Bénir une personne, c'est souhaiter qu'elle soit comblée de grâces, entre autres.
Bénir une association, une entreprise, une union, c'est souhaiter, entre autres, sa
prospérité (ce qui implique nécessairement de souhaiter qu'elle
perdure).
Bénir une union peccamineuse, c'est donc souhaiter qu'elle perdure.
Pourquoi pas bénir les mafia, les associations de malfaiteurs, et toutes sortes de commerces illégaux et immoraux, pendant qu'on y est ?
J'espère que les prêtres auront un sursaut de conscience avant de commettre de telles fautes.
nicolas-p a écrit :Ce texte apparaît quand même comme un peu contradictoire à la précédente décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi. (datant du 22 février 2021) qui niait la possibilité d’une telle bénédiction. Décision qui avait été approuvée par le pape.
Bien vu, mon cher Watson !
Bien sûr, il est possible de bénir n'importe quelle personne individuellement (la demande de bénédiction est alors une simple demande d'aide, et la bénédiction ne fait qu'appeler la sollicitude de Dieu sur la personne) et le cardinal Fernandez joue là-dessus pour étendre ceci à la bénédiction des couples homosexuels, c'est-à-dire des unions illicites en tant qu'unions. Et il nous dit en gros que, du moment que c'est pas confondu avec une bénédiction nuptiale (réservée au mariage), c'est bon ! Et il ose dire que ce genre de bénédiction n'entend apporter aucune légitimité à l'union illicite, alors que (ne rêvons pas) ceux qui réclament ce genre de bénédiction sont des couples qui souhaitent que leur union soit approuvée (pas forcément "légitimée", c-à-d sans ouvrir à des droits et des devoirs, mais du moins "tolérée"). Or, quand on bénit une relation ou une union, ça veut dire qu'on l'approuve. C'est d'ailleurs le sens de l'expression courante "donner sa bénédiction".
A votre avis, les bénédictions données par les prêtres seront plus du type « Je vous bénis (chacun de vous deux) pour que le Seigneur vous donne la volonté et les moyens de mettre fin à votre union peccamineuse », ou bien du type « Je bénis cette union (peccamineuse) / votre couple (peccamineux) au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen » ?
Olivier JC a écrit :Après tout, comment commence le sacrement de Réconciliation, sinon par le pécheur demandant la bénédiction du prêtre pour la raison qu'il a péché : "Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché".
C'est vrai qu'on peut trouver ça ambigu, mais le "bénissez-moi parce que j'ai péché" ne signifie évidemment pas "j'ai péché donc je mérite d'être béni", mais "j'ai péché donc j'ai besoin d'une bénédiction pour me relever, me confesser, me repentir efficacement, etc".
Or, comment réagissent les couples homosexuels après avoir reçu une bénédiction ? Est-ce du genre "Maintenant nous aurons les grâces suffisantes pour cesser de coucher ensemble et nous séparer dès que possible", ou est-ce plutôt "Chouette ! Maintenant l'Eglise a reconnu que notre union était admissible, même si c'est pas l'union idéale qu'elle recherche. Et maintenant on sera quand même aimés de Dieu et comblés de ses grâces. On peut continuer comme ça."
Je pense que certains vont avoir une drôle de surprise après leur mort, quand ils se réveilleront dans les flammes de l'enfer, et retrouveront à côté d'eux le prêtre qui les a conduits à leur perte.
Olivier JC a écrit :La question centrale que pose cette déclaration, me semble-t-il, est celle de savoir si, dans les couples considérés, la relation est intégralement mauvaise du fait des actes sexuels posés en contradiction avec la loi divine, ou si, indépendamment de ces actes peccamineux, il y a du bon dans ces relations. La déclaration opte clairement pour la deuxième option, et c'est ce qui justifie l'autorisation donnée de bénir, dans cette mesure là, la relation elle-même, dans la perspective qu'elle devienne encore meilleure, ce qui ne peut donc se comprendre que dans le cadre d'un cheminement aboutissant a minima à une abstention définitive de tout acte sexuel.
Comme je l'ai dit, cela ne me choque pas sur le principe.
Cependant, le Responsum du 22 février 2021 avait interdit de bénir les relations homosexuelles même si elles comportent certains éléments positifs :
Par conséquent, pour être cohérent avec la nature des sacramentaux, lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire – outre l’intention droite de ceux qui y participent – que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce, en fonction des desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. Seules les réalités qui sont en elles-mêmes ordonnées à servir ces plans sont donc compatibles avec l’essence de la bénédiction donnée par l’Église.
Pour cette raison, il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l'union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d'éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n'est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.