Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

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Olivier JC
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Olivier JC »

Cgs a écrit : jeu. 21 déc. 2023, 6:46 il eut fallu écrire :
31. Dans l'horizon ainsi tracé, il est possible de bénir les personnes qui sont en couple en situation irrégulière et les personnes de même sexe qui sont en couple, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage.
Soyons clairs, ce document aurait émané d'un laïc, d'un prêtre voire d'un évêque autre que celui de Rome, j'en aurai dis pis que pendre. Mais ça vient du Siège Apostolique, c'est approuvé par le Souverain Pontife et, en la forme, c'est la document le plus solennel susceptible d'émaner de ce dicastère. Il convient donc, a minima, de lui accorder un accueil a priori bienveillant, même s'il faut à cette fin se faire quelque peu violence.

La question centrale que pose cette déclaration, me semble-t-il, est celle de savoir si, dans les couples considérés, la relation est intégralement mauvaise du fait des actes sexuels posés en contradiction avec la loi divine, ou si, indépendamment de ces actes peccamineux, il y a du bon dans ces relations. La déclaration opte clairement pour la deuxième option, et c'est ce qui justifie l'autorisation donnée de bénir, dans cette mesure là, la relation elle-même, dans la perspective qu'elle devienne encore meilleure, ce qui ne peut donc se comprendre que dans le cadre d'un cheminement aboutissant a minima à une abstention définitive de tout acte sexuel.

Comme je l'ai dit, cela ne me choque pas sur le principe. En revanche, le nombre de couples véritablement concerné est à mon sens minime, voire inexistant, et l'opportunité, par conséquent, de traiter cette question par voie de déclaration m'apparaît plus que discutable. C'est bien plus cela qui me gêne dans ce document, surtout qu'il est de notoriété publique que le Saint Siège est un repaire d'invertis.

Ce document m'apparaît être un facteur de division et non d'unité. Les églises allemandes, suisses, belges, etc. ont une position qui va bien au-delà de ce qui est autorisé par ce texte (voyez seulement ce prêtre suisse qui ne voit aucun problème à porter un ornement liturgique pour bénir une paire d'invertis de passage). Les églises africaines vont, très probablement, rejeter en bloc ce texte comme l'ont déjà fait les évêques du Malawi et de la Zambie.

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prodigal
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par prodigal »

Une question me vient à l'esprit. Entre personnes de même sexe, il existe une relation qui peut être très belle, et qui s'appelle l'amitié. Cela concerne aussi, bien entendu, les relations entre un homme et une femme.
Deux amis qui vivent leur amitié sans aucune idée d'attirance physique entre eux, peuvent-ils demander que leur amitié soit bénie? Ou bien faut-il pour cela qu'il y ait une relation de couple?
Ma question rejoint la suggestion de Cgs que je trouve très pertinente. Bénir les personnes est facile à accepter, le problème est de bénir une relation que l'on qualifie en même temps de gravement coupable, ce qui est évidemment contradictoire.
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Coco lapin »

Bénir une personne, c'est souhaiter qu'elle soit comblée de grâces, entre autres.
Bénir une association, une entreprise, une union, c'est souhaiter, entre autres, sa prospérité (ce qui implique nécessairement de souhaiter qu'elle perdure).
Bénir une union peccamineuse, c'est donc souhaiter qu'elle perdure.
Pourquoi pas bénir les mafia, les associations de malfaiteurs, et toutes sortes de commerces illégaux et immoraux, pendant qu'on y est ?
J'espère que les prêtres auront un sursaut de conscience avant de commettre de telles fautes.

nicolas-p a écrit :Ce texte apparaît quand même comme un peu contradictoire à la précédente décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi. (datant du 22 février 2021) qui niait la possibilité d’une telle bénédiction. Décision qui avait été approuvée par le pape.
Bien vu, mon cher Watson !
Bien sûr, il est possible de bénir n'importe quelle personne individuellement (la demande de bénédiction est alors une simple demande d'aide, et la bénédiction ne fait qu'appeler la sollicitude de Dieu sur la personne) et le cardinal Fernandez joue là-dessus pour étendre ceci à la bénédiction des couples homosexuels, c'est-à-dire des unions illicites en tant qu'unions. Et il nous dit en gros que, du moment que c'est pas confondu avec une bénédiction nuptiale (réservée au mariage), c'est bon ! Et il ose dire que ce genre de bénédiction n'entend apporter aucune légitimité à l'union illicite, alors que (ne rêvons pas) ceux qui réclament ce genre de bénédiction sont des couples qui souhaitent que leur union soit approuvée (pas forcément "légitimée", c-à-d sans ouvrir à des droits et des devoirs, mais du moins "tolérée"). Or, quand on bénit une relation ou une union, ça veut dire qu'on l'approuve. C'est d'ailleurs le sens de l'expression courante "donner sa bénédiction".

