Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Libremax
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Libremax »

cmoi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 13:39
Libremax a écrit : mer. 02 févr. 2022, 12:45 Oui, vous revenez à dire que péché mortel et péché contre l'Esprit Saint, c'est la même chose. Pour le coup, vous faite un peu votre propre lexique. Admettons, puisque les définitions données à ces deux péchés sont le rejet de Dieu en pleine connaissance de cause. .
Dans la mesure où ces deux péchés nous conduisent en enfer, oui. Mais je fais bien la distinction et je ne me crée pas mon lexique : regardez l’échange que j’ai eu avec Arnaud là-dessus.
Dans ce cas là encore il vous faudrait être plus clair et les échanges que je lis entre vous et Arnaud n'expliquent rien.
Pour vous les péchés mortels et contre l'Esprit Saint conduisent tous les deux en enfer et sont tous les deux pardonnables. Je ne saisis pas votre distinction et ce qu'elle vient faire dans notre affaire. Je ne vois pas où l'enseignement de l'Eglise diffère de l'Ecriture sur ce point. Vous m'indiquerez où l'Eglise enseigne que le péché contre l'Esprit Saint peut être pardonné.
Si personne n'a parlé de la non rémission du péché contre l'Esprit dans le monde à venir (jusqu'à ci-dessus), mais mon Dieu, c'est parce que cela sert à l'évidence la thèse de la rencontre du christ dans la mort. Cela implique qu'un pardon peut être accordé au Ciel alors qu'il ne l'a pas été sur terre.
Je maintiens mon terme d’intéressée : c‘est à dire qui vise un objectif comme « ne pas aller en enfer », retrouver mon ami machin ou ma femme, ne pas souffrir, obtenir tel avantage ou grâce immédiatement, pouvoir communier devant l’assemblée, plaire à mes parents, renouer une relation qui sinon se perdrait et à laquelle je trouve du plaisir et du profit, cesser d’avoir du remord, être bien vu par le père truc, devenir quelqu'un de bien, mériter confiance, briller, montrer l'exemple, donner une leçon, etc. Bien des motifs qui ne sont pas l’amour de Dieu.
Vous me lisez trop vite. Evidemment, que l'intérêt personnel biaise la contrition, ce n'est pas ça le problème! Le problème est que vous continuez à appeler "contrition" le désir d'être bien vu, de briller, de jouir d'une relation, de mériter... Cela n'a plus rien à voir avec ce qu'on appelle "contrition".
Plutôt que de persévérer à parler de "contrition imparfaite", on pourrait parler d'intérêt personnel .. voire tout bêtement de restes d'orgueil.
Pardonnez-moi si je vous ai blessé ou vexé, je n’ai pas cherché à nuancer mon propos tant il était spontané. Evidemment qu’ils ont été pécheurs, mais ne dit-on pas que les péchés au ciel deviennent d’une certaine manière une couronne de gloire, parce que en creux, derrière eux, il y a ce qui les supporte et qui chez les futurs saints étaient (et ce sera le génie de Jésus de nous le montrer pour chacun) quelque chose de bien qui a échoué à se réaliser et qui n’appartenait qu’à nous. Autre aperçu : il nous rend plus blanc que neige, il ne veut plus entendre parler de nos péchés. Un autre encore : dès ici-bas, par la foi, par notre appartenance à l’Eglise, nous sommes bien déjà des saints. Il faut avoir une vision positive des choses ! Si on « y croit pas » on y arrivera pas.
De belles formules (je ne comprends pas tout), mais qui disent que, quoi qu'il en soit, les saints aussi sont des pécheurs. Et je vous mets au défi d'en trouver un qui ait été heureux de ne commettre aucun péché. Au contraire, c'est de le savoir qui les rend humbles et ... parfaitement contrits. Ce qui ne doit pas empêcher de "repartir et d'y croire".
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Libremax a écrit : mer. 02 févr. 2022, 16:18 Je ne saisis pas votre distinction et ce qu'elle vient faire dans notre affaire. Je ne vois pas où l'enseignement de l'Eglise diffère de l'Ecriture sur ce point. Vous m'indiquerez où l'Eglise enseigne que le péché contre l'Esprit Saint peut être pardonné.
.
Ce n'est pas moi mais Arnaud dont la thèse semblait dire que seul le péché contre l'Esprit conduit en enfer.
Au pied du mur, il m'a répondu ici que non, mais au point 4 de la vidéo il le dit bien et pas que là !
Quand il écrit que c'est un péché mortel non pardonné, il fait de la dialectique par analogie. Mais cela peut être distinct, et un péché mortel non pardonné peut ne pas être un péché contre le Saint-Esprit (j'avais cru qu'il le reconnaissait par sa récente réponse, mais il est comme une savonnette: quand on l'attrape par un bout, il finit par glisser et retomber par un autre bout).

