vie dans son coin, indifférente au pied...
L'image du corps renvoie bien cette idée d'unité, de lien, de solidarité.
L'autre est un semblable.
- Didyme
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Re: L'unité
J'aime découvrir un peu plus à quel point tout est lié, être/vie/amour/unité.
On nous apprend que l'être de Dieu est amour, et l'amour ne peut être seul, isolé, solitude. Il est vivant, il est échange, relation, lien. Si nous sommes des êtres, notre mode d'existence fondamental procède de l'amour, et est donc relationnel, lien. Lien dont aucun être n'est donc exclu, selon le principe de l'être. D'où ce principe d'unité.
UNITÉ
Si donc il s'agit d'unité, il n'y a pas d'exclusion, sans quoi l'unité disparaît et fait place à la division, au non-amour, au péché.
Or, le péché n'est pas vainqueur sur Dieu pour relativiser cette unité.
On nous apprend que l'être de Dieu est amour, et l'amour ne peut être seul, isolé, solitude. Il est vivant, il est échange, relation, lien. Si nous sommes des êtres, notre mode d'existence fondamental procède de l'amour, et est donc relationnel, lien. Lien dont aucun être n'est donc exclu, selon le principe de l'être. D'où ce principe d'unité.
UNITÉ
Si donc il s'agit d'unité, il n'y a pas d'exclusion, sans quoi l'unité disparaît et fait place à la division, au non-amour, au péché.
Or, le péché n'est pas vainqueur sur Dieu pour relativiser cette unité.
L'autre est un semblable.
Re: L'unité
Bonjour Didyme.
Je crois que ce qui nous relie, c est peut être la crainte de la perte d une créature.
Mais, peut être comme bien des gens, vous craigniez surtout d abandonner la créature au désespoir. Si c est cela, nous ne sommes en effet peut être pas si éloignés si ce n est dans les moyens que nous pensons appropriés de mettre en oeuvre. Pour moi, ce qui me semble qui serait le pire des désespoirs, c est précisément d avoir espéré le salut en vain. Et c est pour cette raison que je choisis toujours de gonfler le registre du préventif, car ne dit on pas qu un homme averti en vaut 2 ? Peut être ne suis je pas le mieux qualifié pour cela ( la prévention), mais je trouve que cette approche a le mérite d informer, de témoigner, et de mobiliser celui qui a des oreilles pour entendre. Je trouve qu il y a le danger de démobiliser au contraire pour son salut celui auquel on laisserait miroiter des espoirs de facilité.
Voyez vous, dans la citation que j ai faite de votre discours, plus haut, je ne suis pas certain qu il soit toujours systématiquement productif pour le bien du corps entier, de laisser la douleur du pied envahir le champ de conscience de la main. Il pourrait se développer aussi un genre de gangrène spirituelle, un nombrilisme décomplexé du pied peut être, qui ne serait pas profitable au corps entier.
Autrement dit, il n est peut être pas mauvais non plus, pour le bien du corps entier de se mettre à l écoute du membre bien portant (?)
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Re: L'unité
Vous avez certainement raison dans ce que vous dites mais je pense que de manière générale, la tendance est davantage à l'individualisme. Je pense qu'il est bon d'avoir cette notion d'unité dans le champ de conscience, ça change beaucoup la mentalité, la façon d'appréhender les choses, d'appréhender l'autre.
On peut avoir un certain sens de la solidarité mais qui reste souvent très sélectif.
Même, s'il est vrai qu'il faut garder une certaine vigilance sur ce que vous soulignez.
On peut avoir un certain sens de la solidarité mais qui reste souvent très sélectif.
Même, s'il est vrai qu'il faut garder une certaine vigilance sur ce que vous soulignez.
L'autre est un semblable.
Re: L'unité
Vous devez avoir grandement raison, sinon je suppose que la parabole du bon samaritain n aurait pas été imaginée par Jésus.Didyme a écrit : ↑jeu. 22 août 2024, 13:09 je pense que de manière générale, la tendance est davantage à l'individualisme. Je pense qu'il est bon d'avoir cette notion d'unité dans le champ de conscience, ça change beaucoup la mentalité, la façon d'appréhender les choses, d'appréhender l'autre.
On peut avoir un certain sens de la solidarité mais qui reste souvent très sélectif.
