Dialogue avec les orthodoxes

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Gnôsis
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Dialogue catholique/orthodoxe

Message non lu par Gnôsis »

Fée Violine a écrit :
C'est une réponse destinée à Suliko qui répondait à Francis (je ne sais pas encore comment on peut le faire plus directement).
Vous cliquez sur "citer le message" (les guillemets, en haut à droite de chaque message).
Il me semble que l'Eglise orthodoxe est pleinement convaincue que notre monde manifesté n'est qu'illusions
Ça fait plutôt hindouiste, cette vision du monde...
:!: D'autre part, veuillez noter qu'il n'est pas permis, sur la Cité Catholique, de critiquer l'Église catholique ni de faire de la publicité pour une autre religion ou Église.
Merci pour votre aide. Toutefois je vous prie de bien vouloir noter que je suis catholique moi-même et que mon appartenance à l'Eglise ne m'interdit pas de m'intéresser à la chrétienté sous toutes ses formes ce qui m'a permis de constater la diversité multiples des visions du monde ...et du Ciel. Je ne crois pas, également, faire de la publicité pour une autre religion en parlant d'une autre forme de la vie chrétienne et de ses attributs. Vous savez certainement que la Tradition qui se cache sous les multiples enseignements des religions, est unique, et que le christianisme, de par son œcuménicité spécifique représente le véritable centre de gravité du genre humain. Que ce centre de gravité soit actuellement mieux appréhendé auprès d'une autre forme de la chrétienté n'est qu'un détail sans importance. Il est, et cela doit suffire à notre joie et notre foi. Nous ne sommes pas dans une compétition entre religions mais dans un rassemblement de personnes de bonne volonté. Que Dieu vous bénisse.
"j'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi" (II Timothée, 4, 7).
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francismichel
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par francismichel »

Bonjour,

Hier j'ai revu, avec très grand plaisir, le film consacré à la vie de Padre Pio. Toute sa vie, comme la plupart des grands saints, il a été reconnu de son vivant par des fidèles laics, mais combattu par Sa mère l'Eglise.

Pour ce qui me concerne, je n'ai plus peur de m'ouvrir au dialogue avec toutes les sensibilités chrétiennes, avec toutes les religions, ma foi est aujourd'hui bien construite et assise, parce que nourri de la foi, de la connaissance et de l'expérience de nos pères anciens (Occident et Orient).

Le Christ a dit qu'un Royaume divisé ne peut survivre et est appelé à mourir. Notre Eglise, dans Sa dimension institutionnelle est en crise et elle va mourir si nous continuons ainsi. L'Eglise, Corps du Christ, Une Sainte, Catholique et apostolique, brille dans les ténèbres, sous les cendres que sont nos Orgueil, notre vaine gloire, notre ignorance, nos peurs de l'autre, même des autres chrétiens.

Lorsque je constate aujourd'hui que l'on m' a coupé un lien de réponse que j'avais mis sur ce forum, en réponse à une question posée : "qu'est-ce-ce que la Philocalie ?" Je ne peux qu'avoir une grande tristesse souffrante pour nous tous chrétiens !

Le Père Marc Antoine nous invite à voir et à accepter ce qu'il y a de vrai, de bon et de beau chez l'autre. Pour cela la première étape étant d'accepter de se confronter au feu de la foi de l'autre, si elle est de paille, elle disparaîtra, si elle est vraiment assise sur le Christ, elle résistera et même se renforcera, elle s'embellira !

Un chrétien n'est pas quelqu'un qui se défend mais qui témoigne et qui ose s'exposer au feu, pour mourir, ou pour témoigner du Christ vivant et ressuscité.


Merci à toi Gnosis !

Que Dieu vous bénisse tous et toutes !

En Christ

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Saint Séraphin de Sarov : « Acquiers la paix intérieure (sauve ton âme, acquiers l'Esprit Saint), et alors des âmes par milliers trouveront auprès de toi le Salut ».
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Fée Violine
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Fée Violine »

Francismichel, le hors sujet sur la philocalie a été envoyé en "Spiritualité". Je m'aperçois que j'ai dû oublier de le signaler... :oops:

Gnôsis: la différence entre catholicisme et orthodoxie vous semble un détail, mais ici, c'est un forum CATHOLIQUE. Veuillez donc respecter la charte. merci.
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francismichel
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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par francismichel »

Bonsoir,

Fée Violine, en effet, cette différence n'est pas un détail, elle est une souffrance pour tous, et moi le premier.

C'est pourquoi j'ai envie de reposter, même si ce n'est pas le sujet de ce sous-forum, ce post d'un intervenant (Aquisextain) et paru sur le sous-forum apologétique, mais c'est tellement vrai que l'on ne peut que le redire :

"Ce qui nous unit n'est point ce que nous savons, mais ce qui nous échappe et qu'on ne peut s'approprier. C'est davantage dans le manque que dans le savoir que nous pouvons nous unir. Nous recherchons bien souvent à accentuer l'unité entre les traditions en insistant sur ce que nous connaissons, ce que nous avons en commun.

Mais nous oublions le grand point commun : l'essence (de Dieu) nous est inaccessible, l'ineffable ne peut s'effleurer que dans le silence. Résonnant silence d'une paroisse, délicieux silence d'une prière solitaire. Car c'est là que la théologie se révèle, dans ce resplendissant silence, qui amorce ce passage nécessaire de la philosophie à la philocalie.

Est théologien celui qui prie. Cela nous renvoie chacun à notre humilité, à notre désappropriation de la vérité. Car hélas, nous nous approprions bien souvent la vérité, et nous le sentons bien lorsque nous sommes confrontés à d'autres religions : « mon Dieu n'est pas votre Dieu » dit-on, disent-ils, nous voyons bien dans quelle posture de division nous sommes, et comment nous pouvons faire du Seigneur une idole.

Or, le Seigneur créateur du ciel et de la terre fait lever le soleil sur les justes comme les méchants, et il n'y a point d'autre réalité que la réalité, point d'autre vérité que la Vérité, et on ne peut se l'approprier. Car la vérité n'est pas à posséder, elle est à écouter. Le disciple est celui qui écoute, celui qui prête attention au Souffle de Vie qui est en lui, et en chacun de nous lorsqu'il est en Lui. Nous devons retrouver une saine disposition de partage et d'écoute, d'ouverture, et abandonner toute domination et tout pouvoir sur son prochain, car on impose pas la Vérité. Celui qui est, est".

