Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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marss135
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

Message non lu par marss135 »

Ombiace a écrit : mer. 12 oct. 2022, 15:07
marss135 a écrit : lun. 10 oct. 2022, 21:33 Que nous n’avons pas à connaître les profondeurs de satan, mais plutôt à s’en débarrasser avec fidélité, pour nous laisser aimer par Dieu pour vivre de la joie de son amour lorsqu’Il qu’il vient demeurer en nous, nous sanctifier
Bonjour marss,

Avec quelques messages de retard, je vous accorde bien volontiers qu'il y a du bon sens dans vos remarques, notamment celle-ci, qui m'interroge, car j'avais occulté que c'est peut-être ce que je suis en train de vous proposer, en effet.
Personnellement, c'est une sorte de "creux de vague" spirituel dans lequel je me trouvais qui m'a valu mon retour à Dieu, car celui-ci était inconfortable à vivre, et il me fut difficile de m'en extraire.. Peut-être y suis-je encore ??..

Il faut peut-être être Notre Sainte Mère Marie pour ne pas tomber dans ce travers..
Je pense cependant que tout pécheur cultive malgré lui la mauvaise graine, et même si votre remarque m'interroge, je ne suis pas certain que se voiler la face sur son péché suffise à traiter le mal.

Dilapider son énergie en le sondant non plus, c'est peut-être ce que vous vouliez dire.. Il faut éviter d'en être fier, comme le coq sur son fumier, c'est sûr!, et résorber le péché était bien la fin que je recherchais, quelle que médiatisante que soit pour lui cette méthode dont il profite

Pour moi c'est finalement un choix entre "se voiler la face" et "donner dans l'hystérie". Je choisis de tenir compte du premier,.. de ne pas tenir compte du second, car je me demande si ce n'est pas en lavant son linge sale entre eux que les saints font leur communion.. des saints




Se voiler la face sur son péché, ne suffira pas à traiter le mal ... Car Jésus, Parole vivante, nous donne toujours de nous sanctifier de tout mal dans la fidélité. Que sa Parole qui demeure ne passera jamais.

L’Évangile (St-Jean 1-16), nous dit qu’avec Dieu (l'Amour), tous nous avons eu part à sa plénitude en nous donnant grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce (l’Eucharistie, Pain de vie) et la vérité (l’Esprit qui sanctifie) sont venues par Jésus Christ … Cela nous dit 1 St-Pierre 1, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par son sang. Pour que sa grâce et sa paix nous soient accordées en abondancepar son Esprit qui habite en nous.

Mais qu’est-ce que la vérité (l’Esprit qui sanctifie) demande Pilate à Jésus ? pour écouter sa voix :



01 Moi, Pierre, Apôtre du Christ Jésus, à vous qui êtes comme en exil, dispersés dans les provinces du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d'Asie et de Bithynie, choisis selon le plan de Dieu le Père, dans l'Esprit qui sanctifie, pour obéir à Jésus Christ et être purifiés par son sang. Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance.




37 Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »

Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix.»

Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? (St-Jean 18-37)



09 Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas.

Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
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Didyme
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

Message non lu par Didyme »

Kerygme a écrit : mer. 12 oct. 2022, 10:38 Pour rester dans la métaphore photonique, nous serions comme des variateurs et la consistance du péché dépendrait de la substance - qui originellement était bonne - que nous apportons ou n'apportons pas.
C'est pourquoi je reprends le terme de Didyme sans aller en son sens qui laisserait supposer que notre substance est mauvaise, ou j'ai mal interprété.
Non, ce n'est surtout pas ce que je pense. Je penserais plutôt comme vous visiblement.

Je disais juste que lorsque l'on péche, on a ouvert la porte au péché. On lui fait donc une place en nous, autrement dit on lui donne quelque chose de nous, de notre substance (mais est-ce correcte de parler de substance ?). Cette part est corrompue, perdue. Mais c’est une part, pas l'intégralité de notre personne.

Le péché n'a pas de substance, n'a pas l'être en lui-même, c'est un néant. J'aurais envie de dire qu'il apparaît lorsque nous manquons. Un manque d'amour, un manque de nous-même, une part bonne de nous qui se "déforme", une tâche qui apparaît sur la lumière de ce qui est créé bon.

