Position de l'Église sur l'euthanasie

« Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache discerner le bien du mal » (1R 3.9)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7690
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Christophe »

Effectivement, et c'est aussi ce que j'ai écrit plus haut dans ce fil : on voit mal pourquoi elle réclame une loi et un médecin pour lui administrer un produit létal qu'elle serait parfaitement capable - aussi regrettable que cela soit - de prendre elle-même...
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Avatar de l’utilisateur
laiglejo
Barbarus
Barbarus

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par laiglejo »

DavidB a écrit :
laiglejo a écrit : DAVID, vous/tu fuis la réalité parce qu'elle t'effraie. Le problème de cette femme n'est pas la beauté mais la souffrance
Va donc voir ailleurs si je n'y serait pas! J'ai passé plusieurs années malade, en dépression, à ne voir rien devant que du brouillard épais et désespérant, mais j'ai choisi de vivre parce qu'un autre désire que je vive, parce qu'un autre m'aime et d'autres m'ont aimé aussi. Aujourd'hui encore j'ai des difficultés sérieuses à assumer certaines responsabilités de ma vie et je me décourage parfois, mais j'ai DÉCIDÉ de vivre. Alors, le donneur de leçon je me demande bien c'est qui!
DAVID, la dépression est une chose (d'ailleurs tous les grands malades on le privilège de la connaitre comme une cerise sur le gateau, au moins par intermittence) .....mais il s'agit là de souffrances physiques prolongées en vrais martyrs, des souffrances à la limite du supportable qui n'en finissent plus du fait des progrès de la médecine. Jean-Paul II a eu une trachéotomie qu'il ne souhaitait pas au vu de sa réaction. Heureusement, ça n'a pas duré longtemps. Pour d'autres, ça prolonge leur vie de manière insupportable. Une de mes amie est prolongée ainsi comme un légume sans réaction et respire grace à ce truc depuis deux mois. Pour d'autres, ça dure des années

Si la médecine a apporté la guérison ou l'espoir de prolonger notre vie dans des conditions acceptable, elle a malheureusement le privilège de fabriquer de vrais martyrs pour qui il n'existe aucun soulagement.

Tout le problème est là et c'est un sujet grave qui mérite qu'on le traite autrement que par la fuite, des pirouettes ou des lois derrière lesquelles on se cache.

Quand on a suivi de grands malades dans le quotidien, on se sent tout petit et on ne se drappe pas aussi facilement dans les a-prioris et les idées toutes faites.

Je vous trouve extrêmement légers et durs envers les gens qui souffrent

Dieu fasse que vous ne vous retrouviez pas comme ce garçon de 17 ans que je connais, tétraplégique à cause d'un accident de voiture. Il ne peut plus bouger que les yeux et malgré sa famille qui l'entoure, appelle au secours.......et puis, tout le monde n'a pas la foi et la vocation de Marthe Robin !

Une Marthe ROBIN, il y en a eu qu'une...... On ne peut pas fabriquer artificiellement des Marthe Robin contre leur gré, avec la complicité de la médecine. J'ai lu quelque part que le Seigneur avait beaucoup cherché avant de trouver une âme qui accepte de s conformer à ses desseins.
Avatar de l’utilisateur
giorgino
Barbarus
Barbarus

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par giorgino »

Il est vrai que les attitudes modernes tendent à rejeter sur un social abstrait les responsabilités individuelles , c'est une tendance très marquée .
En ce qui concerne cette femme , empathie ou pas , je ne sais pas comment l' homme peut réagir dans les situations extrêmes . je ne veux pas en dire plus . Quant à dire que c 'est un péché mortel , qui vous dit que Dieu ne la recevra pas ? Moi ? non ! mais vous non plus .
Larmorencourt
Censor
Censor
Messages : 171
Inscription : dim. 09 oct. 2005, 23:59

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Larmorencourt »