Commentaire de ma part: Si nous pouvions avoir plus de post comme celui-ci notre foi n'en serait que bien plus profonde et plus belle.

Que Dieu vous bénisse

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Re: Mgr Bonny : une interpellation profonde

Message non lu par Gnôsis »

francismichel a écrit :Bonjour,

Hier j'ai revu, avec très grand plaisir, le film consacré à la vie de Padre Pio. Toute sa vie, comme la plupart des grands saints, il a été reconnu de son vivant par des fidèles laics, mais combattu par Sa mère l'Eglise.

Pour ce qui me concerne, je n'ai plus peur de m'ouvrir au dialogue avec toutes les sensibilités chrétiennes, avec toutes les religions, ma foi est aujourd'hui bien construite et assise, parce que nourri de la foi, de la connaissance et de l'expérience de nos pères anciens (Occident et Orient).

Le Christ a dit qu'un Royaume divisé ne peut survivre et est appelé à mourir. Notre Eglise, dans Sa dimension institutionnelle est en crise et elle va mourir si nous continuons ainsi. L'Eglise, Corps du Christ, Une Sainte, Catholique et apostolique, brille dans les ténèbres, sous les cendres que sont nos Orgueil, notre vaine gloire, notre ignorance, nos peurs de l'autre, même des autres chrétiens.

Lorsque je constate aujourd'hui que l'on m' a coupé un lien de réponse que j'avais mis sur ce forum, en réponse à une question posée : "qu'est-ce-ce que la Philocalie ?" Je ne peux qu'avoir une grande tristesse souffrante pour nous tous chrétiens !

Le Père Marc Antoine nous invite à voir et à accepter ce qu'il y a de vrai, de bon et de beau chez l'autre. Pour cela la première étape étant d'accepter de se confronter au feu de la foi de l'autre, si elle est de paille, elle disparaîtra, si elle est vraiment assise sur le Christ, elle résistera et même se renforcera, elle s'embellira !

Un chrétien n'est pas quelqu'un qui se défend mais qui témoigne et qui ose s'exposer au feu, pour mourir, ou pour témoigner du Christ vivant et ressuscité.


Merci à toi Gnosis !

Que Dieu vous bénisse tous et toutes !

En Christ

Francis
Bonsoir Francis,

Je tenais à vous répondre plus rapidement, mais n'ayant pas encore assimilé le fonctionnement du site (c'est la première fois que j'écris sur un site), j'ai également été dérouté par le déplacement des articles sous d'autres rubriques. Bon, j'essaierai d'être plus obéissant à l'avenir.
Je suis particulièrement heureux de pouvoir correspondre avec un chrétien orthodoxe comme vous. Je n'ai sans doute pas une foi aussi assise que la vôtre, mais ma fréquentation de l'Orthodoxie orientale m'aide énormément dans mes recherches et, spirituellement, me fait le plus grand bien. Bien entendu, je ne délaisse pas les grands témoins de l'Eglise catholique et je suis obligé de reconnaître que, pour que je puisse progresser facilement dans le travail que je fais, il me faut entrer dans ces deux univers.
Je pense que cela vous fera plaisir de savoir que je suis en train d'étudier : "La Femme et le Salut du monde" de Paul Evdokimov, qui est un ouvrage dans lequel je puise énormément de choses ou, plutôt qui corrobore des positions auxquelles je m'intéresse par ailleurs. Il me reste encore d'autres livres à lire entre Paul et son fils Michel Evdokimov. J'ai bien entendu lu le sublime "Entretien avec Motovilov" de Séraphim de Sarov qui me tire presque les larmes des yeux. Pour ne pas faire de jaloux (sic) j'apprécie également énormément Raniero Cantalamessa et en particulier son livre "La Vie dans la Seigneurie du Christ".
J'essaierai d'être à la hauteur de vos contributions et de celles des autres mais rien n'est moins sûr. Je suis en tout cas persuadé que la spiritualité n'est pas une chose que l'on doit cacher, surtout en ce tout début du cycle du Saint Esprit. Dieu n'a pas hésité à se servir, par exemple, des guerres et du colonialisme (entre autres), pour étendre le Christianisme jusqu'aux confins de la terre et il a parfaitement réussi. N'ayons donc pas cette timidité issue du "religieusement correct". Le Royaume des Cieux se prend, comme disait Jésus Christ, par la violence (par la violence envers nous-mêmes, entendons-nous bien).
Je suis très heureux de vous connaître.
Que Dieu vous bénisse.
Pierre
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Fée Violine »

n'ayant pas encore assimilé le fonctionnement du site (c'est la première fois que j'écris sur un site), j'ai également été dérouté par le déplacement des articles sous d'autres rubriques. Bon, j'essaierai d'être plus obéissant à l'avenir.
Ce n'est pas pour vous embêter, vous savez, que nous essayons d'éviter les hors sujet ;)
C'est pour que les gens s'y retrouvent plus facilement.
J'essaierai d'être à la hauteur de vos contributions et de celles des autres mais rien n'est moins sûr.
Il n'y a pas de compétition ! Nous sommes tous différents. Certains écrivent beaucoup, d'autres peu, chacun fait de son mieux. N'ayez pas de complexes ! :)

(là c'est moi qui suis hors sujet :-D )
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francismichel
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par francismichel »

Bonjour Gnosis,


merci pour tes aimables propos. En effet, tous les chrétiens du monde devrait lire cet entretien entre un laic (Motovilov) et Saint Séraphin de Sarov.

Pour ceux qui ne l'ont encore jamais lu, je rappelle brièvement que Motovilov allant trouver le père Séraphin lui pose la question suivante: Qu'est-c'est que de faire l'expérience de l'Esprit Saint ?

Par la prière de Saint Séraphin, l'Esprit Saint est descendu en toute sa plénitude sur Motovilov. Va alors avoir lieu un échange extraordinaire concernant les fruits de l'Esprit Saint dans Motovilov, unique en son genre et contenu, que je vous invite tous à chercher sur internet..........