La seule chose qui fait donc "exister" le péché semblerait être ce qu'on lui donne de nous. Il n'a rien de lui-même mais a plutôt de ce qui est.
Il semblerait que le péché n'existe que par les créatures vivantes et finies.

Et en même temps, on parle du "péché qui se tient à la porte", du péché comme d'une bête vorace, de la tentation qu'exerce le péché et ceci bien avant que l'on y succombe. On en parle comme de quelque chose d'extérieur, qu'on accueillerait en nous. Comme quelque chose ayant presque une volonté ("Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit", "Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi" Romains 7, "le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui" Genèse 4).
Ou est-ce plutôt comme une puissance, une façon d'exprimer cette tension à laquelle notre condition nous confronte. Cela me semblerait plus correct.
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

Message non lu par Kerygme »

Didyme a écrit : jeu. 13 oct. 2022, 0:10 Non, ce n'est surtout pas ce que je pense.
Merci pour votre réponse, il me semblait y avoir une imprécision qui permettait de l'envisager.
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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cmoi a écrit : mar. 11 oct. 2022, 4:47 Il est heureux que j’aie pu stimuler votre réflexion…
Je voudrais rebondir sur votre dernière que voici :
Ombiace a écrit : ↑lun. 10 oct. 2022, 14:54
je dirais quand même que ceux qui ont recours à la destructivité sont peu être des oubliés, d'une omission des constructifs qui construisent parfois en individualistes.)
Car elle est si juste !
Toutefois, quand la vérité dite n’est pas acceptée, il ne reste hélas souvent qu’à construire en individualiste, ou à devoir faire des compromis pour « conserver le lien » en espérant qu’elle sera plus tard acceptée.
Dans le premier cas (courant traditionaliste notamment), on s’expose à soi-même s’égarer sur d’autres aspects de la vérité.
Dans le second (courant progressiste) on s’expose à devoir perdre la vérité.
La frontière entre les 2 n’est pas si étanche, et le plus dur est d’y rester, et non de basculer dans l’un ou l’autre.
Bonsoir cmoi, je n'avais pas pensé aux différents courants de l'Eglise, mais il est vrai qu'on peut y transposer, comme à d'autres situations hors la sphère religieuse, cette difficulté à dépasser des communautarismes, comme j'ai le sentiment que Dieu a le souhait, si j'interprète correctement le rapprochement des bergers et des mages, la nuit de Noël, autour de Son Fils.
cmoi a écrit : mar. 11 oct. 2022, 4:47 Le remède se trouve dans le dialogue, le vrai dialogue, quand chacun examine sa conscience et se corrige, pas celui qui n’est qu’un prétexte pour montrer qu’on en est capable et doué. Et si l’un des deux refuse cet examen, cela peut devenir très explosif, et nous obliger à un mini martyr, c’est à dire à porter 2 croix au lieu d’une.
Toutefois Jésus seul porte, et porter en dehors de lui n’est pas une solution d’avenir.
Oui
cmoi a écrit : mar. 11 oct. 2022, 4:47 Mais le mensonge ne peut qu’être oublié, quand la vérité est connue
Ainsi soit-il!
cmoi a écrit : mar. 11 oct. 2022, 4:47 mais que le bien ne peut l'être, il n'est qu'oublié - c'est là qu'agit la foi, car elle nous donne de savoir qu'il est possible de le ressusciter !
Oui, lui aussi oublié.. Tout dépend dans quelle dynamique on se trouve..
Je dirais que lorsque l'on fait mémoire d'un mensonge, c'est d'abord pour faire mémoire de la vérité (Ex : la Passion); c'est en imitant la vérité qu'un mensonge prend "corps".