Que signifie ce "mourir dans la dignité" dans un monde où l'avorton est déclaré indigne de vivre pour que l'avorteuse puisse survivre dans la "dignité"? Le cas de cette patiente impatiente ne peut en aucun cas fonder notre opinion sur la question. Que pensez du cas de celui qui voudra luttez jusqu'au bout mais se sentira culpabilisé par sa propre souffrance étalée devant les siens ou la charge qu'il représente pour ces derniers? La dépénalisiation de l'euthanasie ne fait qu'accentuer cette culpabibilité. De plus, avec l'euthanasie, ce ne sera plus le prêtre que la famille appelera, mais le notaire avec l'ébauche du testament.
"Tous les pays qui n'ont plus de légende
Seront condamnés à mourir de froid".
Patrice de La Tour du Pin, la Quête de joie.
Avatar de l’utilisateur
Boris
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2428
Inscription : lun. 21 août 2006, 17:46
Localisation : France - Centre (28)

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Boris »

DavidB a écrit :Misère, Laiglejo, il me semble que vous m'en faite dire plus que je n'en dis en réalité. Vous me lisez ou vous reconstruisez mes dires au fur et à la mesure? Ou bien je suis vraiment un parfait inconscient.
Je souffre du même mal !

Merci à laiglejo de faire attention à la tournure de ses messages qui par "effets de manche" en font dire plus à certains en dépassant largement leur propos et en laissant entendre qu'ils disent des choses monstrueuses !

Merci à la modération d'être vigilant à ce climat peut favorable à l'élévation d'esprit et au débat.
UdP,
Boris
FMD
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1516
Inscription : mar. 27 avr. 2004, 22:25
Contact :

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par FMD »

Je trouve que Rachida Dati a très bien répondu:
NouvelObs a écrit :"Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale, pour l'aider à mourir", a dit la ministre. "Ce n'est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'homme, sur le droit à la vie."

"À titre personnel, je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales", a souligné la ministre.
On peut regretter qu'elle ne fasse pas valoir les mêmes arguments sur d'autres sujets pourtant semblables.
Métazét
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 546
Inscription : mar. 27 juin 2006, 18:42
Localisation : Nancy (France)
Contact :

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Métazét »

Bonsoir tout le monde,

Certes, oui, on peut se demander pourquoi elle ne se suicide pas. Mais la question me paraît surtout technique car au fond, l'euthanasie n'est-il pas tout simplement une forme de suicide assisté ? Or, que je sache, le suicide n'est pas interdit par le droit. Vous me direz que l'on peut difficilement aller trouver une personne suicidée pour la presser de comparaître devant un tribunal mais tous ceux qui tentent de se suicider n'y arrivent pas forcément, et que je sache, on ne les juge pas pour tentative d'homicide volontaire.

Un bon compromis ne serait-il pas que : l'euthanasie, sans être légalisée, promue et "institutionnalisée" étatiquement (et surtout sans être associée au corps médical), soit tolérée et dépénalisée, dans le cadre privé de l'intersubjectivité, et parallèlement soit - sur un plan moral - critiquée et découragée et que tout un chacun soit invité à l'empêcher à la mesure de ses possibilités, lorsqu'elle concerne deux tiers (mais sans que cette exigence soit étendue, donc, lorsqu'elle concerne deux personnes impliquées affectivement l'une pour l'autre) ? Ainsi, on respecterait au mieux, je pense, les exigences du libéralisme politique (que même l'Eglise n'entend pas remettre en question, me semble-t-il) tout en préservant un certain paternalisme moral léger (se réduisant à protéger les gens contre eux-mêmes uniquement pour des dommages à la fois profonds et durables).

