Arnaud Dumouch a écrit :Je vous ai parlé du consentement à une ALLIANCE d'AMOUR. Ce n'est donc pas la "sola fide" de Luther. Notre part du travail existe et nous devons nous purifier de nos attachements à nous mêmes (par 1° vie mystique et 2° ascèse), soit en ce monde soit dans l'autre (voir les 6 degrés du purgatoire).
Et comme à la fin du monde il n'y aura plus de Purgatoire et il n'existera plus que le Paradis et l'Enfer, alors celui qui aura voulu cette alliance d'amour par pur intérêt personnel sans faire d'effort aura fini par triompher de Dieu, bravo !
Arnaud Dumouch a écrit :Toute la difficulté de saint Paul à exprimer sa conversion face à l'apparition du Christ, démontre cette difficulté théologique à définir la mort car la mort implique trois choses :
1° un début (l'arrêt du coeur et le départ de l'âme),
2° un processus (le passage par un désert entre ce monde et l'autre)
et 3° une fin (l'entrée dans l'autre monde symbolisée dans le livre de l'Exode par le fleuve Jourdain).
Vous, vous choisissez de définir la mort par 1° son début. Mais regardez le doute de saint Paul qui parcourt toute la théologie Occidentale
Je ne vous parle pas de la définition du mot "mort" mais de ce que vous appelez "l'Hadès" (le séjour des morts). Et vous le dites vous-même : "un désert entre ce monde et l'autre". Ce n'est donc pas dans ce monde, dans cette vie terrestre. Les morts de l'ancien testament qui sont dans l'Hadès là où l'âme de Jésus descend à sa mort ne sont
ni vivants, ni sur terre.
Quant à la vision mirifique de saint Paul, il peut simplement s'agir d'un genre de rêve. On n'est pas obligé de supposer qu'il est mort quelques instants puis a ressuscité. Dieu peut lui donner une claire vision du 3ème ciel sans pour autant y emmener son âme. Saint Paul lui-même ne sait pas comment ça s'est produit, alors je ne vois pas ce que vient faire là cet exemple.
Voilà plutôt deux citations de saint Paul pour vous :
Un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et selon que leurs oreilles en seront chatouillées ; ils détourneront leur attention de la vérité pour la tourner du côté des fables. (2 Timothée 4, 3-5)
Car n'est-il pas juste devant Dieu de rendre l'affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, le repos avec nous, quand le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges, ministres de sa puissance, au milieu d'une flamme de feu, pour faire justice de ceux qui ne connaissent pas Dieu et de ceux qui n'obéissent pas à l'Evangile de notre Seigneur Jésus. Ils subiront la peine d'une éternelle perdition, loin de la face du Seigneur et de l'éclat de sa puissance, lorsqu'il viendra en ce jour-là pour être glorifié dans ses saints et admiré de tous ceux qui auront cru ; car il a été cru, le témoignage que nous avons rendu devant vous. (2 Thessaloniciens 1, 7-10)
Arnaud Dumouch a écrit :Selon moi, le pardon sera même proposé par le Christ aux boucs mais il ne sera pas accompli, non à cause du Christ mais à cause du ricanement des boucs (blasphème contre l'Esprit).
C'est que le pardon est un processus d'alliance à deux. Il ne suffit pas, pour s'accomplir, qu'un des deux le veuille.
Le pire c'est que les boucs exigeront la vision béatifique, s'estimant en droit de posséder le trésor puisqu'ils sont faits pour lui.
Voilà pourquoi l'époux devra chasser "ces fiancées indignes" qui veulent la richesse de l'époux tout en refusant de l'aimer. C'est le terme de ce processus et son échec (le moment de la damnation) qu'exprime la parabole.
Vous avez beau réécrire l'évangile à votre sauce, dans l'original le Christ ne propose pas le pardon aux boucs, et il n'y a pas de ricanement de la part de ces derniers.
Si aucune parabole dans les évangiles ne présente un exemple de pardon au moment de la venue du Christ, c'est bien parce que cela ne peut advenir.
Et non, ce n'est pas "le terme de ce processus et son échec (le moment de la damnation)" que décrit la parabole.
Dans un premier temps, les boucs prennent connaissance du fait que c'est le roi qu'ils ont gravement offensé en négligeant les petits. C'est bien le début puisqu'ils s'en étonnent. Dans un second temps, il sont envoyés en enfer. Entre les deux il n'y a aucune proposition de pardon, sauf dans votre imagination.
Et vous devriez mieux lire le texte d'Innocent III qui s'oppose à votre théorie :
"(...) Le méchant le voit à sa confusion, pour rougir de ne pas avoir été racheté par le sang du Christ, comme sa faute l’exige."