Le mensonge "n'inexiste pas" sans vérité, tandis que la vérité existe, avec vérité..
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Kerygme a écrit : mer. 12 oct. 2022, 10:38 Je continue sur cette supposition.
Bonsoir Kerygme.
Vous supposez bien.
Kerygme a écrit : mer. 12 oct. 2022, 10:38 Tout comme l'obscurité n'a pas d'existence par elle-même car elle n'est que la conséquence de l'absence de lumière, de même le péché - en tant que mal objectif - est la conséquence d'un manque de bien ou d'absence de bien.
Ce que je viens d'écrire à cmoi pourrait bien m'avoir été inspiré d'une première lecture rapide de votre message.. Nous sommes d'accord
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Bonsoir marss.
marss135 a écrit : mer. 12 oct. 2022, 16:27 Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? (St-Jean 18-37)
Merci pour les citations, marss. Je me pose toujours cette question que se posais Pilate. Lui-même y répondit en faisant placer un écriteau sur la croix mentionnant l'identité royale de Jésus. Mais nous digressons, il faut aussi que je réponde au pertinent message de Didyme
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Peut-être que des réflexions en sens inverse ont déjà été menées Ombiace ?

Saint Jean Climaque (576-649) aurait établi "l'échelle sainte".

Votre idée d'un questionnaire est complexe à construire car l'on peut pécher sans en avoir conscience ou aussi un péché pourrait être relatif selon le contexte, sans parler aussi des grâces reçues qui peuvent renvoyer au péché dans une situation anodine pour d'autres.
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Didyme a écrit : jeu. 13 oct. 2022, 0:10
Kerygme a écrit : mer. 12 oct. 2022, 10:38 Pour rester dans la métaphore photonique, nous serions comme des variateurs et la consistance du péché dépendrait de la substance - qui originellement était bonne - que nous apportons ou n'apportons pas.
C'est pourquoi je reprends le terme de Didyme sans aller en son sens qui laisserait supposer que notre substance est mauvaise, ou j'ai mal interprété.
Non, ce n'est surtout pas ce que je pense. Je penserais plutôt comme vous visiblement.

Je disais juste que lorsque l'on péche, on a ouvert la porte au péché. On lui fait donc une place en nous, autrement dit on lui donne quelque chose de nous, de notre substance (mais est-ce correcte de parler de substance ?). Cette part est corrompue, perdue. Mais c’est une part, pas l'intégralité de notre personne.

Le péché n'a pas de substance, n'a pas l'être en lui-même, c'est un néant. J'aurais envie de dire qu'il apparaît lorsque nous manquons. Un manque d'amour, un manque de nous-même, une part bonne de nous qui se "déforme", une tâche qui apparaît sur la lumière de ce qui est créé bon.

La seule chose qui fait donc "exister" le péché semblerait être ce qu'on lui donne de nous. Il n'a rien de lui-même mais a plutôt de ce qui est.
Il semblerait que le péché n'existe que par les créatures vivantes et finies.

Et en même temps, on parle du "péché qui se tient à la porte", du péché comme d'une bête vorace, de la tentation qu'exerce le péché et ceci bien avant que l'on y succombe. On en parle comme de quelque chose d'extérieur, qu'on accueillerait en nous. Comme quelque chose ayant presque une volonté ("Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit", "Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi" Romains 7, "le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui" Genèse 4).
Ou est-ce plutôt comme une puissance, une façon d'exprimer cette tension à laquelle notre condition nous confronte. Cela me semblerait plus correct.
Le temps m'a manqué, cher Didyme..
J'ai trouvé lumineuse votre contribution adressée à Kerygme, et je vous en remercie, cela fait avancer ! J'ai mis en gras votre propos que je trouve ajusté, et nouveau pour moi. La formule pourrait toutefois avoir quelque chose d'ambigu, en utilisant le verbe "être", pour le conjuguer sous la forme de sa possession par le péché. Pour la lever, je parlerais plutôt en terme de reddition en otage, de l'être par le péché, ce qui me semble compatible avec l'idée de Jésus selon laquelle le pécheur est "esclave" du péché ..Je crois toutefois comprendre le sens que vous y mettez
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Ombiace a écrit : dim. 23 oct. 2022, 12:26 Le temps m'a manqué, cher Didyme..
J'ai trouvé lumineuse votre contribution adressée à Kerygme, et je vous en remercie, cela fait avancer ! J'ai mis en gras votre propos que je trouve ajusté, et nouveau pour moi. La formule pourrait toutefois avoir quelque chose d'ambigu, en utilisant le verbe "être", pour le conjuguer sous la forme de sa possession par le péché. Pour la lever, je parlerais plutôt en terme de reddition en otage, de l'être par le péché, ce qui me semble compatible avec l'idée de Jésus selon laquelle le pécheur est "esclave" du péché ..Je crois toutefois comprendre le sens que vous y mettez
Oui, on est d'accord sur ce point.