Cordialement,
Mikaël
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Avatar de l’utilisateur
Invité
Barbarus
Barbarus

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Invité »

Boris a écrit :Sa souffrance est par contre liée à un matérialisme trop fort.
C'est tellement plus facile de distiller la bonne parole derrière son écran...
Avatar de l’utilisateur
Pyo
Censor
Censor
Messages : 62
Inscription : sam. 28 avr. 2007, 9:53
Localisation : Toulouse

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Pyo »

Roselyne Bachelot s'oppose à l'euthanasie réclamée par Chantal Sébire:
Image
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé que "ni le monde médical, ni les pouvoirs publics ne sauraient promouvoir l'euthanasie active", réclamée par Chantal Sébire, défigurée par une maladie incurable.

Interrogée sur RTL, Mme Bachelot s'est déclarée "bouleversée" par le cas de cette femme, qui demande à la justice le droit, à titre exceptionnel, d'être euthanasiée par un de ses médecins.

Cependant, a poursuivi la ministre, la loi sur la fin de vie "réaffirme clairement pour le corps médical l'obligation de soulager les patients mais l'intervention des médecins ne peut avoir pour effet dans notre droit et dans notre philosophie de la vie de mettre fin à la vie des patients."

"La mort peut être une conséquence de la démarche de soulagement de la souffrance, mais la mort ne peut en aucun cas procéder d'un projet auquel le corps médical est associé", a souligné Mme Bachelot.

"C'est l'éthique de notre pays", a indiqué la ministre, pour qui "une démarche éthique ne s'adapte pas à des cas particuliers".
"Je le redis, le monde médical, les pouvoirs publics ne peuvent promouvoir l'euthanasie active quelle que soit la gravité de la maladie", a souligné la ministre.
Au journaliste qui concluait "il n'est pas question de revenir sur la loi Léonetti (sur la fin de vie, votée en 2005) ou de la faire évoluer", la ministre a répondu: "c'est cela".
Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7690
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Christophe »

L'UMP aurait-elle décidé de remobiliser l'électorat conservateur à 3 jours du second tour élections municipales, après un revers sévère lors du premier ? :saint:
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7690
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Christophe »

Métazét a écrit :Certes, oui, on peut se demander pourquoi elle ne se suicide pas. Mais la question me paraît surtout technique car au fond, l'euthanasie n'est-il pas tout simplement une forme de suicide assisté ? Or, que je sache, le suicide n'est pas interdit par le droit.
Se suicider est interdit par le droit positif : quiconque peut empêcher un suicide a l'obligation juridique de le faire. A défaut, cela est constitutif du délit de "non-assistance à personne en danger". Par contre, le suicide est "dépénalisé" : le législateur ayant estimé - à juste titre me semble-t-il - que sanctionner une tentative de suicide par une peine de justice n'est pas de nature à prévenir le suicide, à dissuader d'une récidive ni à protéger la société...

PaX
Christophe
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Avatar de l’utilisateur
marchenoir
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 259
Inscription : dim. 25 déc. 2005, 22:58
Localisation : Vincennes

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par marchenoir »

Bonsoir à tous.

Je viens d'écouter cette pauvre femme et ,comme beaucoup ici, je ressens un certain malaise.

Avant tout, il est évident que ce qu'elle endure est inimaginable, en tout cas pour moi. Il est très pénible de parler de la souffrance de son prochain quand on est bien portant et qu'on finit tranquillement sa digestion. Il est tout aussi évident que sa douleur n'est pas de se trouver moche. Je ne vois pas non plus ce que vient faire ici le matérialisme de notre époque dans le fait qu'elle n'arrive pas à supporter sa souffrance. Croit-on vraiment que si elle avait vécu au temps du roi Saint Louis elle eût mieux supporté son état ? Quelle idée étrange.