A votre avis, les bénédictions données par les prêtres seront plus du type « Je vous bénis (chacun de vous deux) pour que le Seigneur vous donne la volonté et les moyens de mettre fin à votre union peccamineuse », ou bien du type « Je bénis cette union (peccamineuse) / votre couple (peccamineux) au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen » ?

Olivier JC a écrit :Après tout, comment commence le sacrement de Réconciliation, sinon par le pécheur demandant la bénédiction du prêtre pour la raison qu'il a péché : "Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché".
C'est vrai qu'on peut trouver ça ambigu, mais le "bénissez-moi parce que j'ai péché" ne signifie évidemment pas "j'ai péché donc je mérite d'être béni", mais "j'ai péché donc j'ai besoin d'une bénédiction pour me relever, me confesser, me repentir efficacement, etc".

Or, comment réagissent les couples homosexuels après avoir reçu une bénédiction ? Est-ce du genre "Maintenant nous aurons les grâces suffisantes pour cesser de coucher ensemble et nous séparer dès que possible", ou est-ce plutôt "Chouette ! Maintenant l'Eglise a reconnu que notre union était admissible, même si c'est pas l'union idéale qu'elle recherche. Et maintenant on sera quand même aimés de Dieu et comblés de ses grâces. On peut continuer comme ça."
Je pense que certains vont avoir une drôle de surprise après leur mort, quand ils se réveilleront dans les flammes de l'enfer, et retrouveront à côté d'eux le prêtre qui les a conduits à leur perte.
Olivier JC a écrit :La question centrale que pose cette déclaration, me semble-t-il, est celle de savoir si, dans les couples considérés, la relation est intégralement mauvaise du fait des actes sexuels posés en contradiction avec la loi divine, ou si, indépendamment de ces actes peccamineux, il y a du bon dans ces relations. La déclaration opte clairement pour la deuxième option, et c'est ce qui justifie l'autorisation donnée de bénir, dans cette mesure là, la relation elle-même, dans la perspective qu'elle devienne encore meilleure, ce qui ne peut donc se comprendre que dans le cadre d'un cheminement aboutissant a minima à une abstention définitive de tout acte sexuel.

Comme je l'ai dit, cela ne me choque pas sur le principe.
Cependant, le Responsum du 22 février 2021 avait interdit de bénir les relations homosexuelles même si elles comportent certains éléments positifs :
Par conséquent, pour être cohérent avec la nature des sacramentaux, lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire – outre l’intention droite de ceux qui y participent – que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce, en fonction des desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. Seules les réalités qui sont en elles-mêmes ordonnées à servir ces plans sont donc compatibles avec l’essence de la bénédiction donnée par l’Église.

Pour cette raison, il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l'union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d'éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n'est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.
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Olivier JC
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Olivier JC »

Si on veut jouer sur les mots, il n'y a pas de contradiction puisque la bénédiction autorisée n'est pas regardée comme une bénédiction ecclésiale, ce que manifeste l'interdiction de créer quelque rituel que ce soit.

Une bénédiction, lorsqu'elle est effectuée par un prêtre, est-elle nécessairement ecclésiale, ou est-ce le fait d'être effectuée selon un rituel établi par l'autorité légitime de l'Eglise qui rend cette bénédiction ecclésiale ?

Après, j'entends ce que vous dites sur le sens de la bénédiction, qui est que la relation perdure. Telle que les choses sont présentées dans la déclaration, il s'agit de bénir ce qui est bon dans la relation, et donc que la relation perdure en ce qu'elle a de bon tout en étant purifiée de ce qu'elle a de mal, à savoir le fait de singer le mariage.

Sur le papier, pourquoi pas ?

Ce qui est gênant en réalité, et je me répète, c'est que cette déclaration vise des couples qui n'existent pas. Les seuls couples que cette autorisation peut intéresser sont ceux qui ne sont pas visés par cette déclaration, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas dans une démarche de conversion, et qui ne sont donc pas censés pouvoir en bénéficier. Les autres, que dans le secret de l'échange avec un prêtre sur un chemin de conversion sincère mais compliqué, une bénédiction leur soit accordée, pourquoi pas. Mais existent-ils seulement ? Certainement pas en nombre suffisant pour justifier un tel document.