Nos frères chrétiens protestants et évangéliques découvriraient probablement avec surprise que l'Esprit Saint, à la prière des saints, fait des choses extraordinaires dans l'Eglise.

En Christ

Francis
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Bernard Gui
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Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Bernard Gui »

Un site très intéressant avec des textes du métropolite Antoine Bloom qui était un grand prédicateur.

Tous les textes permettent de bien saisir ce qu'est l'orthodoxie.

http://masarchive.org/Sites/Site/French.html
Gaudens
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Gaudens »

C'est curieux:rien sur ce fil depuis 2015 alors que le sujet parait si important.

Je livre à la méditation de nos contributeurs la longue conférence donnée ces jours-ci par le patriarche de Constantinople Bartholomée à l'université pontificale de l'Italie du Sud à Naples dont il venait d'être nommé docteur honoris causa.
Le siège de Constantinople a toujours été un peu à la pointe du dialogue avec le catholicisme dans le monde orthodoxe,au moins depuis le temps du patriarche Athénagoras et même avant ,comme le rappelle le patriarche Bartholomée.
Comme si la Providence voulait que l'a flamme de l'unité soit ranimée là où elle avait été éteinte entre 105et 1204...

https://orthodoxie.com/patriarche-barth ... rthodoxie/
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Léon
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Léon »

Bonjour,

l'article en question nécessite un abonnement, dommage.
Dommage aussi de négliger le dialogue avec les orthodoxes.
L'Orthodoxie reste attirante, je trouve.
Cela me fait penser à Olivier Clément, qui demanda le Baptême à l'âge adulte après un long chemin dans l'athéisme.
Il a écrit plusieurs ouvrages, mais j'ai oublié les principaux.
Gaudens
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Gaudens »

Voici le discours complet de SS Barholomée in extenso (un peu long;désolé). Je pense que le Patriarche aurait apprécié qu'une large diffusion lui soit donnée ,malgré la question des droits de reproduction ...
« Ἱερώτατε Μητροπολίτα Ἰταλίας καί Μελίτης, κ. Πολύκαρπε,

Mgr Domenico Battaglia, Grand Chancelier de l’Institut, l’illustre recteur, le professeur Francesco Asti, autorités académiques distinguées, Éminences, Excellences, Autorités, chers invités, frères et sœurs en Christ !

C’est avec des sentiments de véritable gratitude que nous nous retrouvons une fois de plus dans cette splendide et historique ville de Naples, pour recevoir un prix prestigieux de cette Faculté théologique pontificale, pour notre engagement et notre contribution au dialogue interreligieux et au mouvement œcuménique.

Tout en vous remerciant par avance de votre attention, nous aimerions l’accepter non pas tant pour notre modestie que pour l’engagement que l’Église de Constantinople, le Patriarcat œcuménique, a déployé au cours des siècles pour maintenir et consolider la communion canonique entre les Églises sœurs qui composent l’Église orthodoxe, c’est-à-dire les anciens Patriarcats et les Églises autocéphales. Mais aussi pour son engagement dans la recherche de la recomposition de l’unité chrétienne visible entre les différentes Églises d’Orient et d’Occident. Cette diaconie particulière de la Grande Église du Christ exprime sa vision et sa mission prophétique et essentielle au cours des siècles, ce que notre Modestie a assumé pleinement dans son ministère patriarcal et spirituel qui, par la bienveillance de Dieu, se poursuit depuis plus de trente-deux ans.

Une mémoire historique.

L’histoire ecclésiastique du premier millénaire est certainement une histoire d’une richesse et d’une production théologique exceptionnelles, dans laquelle – grâce aux formulations des grands conciles œcuméniques et locaux et à l’essor de la théologie patristique – la christologie, l’ecclésiologie, la foi et la prière de l’Église et l’anthropologie chrétienne trouvent leur développement fondamental, qui constituera la base de la vie de l’Église jusqu’à nos jours, dans le grand concept de la Tradition vivante, qui accomplit d’une certaine manière la prophétie biblique et l’annonce du Sauveur, en les rendant « toujours les mêmes et toujours nouvelles » à travers les siècles. À cet égard, de l’Église des premiers siècles nous parvient aujourd’hui l’expression remarquable du grand Père saint Athanase, patriarche d’Alexandrie, qui affirmait que “ἐξ ἀρχῆς παράδοσις καί διδασκαλία καί πίστις τῆς Ἐκκλησίας καθολικῆς Ἐκκλησίας, ἥν μέν Κύριος ἔδωκεν, οἱ δέ Ἀπόστολοι ἐκήρυξαν, καί οἱ πατέρες ἐφύλαξαν. Ἐν ταὐτῃ γάρ ἡ Ἐκκλησία τεθεμελίωται” – « depuis le début, la tradition, la doctrine et la foi de l’Église catholique, que le Seigneur a transmises, que les Apôtres ont annoncées et que les Pères ont conservées. C’est donc en elles que l’Église a été fondée ».

Ce processus n’a pas été sans douleur dans l’histoire ecclésiastique, en raison des divisions produites souvent par l’utilisation de différentes catégories de pensée et de langages qui ne sont souvent pas très inclusifs. L’éloignement des familles chrétiennes, dû à divers facteurs, non seulement ecclésiastiques mais aussi culturels, ainsi qu’aux bouleversements politiques de l’époque, a produit une division qui a pesé, non seulement dans la sphère proprement ecclésiastique ou, mieux, ecclésiologique, mais surtout sur l’incisivité de l’annonce de l’Évangile, dont les conséquences ont favorisé l’émergence de nouvelles identités religieuses.

Cette ferveur et ce ferment de pensée et d’attitude se manifestent déjà dans la Communauté de Jérusalem et au Concile des Apôtres. Cependant, la richesse théologique et les divisions qui en ont résulté, produisant schismes et hérésies, dans l’histoire chrétienne du premier millénaire, n’ont pas terni l’identité même de l’Église dont la parole paulinienne demeure l’une des pierres angulaires fondamentales : « Il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). Non seulement il y a la conscience d’être un en Christ, mais il y a surtout un mandat précis du Seigneur pour être un : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Luc 17,21), représentation d’une splendide mosaïque dans laquelle chaque pierre a sa juste place.