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Re: L'unité
Lorsque l'on parle de la notion d'amour, on tend à attribuer au divin, à l'idéal la dimension agapé de l'amour, limite un amour intellectuel. Et à côté, on tend à rabaisser la dimension eros et à l'exclure du divin.
Pourtant en méditant sur ce sujet, je m'interroge : n'y a-t-il pas une forme de désir en Dieu ?
J'ai souvent pressenti qu'au-delà de l'aspect sensuel, désir sexuel, cela pouvait renvoyer à une dimension transcendante qui est celle de l'union ?
Et en ce sens, bien que l'on tende à exclure cette dimension du divin, je ne suis pas certain que ce soit tout à fait convenable. Pourquoi ? Parce qu'en vertu du caractère Un, unifiant de Dieu.
Dieu n'est pas divisé, division mais tout son être aspire à l'unité, à l'union.
Il est souvent parlé de l'Église comme de l'épouse.
Or, peut-on vouloir s'unir à ce que l'on ne désir pas ?
Le désir en Dieu ne s'exprime-t-il pas par l'attraction de la créature, par la force/puissance/impulsion unificatrice de Dieu ?
N'est-il pas dit "Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi" (Jean 12:32) ?
Quand le Christ ressuscité aura relevé cette nature divisé par le péché, il attirera tous les hommes à lui, ou plus précisément il unifiera l'humanité en lui et par lui.
Pas un désir comme d'un besoin divin, comme quelque chose qui ajouterait au divin. Mais un désir intrinsèque à la nature du divin qui est amour, et qui par conséquent est un et dont tout l'être veut/tend à l'union, à l'unité parfaite. Pas une nécessité mais un vouloir, un vouloir/désir.
Pas une attraction de possession dominatrice propre au pouvoir, à la force mais attraction de possession par le don propre à l'amour. Dieu se donne/attire par la grâce et la personne qui répond à l'appel, à l'amour divin en se donnant à Dieu, en l'aimant (il est étonnant de remarquer qu'on a nommé des objets qui s'attirent (magnétiquement) des aimants (bien que l'étymologie soit autre)).
Comme un amour où don/désir/possession se combinent pour unir parfaitement. Car un amour qui n'est que don peut-il unir, être unifiant s'il n'est que "sortant", exempt de désir ? C'est une vraie question.
Il n'est pas qu'une question de vouloir du bien de l'extérieur, vers l'extérieur mais il est question d'union, ce qui est bien plus engageant, bien plus impliquant, bien plus investi. Bien plus qu'un simple "amour" intellectuel mais comme désincarné. D'ailleurs, cette amour unifiant s'est incarné en Dieu le Fils épousant, s'unissant l'humanité.
Je verrais bien également le caractère éros de l'amour à travers l'incarnation, l'union charnel.
Par ailleurs, cet aspect expliquerait aussi une facette du libre-arbitre de l'homme. Le libre-arbitre n'est-il pas alors le reflet du désir divin que l'homme vienne à lui ? L'homme pourrait très bien être une créature parmi d'autres, plus instinctives, ne pas avoir de libre-arbitre et il n'y aurait pas cette notion de désir. L'homme serait naturellement soumis/uni à Dieu.
Mais pourquoi avoir créé des personnes avec cette liberté si ce n'est ce désir d'union, de se donner mais aussi que l'homme se donne ?
Cette dimension transparaît d'ailleurs dans tout le récit biblique, dans la relation de Dieu aux hommes, aux différents personnages bibliques, à de nombreux termes récurrents tels que "épouse", "Dieu jaloux", "infidélité", "union", etc.
Et ce serait peut-être bien cette dimension eros qui me donnerait davantage de sens au libre-arbitre en y réfléchissant.
Pourtant en méditant sur ce sujet, je m'interroge : n'y a-t-il pas une forme de désir en Dieu ?
J'ai souvent pressenti qu'au-delà de l'aspect sensuel, désir sexuel, cela pouvait renvoyer à une dimension transcendante qui est celle de l'union ?
Et en ce sens, bien que l'on tende à exclure cette dimension du divin, je ne suis pas certain que ce soit tout à fait convenable. Pourquoi ? Parce qu'en vertu du caractère Un, unifiant de Dieu.
Dieu n'est pas divisé, division mais tout son être aspire à l'unité, à l'union.
Il est souvent parlé de l'Église comme de l'épouse.
Or, peut-on vouloir s'unir à ce que l'on ne désir pas ?
Le désir en Dieu ne s'exprime-t-il pas par l'attraction de la créature, par la force/puissance/impulsion unificatrice de Dieu ?
