D'accord et en effet. votre analyse ici me semble encore juste. Toutefois je ne pense pas qu'une seule puisse rendre compte de tous les possibles.Coco lapin a écrit : ↑jeu. 17 févr. 2022, 22:50 Vous ne m'avez pas bien compris, je disais qu'en général les athées n'ont pas conscience que leur croyance est irrationnelle, que c'est contre la raison qu'ils nient l'existence de Dieu. D'autre part, ils n'arrivent pas à croire que Dieu puisse être complètement différent de ce qu'ils imaginent, mais néanmoins exister. C'est parce que Dieu n'agit pas comme ils le voudraient (ou comme ils le feraient si eux étaient des dieux) qu'ils pensent qu'il n'est pas possible qu'Il existe.
Il me semble qu'autant il peut être difficile pour un athée de comprendre la foi, la vie de la foi, autant il doit nous être difficile de comprendre vraiment l'intériorité d'un athée. Je pense que les images que nous en avons dépendent beaucoup de ceux que nous avons rencontrés et qui ont accepté de "se livrer", pour autant qu'ils étaient sincères - la vie en commun peut aussi y suppléer.
Là aussi ce que vous écrivez est une possibilité parmi tant d'autres. Mais, et Cinci dira que je reste un naïf, je crois malgré tout qu'un athée peut être vraiment "sincère" et d'ailleurs St Paul (Romains) dit que la privation de la grâce de la foi peut être réelle, une sorte de châtiment certes mais qui du coup ne les en rend plus responsable. Il y aurait quelque chose de malsain, car de l'ordre du jugement, à chercher dans ce contexte "la cause", à moins que ce soit la bonne manière de les convertir.Coco lapin a écrit : ↑jeu. 17 févr. 2022, 22:50Tout à fait, c'est d'ailleurs un prétexte de beaucoup d'athées pour ne pas se convertir :cmoi a écrit :Il est possible d'être incroyant et pourtant de mener une vie droite, en conscience...
"J'ai pas besoin de promesse de récompense ou de menace de punition pour faire le bien autour de moi et vivre honnêtement, moi, monsieur !"
Ils veulent être leur propre juge, décider par eux-mêmes de ce qui est bien et de ce qui est mal, et ainsi pécher quand ça leur chante. Mais inconsciemment ils ne peuvent pas admettre l'existence de Dieu car ils ne veulent surtout pas du "Big brother is watching you" qui les obligerait à renoncer à leurs péchés habituels. " Rendre un culte à Dieu ? Prier ? Arrêter de forniquer, de mentir, de frauder, de me venger ? Et puis quoi encore ? Se confesser ?! " Tout ceci est inenvisageable pour eux.
J'ai connu une athée, par exemple, qui m'expliqua (je ne lui avais rien demandé, c'est elle qui m'avait interrogé soupçonnant ma foi) que sa "condition d'athée" n'était pas agréable, que l'immensité de l'univers l'effrayait, etc. (un peu comme ces gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête - elle était allemande !) ce qui laissait entendre que ne pas croire était pour elle comme un non-choix, inné, et qu'elle en souffrait. Sa "peur" me paraissait insolite et presque cocasse, j'aurais pu penser qu'elle faisait un transfert par rapport à l'enfer etc. mais vraiment pas. Vu sa confidence, il aurait été niais de lui dire de se convertir pour éviter cela ! Sauf comme en rigolant... Mais cela ne faisait pas "avancer les choses"...
J'ai longtemps pensé comme vous que ne pas croire était un moyen de pouvoir se permettre de pécher, et c'est évidemment possible mais je ne crois plus que ce soit à généraliser. Je me souviens d'un psy qui m'avait expliqué sa fierté à être "impeccable" sans avoir "le prétexte de la foi" : évidemment, je pouvais transformer sa fierté en orgueil, n'empêche qu'elle n'était pas la raison de son incroyance, plutôt une révolte contre un certain jugement de croyant...