Mais si une pierre s’abîme et détériore la mosaïque, ou plutôt détériore ce qui y est représenté (Écriture, Eucharistie, Église), cette pierre ne cesse PAS d’appartenir à l’ensemble de la mosaïque. Cela signifie que même les communautés nées après les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine, même dans le schisme ou l’hérésie, continuent à former la conscience d’appartenir à l’unique mosaïque. En d’autres termes, la division – schisme ou hérésie -, même si elle prive de la communion, ne prive pas de l’appartenance à l’unique Église du Christ, tout comme la maladie d’un organe du corps ne rend pas l’organe lui-même étranger au corps.

La Grande Église byzantine, aux VIIIe et IXe siècles puis au XIe siècle, au plus fort de l’affrontement entre l’Orient et l’Occident, plus socioculturelle qu’ecclésiologique, même si elle est souvent polémique, ne remet pas en cause notre appartenance à l’unique Corps du Seigneur. Malgré les excommunications entre le cardinal Umberto di Silva Candida, légat du pape Léon IX, et le patriarche Michel Ier Cérulaire le 16 juillet 1054, la conscience d’être « l’Église une, sainte, catholique et apostolique » est toujours présente. Cette conscience, malgré l’évolution d’une ecclésiologie différente, d’un type plus juridictionnel en Occident et d’un type plus dogmatique et canonique-disciplinaire en Orient, sera ébranlée le 12 avril 1204 avec le sac de Constantinople et l’intronisation des patriarches latins à Constantinople, à Antioche et à Rome. Mais ce n’est que la controverse de l’aperçu de coutumes différentes et l’absolutisation de leurs propres traditions qui ont conduit les Églises, comme l’a écrit le théologien Yves Congar, « à se retrouver divisées sans s’être jamais séparées formellement ».

Cependant, ces divisions formelles et leurs implications n’ont pas entraîné une perte de conscience de l’identité chrétienne d’appartenance à l’unique Église du Christ. Et grâce à cette conscience, les tentatives unionistes du Concile de Lyon en 1274 et du Concile de Ferrare-Florence dans les années 1431-1443, outre les résultats obtenus, – ne peuvent être considérées historiquement comme des phénomènes d’« incorporation », des anticipations de la théorie du « retour » de l’Orient à Rome, phénomène inconnu à l’époque, ni même comme une simple position politique de défense des empereurs byzantins face à l’avancée des Turcs. On ne peut certes pas nier une motivation donnée par la situation contingente, mais la participation des Églises à ces Conciles a manifesté concrètement la reconnaissance a priori de l’autre dans son identité ecclésiologique commune. Et même les polémiques et les vives discussions débattues à l’époque restent le lien entre l’Orient et l’Occident.

L’incapacité des chrétiens de l’époque, notamment des hiérarchies ecclésiastiques, à trouver des solutions à la différence d’approche de la pensée théologique, a certainement favorisé, des siècles plus tard, l’émergence d’une nouvelle « identité » ecclésiale, issue d’abord de la Réforme protestante, puis de la Contre-Réforme et de ses conséquences.

Il faut reconnaître qu’il existe, jusqu’à la Contre-Réforme, une forme de dialogue (δια/λόγος) entre les grandes familles chrétiennes de l’époque.

La Réforme et la Contre-Réforme ne peuvent être considérées comme une problématique ou une situation dynamique et contingente de l’Église occidentale. L’affirmation de la valeur « absolue » de l’Église romaine dans la chrétienté a modifié les hypothèses de la symphonie et de la synodalité de l’Église du premier millénaire et a ouvert un sillon infranchissable avec l’Orient. Luther et les réformateurs ont d’abord considéré favorablement la partie de la chrétienté qui n’était pas soumise à l’évêque de Rome et ont cherché à établir un lien avec la chrétienté orientale, en se fondant sur l’hypothèse de l’appartenance unique de l’Église. Mais les arguments présentés au patriarche de Constantinople et les remarques faites par les théologiens orientaux et le patriarche Jérémie II Tranos de Constantinople aux théologiens de Tubingen n’ont pas satisfait les réformateurs. Les rencontres entre l’orthodoxie et la Réforme ont toutefois exprimé une volonté d’écoute, comme en témoignent l’exemple du patriarche Cyrille Lukaris ou les magnifiques pages écrites sur les relations des pasteurs luthériens allemands avec le tsar de Russie Ivan le Terrible. La Confessio Augustana parvient à l’Orient traduite en grec, mais l’Orient répond par sa fidélité à la Tradition de l’Église indivise.

La Contre-Réforme, pour endiguer la vague protestante, absolutise sa présence, et le dialogue devient monologue (μόνος/λόγος). La mosaïque initiale est fendue, les pierres – les liens entre les Églises – bien qu’affaiblies, ne sont plus reconnues comme faisant partie de la même œuvre de Dieu. C’est ainsi qu’est née la théorie du « retour » qui a produit des pages tragiques dans les relations entre l’Orient et l’Occident : l’uniatisme. Ce phénomène, par lequel une Église locale orientale, conservant tout son bagage liturgique et sotériologique, reconnaît la suprématie du Pontife romain (Ukraine – Union de Brest-Litovsk, 1596 ; Ruthénie – Union d’Užhorod, 1646 ; Transylvanie – Union d’Alba Julia, 1698) marquera l’une des pages les plus sombres de l’histoire ecclésiastique du deuxième millénaire, dont les conséquences ont pesé sur les relations entre les Églises presque jusqu’à aujourd’hui.

Mais le monologue prive de l’opportunité de la rencontre avec l’autre, de la croissance et de la capacité de savourer tous les dons que Dieu a accordés à l’Église. Ainsi, même cette situation d’isolement a produit certains fruits, dont les résultats seront visibles au XXe siècle, à l’époque de l’œcuménisme et de la rencontre. Au XIXe siècle, les évêques de Rome ont de nouveau cherché à se rapprocher de l’Orient, par le biais des lettres adressées aux patriarches orientaux par le pape Pie IX en 1848 et, plus tard, par le pape Léon XIII en 1895. La réponse à la première lettre est exprimée dans l’encyclique des patriarches orientaux, véritable traité théologique qui a ensuite jeté les bases des encycliques patriarcales de 1902, 1920 et 1952 sur l’unité des Églises chrétiennes.