D'où il résulte que ce qui est manifestement visé par cette déclaration est ce qui a été obtenu : la division. Qu'une telle chose vienne de l'Eglise allemande, c'est un peu traditionnel chez eux, à croire que c'est son charisme propre de mettre le bazar dans l'Eglise. Mais que ça vienne de Rome...

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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

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Il est vrai que ce genre de "couple" homosexuel qui cherche sincèrement Dieu et prêt ou sur le chemin de la conversion est probablement très rare, la majorité étant athée ou en tout cas peu enclin à la religion.

Donc en pratique que va t'il se passer ?

Je crains malheureusement que les églises en pays protestant ( Suisse Allemagne etc...) aillent bien au delà de ce qui est déjà fait et écrit dans ce texte et ici même en France cela amène à des situations comparables .
Nous verrons bien.
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

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Bonsoir Olivier JC,

Aucun des deux textes ne fait de différence entre "bénédiction ecclésiale" et "bénédiction" tout court. Donc je pense qu'une bénédiction émanant d'un prêtre est nécessairement ecclésiale. Le cardinal Fernandez n'entend faire de différence qu'avec la bénédiction propre au sacrement du mariage.

On ne peut pas bénir une relation mauvaise en ce qu'elle a de bon, car ces bons éléments sont "au service d'une union désordonnée", selon le texte de 2021 (donc il y a bien contradiction). D'ailleurs, comme l'a remarqué Cgs, le cardinal Fernandez n'entend pas bénir "des personnes homosexuelles qui sont en couple" ni "des relations amicales entre personnes homosexuelles", mais bien "les couples homosexuels", c'est-à-dire "les relations à tendance copulatoire entre homosexuels". C'est assumé.
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Olivier JC
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Olivier JC »

Coco lapin a écrit : jeu. 21 déc. 2023, 18:50On ne peut pas bénir une relation mauvaise en ce qu'elle a de bon, car ces bons éléments sont "au service d'une union désordonnée", selon le texte de 2021 (donc il y a bien contradiction). D'ailleurs, comme l'a remarqué Cgs, le cardinal Fernandez n'entend pas bénir "des personnes homosexuelles qui sont en couple" ni "des relations amicales entre personnes homosexuelles", mais bien "les couples homosexuels", c'est-à-dire "les relations à tendance copulatoire entre homosexuels". C'est assumé.
Si la déclaration est lue attentivement, elle s'adresse aux couples qui se reconnaissent indigents, ont besoin de l'aide de Dieu et ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, le but étant que la relation puisse mûrir et grandir dans la fidélité au message de l'évangile.

En d'autres termes, il doit y avoir a minima une sorte d'attrition imparfaite, l'objectif poursuivi par la bénédiction étant d'implorer l'aide de Dieu pour que cette attrition imparfaite devienne une véritable attrition et mieux encore, une contrition.

C'est la même chose qu'Amoris Laetita, à savoir du (très) court terme.

Et c'est en ce sens qu'il me semble que cela ne concerne en pratique aucun couple puisqu'un 'couple' qui s'engagerait dans cette démarche n'en serait déjà virtuellement plus un. Le couple, en un sens, demande à ce que sa relation soit bénie pour qu'elle ne soit plus une relation de couple, mais qu'il n'en reste que ce qu'il s'y trouve de bon, en d'autres termes une relation d'amitié. Il demande l'aide de Dieu, en quelque sorte, pour que la relation d'amitié ne soit pas détruite en même temps que la relation de couple.

Fallait-il pour cela une bénédiction ? Pour qui a le souci du bien des personnes concernées en même temps que le souci du bien de l'Eglise, non. Il faut en conclure que ce double souci n'est manifestement pas celui de l'actuel évêque de Rome.

Mais qu'est-ce qui a pris à Pie VII de revenir sur Dominus ac Redemptor ?