La différence elle vient précisément de ce que l'Ecriture dit qu'il est irrémissible. Tandis que l'Eglise est plus réservée et laisse ouverte une possibilité que non.
Où ?
  • Point 1864 du CEC
    Ou dans le grand catéchisme de st Pie V ; chapitre 4 de "les principales vertus la questIon 6 précise 6 péchés (qui les yeux fermés je dirai rejoignent sûrement ce que disait Saint jean-Paul II dans votre lien) , à savoir :
  • Désespérer de son salut
    Espérer par présomptions se sauver sans mérite
    Combattre la vérité connue
    envier les grâces d'autrui
    S'obstiner dans ses péchés
    mourir dans l'impénitence finale
Car pour tous ces péchés (qui en dissimulent d'autres), il suffit "d'arrêter" et ils disparaissent !
Libremax a écrit : mer. 02 févr. 2022, 16:18 Vous me lisez trop vite. Evidemment, que l'intérêt personnel biaise la contrition, ce n'est pas ça le problème! Le problème est que vous continuez à appeler "contrition" le désir d'être bien vu, de briller, de jouir d'une relation, de mériter... Cela n'a plus rien à voir avec ce qu'on appelle "contrition".
Plutôt que de persévérer à parler de "contrition imparfaite", on pourrait parler d'intérêt personnel .. voire tout bêtement de restes d'orgueil.
Pardonnez-moi. Nous sommes donc d'accord. Pour ce qui concerne les mots pour le dire, ce que j'ai détaillé ce sont quelques échantillons des motifs de cette contrition qui la rendent imparfaite, ils ne sont pas bien sûr une contrition, au contraire, il faut qu'ils soient "durs de durs", c'est pourquoi j'avais parlé "d'intéressée" (mot écrit rapidement sans plus y réfléchir).
Je ne nie pas non plus qu'ils peuvent aider à basculer en contrition parfaite !
Mais je pense que se montrer "dur" envers eux, parce qu'on les sait imparfaits, par une sainte colère, est aussi et sans contrition une bonne façon de progresser et que c'est un exemple de contrition parfaite partielle en exercice même si cela semble plus négatif que positif.
Libremax a écrit : mer. 02 févr. 2022, 16:18quoi qu'il en soit, les saints aussi sont des pécheurs. Et je vous mets au défi d'en trouver un qui ait été heureux de ne commettre aucun péché. Au contraire, c'est de le savoir qui les rend humbles et ... parfaitement contris. Ce qui ne doit pas empêcher de "repartir et d'y croire".
Bien sûr qu'ils sont (mais ceux du ciel : "étaient", et Dieu ne veut plus en entendre parler) aussi pécheurs, les saints, mais à la différence des autres ils ne se satisfont pas de cette appellation pour continuer ou se justifier de l'être cahin caha en s'efforçant d'en diminuer le nombre quand même !
Oui, cela leur permet de rester humbles, mais ils ne sauraient être heureux de commettre aucun péché car mêmes s'ils n'en commettaient pas, ils ne seraient pas satisfaits de leur manière d'aimer et chercheraient à le faire mieux.
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Arnaud Dumouch a écrit : mer. 02 févr. 2022, 15:25
cmoi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 14:59

Mais vous n'y répondez pas sinon à la seconde et indirectement, en vous éloignant de votre thèse que je mets moi au centre.
Je préférerais que vous me disiez clairement que vous ne souhaitez pas échanger avec moi !
Quelle que soit ma frustration j'arrêterai alors de me fatiguer pour rien.
En fait vos questions sont compliquées. Elle font 30 lignes chacune. :amoureux:

Pourriez vous me les mettre en une phrase chacune ?
Vous exagérez (j'ai compté).
J'ose espérer qu'en écrivant votre thèse vous avez su aller plus loin que dans vos lectures.
Enseigner c'est aussi écouter, et répondre.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

cmoi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 17:03
La différence elle vient précisément de ce que l'Ecriture dit qu'il est irrémissible. Tandis que l'Eglise est plus réservée et laisse ouverte une possibilité que non.
Libremax, j'ai toujours été clair et net :

1° Le blasphème contre l'Esprit n'est jamais pardonné parce que l'homme ne veut jamais s'en repentir.
2° L'homme pourrait s'en repentir mais NE LE VEUT JAMAIS (librement)
3° Autrement dit, ce péché est 1° en matière grave 2° Pleinement lucide 3° pleinement maîtrisé.