Dans cette encyclique, la première hypothèse du dialogue théologique est exprimée avec clairvoyance : « … l’unité doit être réalisée sans retour – comme le dit Sa Sainteté (Pie IX), mais sans hâte… après consultation des évêques, théologiens et docteurs les plus sages, les plus épris de vérité religieuse et les plus prudents, qui se trouvent aujourd’hui, grâce à la bonne providence de Dieu, dans chaque nation d’Occident ».

Dans l’encyclique, les patriarches s’adressent à Pie IX en l’appelant toutefois « évêque de la Rome antique », en maintenant en Orient la conscience de l’appartenance unique que même l’erreur ne peut détruire : « L’Église du Christ ne peut être divisée ! »

La réponse du patriarche Anthime IV à Léon XIII comporte également des éléments remarquables, parmi lesquels son appel aux « peuples épris du Christ des glorieux pays d’Occident » pour les inviter « non pas à revenir », mais « à redécouvrir la foi salutaire du Christ, droite en toutes choses et conforme à la Sainte Écriture et aux Traditions apostoliques, sur laquelle se fonde l’enseignement des divins Pères et des sept Conciles œcuméniques ».

Le tournant œcuménique du 20e siècle.

Sans ce bref rappel historique, nous ne pouvons pas comprendre l’importance des événements du XXe siècle pour l’ensemble de l’Église. Un théologien catholique bien connu, le père Le Guillon, a dit que le mouvement œcuménique a simplement répondu à une vocation émanant du monde orthodoxe lui-même. Il faisait référence aux encycliques patriarcales, la première en 1902, dans laquelle le Patriarcat œcuménique invitait les Églises orthodoxes à une plus grande coopération entre elles et à « se demander si le moment n’est pas venu de tenir une réunion préparatoire en vue d’un rapprochement mutuel et amical » avec les autres “vignobles de la chrétienté”, » …. faisant usage de concessions, là où c’est possible, ne considérant pas la rigidité et l’uniformité statique dans les choses non substantielles comme un présupposé indispensable, habituant (l’Église) par sa vie collégiale à l’unité dans la variété”, puis la deuxième encyclique de 1920, adressée « à toutes les Églises du Christ en tous lieux », dont on peut dire à juste titre qu’elle représente le premier manifeste de l’œcuménisme contemporain, clair, riche en propositions. Rédigée par les théologiens de la célèbre faculté de théologie de Chalki (Constantinople), elle invite les Églises à établir une « κοινωνία τῶν Ἐκκλησιῶν » – une communion des Églises – et invite les Églises à collaborer pour éliminer la méfiance, renforcer l’amour chrétien et parvenir ensuite à des réunions dogmatiques. En d’autres termes, il propose un Conseil des Églises, sur le modèle de la Société des Nations. Rappelons au passage que le Conseil œcuménique des Églises naîtra 28 ans plus tard, à Amsterdam, dont l’assemblée ne verra la participation, pour l’Église orthodoxe, que du Patriarcat œcuménique et de l’Église russe de la diaspora. En 1925, à Stockholm, lors du premier Congrès mondial de la vie et du travail, les Églises de Constantinople, d’Alexandrie, de Jérusalem, de Roumanie, de Bulgarie, de Grèce et de Chypre seront présentes, de même qu’à Oxford en 1937.

Nous ne pouvons manquer de mentionner la figure de l’un de nos grands prédécesseurs, le patriarche Athénagoras, un visionnaire, un rêveur de l’unité des Églises du Christ, le prophète du « dialogue de l’amour ». Sa célèbre encyclique de 1952 appelait les Églises orthodoxes à trouver les moyens de collaborer entre elles et à participer au Conseil œcuménique des Églises. L’impulsion donnée, après la convocation du Concile Vatican II, à la préparation d’un futur concile de l’Église orthodoxe par les conférences panorthodoxes de Rhodes (1961-1963-1964), la rencontre avec le pape Paul VI à Jérusalem, Rome et Constantinople, l’annulation mutuelle des « excommunications », tout cela a caractérisé son patriarcat, mais a également ouvert une voie sans retour vers le rassemblement de toutes les Églises chrétiennes.

Le premier résultat de tous ces événements a été le fait qu’elles se sont reconnues comme « Églises sœurs » (au début, il semblait plus approprié de les appeler « Églises amies ») et ont entamé les grands dialogues théologiques : a) avec l’Église catholique romaine ; b) avec les vieilles Églises orientales ; c) avec l’Église vieille-catholique et l’Église anglicane ; d) avec l’Église luthérienne et les Églises réformées. Les années 1970 et 1980 ont été riches de ce point de vue. Parallèlement, plusieurs dialogues bilatéraux ont également vu le jour,

Le Conseil œcuménique des Églises a également développé de nombreux thèmes communs, à caractère social, avec lesquels l’Église orthodoxe n’était cependant souvent pas entièrement d’accord.

À cela s’ajoute l’impact considérable de l’École de Paris sur la rencontre des grands théologiens de la diaspora avec l’Occident, notamment N. Nissiotis, le père Nellas, le père Evdokimov, A. Schmemann, J. Meyendel, etc. Schmemann, J. Meyendorff, O. Clement, D. Stanilaoe, D. Popescu, représentants de la synthèse théologique néo-patristique, mais aussi G. Florovsky, P. Florensky, S. Bulgakov, V. Lossky, P. Afanassiev, C. Yannaras et d’autres.