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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

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Olivier JC a écrit : jeu. 21 déc. 2023, 9:55 il y a du bon dans ces relations.
Si je reformule ce que vous avez dit là et dans votre dernier post, y donne du corps, cette bénédiction (je n'ai pas encore lu le texte pour en juger) ne pourrait être donnée que si ou dans la mesure où :
  • Ce sont des relations consenties et respectueuses de l’autre
    Elles sont basées sur la fidélité, l’entraide et le devoir de secours
    Elles constituent l’aveu d’un état de fait et refusent le mensonge
    Elles postulent à une forme d’indissolubilité tant que le péché qu’elles comportent et reconnaissent ne sera pas résolu par mieux
    Elles ont pour objectif avéré de vivre et découvrir l’amour de Dieu à travers elles
    L’enseignement de l’Eglise ne sera pas occulté ou refusé, nié, mais reconnu.
En effet, la contradiction se résout-dra d’elle-même, non par une attente eschatologique, sinon par celle d’un dénouement justifié et d’un jugement qui sera ce qu’il sera.

D'autant plus si très logiquement, elle devrait être précédée d'un entretien préalable permettant de s'assurer que toutes ces conditions sont réunies, et précédée encore d'une formation qui en complèterait les lacunes.
Car ce serait bien un comble qu'il y en ait pour les mariages catholiques, et pas pour cette bénédiction dont le caractère particulier en légitimerait d'autant plus une.
Qu'est-il prévu ?

Il reste à se poser la question de savoir si de telles mesures ne manifestent pas une autorité qui s'exerce sur une population qu lui conteste ce droit et qui "joue à quoi".

A mon sens, ce genre de bénédictions existe dans le cadre d'un parcours catéchuménal. Les donner à une personne déjà baptisée a quelque chose de contradictoire. C'est le signe ou reconnaître que quelque chose a cloché dans la formation du catéchumène.
La faute à qui ?
Du coup, c'est comme si on proposait comme solution de "repartir de zéro". Il n'a pourtant jamais été reconnu la possibilité d'annuler le caractère baptismal, et si le baptême a eu lieu "petit enfant", difficile de remettre en cause sa validité, à moins de la faire dépendre du respect de leur parole et engagement par les parents et parains/marraine.
Un vrai sujet trop facilement écarté, car le sort de l'enfant baptisé en dépendrait. Mais si leur intention n'avait pas été ce qu'elle aurait dû être ? Il s'oublie trop que (tout comme pour le mariage) le baptême est un sacrement, non une occasion de faire la fête...
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nicolas-p
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par nicolas-p »

un texte du cardinal muller préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur le sujet:

https://twitter.com/ab_couet/status/1737852634772672985
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prodigal
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par prodigal »

Il reste une question cruciale, qui ne me semble pas clairement résolue par Fiducia supplicans, celle de l'accès au sacrement de l'eucharistie. Il y a deux façons de comprendre.
1) ceux à qui l'accès à l'eucharistie est refusé pour cause de statut matrimonial ont la possibilité de demander, et d'obtenir, un lot de consolation, à savoir une bénédiction. Celle-ci peut éventuellement constituer la première étape d'un chemin de conversion.
2) ceux à qui l'accès à l'eucharistie était refusé doivent comprendre qu'ils ne doivent se priver en rien de la communion ecclésiastique, et la bénédiction qu'ils peuvent obtenir est là pour marquer qu'ils appartiennent à la communauté des baptisés tout autant que les autres, y compris en ne modifiant pas leurs conditions de vie.
La lettre serait en faveur de la première interprétation, l'esprit en faveur de la seconde. C'est du moins ainsi que, très provisoirement et en attendant d'être mieux éclairé sur le sujet, je vois les choses.
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Coco lapin »

nicolas-p a écrit : ven. 22 déc. 2023, 10:29 un texte du cardinal muller préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur le sujet:

https://twitter.com/ab_couet/status/1737852634772672985
Merci Nicolas !
Quelques extraits :
En effet, aucun texte biblique, aucun texte des Pères et des Docteurs de l’Eglise, aucun document antérieur du magistère ne vient étayer les conclusions de FS. De plus, ce que nous voyons n’est pas un développement mais un écart doctrinal. [...] En fait, la dernière déclaration magistérielle sur ce sujet a été émise par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans un document publié en mars 2021, il y a moins de trois ans, et elle a catégoriquement rejeté la possibilité de bénir ces unions. Cela vaut tant pour les bénédictions publiques que pour les bénédictions privées destinées aux personnes vivant dans des conditions de péché.
[+] Texte masqué
En d’autres termes, un nouveau concept de bénédiction est nécessaire, [...]
[...]
FS dit qu’il s’agit de bénédictions non liturgiques qui appartiennent à la piété populaire. Il y aurait donc trois types de bénédictions :

a) Les prières associées aux sacrements, demandant que la personne soit en état de recevoir les sacrements, ou demandant que la personne reçoive la force de se détourner du péché.