Ce qui me titillerait davantage maintenant c'est ce que j'ai mis en dernière remarque, à savoir ce qui concerne la "qualité" du péché avant qu'il ne trouve place en l'homme, en tant que tentation.
Car d'un côté, il n' "existe" pas encore en tant qu'effectif, accompli, mais pourtant il semble tout de même "exister" en tant que que virtualité, potentialité, tentation, puissance.

Comment expliquer cette forme d' "existence" avant même qu'il n'apparaisse ?

J'avais émis il y a quelques années l'idée de son origine dans le caractère fini des créatures.
En effet, les hommes, les anges étant créés cela implique un commencement, qu'il n'étaient pas avant leur création et donc qu'ils sont créés de rien. Ils sont en quelques sortes tirés du néant par l'acte créateur divin.
Ils n'ont donc l'être que par Dieu. Par eux-mêmes ils sont néant.
Il en résulte donc comme une tension en l'homme qui s'exprime par la liberté, par le mouvement de la volonté. Une tension entre d'un côté Dieu qui lui donne l'être, le bon, la vie, et d'un autre côté son néant. Le néant en soi n'est pas mauvais, il est neutre, il est simplement rien. Mais la néantisation de quelque chose qui est, la perte de l'être, du bon se traduit non pas par sa simple disparition mais par sa dégradation, sa déformation, sa pervertion, le péché. Car Dieu ne change pas, Dieu ne cesse de vouloir sa création, ne cesse de donner la vie, l'être. Et la liberté entraîne une dégradation de ce qui est donné.
Pourquoi l'homme ne peut-il choisir de ne plus être ? Peut-être parce que ce ne serait plus qui il est fondamentalement, intégralement qui ferait ce choix mais une dégradation de qui il est.

Remis à lui-même, l'homme expérimente la tentation, c'est-à-dire comme la confrontation à ce qu'il est par lui-même, néant. Sans le soutien divin, sans communion, l'homme est soumis à une puissance (on parle souvent de puissances pour qualifier les forces du mal), une tension provoquée par son propre manque, sa faiblesse, son néant. Seul le fait de s'en remettre à Dieu, de se tourner vers Dieu qui lui donne ce qu'il est peut lui donner la force de vaincre cette tentation.

Ainsi le péché en tant que tentation semblerait être la façon de qualifier la tension vers le néant qui assaille l'homme face à sa finitude, remis à lui-même.
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Didyme a écrit : jeu. 13 oct. 2022, 0:10

Et en même temps, on parle du "péché qui se tient à la porte", du péché comme d'une bête vorace, de la tentation qu'exerce le péché et ceci bien avant que l'on y succombe. On en parle comme de quelque chose d'extérieur, qu'on accueillerait en nous. Comme quelque chose ayant presque une volonté ("Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit", "Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi" Romains 7, "le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui" Genèse 4).
Je pense aussi que cette manière d'en parler est liée au fait que le mal, dans l'expérience que nous en faisons, nous précède toujours. Le péché est dit "originel", mais les origines se dérobent toujours à nos regards d'êtres humains finis et limités. Notre expérience commune du mal, c'est qu'il existe toujours déjà, qu'il est toujours déjà-là, que la création est toujours déjà mise à l'épreuve du mal (il suffit de regarder la rubrique des faits divers, pour le dire trivialement). Le texte du péché originel, qu, juste après le récit de la création du monde met en récit l'origine du mal en l'homme, n'échappe pas à la règle : le mal est déjà là, à sa manière, avec un "paradis" qui est peuplé d'un serpent rusé et prêt à mentir pour faire tomber l'homme, avec un fruit "défendu" et une interdiction qui menace toute désobéissance d'une mort prochaine, etc.. Tout se passe comme si le mal, en effet, était aussi extérieur à nous , toujours déjà là, avant que nous lui donnions notre acquiescement en nous-mêmes, comme le font Adam et Eve sous nos yeux.
Quel est l'équivalent de ce "déjà-là" aujourd'hui ? La partie corrompue de la société? L'influence d'idéologies séduisantes ? Des comportements scandaleux qui font obstacle au bien et influencent les consciences - et dont nous sommes peut-être tous un peu responsables? Dostoïevski décrivait l'attitude du peuple russe face aux criminels déportés dans les bagnes en remarquant que, souvent, les vielles dames, à la vue de ces bagnards, disaient qu'il s'agissait de "pauvres malheureux". Dostoïevski comprenait cette phrase comme suit : ces vieilles dames se demandaient ce que nous avions bien pu faire de mal pour laisser ces pauvres gens s'égarer dans le mal et le crime, comme si, tacitement, sans nier la culpabilité individuelle des personnes, il y avait, en amont, une forme de solidarité universelle dans le mal, et une grande faiblesse collective à son égard.