Malheureusement, le XXe siècle, dont l’histoire générale a été le signe avant-coureur de grandes découvertes et d’améliorations de la vie humaine, a également été le théâtre de grandes catastrophes humaines, avec des guerres mondiales, des conflits et des génocides dans de nombreuses régions du monde. De même, la vie des Églises, revigorée par le nouveau cours de l’histoire théologique et du dialogue, a également dû faire face à de nouveaux défis, à de brusques ralentissements et parfois même à des conflits dictés par le nationalisme, un certain sectarisme, la crise économique et une liberté – après la chute du mur – qui, au lieu d’ouvrir les cœurs et les esprits, a renforcé les peurs et les rivalités entre les chrétiens. Les dialogues théologiques eux-mêmes ont été repensés. Cependant, nous avons personnellement rappelé à tous la devise : “persistance et patience” (Crète 2009).

Un nouveau départ.

Chers amis,

Par la grâce du Seigneur, nous siégeons sur le trône apostolique et patriarcal de Constantinople depuis plus de trente ans et, suivant l’exemple lumineux de nos bienheureux prédécesseurs, nous n’avons jamais douté que le dialogue est la seule voie que le Seigneur nous montre, si nous voulons être ses disciples : « …afin que tous soient un. (Jn 17, 21).

La Sainte et Grande Église du Christ, le Patriarcat œcuménique, ne possède pas de grandes ressources : La faiblesse des ressources humaines et matérielles de Constantinople, son étouffement et sa souffrance dans les circonstances historiques actuelles sont ce qui assure la perpétuité de son impartialité et augmente son prestige. Comme le dit le Seigneur à l’apôtre Paul : “Ma puissance se manifeste pleinement dans la faiblesse” (2 Co 12, 9). C’est avec cette certitude que nous avons abordé le rôle que les conciles œcuméniques ont confié à l’Église de Constantinople au sein de l’orthodoxie et dans le monde chrétien. C’est pourquoi nous n’avons jamais douté de l’importance du dialogue, en promouvant et en prenant des initiatives importantes pour soutenir le mouvement œcuménique, en contribuant à la croissance du Conseil œcuménique des Églises et de la Conférence des Églises européennes. De même, à ceux qui se posent en zélateurs et en défenseurs de l’orthodoxie, nous avons proclamé que « …L’Église orthodoxe n’a besoin ni de fanatisme ni d’intolérance pour se protéger. Quiconque croit que l’orthodoxie détient la vérité ne craint pas le dialogue, car la vérité n’est jamais mise en danger par le dialogue. Au contraire, alors que chacun tente aujourd’hui de surmonter ses différences par le dialogue, l’orthodoxie ne peut faire preuve d’intolérance et de fanatisme. Ayez pleinement confiance en votre Mère l’Église. Elle a préservé l’orthodoxie sans altération au cours des siècles et l’a transmise à d’autres peuples. Aujourd’hui encore, elle s’efforce, dans des conditions difficiles, de maintenir la vitalité et la vénérabilité de l’orthodoxie dans le monde entier… ». (Dimanche de l’orthodoxie 2010).

Notre rôle patriarcal a été exprimé dans quatre axiomes principaux : 1) l’unité visible de l’Église orthodoxe ; 2) le dialogue et la collaboration avec toutes les Églises chrétiennes ; 3) le dialogue et la collaboration avec les autres religions du monde, en particulier le judaïsme et l’islam ; 3) la justice, la paix, l’unité de la famille humaine et la sauvegarde de la création.

1) L’unité visible de l’Église orthodoxe.

Depuis notre accession au trône œcuménique, nous avons réuni plusieurs synaxes des primats des Églises orthodoxes pour régler des questions d’intérêt commun et résoudre des malentendus en vue d’un témoignage commun dans le monde. Notre rôle de patriarche œcuménique, en dépit de ceux qui voudraient nous attribuer le titre de pape de l’Orient, et conformément aux canons de l’Église, n’a jamais été perçu comme un modèle séculier d’expansionnisme, mais est proprement spirituel et au service de l’Église. C’est pourquoi nous avons soutenu et œuvré à la réussite des conférences et commissions préparatoires au Grand concile qui, malgré quelques défections dues à l’ambition ou à l’hésitation, s’est tenu sur l’île de Crète en 2016. Le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe a produit des documents très importants pour la vie de l’Église et des chrétiens d’aujourd’hui, et a ouvert la voie à des réflexions plus approfondies sur de nombreuses questions du monde moderne.

Nous ne sommes pas effrayés aujourd’hui par la position de certaines Églises locales, qui critiquent notre rôle : nous sommes plus effrayés par leur soutien à une guerre injuste, comme nous l’observons malheureusement encore en Ukraine, et nous sommes effrayés par la réticence des autres Églises à condamner ces attitudes.

2) Dialogue et collaboration avec toutes les Églises chrétiennes.

Nous avons voulu avoir avec les Primats des Églises chrétiennes des relations non seulement d’estime, mais d’amitié véritable et fraternelle. De manière particulière, nous nous souvenons des rencontres avec pas moins de trois papes et du fait que, pour la première fois dans l’histoire, un patriarche œcuménique était présent lors de l’intronisation de l’évêque de Rome, le pape François, avec lequel nous partageons un engagement dans tant de domaines. Les dialogues théologiques se poursuivent et, même face aux difficultés, l’engagement ne faiblit pas. Nous pouvons dire que la difficulté du langage théologique a été surmontée avec les anciennes Églises orientales et que le dialogue est maintenant presque terminé. Avec l’Église de Rome, les principaux sujets ont été abordés et surtout la compréhension du rôle de l’évêque de Rome au premier et au deuxième millénaire a été conclue. Avec l’Église vieille-catholique et l’Église anglicane, ainsi qu’avec les Églises issues de la Réforme, les dialogues se poursuivent et portent d’excellents fruits.

3) Le dialogue et la coopération avec les autres religions du monde, et principalement avec le judaïsme et l’islam.

Les rencontres avec l’islam sont bien sûr une constante de l’orthodoxie, depuis l’époque de saint Jean de Damas, puisque nombre de nos Églises vivent en contact quotidien avec nos frères et sœurs musulmans, ainsi qu’avec nos frères et sœurs juifs. Nous pensons que notre connaissance et notre compréhension communes favorisent non seulement la tolérance mutuelle, mais aussi la coexistence pacifique et la coopération dans de nombreux domaines de l’humanité. Ce que nous voyons ces jours-ci au Moyen-Orient n’a rien à voir avec la foi de ces peuples, mais trop souvent la foi a été utilisée pour justifier le fanatisme et le fondamentalisme, qui trop souvent aboutissent à la violence. Que personne n’ose utiliser le nom de Dieu pour justifier une quelconque violence.