b) Les bénédictions, telles qu’elles sont contenues dans le Rituel romain et telles que la doctrine catholique les a toujours comprises, qui peuvent être adressées à des personnes, même si elles vivent dans le péché, mais pas à ” des choses, des lieux ou des circonstances qui … contredisent la loi ou l’esprit de l’Évangile ” (FS 10, citant le Rituel romain). Ainsi, par exemple, une femme qui s’est fait avorter pourrait être bénie, mais pas une clinique d’avortement.

c) Les nouvelles bénédictions proposées par FS seraient des bénédictions pastorales, et non des bénédictions liturgiques ou rituelles. Par conséquent, elles ne seraient plus limitées aux bénédictions “rituelles” ou de type “b”. Elles pourraient s’appliquer non seulement aux personnes en état de péché, comme dans les bénédictions “rituelles”, mais aussi aux choses, lieux ou circonstances qui sont contraires à l’Évangile.
[...]
La bénédiction “pastorale” innovante (type “c”), en revanche, va au-delà de ce que dit François, car on pourrait donner une telle bénédiction à une réalité qui est contraire à la loi de Dieu, comme une relation extraconjugale. En fait, selon le critère de ce type de bénédiction, on pourrait même bénir une clinique d’avortement ou un groupe mafieux.
[...]
II. Cela nous amène à un deuxième constat : il est hasardeux d’inventer de nouveaux termes qui vont à l’encontre de l’usage traditionnel de la langue. Une telle procédure peut donner lieu à des exercices de pouvoir arbitraires. Dans le cas présent, le fait est qu’une bénédiction a une réalité objective propre et ne peut donc pas être redéfinie à volonté en fonction d’une intention subjective contraire à la nature d’une bénédiction.
[...]
III. La troisième observation porte sur le concept même de ” bénédiction non liturgique ” qui n’est pas destinée à sanctionner quoi que ce soit (FS 34), c’est-à-dire une bénédiction ” pastorale ” (type ” c “). En quoi diffère-t-elle de la bénédiction envisagée par le Rituel romain (type ” b “) ? La différence ne réside pas dans la nature spontanée de la bénédiction, qui est déjà possible dans les bénédictions de type “b”, puisqu’elles n’ont pas besoin d’être réglementées ou approuvées dans le Rituel romain. La différence ne réside pas non plus dans la piété populaire, puisque les bénédictions selon le Rituel romain sont déjà adaptées à la piété populaire, qui demande la bénédiction d’objets, de lieux et de personnes. Il semble que la bénédiction “pastorale” innovante soit créée ad hoc pour bénir des situations contraires à la loi ou à l’esprit de l’Évangile.

IV. Ceci nous amène à une quatrième observation concernant l’objet de cette bénédiction ” pastorale “, qui la distingue de la bénédiction ” rituelle ” du Rituel romain. Une bénédiction “pastorale” peut inclure des situations contraires à l’Évangile. Remarquez que ce ne sont pas seulement les personnes pécheresses qui sont bénies ici, mais qu’en bénissant le couple, c’est la relation pécheresse elle-même qui est bénie. Or, Dieu ne peut pas envoyer sa grâce sur une relation qui lui est directement opposée et qui ne peut pas être ordonnée à lui. Les relations sexuelles hors mariage, en tant que relations sexuelles, ne peuvent pas rapprocher les personnes de Dieu et ne peuvent donc pas s’ouvrir à la bénédiction de Dieu. Par conséquent, si cette bénédiction était donnée, elle aurait pour seul effet de troubler les personnes qui la reçoivent ou qui y assistent. Elles penseraient que Dieu a béni ce qu’il ne peut pas bénir. Cette bénédiction “pastorale” ne serait ni pastorale ni une bénédiction. Il est vrai que le cardinal Fernandez, dans des déclarations ultérieures à Infovaticana, a dit que ce n’est pas l’union qui est bénie, mais le couple. Mais c’est vider un mot de son sens, puisque ce qui définit un couple comme couple, c’est précisément le fait qu’il soit une union.