Ceci renvoie à la difficulté de penser la cause première du mal qui blesse la création. Même dans ce récit du jardin d’Éden, le mal reste mystérieux : ce n'est pas un problème technique qui appellerait une solution bien connue, mais une origine insondable qui ne se laisse pas saisir seulement par une analyse conceptuelle. La liberté de l'homme est engagée pour le bien et pour le mal, et il y a peut-être une part d'inexplicable. Le fait que notre société reste sans voix devant des crimes horribles, et qu'elle semble dénoncer l'irrationalité de la marche du monde, atteste du fait que le mal garde quelque chose d'inexplicable.
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Message non lu par Ombiace »

Didyme a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 15:04 Comment expliquer cette forme d' "existence" avant même qu'il n'apparaisse ?
Bonjour Didyme.
Didyme a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 15:04 Ils n'ont donc l'être que par Dieu. Par eux-mêmes ils sont néant.
Riou (bonjour Riou) semble d'un avis voisin au vôtre
Riou a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 16:21 ce que nous avions bien pu faire de mal pour laisser ces pauvres gens s'égarer dans le mal et le crime, comme si, tacitement, sans nier la culpabilité individuelle des personnes, il y avait, en amont, une forme de solidarité universelle dans le mal, et une grande faiblesse collective à son égard.
, et j'y ajoute mon suffrage, plus un témoignage anecdotique de ce Dimanche :

Il s'agit de l'Evangile, qui traitait de la bonne disposition pour prier.
J'y ai mentalement associé la question du Salut, la personne du Sauveur.

Or, nous savons qu'il n'y a qu'un seul Sauveur.. (Que "se sauver", de plus, est une expression galvaudée qui en est aux antipode, puisqu'il s'agit d'accomplir son salut propre (donc, sans le Sauveur), et cela, dans un esprit contraire à l'esprit chrétien, c'est à dire par la fuite.)

J'ai eu le sentiment, Dimanche dernier, que le pharisien voulait accomplir son salut en solo, alors que le publicain, lui, reconnaissait la dimension salvifique exclusive de Dieu. Je me suis retrouvé dans les deux : le pharisien en moi pleurait (même si c'était de joie d'avoir compris), le publicain en moi riait, (pour les mêmes raisons)

Ce que j'avais compris (analysé), en remontant dans l'enfance, c'est ma posture de pharisien au regard du salut.. :

En rebondissant sur vos réflexions, je dirais que le "néant" dont vous parlez, se vautrant dans la tentation de m'identifier au "Goldorak" sauveur de l'époque, s'emparait de mes pensées, et éclipsait le vrai Sauveur derrière ce Satan que j'étais devenu, comme Pierre prétendant sauver.. le Sauveur, dès la première annonce de la Passion.

Jusque là, je n'avais jamais compris l'origine de l'ancrage du péché en moi..
Je témoigne que depuis cette prise de conscience, le péché a reculé en moi, et, et car, j'adopte la posture priante du vrai publicain, conscient d'être sauvé de sa prière pharisienne
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

Message non lu par Didyme »

Que le mal soit déjà préalablement présent, en tout cas en ce qui concerne l'homme, on est d'accord.
Qu'une des raisons de la chute première soit la tentation d'être son propre Dieu et maître, de vouloir faire soi-même son salut, un désir de toute-puissance, on est là encore d'accord.
L'orgueil est avant tout un manque, un manque d'humilité, un manque d'amour pour Dieu.