Je vous ai même donné deux fois ces petites vidéos de base. Vous y trouverez même les 6 blasphèmes contre l'Esprit.

Péché 16- Qu’est-ce que le blasphème contre l’Esprit Saint ? Mt 12, 31 (5 mn) https://youtu.be/6AiHDJLcE-8
Péché 17- Y a-t-il six espèces de blasphèmes contre l’Esprit Saint ? (6 mn) https://youtu.be/hH0Rv9oLsGA
Péché 18- Peut-on ignorer être en état de blasphème contre l’Esprit Saint ? (3 mn) https://youtu.be/2W2GyiW0Gx4
Péché 19- Pourquoi le blasphème contre l’Esprit n’est jamais pardonné ? (3 mn) https://youtu.be/K_kMPaBemdM
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par cmoi »

Je ne suis pas Libremax !
Je ne crois pas que vous l'ayez fait 2 fois mais je vous ai déjà dit que je n'étais pas sur ce forum pour lire vos vidéos, mais pour échanger avec les autres membres qui voudront s'en donner la peine.
D'ailleurs, à quoi bon les lire si ensuite vous ne répondez pas aux questions qu'elles soulèvent?
Ces vidéos proposées et votre ton (car je m‘adressais à Libremax, non à vous : on dirait une injonction envers lui pour qu’il revienne au "bercail"), cela finit par faire "gourou" et "secte".

Je vous ai par ailleurs déjà écrit que l'homme n'était pas un ange, qu'il pouvait changer. C'est un véritable argument contre vos points 3.2 et3.3
Et puisque j'ai donné le point 1864 du CEC à Libremax, essayez de rendre votre pensée compatible avec ce qu'il dit ce CEC (ou l'autre que j'ai cité) ou d'argumenter votre différence, au lieu d'affirmer.
Vous êtes en train de définir (il semble plutôt d'enseigner avec autorité) ce qu'est ce péché pour vous, mais est-ce bien le même que celui dont parle l'Eglise ?
Quelles sont vos références (à part pour le point 1, les évangiles, encore qu'ils ne disent rien sur ce que veut l'homme, on pourrait même plutôt penser en les lisant que l'homme le voudra mais que Dieu, lui, non, et que c'est bien là la fine pointe du propos ! ) ?

Pourquoi êtes-vous sur ce forum ?
Pour partager/échanger des idées ?, chercher la vérité ?, faire des adeptes ?, défendre courageusement votre thèse contre les attaques qui pourraient s'en faire (éventuellement vous préparer ainsi à la défendre vraiment, doctoralement ) ? Moucher des contradicteurs ?
Pour quoi ?
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Libremax »

Bonjour Arnaud,

(je pense que votre dernier post s'adressait à cmoi)

j'ai regardé les vidéos que vous indiquiez ci-dessus, et au hasard de la reconduction automatique de youtube, je suis tombé sur cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=4NOA5c- ... audDumouch
Anges 12- Que faire pour ne pas rencontrer le Diable ? Premiers pas catholiques

Vous évoquez l'enfer.
Je vous avais déjà vu ou lu à ce propos ; vous le décrivez comme n'étant pas du tout un four de feu, mais comme un "paradis de liberté", où on "règne sur son propre petit monde intérieur", comme vous dites dans une des vidéos citées. Vous dites qu'il peut y avoir tout de même toutes les souffrances liées à l'enfer.

Est-ce bien tout ce qu'il y a à dire sur l'enfer ?
Dit comme cela, l'enfer ne semblerait guère affreux à bien des personnes!
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Xavi »

cmoi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 15:12
Arnaud Dumouch a écrit : mer. 02 févr. 2022, 14:43 Quelqu'un a dit : "Le blasphème contre l'Esprit est pardonné si on s'en repent en ce monde".

Cette hypothèse est absurde. Par définition, celui qui est dans le blasphème contre l'Esprit NE S'EN REPENT JAMAIS. Voilà pourquoi :

1° pleine lucidité (donc aucun motif nouveau ne vient jamais éclairer son intelligence)
2° pleine maîtrise de soi (donc il n'y a strictement aucune faiblesse en lui).