La difficulté de bénir une union ou un couple est particulièrement évidente dans le cas de l’homosexualité. En effet, dans la Bible, la bénédiction est liée à l’ordre que Dieu a créé et qu’il a déclaré bon. Cet ordre est fondé sur la différence sexuelle de l’homme et de la femme, appelés à être une seule chair. Bénir une réalité contraire à la création n’est pas seulement impossible, c’est un blasphème. Encore une fois, il ne s’agit pas de bénir des personnes qui “vivent dans une union qui ne peut en aucune façon être comparée au mariage” (FS, n. 30), mais de bénir l’union même qui ne peut être comparée au mariage. C’est précisément dans ce but qu’un nouveau type de bénédiction est créé (FS 7, 12).

Plusieurs arguments apparaissent dans le texte pour tenter de justifier ces bénédictions. Tout d’abord, la possibilité de conditions qui réduisent l’imputabilité du pécheur. Cependant, ces conditions se réfèrent à la personne, et non à la relation elle-même. On dit aussi que demander la bénédiction concerne le bien possible que ces personnes peuvent réaliser dans leurs conditions actuelles, comme si demander une bénédiction constituait déjà une ouverture à Dieu et à la conversion. Cela peut être vrai pour ceux qui demandent une bénédiction pour eux-mêmes, mais pas pour ceux qui demandent une bénédiction en tant que couple. Ces derniers, en demandant une bénédiction, cherchent implicitement ou explicitement à justifier leur relation elle-même devant Dieu, sans se rendre compte que c’est précisément leur relation qui les éloigne de Dieu. Enfin, on prétend qu’il y a des éléments positifs dans la relation et qu’ils peuvent être bénis, mais ces éléments positifs (par exemple, que l’un aide l’autre dans une maladie) sont secondaires par rapport à la relation elle-même – dont la caractéristique déterminante est le partage de l’activité sexuelle – et ces éléments ne changent pas la nature de cette relation, qui ne peut en aucun cas être orientée vers Dieu, comme l’a déjà noté le Responsum 2021 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Même dans une clinique d’avortement, il y a des éléments positifs, depuis les anesthésistes qui évitent la douleur physique jusqu’au désir des médecins de protéger le projet de vie de la femme qui se fait avorter.
La question est de savoir si celui qui donne la bénédiction est un prêtre, un représentant du Christ et de l’Église. FS affirme qu’il n’y a pas de problème pour le prêtre de s’associer à la prière de ceux qui se trouvent dans une situation contraire à l’Evangile (FS 30), mais dans cette bénédiction, le prêtre ne s’associe pas simplement à leur prière, mais invoque plutôt la descente des dons de Dieu sur la relation elle-même. Dans la mesure où le prêtre agit en tant que prêtre, il agit au nom du Christ et de l’Église. Prétendre que l’on peut séparer le sens de cette bénédiction de l’enseignement du Christ, c’est postuler un dualisme entre ce que l’Église fait et ce qu’elle dit. Or, comme l’enseigne le Concile Vatican II, la révélation nous est donnée par des actes et des paroles, qui sont inséparables (Dei Verbum 2), et la proclamation de l’Église ne peut séparer les actes des paroles. Ce sont précisément les gens simples, que le document souhaite favoriser en promouvant la piété populaire, qui sont les plus susceptibles d’être trompés par un acte symbolique qui contredit la doctrine, puisqu’ils saisissent intuitivement le contenu doctrinal de l’acte.

À la lumière de ce qui précède, un catholique fidèle peut-il accepter l’enseignement de FS ?

Étant donné l’unité des actes et des paroles dans la foi chrétienne, on ne peut accepter qu’il soit bon de bénir ces unions, même de manière pastorale, que si l’on croit que ces unions ne sont pas objectivement contraires à la loi de Dieu. Il s’ensuit que tant que le pape François continue d’affirmer que les unions homosexuelles sont toujours contraires à la loi de Dieu, il affirme implicitement que de telles bénédictions ne peuvent être données. L’enseignement de FS est donc auto-contradictoire
et nécessite donc une clarification supplémentaire.
L’autre question que nous avons posée était de savoir si un prêtre pouvait accepter de bénir ces unions, dont certaines coexistent avec un mariage légitime ou dans lesquelles il n’est pas rare que les partenaires changent. Selon FS, il pourrait le faire avec une bénédiction “pastorale” non liturgique et non officielle. Cela signifierait que le prêtre devrait donner ces bénédictions sans agir au nom du Christ et de l’Église. Mais cela signifierait qu’il n’agirait pas en tant que prêtre. En fait, il devrait donner ces bénédictions non pas en tant que prêtre du Christ, mais en tant que personne qui a rejeté le Christ. En effet, par ses actes, le prêtre qui bénit ces unions les présente comme un chemin vers le Créateur. Il commet donc un acte sacrilège et blasphématoire contre le plan du Créateur et contre la mort du Christ pour nous, qui avait pour but d’accomplir le plan du Créateur. L’évêque diocésain est également concerné. En tant que pasteur de son église locale, il est tenu d’empêcher ces actes sacrilèges, sinon il s’en rendrait complice et renierait le mandat qui lui a été donné par le Christ de confirmer ses frères dans la foi.