Mais la question est de savoir pourquoi l'homme, pourquoi chacun y succombe à son tour. Pourquoi chacun faillit, chute, manque ? Pourquoi chacun est sensible à la tentation ?
Pourquoi les premiers, Adam et Éve, y ont été sensibles malgré des conditions idéales ?
Pourquoi simplement le péché est possible ? La liberté ? Certes, la liberté est le moyen d'expression qui le rend possible. Mais la liberté n'en est certainement pas la cause, la liberté étant un bien. Non, la liberté permet d'exprimer autre chose, d'exprimer cette cause justement.
C'est là où je pense que la condition du créé apporte une explication. Après tout, c'est ce que nous dit 1 Corinthiens 15 : 35-50, il me semble.
Peut-être que la "création souffre les douleurs de l'enfantement", que créé faillible par sa finitude, son manque, elle atteindra sa pleine force, son incorruptibilité par sa résurrection, autrement dit par son union à l'incréé. Mais sa condition actuelle est une étape incontournable.
Elle est aussi cette étape qui permet d'apprendre, de se connaître, et de reconnaître notre créateur et notre seul sauveur.
L'autre est un semblable.
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Didyme a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 21:23 Mais la question est de savoir pourquoi l'homme, pourquoi chacun y succombe à son tour. Pourquoi chacun faillit, chute, manque ? Pourquoi chacun est sensible à la tentation ?
Pourquoi les premiers, Adam et Éve, y ont été sensibles malgré des conditions idéales ?
Emettriez vous l'hypothèse d'une variabilité du péché, tant quantitativement que qualitativement ? Je crois que l'Eglise admettrait probablement l'idée.. Il y a les 7 péchés capitaux, dont la caractérisation en est sans doute un argument en faveur de cette option.

Peut-être suggériez vous qu'une forme d'égalité fait défaut dans la répartition des grâces ou, respectivement, des péchés ? Mais : je ne suis pas certain que l'égalité originelle soit une valeur chrétienne, il faudrait en débattre.. Quant à l'égalité finale, il me semble qu'elle est exclue : Il y a parmi les créatures une hiérarchie céleste, dont Marie est la Reine, il est vraisemblable que les premiers soient d'anciens derniers de ce monde.
Seule la Justice permet de réhabiliter Lazare, de rendre au riche pour ses omissions à son égard.. Si une égalité existe, elle devrait se situer là, dans ce renversement des bonheurs et malheurs.
Mais je ne suis pas certain que vous souhaitiez en venir à ces considérations
Didyme a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 21:23 Pourquoi simplement le péché est possible ?
Je dois avouer que la question me porte à faire l'hypothèse d'une hiérarchie : La gestion de la liberté par chacun deviendrait le critère d'évaluation commun au genre humain, en ceci qu'il n'est pas possible de faire croire (en tout cas je ne puis le croire) que choisir le bien plutôt que le mal serait un privilège réservé à.. des privilégiés..
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

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Ombiace a écrit : sam. 29 oct. 2022, 19:20
Didyme a écrit : jeu. 27 oct. 2022, 21:23 Mais la question est de savoir pourquoi l'homme, pourquoi chacun y succombe à son tour. Pourquoi chacun faillit, chute, manque ? Pourquoi chacun est sensible à la tentation ?
Pourquoi les premiers, Adam et Éve, y ont été sensibles malgré des conditions idéales ?
Emettriez vous l'hypothèse d'une variabilité du péché, tant quantitativement que qualitativement ? Je crois que l'Eglise admettrait probablement l'idée.. Il y a les 7 péchés capitaux, dont la caractérisation en est sans doute un argument en faveur de cette option.