3) Justice, paix, unité de la famille humaine et sauvegarde de la création.

Il est impensable que la paix règne dans le monde si les religions n’assument pas la règle de l’heure de la coexistence, rappelée dans l’Évangile de Luc : “Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi pour eux” (Lc. 6, 31). Il n’y a pas de paix sans justice, et il n’y a pas de justice sans paix. L’unité de la famille humaine passe par le respect de tous les aspects de la vie, par la préservation de toutes les traditions culturelles, religieuses, artistiques et sociales et par le respect de sa propre terre et de ses propres traditions. C’est pourquoi notre Patriarcat œcuménique et nous-mêmes encourageons et participons à toute initiative qui place la paix, la justice et la solidarité au cœur de sa mission. Ainsi, ces dernières années, nous avons également attiré l’attention de toute l’humanité sur la sauvegarde de l’environnement naturel, avec tout ce qu’il contient, qui est un don de Dieu et qui nous a placés en lui en tant que bons intendants et non en tant qu’exploiteurs avides. Notre combat n’est pas écologique mais spirituel, car nous voyons le péché contre la “très belle” Création. Et nous sommes réconfortés par le fait que notre frère François et tant d’autres dirigeants chrétiens et non chrétiens nous rejoignent dans ce voyage.

Frères et sœurs bien-aimés,

C’est dans cet esprit que l’Église de Constantinople, au fil des siècles, et nous personnellement aujourd’hui, poursuivons le dialogue sincère et plein d’amour pour approfondir les relations entre les chrétiens encore séparés. Nous devons proclamer à tout croyant et à toute personne de bonne volonté que le dialogue enrichit et n’enlève rien. C’est seulement ainsi que nous pourrons bannir les fanatismes et les conflits, parce que nous sommes convaincus que « la paix de Dieu surpasse toute intelligence » (Ph 4,7), et que « la charité est patiente, la charité est bonne ; la charité n’est pas envieuse, elle ne se vante pas, elle ne manque pas de respect, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne se met pas en colère, elle ne tient pas compte du mal reçu, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité ». Elle couvre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité n’aura jamais de fin. (1 Cor. 13 : 4-8).

Que la paix et l’amour du Seigneur descendent sur vous tous.

Je vous remercie de votre attention.

Faculté Pontificale de Théologie du Sud de l’Italie – Section Saint Thomas ».
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Léon
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Léon »

Merci Gaudens pour cette contribution...

Ce qui me frappe dans ce discours, c'est l'irénisme et le syncrétisme dominants... et répétés.
Exemple: la volonté de créer un "ONU des religions", contraire au 1er commandement et au 1er article du Credo.

C'est ça le témoignage chrétien ?
Comment la lumière peut-elle s'allier avec les ténèbres ?
Comment la vérité peut-il s'unir à l'erreur et aux mensonges ?

Non, vraiment, derrière des apparences religieuses extérieures, ça sent très mauvais quand on soulève le chapeau de ces élites et éminences !
Beurk.
Gaudens
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Gaudens »

Bonsoir Léon,
Je ne vois pas bien où vous aurez trouvé du syncrétisme,qui n'est vraiment pas le défaut dominant de la hiérarchie orthodoxe.

Quant à un" ONU des religions",je suppose que c'est le paragraphe ci-dessous qui vous le fait craindre:

" Il est impensable que la paix règne dans le monde si les religions n’assument pas la règle de l’heure de la coexistence, rappelée dans l’Évangile de Luc : “Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi pour eux” (Lc. 6, 31). Il n’y a pas de paix sans justice, et il n’y a pas de justice sans paix. L’unité de la famille humaine passe par le respect de tous les aspects de la vie, par la préservation de toutes les traditions culturelles, religieuses, artistiques et sociales et par le respect de sa propre terre et de ses propres traditions."

Il me semble que les représentants "qualifiés" de toutes les religions (pas les religions en elles-mêmes qui ne sont pas dans ce domaine) ont en effet un rôle auprès de leurs ouailles pour éviter que celles-ci se lancent dans des luttes religieuses sanglantes,comme on a pu le voir dans le passé (les tenants des idéologies non religieuses devant encore plus balayer devant leurs portes de ce point de vue) Ce qui me ferait tiquer ce serait l'insistance sur la nécessité de préserver "toutes les traditions religieuses ,etc". Je ne crois pas qu'un chrétien puisse souhaiter que la totalité des traditions religieuses (ou autres) de l'islam soient préservées ,par exemple De ce point de vue un célèbre jésuite français disait la même chose sur Kto il y a peu et davantage de retenue me semblerait nécessaire à cet égard
Enfin, "irénique", je ne sais pas: Bartholomée ne laisse pas ignorer que son fragile trône patriarcal se trouve aujourd'hui plongé dans le maelstrom du schisme russe ,en plus de ses difficultés propres.Pas de quoi trouver que le vie est belle et que les oiseaux chantent !
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Léon
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Léon »

Salut Gaudens,

le fait d'évoquer "nos frères et soeurs musulmans", nos "frères et soeurs juifs", et élever les sectes protestantes au rang "d'Eglises" me choquent énormément.
La notion de "famille humaine" aussi: c'est de la fraternité syncrétiste et relativiste, où tout se vaut, donc tout ne vaut rien au final.
Je trouve ça complètement faux, syncrétiste, relativiste, mondain, et iréniste au sens d'une prétendue compréhension des autres et d'une tolérance absolutisée... Tolérance amie de l'erreur et des mensonges des fausses religions.