Les prêtres doivent proclamer l’amour et la bonté de Dieu à tous les hommes et aider, par le conseil et la prière, les pécheurs et ceux qui sont faibles et ont des difficultés à se convertir. Cela est très différent du fait de leur indiquer, par des signes et des mots inventés par eux-mêmes mais trompeurs, que Dieu n’est pas si exigeant à l’égard du péché, cachant ainsi le fait que le péché, en pensée, en parole et en acte, nous éloigne de Dieu. Il n’y a pas de bénédiction, non seulement en public mais aussi en privé, pour des conditions de vie pécheresses qui contredisent objectivement la sainte volonté de Dieu.
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par nicolas-p »

Quand le Malin essaie de nous persuader de pécher, il met bien souvent l’accent sur le bien supposé de l’action mauvaise qu’il voudrait que nous fassions, tout en occultant ou minimisant les aspects contraires aux commandements divins.
Cette stratégie de tromperie se répète invariablement depuis le péché originel. Cela rendant l’offense contre Dieu moins visible et les conséquences de notre culpabilité ressentie plus acceptable.

Quand on voit le texte ainsi rédigé parlant de "couple" (et non de personnes telles qu'elles soient à bénir individuellement) et évoquant en même temps ne pas légitimer une situation contraire à l'enseignement de l'église (faire du en même temps) me fait personnellement (surement à tord) penser a ce type de "stratégie".

On se demande ce qui va empêcher avec un tel texte de donner finalement cette bénédiction non pas à un couple, mais à plusieurs personnes, au nom du "polyamour"?. Suffira-t-il simplement de souligner que l’Église n’approuve pas les unions polygames mais reconnait ce qui est "bon" dans ce type de relation?
au nom de l’accueil, de l’inclusion?
cmoi
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par cmoi »

Je suis allé lire le texte qui n’est vraiment pas long et ma première surprise a été de voir évoqué le cas de bénédictions demandées et données dans la rue.
La seconde a répondu à mon attente : sans doute influencé par la lecture de ce fil, j’étais à côté de la plaque, la fin de l’article 25 rend ces bénédictions très « abordables ».
25 En outre, l'Église doit éviter de faire reposer sa pratique pastorale sur la fixité de certains schémas doctrinaux ou disciplinaires, surtout lorsqu'ils donnent lieu à « un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et classifie les autres, et, au lieu de faciliter l’accès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrôle »[16]. Par conséquent, lorsque des personnes invoquent une bénédiction, une analyse morale exhaustive ne devrait pas être posée comme condition préalable à l'octroi de cette bénédiction. Aucune perfection morale préalable ne doit être exigée de leur part.
J’ai ensuite « remarqué » l’article 30, qui, après avoir bien fait la distinction entre cette bénédiction et celles dites liturgiques, situe le scandale non dans le péché et qui devient qui plus est public, mais dans l’impossibilité de répondre à l’attente d’un pécheur par une bénédiction :
30 Si « il n’est pas opportun qu’un diocèse, une Conférence des évêques ou toute autre structure ecclésiale mette en place constamment et officiellement des procédures ou des règles pour toutes sortes de questions »[21], la prudence et la sagesse pastorales peuvent suggérer que, pour éviter de graves formes de scandale ou de confusion parmi les fidèles, le ministre ordonné s'associe aux prières des personnes qui, bien que vivant une union qui ne peut en aucun cas être comparée au mariage, désirent se confier au Seigneur et à sa miséricorde, invoquer son aide et être guidées vers une plus grande compréhension de son dessein d'amour et de vérité.
L’article 41 aussi, en ce qu’il enfonce le clou de la distinction au point de se refuser à produire un quelconque texte ou une quelconque aide quant à la manière d’opérer, laquelle est laissée à la libre appréciation du prêtre qui a simplement le droit de bénir au nom de l’Eglise dans des cas que les bénédictions liturgiques refusent de traiter :
41. Ce qui est dit dans la présente Déclaration sur la bénédiction des couples de même sexe est suffisant pour guider le discernement prudent et paternel des ministres ordonnés à cet égard. En plus des indications ci-dessus, on ne doit donc pas attendre d'autres réponses sur d'éventuelles dispositions pour réglementer les détails ou les aspects pratiques quant à des bénédictions de cette sorte[26].
Autrement dit :
  • ces bénédictions sont inférieures à celles d’une maison, d’une voiture ou d‘un cartable,
    ces bénédictions demandent très peu de vérifications préalables et peuvent êtres très rapidement consenties et administrées (presque dans la rue sur une sollicitation)
    Je ne vois rien qui les dit uniques (au contraire, cela favoriserait une « ressemblance préjudiciable » avec celle d’un mariage catholique) et donc elles pourraient être renouvelables !
    Elles ouvrent un droit car rien ne les distinguerait d’avec la bénédiction d‘un couple constitué d’une personne religieusement mariée et encore avec son époux(sse), mais de lui avec sa maîtresse, et une par maîtresse (idem pour les gigolos) et je ne donnerai pas d’autres exemples pour ne pas donner des idées…
    Je ne crois pas avoir rien lu qui interdise les non-baptisés d’en recevoir, même si les précautions de présentation entendent que si, les conditions de la bénédiction ne s ‘y opposent pas par elles-mêmes
Tout le débat mené sur ce fil et qui repose sur la distinction entre bénir une personne et bénir une relation, est aboli. Le « filon » rendant possible ce qui ne l’était pas a été bel et bien trouvé.