Je n'ai jamais subi des douleurs comparables aux siennes, et comme Franck, je m'interroge sur les conséquences de cette maladie sur son psychisme. J'ai l'impression qu'il m'en faudrait moins pour devenir fou. C'est une raison supplémentaire pour ne pas la juger. Cette pauvre femme appelle la mort. On la comprend. D'autres sur ce fil de discussion ont fait remarquer que l'on trouve des exemples de prophètes ayant appelé la mort sur eux. L'épisode de Jonas au pied de l'arbre desséché est célèbre. Le problème vient de ce qu'elle veut qu'on la tue. C'est considérablement différent. Plus encore, elle réclame ce droit pour tous ceux qui sont dans la même situation qu'elle (c'est-à-dire, à bien y réfléchir, elle-seule...). C'est cela qui est dramatique. Je ne sais pas ce qu'elle fera mais quoi qu'elle fasse, elle ne sera jugée que par Celui qui l'a créée. En revanche, ce qu'elle réclame pour tous, il est de mon devoir de le juger. Cette malheureuse nous met dans la situation ignoble de faire abstraction de son cas personnel pour se prononcer sur une généralité, car on ne légifère point sur un cas particulier. Il est donc important de dire que ce qu'elle fera, elle en rendra compte à Dieu seul, mais ce qu'elle demande, il nous appartient de le juger.

Une partie du malaise vient de ce que sa souffrance me semble être récupérée par les tenants de la culture de mort. Je ne pense pas ici en termes de complot dont les instigateurs seraient identifiables, mais de ces habitudes collectives et ces effets structurels engendrés par nos nombreux péchés, qui conditionnent les consciences et en engendrent d'autres. Ce que le pape Jean-Paul II appelait aussi les structures de péchés. Il me semble que la justice a pris une très sage position, par la voie de la ministre.

Il reste son cas à elle. Je l'ai déjà dit, je ne la jugerai pas, je n'en ai pas le droit. Popeye a raison lorsqu'il rappelle ce qui l'attend si elle meurt en état de péché mortel. Le problème est de savoir si elle commetra un péché mortel. Ce n'est pas d'ailleurs pas un problème dans la mesure où nous n'avons pas à en débattre. Nous ferons plus pour elle en jeûnant pour le salut de son âme qu'en dissertant sur la position à laquelle sera réglé pour elle le thermostat...

Très cordialement à tous,

Marchenoir.
Il n'y a qu'une tristesse, c'est de n'être pas des saints (Léon Bloy, La Femme Pauvre)
Avatar de l’utilisateur
Arzur
Seminarius
Seminarius
Messages : 839
Inscription : jeu. 18 oct. 2007, 17:11
Localisation : Breiz / Bretagne

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Arzur »

Lettre ouverte du curé de la paroisse Notre Dame de Nazareth :

"Ma chère Chantal, je m'appelle Lazare. Si je me permets de t'écrire, c'est qu'il y a bien des années, une maladie m'a conduit prématurément à la mort. J'étais alors entouré par les membres de ma famille, tout particulièrement par mes deux soeurs que j'aime tant: Marthe et Marie. Elles m'ont accompagné jusqu'au bout. Tu sais, je suis mort dignement.

Je crois savoir que tu étais professeur des écoles. Ah, les enfants, quel trésor!J'imagine que tu avais à cœur de leur communiquer les plus hautes valeurs. Tu leur as certainement parlé du courage, de la persévérance, de la grandeur de la vie. Ta lutte dans la maladie est aujourd'hui une leçon qui dépasse tous tes enseignements. Vas-tu laisser le témoignage ultime d'une capitulation, d'une résignation, de l'option d'une destruction ? Et puis, tu as aussi tes propres enfants ; ils sont trois. Crois-tu qu'ils ne soient capables de regarder ton visage, si défiguré soit-il ? Ils ont encore grand besoin de toi ? Ma chère Chantal, j'étais mort et je suis vivant. Jésus m'a fait sortir du tombeau. Par la suite, j'ai revu son visage. Il était méconnaissable, tuméfié, défiguré. Ce Jésus a souffert plus que tu ne peux l'imaginer. Il est mort dans d'atroces souffrances ... mais il n'y avait en lui aucune capitulation, aucune résignation. Tout était amoureusement offert pour notre Rédemption.