Donc JAMAIS on ne s'en repent. Si un homme s'en repent, c'est qu'il n'était pas en état de blasphème contre l'Esprit.
Hum... Si il s'agit bien du péché irrémissible, vous avez en effet raison.
Mais n'y en -t-il pas des versions atténuées ou dégradées ?
Le péché contre l’Esprit me semble un rejet de Dieu Lui-même. De ce point de vue, il ne peut pas y avoir une version « atténuée » ou « dégradée » de ce péché car le « dieu » qui serait alors rejeté ne serait pas réellement Dieu, mais une notion humaine faussée.

À cet égard, la réponse d’Arnaud Dumouch me semble la seule possible.

Mais, je partage le malaise de plusieurs intervenants contre sa pensée d’une « conversion » ou d’une « ultime chance » après la mort physique.

Bien sûr, la pleine lumière de Dieu suscitera d’emblée du repentir et de la conversion par rapport à toutes les pensées ou les actes qui n’auront été réels dans la chair que du fait de l’absence de cette pleine lumière ou de l’état de l’humain causé par le péché originel. Mais, cette lumière ne fera que révéler qui est chaque âme et quel est son désir réel de Dieu.

Imaginer que quelqu’un qui refuse réellement Dieu (pas une image erronée qu’il s’en fait) durant sa vie terrestre, « en pleine lucidité » et « en pleine maîtrise de soi » comme l’écrit Arnaud Dumouch, pourrait avoir « une dernière chance », après la mort physique, me semble ne pas tenir compte du fait que d’un tel choix, on « ne s’en repent jamais ».

À cet égard, il me semble important de prendre en compte la nature unique, corporelle et spirituelle, de l’humain créé à l’image de Dieu pour éviter des points de vue divergents qui ne s’opposent que du fait d’un regard intellectuel différent sur une même et unique réalité.

Il me semble que lorsque la mort physique retire la vie au corps, l’âme spirituelle humaine qui subsiste conserve parfaitement tout ce qu’elle est selon la nature unique, corporelle et spirituelle, de chaque humain. On ne se convertit pas sans son corps après l’instant physique de la mort, mais, lorsque le corps meurt, ce qu’on est et ce qu’on a choisi d’être par rapport à Dieu vient en pleine lumière. Tout est révélé, mais l’être humain ne change plus de manière essentielle. Son choix ou son refus de la vie divine est réalisé pleinement durant sa vie terrestre parce que l’être humain est un être de chair et non un pur esprit comme les anges.

Lorsque Jésus lui-même meurt sur la croix, son âme « descend aux enfers » comme celle de tous les humains qui l’ont précédé après leur mort physique. Le Christ a prêché aux morts et beaucoup sont ressuscités avec Lui.

À l’heure de la mort, dans l’Hadès, le Purgatoire ou le Ciel, nous ne serons pas « autre » que ce que nous sommes au cours de notre vie physique jusqu’à son terme. Après la mort physique, nous verrons la vérité telle qu’elle est, la vérité de Dieu, mais aussi la vérité de ce que nous sommes et de notre volonté réelle. Beaucoup, athées ou religieux, découvriront qu’ils aiment ce Dieu qui leur apparaîtra en pleine lumière, mais d’autres, athées ou religieux, pourront constater qu’ils n’aiment pas ce Dieu d’amour et qu’ils n’en veulent pas.

Ce sera une mise en lumière de ce que chacun aura cherché et vraiment voulu, parfois à tâtons et avec beaucoup de chutes, durant sa vie terrestre, avec son unique nature corporelle et spirituelle.

Imaginer une conversion après l’instant de la mort physique, sans le corps, me semble contraire à la nature unique indivisible de l’humain.

Mais, il faut bien s’entendre sur le sens du mot « conversion ». Oui, certains changeront radicalement leur point de vue intellectuel, leurs raisonnements, sur leurs actes et leurs pensées durant leur vie terrestre, par l'effet de la connaissance parfaite, reçue par la pleine lumière de Dieu, qui leur fera percevoir d’un coup leurs erreurs intellectuelles et leurs fautes les plus diverses, mais cela ne changera rien à l’état de leur cœur et de son choix essentiel pour ou contre la vie éternelle d’amour que l’Esprit Saint propose à tout humain.