Peut-être suggériez vous qu'une forme d'égalité fait défaut dans la répartition des grâces ou, respectivement, des péchés ? Mais : je ne suis pas certain que l'égalité originelle soit une valeur chrétienne, il faudrait en débattre.. Quant à l'égalité finale, il me semble qu'elle est exclue : Il y a parmi les créatures une hiérarchie céleste, dont Marie est la Reine, il est vraisemblable que les premiers soient d'anciens derniers de ce monde.
Seule la Justice permet de réhabiliter Lazare, de rendre au riche pour ses omissions à son égard.. Si une égalité existe, elle devrait se situer là, dans ce renversement des bonheurs et malheurs.
Mais je ne suis pas certain que vous souhaitiez en venir à ces considérations.
Pas vraiment. :-D

Je visais juste à mettre l'accent sur la sensibilité de l'Homme à la tentation du péché, et ceci même dans des conditions idéales (Adam et Éve). Tout en recherchant la cause de cela, plus précisément la cause de la cause de la cause, l'origine de cette tension.
Parce qu'on nous explique telle cause (un mal préalablement présent dans notre société et qui nous atteint à notre tour. Ou encore chez le serpent qui atteint les premiers parents par exemple)
ou telle autre cause (orgueil, désir de toute-puissance) ou encore telle autre cause (mauvais exercice de notre liberté). Certes, ce sont des causes mais je chercherais ici la cause originelle qui fasse qu'apparaisse l'orgueil, qui fasse que nous usions mal de notre liberté, qui fasse que même avant d'apparaître de façon effective, en tant qu'accompli le péché existe déjà en tant que tentation. Parce que c'est davantage qu'en tant que simple possibilité (un possible paraissant presque neutre, accidentel, aisément évitable) qu'il existe préalablement mais c'est surtout comme une force, une puissance, une tension contre laquelle il faut lutter.

Et c'est suite à cela que j'évoque l'hypothèse de la condition du créé qui remis à lui-même semble être confronté à cette tension entre ce qu'il est par Dieu et son propre néant par lui-même.
D'un côté, tourné vers Dieu, dans la communion, l'amour et la soumission à son créateur, Dieu est sa force qui le préserve. Se détournant un instant, il est comme attiré par son néant, manquant de Dieu.
On voit ici l'indispensable démarche de foi, de conversion pour vaincre le péché.
L'autre est un semblable.
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Didyme
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Re: Consistance du péché.. Questionnaire (à choix unique, rassurez-vous)

Message non lu par Didyme »

Là où je me pose souvent question, c'est en ce qui concerne le récit de la chute originelle.
On y voit Dieu "absent" et réapparaissant ensuite. Cette "absence" est-elle du fait de l'homme qui se détourne de Dieu ou du fait que Dieu se fait absent, remettant l'homme à lui-même ?
Dans cette dernière hypothèse, on pourrait y voir l'idée que Dieu lâche la main de l'homme pour lui permettre de faire acte de foi, d'exercer sa liberté, sa volonté en reconnaissant son créateur, en mettant sa confiance en lui.
Ici apparaît une sorte de paradoxe car sans Dieu pour le soutenir, l'éclairer, lui donner la force, l'homme ne peut que manquer de Dieu sans quoi cela signifierait que l'homme n'a pas besoin de Dieu pour être saint, qu'il est donc bon en lui-même, qu'il est Dieu. Ceci, c'est ce que nous sommes souvent tenté de croire...
C'est Dieu qui fait don de la foi par la grâce, qui appel, qui attire. Remis à lui-même, sans Dieu, l'homme ne peut que chuter. Paradoxe donc entre nécessité de la foi de l'homme mais foi que l'homme ne peut donner par lui-même, sans Dieu. Et donc exercice ici voué à l'échec. Mais échec salvateur...
Car l'homme fait ici l'expérience de sa condition, de son néant, de son besoin de Dieu. Pouvant alors s'ouvrir à la foi par la grâce.
Comme s'il fallait que l'homme fasse l'expérience de lui-même, qu'il acquiert cette connaissance pour revenir à Dieu. Comme s'il fallait qu'il se connaisse, qu'il se reconnaisse.

Cela ressemble à la descente aux enfers, comme s'il fallait que le Christ fasse l'expérience de l'humanité qu'il a revêtu, qu'il aille au fond de l'abîme de celle-ci pour revenir au Père, pour ouvrir le chemin du retour.
L'autre est un semblable.
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