Du coup, je ne comprends pas pourquoi le pape ne profite pas de la fête de Noel pour bénir ubi et orbi tous les couples qui s’identifieraient comme des bénéficiaires potentiels et qui le souhaiteraient.
Comme cela ce serait fait et il assumerait (car beaucoup ne penseront pas au côté renouvelable) !

Et nous pourrions passer à autre chose, à moins d’en surveiller les effets.

Si nous étions quelques dizaines d’années en arrière, je dirais : ne pas contracter le sida… Cela supposerait la foi, or parfois en se contentant de miettes (car qu’est-ce que c’est « peu et petit » au regard de ce que peut apporter une communion qui peut être quotidienne !) on obtient beaucoup, personne ne peut deviner ce que Dieu peut faire avec des miettes !

Mon impression, c’est que cela signe le retour de la bigoterie d’une bien étrange façon. Il plaisait aux tradis pour son amour des coutumes chrétiennes folkloriques, alors là il a poussé le bouchon plus loin…
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Olivier JC
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Olivier JC »

Je relève ceci dans l'analyse du Cardinal Müller :
Enfin, on prétend qu'il y a des éléments positifs dans la relation et qu'ils peuvent être bénis, mais ces éléments positifs (par exemple, que l'un aide l'autre dans une maladie) sont secondaires par rapport à la relation elle-même - dont la caractéristique déterminante est le partage de l'activité sexuelle - et ces éléments ne changent pas la nature de cette relation, qui ne peut en aucun cas être orientée vers Dieu, comme l'a déjà noté le Responsum 2021 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
La perspective est intéressante, distinguant ce qui est, dans la relation, essentiel et ce qui est accidentel, et impliquant que le relation ne puisse être bénie que si elle est en son essence conforme à la loi divine, sans considération de ce qui est accidentel et qui peut être peccamineux, voire gravement peccamineux.

Inversement, elle ne peut donc être bénie si elle est en son essence contraire à la loi divine, fut-elle admirable quant aux accidents.

Je suis convaincu. Cette déclaration est à tous points de vue indéfendable, et je crois que je vais définitivement renoncer à essayer de trouver encore quelque chose de bon en provenance de Rome.

+
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Gaudens
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Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage

Message non lu par Gaudens »

Bonjour Cmoi :
Pouvez-vous nous expliquer votre étonnante phrase :
« ces bénédictions sont inférieures à celles d’une maison, d’une voiture ou d‘un cartable ».
Par contre,je retiens celle-ci qui explique bien le contexte,je trouve :
« Le « filon » rendant possible ce qui ne l’était pas a été bel et bien trouvé ». En effet !
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