Oui, certains se repentiront radicalement de certains actes et de certaines paroles ou pensées qu’ils ne pouvaient reconnaître mauvais pour diverses raisons avant la mort physique.

À cet égard, Dieu est amour et Il pardonne tout, comme Arnaud Dumouch le rappelle bien.

Si le péché contre l’Esprit Saint est impardonnable ce n’est pas par une volonté divine ou une limitation de son pardon infini, mais uniquement parce que c’est un fait. C’est un constat d’un rejet de la communion d’amour à laquelle Dieu nous invite.

À cet égard, je n’aime guère le mot « blasphème » contre le Saint-Esprit qui me semble, en français, évoquer davantage un acte ponctuel qu’une attitude de cœur. Le mot « péché » contre l’Esprit-Saint me semble mieux exprimer que c’est une attitude permanente, « en pleine lucidité » et « en pleine maîtrise de soi », qui est considérée ici. Ce n’est jamais un acte ponctuel en soi, même intrinsèquement extrêmement mauvais, qui suffirait par lui-même et à lui seul à engager l’infini car Dieu seul connaît tous les secrets de ce qui détermine un acte dans les circonstances concrètes.

Il est totalement vain, pour un humain, de chercher à en juger dans le chef d’une personne concrète. Nul ne peut prétendre savoir, sauf Dieu seul, si un péché concret exprime un péché contre l’Esprit Saint compte tenu des innombrables circonstances particulières qui amènent un humain à rejeter la foi en pensée, voire en paroles, ou à poser des péchés même mortels.

Tous les péchés seront pardonnés. Parce que les actes concrets, infiniment variés dans leurs circonstances concrètes, ne peuvent jamais suffire à révéler ce qui est dans le cœur.

Mais, le péché contre le Saint-Esprit est impardonnable en Lui-même puisque c’est le refus même de la vie d’amour de Dieu. Ce n’est pas Dieu qui refuse de le pardonner, mais son caractère impardonnable est l’effet du choix libre possible de pas accepter la communion d’amour de Dieu sans lequel nous ne serions que des robots et ce choix écarte l’objet même du pardon qui est de rétablir la communion d’amour avec Dieu.

Ce choix d’accueillir ou non l’amour de Dieu est celui de chaque humain créé avec sa nature unique corporelle et spirituelle. Lorsque le corps est mort, le choix est ce qu’il est pour chacun selon ce qu’il en a décidé avec son corps et son esprit durant sa vie terrestre.

Il me semble qu’imaginer que l’âme humaine, produit indivisible d’un souffle de Dieu dans un corps, comme le raconte le livre de la Genèse, pourrait, au-delà de la mort physique, faire un choix autre que celui qu’elle fait avec sa nature unique corporelle et spirituelle, n’a pas de réalité.

Son choix et sa volonté réelles durant sa vie terrestre seront mises en lumière.

La lumière de Dieu ne changera pas ce choix car c’est un choix fondamental de l’être. Mais elle le révélera et, le cas échéant, le purifiera.

Cette lumière ne fera pas apparaître un ensemble d’avantages, de plaisirs ou de faveurs qui inciteraient certains à encore vouloir changer d’avis après la mort physique.

Toute âme qui aime Dieu sera pardonnée. Mais, toute âme qui n’aime pas Dieu (c’est le péché contre l’Esprit Saint) ne changera pas en pleine lumière. Elle n’aimera ni Dieu, ni rien de la communion d’amour éternelle proposée aux hommes. La lumière révélera son refus.

Arnaud Dumouch a écrit : mer. 02 févr. 2022, 0:03 Ce qui se passe A L'HEURE DE LA MORT, ne se passe pas APRES LA MORT, quand tout est fini. A L'HEURE DE LA MORT, une conversion est possible. C'est là qu'est donné à tous, dans les trois jours de ténèbres, le grand avertissement et tout ce qui est annoncé par ce genre de texte.
Ces trois jours de ténèbres qui se réfèrent au temps écoulé entre la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection au matin de Pâques se passent bien réellement après la mort physique et avant la résurrection du corps de Jésus.

L’heure de la mort, selon Arnaud Dumouch, c’est un temps après la mort physique. Une conversion décisive pour la vie éternelle durant ce temps semble supposer que le corps pourrait être étranger au salut, à la vie même de l’humain. Accepter qu’il y a un corps physique avant l’heure de la mort, puis le temps de l’heure de la mort sans corps durant lequel une conversion serait possible, puis le jugement dernier avec la résurrection des corps, avec un temps après la mort, ramène l’éternité dans un temps tel que l’imagine notre cerveau et me semble considérer à tort que le corps ne serait pas essentiel à l’humanité et à sa vie éternelle.