N'est-il pas dit "Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi" (Jean 12:32) ?
Quand le Christ ressuscité aura relevé cette nature divisé par le péché, il attirera tous les hommes à lui, ou plus précisément il unifiera l'humanité en lui et par lui.
Pas un désir comme d'un besoin divin, comme quelque chose qui ajouterait au divin. Mais un désir intrinsèque à la nature du divin qui est amour, et qui par conséquent est un et dont tout l'être veut/tend à l'union, à l'unité parfaite. Pas une nécessité mais un vouloir, un vouloir/désir.
Pas une attraction de possession dominatrice propre au pouvoir, à la force mais attraction de possession par le don propre à l'amour. Dieu se donne/attire par la grâce et la personne qui répond à l'appel, à l'amour divin en se donnant à Dieu, en l'aimant (il est étonnant de remarquer qu'on a nommé des objets qui s'attirent (magnétiquement) des aimants (bien que l'étymologie soit autre)).
Comme un amour où don/désir/possession se combinent pour unir parfaitement. Car un amour qui n'est que don peut-il unir, être unifiant s'il n'est que "sortant", exempt de désir ? C'est une vraie question.
Il n'est pas qu'une question de vouloir du bien de l'extérieur, vers l'extérieur mais il est question d'union, ce qui est bien plus engageant, bien plus impliquant, bien plus investi. Bien plus qu'un simple "amour" intellectuel mais comme désincarné. D'ailleurs, cette amour unifiant s'est incarné en Dieu le Fils épousant, s'unissant l'humanité.
Je verrais bien également le caractère éros de l'amour à travers l'incarnation, l'union charnel.
Par ailleurs, cet aspect expliquerait aussi une facette du libre-arbitre de l'homme. Le libre-arbitre n'est-il pas alors le reflet du désir divin que l'homme vienne à lui ? L'homme pourrait très bien être une créature parmi d'autres, plus instinctives, ne pas avoir de libre-arbitre et il n'y aurait pas cette notion de désir. L'homme serait naturellement soumis/uni à Dieu.
Mais pourquoi avoir créé des personnes avec cette liberté si ce n'est ce désir d'union, de se donner mais aussi que l'homme se donne ?
Cette dimension transparaît d'ailleurs dans tout le récit biblique, dans la relation de Dieu aux hommes, aux différents personnages bibliques, à de nombreux termes récurrents tels que "épouse", "Dieu jaloux", "infidélité", "union", etc.
Et ce serait peut-être bien cette dimension eros qui me donnerait davantage de sens au libre-arbitre en y réfléchissant.
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Re: L'unité
Bonjour Didyme,
Le livre suivant pourrait donner de l'eau à votre moulin :
https://www.editionsducerf.fr/librairie ... mme-cf-303
Bon dimanche.
Le livre suivant pourrait donner de l'eau à votre moulin :
https://www.editionsducerf.fr/librairie ... mme-cf-303
Bon dimanche.
Re: L'unité
Cela ressemble à la communion des saints et à la manière dont fonctionne l'Église. L'Église est en trois parties. Il y a l'Église triomphante, c'est-à-dire toutes les âmes qui sont au Ciel. Ensuite, il y a l'Église souffrante, c'est-à-dire toutes les âmes qui sont au Purgatoire. Ensuite, il y a l'Église militante, c'est-à-dire toutes les âmes qui appartiennent à l'Église et qui sont dans ce monde.
Tous ceux qui sont baptisés font partie de l'Église. Ceux qui ne sont pas catholiques, mais dont le baptême est valide, font partie de l'Église, mais ils sont en communion imparfaite avec l'Église catholique.
Tous ceux qui sont baptisés font partie de l'Église. Ceux qui ne sont pas catholiques, mais dont le baptême est valide, font partie de l'Église, mais ils sont en communion imparfaite avec l'Église catholique.
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Re: L'unité
Merci pour la référence.Fernand Poisson a écrit : ↑dim. 01 sept. 2024, 17:46 Bonjour Didyme,
Le livre suivant pourrait donner de l'eau à votre moulin :
https://www.editionsducerf.fr/librairie ... mme-cf-303
Bon dimanche.![]()
Et vous, que pensez-vous de tout ça ? Que vous inspire le désir, l'unité ?
En y réfléchissant, je me dis que volonté serait presque synonyme de désir.
L'autre est un semblable.
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