Le passage choquant sur l'Onu des Eglises et des religions est ici:
Rédigée par les théologiens de la célèbre faculté de théologie de Chalki (Constantinople), elle invite les Églises à établir une « κοινωνία τῶν Ἐκκλησιῶν » – une communion des Églises – et invite les Églises à collaborer pour éliminer la méfiance, renforcer l’amour chrétien et parvenir ensuite à des réunions dogmatiques. En d’autres termes, il propose un Conseil des Églises, sur le modèle de la Société des Nations.(=ONU)
Et avec ça, ce patriarche prétend que l'Orthodoxie possède la Vérité à lui tout seul:
L’Église orthodoxe n’a besoin ni de fanatisme ni d’intolérance pour se protéger. Quiconque croit que l’orthodoxie détient la vérité ne craint pas le dialogue, car la vérité n’est jamais mise en danger par le dialogue.
> Bien-sûr que si la vérité est en danger quand, dans le dialogue, elle est allègrement mélangée à l'erreur et aux mensonges, c'est du véritable poison pour les âmes et les esprits.

Non vraiment, l'orthodoxie aussi est mal barrée, mal gouvernée, ces élites sont largement défaillantes et faillibles dans la foi.
Il y a donc de bonnes raisons de se méfier de ces élites auto-proclamées et de leurs discours aussi.
Ce que le patriarche nomme "faiblesse de l'orthodoxie dans laquelle Dieu exprime sa puissance", n'est autre que de la fausseté dans laquelle Dieu n'exprime rien et n'exprimera rien non plus.

C'est vraiment pitoyable tout ces pontifes et créatures qui s'imaginent intelligentes, alors qu'il n'en est rien.
En ce moment, je relis les saintes Ecritures, avec notamment les Psaumes, le prophète Osée, et là le prophète Isaïe...
Certains passages sont d'une actualité marquante: l'homme mondain n'a pas tant changé que ça au fil des siècles... C'est le moins qu'on puisse dire.

Enfin voilà, je trouve amusant que Gaudens parle de gens "qualifiés" pour faire tels discours, on se demande bien qualifiés par qui, par quoi...
Et certains risquent d'attendre encore longtemps pour voir ce genre de discours mis en oeuvres, mis en pratique concrètement.
Je ne parlerai pas ici du fidéisme de ce discours complètement perché dans des rêveries, et l'imaginaire de fausseté.

Bon dimanche aux uns et aux autres, salut.
Altior
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Altior »

Bonjour,

Personnellement, j'ai une certaine expérience du dialogue avec les orthodoxes, car j'ai vécu la plupart de ma vie dans un pays prédominant orthodoxe et j'ai été moi-même orthodoxe. J'ai noté deux grosses difficultés qui entachent le dialogue qui, dans la plupart des cas, n'aboutit à rien.

La première difficulté est dans le dialogue personnel, c'est à dire d'une personne à l'autre. Cette difficulté est donnée par le manque de référentiel.
Pour un catholique, il y a quatre sources de la foi. Deux sources sont principales : la Sainte Écriture et la Sainte Tradition. Deux sources sont secondaires : le magistère vivant et la liturgique. Mais pour un orthodoxe, ce n'est pas tout aussi clair. Prenons le cas du dialogue concernant la question du "Filioque", sujet en même temps complexe, théologiquement difficile car dans le dedans des rapport intra-trinitaires, mais extrêmement fréquent. D'habitude le dialogue suit le schéma suivant :
-Orthodoxe : "L'Église Orthodoxe professe que le Saint Esprit est généré par Dieu le Père. c'est ce qu'affirme le Saint Concile de Constantinople"
-Catholique : "Oui, nous le professons aussi. C'est dans le Credo"
-Orthodoxe : "Oui, mais vous, les papistes, vous avez inventé l'hérésie selon laquelle il serait généré par Le Père ET le Fils".
-Catholique : "Cela ne contrevient en rien au Credo de Constantinople. Ni à l'époque, ni après, jusqu'à la schisme, l'Église n'a jamais professé que le Saint Esprit soit généré QUE pas Dieu le Père. "
-Orthodoxe : "Cela est contraire à la Sainte Tradition"
-Catholique : "Quelle est la source de nos connaissances sur la Sainte Tradition ?"
-Orthodoxe : "La Sainte Tradition peut être connue par les oeuvres des Saint Pères de l'Église."
-Catholique : "D'accord. Alors, voilà ce que disent au sujet les Saints Pères de l'Église : Saint Grégoire le Grand, Saint Jean Chrysostome, etc, etc...
-Orthodoxe : "Les Saints peuvent avoir des opinions personnelles qui ne sont pas une garantie de la vérité."
-Catholique : "Oui, mais alors, quel Saint Père aurait affirmé que le Saint Esprit n'est généré QUE par Dieu le Père seul ?"
-Orthodoxe : C'est la Sainte Tradition qui l'affirme !
-Catholique : "Mais vous avez justement dit que la Sainte Tradition se reflète dans les oeuvres des saints pères de l'Église. Si, dans leurs oevres, ils disent que l'Esprit Saint est généré par Dieu "le Père ET le Fils", parfois "Le Père", parfois "Le Fils", mais jamais par "Le Père seulement", alors qui croire ?"
-Orthodoxe : "Il faut croire la plérome des saints".

Et c'est comme ça que le dialogue entre en boucle. Systématiquement.

La deuxième difficulté concerne le dialogue institutionnel, c'est à dire entre les instances compétentes de l'Église. Du côté catholique, par "instance compétente" on comprend quelque chose de tangible. Le Pape d'abord, puis le dicastère spécialisé dans le dialogue oecuménique. Du côté orthodoxe, ce n'est pas la même chose. Le Patriarche Bartolomée est à la tête d'une église minuscule. Il n'a pas même le pouvoir sur l'archevéché d'Athènes, qui, à son tour, n'a pas de pouvoir sur le Mont Athos, érigé en "République Monastique". Le patriarche de la Russie est en froid avec les deux, tendis que celui d'Ukraîne est en froid avec les deux. Puis, si on parle des orthodoxes d'Ukraïne, c'est lesquels ? Pareillement ceux de la Moldavie, un petit état majoritairement roumain, qui a sa propre hiérarchie, tandis que la plupart des orthodoxes, même roumains, sont soit sous obédience de la hiérarchie de Roumanie, soit sous celle de la Russie, soit sous celle de l'Ukraïne. Quant aux orthoxes de Bulgarie, là il y a pas moins de cinq hiérarhies parallèles et dos à dos.

Pour faire court : le dialogue avec les orthodoxes se perd en...discussions byzantines.
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