Tu veux être accompagnée ; Laisse Jésus se tenir près de toi. Il n'expliquera pas ta souffrance mais il la remplira de sa présence. Tu veux mourir dignement ; mais la mort digne est celle que nous accueillons et que nous offrons ; non point celle que nous choisissons par résignation ou capitulation. Ma chère Chantai, aujourd'hui Jésus t'affirme : " Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croît en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ". Réponds, Chantal ...surtout réponds OUI. Alors tu ne réclameras plus l'euthanasie mais, avec Lui et unie à Lui, tu offriras courageusement et amoureusement chaque jour de ta vie."


Lien : http://www.chretiente.info/eglise_catho ... icle=11410


Je trouve cette lettre à madame Chantal Sébire très belle. Ce que, en qui je crois, se retrouve totalement dans cette lettre émouvante.


In Christo Rege
+ Arzur
Ar brezoneg hag ar feiz a zo breur ha c'hoar e Breiz !
La langue Bretonne et la foi sont frère et soeur en Bretagne !
Métazét
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 546
Inscription : mar. 27 juin 2006, 18:42
Localisation : Nancy (France)
Contact :

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Métazét »

Cher Christophe,
Christophe a écrit :
Métazét a écrit :Certes, oui, on peut se demander pourquoi elle ne se suicide pas. Mais la question me paraît surtout technique car au fond, l'euthanasie n'est-il pas tout simplement une forme de suicide assisté ? Or, que je sache, le suicide n'est pas interdit par le droit.
Se suicider est interdit par le droit positif : quiconque peut empêcher un suicide a l'obligation juridique de le faire. A défaut, cela est constitutif du délit de "non-assistance à personne en danger". Par contre, le suicide est "dépénalisé" : le législateur ayant estimé - à juste titre me semble-t-il - que sanctionner une tentative de suicide par une peine de justice n'est pas de nature à prévenir le suicide, à dissuader d'une récidive ni à protéger la société...
OK, j'en prends donc acte. Néanmoins, je ne crois pas que cela change considérablement mon propos. Il faudrait juste étendre cette "dépénalisation" aux proches compatissants. Qu'un tiers qui ne porterait pas secours à un candidat au suicide soit puni, cela est compréhensible. Toutefois, lorsque c'est un proche compatissant qui laisse faire ce geste ou qui aide (en partie ou totalement) à le faire, je pense que la peine devrait être nulle également, ou à tout le moins légère. Car pour ainsi dire, deux personnes liées affectivement, n'en forment plus qu'une seule. Et pour appuyer cette extension de la dépénalisation, les mêmes raisons que tu évoques relativement au suicide sont, me semble-t-il, applicables. En quoi le mari qui tue sa femme avec son consentement libre et éclairé parce que celle-ci souffrait trop et demandait à mourir constitue-t-il un danger pour la société ? (cela n'en fait pas un serial killer). Ce mari, même puni, pourrait se dire : "malgré tout, si c'était à refaire, ou si, par exemple, ma soeur était dans la même situation, je le referais". Lorsque l'affectif, l'empathie s'en mêle, la souffrance à endurer pour soi peut être presque aussi intense, et la pire des punitions prévue par notre droit ne serait rien à côté. Donc ce n'est pas dissuasif. Enfin, pour la même raison, je pense que cela ne serait pas préventif.

Bien à toi,
Mikaël
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Avatar de l’utilisateur
Boris
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 2428
Inscription : lun. 21 août 2006, 17:46
Localisation : France - Centre (28)

Re: Une quinquagénaire demande à mourir dignement

Message non lu par Boris »

Métazét a écrit :Il faudrait juste étendre cette "dépénalisation" aux proches compatissants.
Il ne faut pas que la compassion se substitut à la raison !
Où irions-nous (? où allons-nous ?) si nous laissions les sentiments gouverner ?

Bonjour la fluctuation des humeurs !
UdP,
Boris
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 5 invités