Il n'est pas écrit "pour rougir de ne pas
vouloir être racheté". Le méchant qui voit le Christ à cet instant ne refuse pas d'être racheté, c'est sa faute qui exige qu'il ne soit pas racheté par le sang du Christ. Cessez donc de vouloir faire dire aux textes ce qui vous arrange.
Arnaud Dumouch a écrit :C'est vrai, mais il faut, me semble-il, rectifier le motif de cette peur. Nous ne devons pas avoir peur de l'enfer A CAUSE DE JESUS, mais A CAUSE DE NOUS (qui pourrions le choisir).
Et pourquoi le choisirions-nous ? Faudrait vraiment être stupide. On n'a pas besoin de voir Jésus en pleine lumière pour savoir qu'avec Lui on aboutira au Paradis, et sans Lui en Enfer, dans le feu qui ne s'éteint point. Sachant cela, on est sûr et certain d'être sauvé... mais c'est une hérésie notoire (voir les textes du concile de Trente sur la persévérance).
Bref, votre théorie est fausse, et il ne faut pas avoir peur de l'enfer à cause de Jésus, mais
à cause de notre volonté de pécher. Jésus sauve, mais l'impénitence finit par damner.
Voilà pourquoi Jésus dit :
Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds, et d’être jeté dans le feu éternel.
Et si ton œil te scandalise, arrache-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu. (Matthieu 18, 8-9)
Et vous, vous prêchez a contrario : "Si ton œil te scandalise, alors accepte la miséricorde de Dieu en disant le mot magique, et tu éviteras ainsi aisément la géhenne". Votre doctrine est formellement opposée à celle de Notre Seigneur.
"Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer" (Sainte Jacinthe [de Fatima])
"Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé.
A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut" (Notre-Dame de Fatima)
On peut faire l'effort d'accomplir cette dévotion pour être sauvé à coup sûr tout en manquant de détermination à éviter certains péchés.
Mais si votre théorie était vraie, alors cette dévotion serait totalement inutile pour le salut. Car si le choix d'être sauvé était si facile, qui s'embêterait à accomplir la dévotion des premiers samedis pendant cinq mois consécutifs pour être sûr d'être capable de dire "pardon, svp" quand il verra Jésus très beau et gentil ? Ce serait absurde.
Le problème est que vous n'êtes peut-être pas capable d'abjurer votre théorie hérétique, car cela vous demanderait trop d'humilité de reconnaître que vous vous êtes trompés depuis si longtemps et d'admettre que vous avez commis une grave erreur de jugement en accordant plus de crédit à des propos rapportés de Marthe Robin qu'aux paroles de Notre Seigneur dans les évangiles et aux enseignements officiels de son Eglise. Vous avez probablement trop envie d'être "le fameux théologien qui aura fait avancer la doctrine de l'Eglise".
Arnaud Dumouch a écrit :Quelqu'un a dit : "Le blasphème contre l'Esprit est pardonné si on s'en repent en ce monde".
Cette hypothèse est absurde. Par définition, celui qui est dans le blasphème contre l'Esprit NE S'EN REPENT JAMAIS. Voilà pourquoi :
1° pleine lucidité (donc aucun motif nouveau ne vient jamais éclairer son intelligence)
2° pleine maîtrise de soi (donc il n'y a strictement aucune faiblesse en lui).
Par définition, le blasphème contre l'Esprit est la non-repentance, donc celui qui ne veut pas se repentir ne peut pas être pardonné (logique), mais il suffit qu'il change d'avis et ait la volonté de se repentir pour que son péché puisse être pardonné.
Quant à la pleine lucidité et la pleine maîtrise de soi, il s'agit simplement d'être en pleine possession de ses moyens, c'est-à-dire des capacités propres à notre personne. Il ne s'agit aucunement de l'omniscience ni de l'omnipotence comme vous semblez le penser.
D'ailleurs, ça me fait penser que dans votre délire du "Moi je choisis le Royaume de la liberté solitaire, gnagnagna...", l'âme ne semble bizarrement pas au courant qu'il n'y a que deux destinations possibles : le Paradis avec Jésus, ou l'Enfer avec Lucifer, et qu'en Enfer on brûle éternellement dans le feu qui ne s'éteint point ; ce qui est pourtant le b.a.-ba de la religion catholique. Votre âme qui est censée connaître toute vérité au moment de ce libre choix ne manque-t-elle pas un peu de lucidité ?
Arnaud Dumouch a écrit :Catéchisme de l'Eglise catholique articles 633 et 634:
« La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice A TOUS LES HOMMES de TOUS LES TEMPS ET DE TOUS LES LIEUX, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption. »
Relisez correctement ce texte, s'il vous plaît, je vous ai souligné l'expression-clé.