Arnaud Dumouch a écrit : mer. 22 janv. 2014, 17:49
Fée Violine a écrit :Mais non, pourquoi après le jugement? Sur quoi s'appuie cette idée?
De toute façon, après la mort la notion de temps n'a plus de sens.
Non, moi je ne vois rien de révolutionnaire dans ce texte du pape.
La foi (Constitution Benedictus Deus) affirme que les âmes du purgatoire classique sont saintes et certaines d'être sauvées car elles ont déjà reçu la sentence finale. Dès que leur purification sera accomplie, dit le pape Benoît XII (Moyen âge) elle verront Dieu face à face sans attendre la fin du monde.

Il y a donc dans ce texte de Benoît XVI (Spe Salvi) autre chose : Un purgatoire face au Christ qui permet aussi une conversion (en lui se trouve le salut) et qui précède le jugement individuel (en lui se trouve le jugement).
Je partage la réaction de Fée Violine. En quoi y aurait-il autre chose dans le texte du Benoît XVI ? Il ne mentionne pas un purgatoire « qui permet aussi une conversion (en lui se trouve le salut) ».

Ceux qui sont au purgatoire sont sauvés, mais « comme à travers du feu » nous dit l’Écriture (1 Cor. 3, 15). Ils n’ont pas besoin de se convertir « pour le salut ».

Arnaud Dumouch a écrit : lun. 14 oct. 2013, 2:22 L'Eglise catholique a un repère dogmatique qui date du pape Benoît XII : "Aussitôt après la mort, tout homme trouvé sans la grâce est conduit en enfer".
Qu'est ce qui prouve que le mot "mort" du dogme signifie l'arrêt du coeur ? Rien ne le précise dans le dogme.
Et si ce mot "mort" devait être pris au sens Biblique comme le "passage" voire le "séjour" où sont les morts et où le christ finit par apparaître, autrement dit comme le shéol selon ces textes :
Il y aurait entre ce monde et l'autre, un "passage" où le baptême et la conversion est possible.
C'est ce que suggère le pape Benoît XVI dans Spe Salvi 47 :
Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ.[
Une « brûlure qui transforme » quelqu’un de déjà sauvé ne dépend pas d’une conversion après la mort physique.

Arnaud Dumouch a écrit : jeu. 03 oct. 2013, 10:40
François-Xavier a écrit : Vous reformulez ce que dit le pape. Il ne parle pas de conversion, il parle d'une purification. Ce qui est tout de même différent.
Je réponds : Il parle de (je mets en gras ses propres mots):
- Son Regard qui efface en nous "toute fausseté".
- La rencontre avec Lui
- Brûlure
- Transformation
- Libération pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes
.
- Dans cette rencontre se trouve le salut (la notion de salut implique, dit le Concile de Trente, entrée dans la grâce sanctifiante, donc conversion).
- une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ».
Tout cela ne relève que de la purification nécessaire pour qu’un homme pécheur puisse pleinement partager la communion d’amour de Dieu.

En effet, le salut, « l’entrée » dans la grâce sanctifiante et la conversion par laquelle un homme accueille la vie éternelle d’amour que Dieu lui propose depuis les origines, ne suffisent pas à délivrer immédiatement l’humain de tout ce qui, en lui, est encore marqué par le péché originel, ni ne suppriment la nécessité d’une purification pour partager la sainteté de Dieu.

Mais, Arnaud Dumouch me semble bien connaître tout cela et je ne suis pas certain qu'au-delà des mots qu’il utilise et des opinions qu’il défend, il y a un réel désaccord, car il me semble qu’il y a peut-être seulement, dans ses réflexions, un manque de distinction entre la purification du purgatoire (qui peut rester nécessaire après la mort physique avec toutes les conversions "secondaires" que cela peut impliquer) et la conversion qui est décisive pour le salut.
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Message non lu par Arnaud Dumouch »

cmoi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 18:07 Je vous ai par ailleurs déjà écrit que l'homme n'était pas un ange, qu'il pouvait changer. C'est un véritable argument contre vos points 3.2 et3.3
Cher Cmoi, je vous répondrais ceci (pardon pour le ton de certitude).
En enfer, l'homme comme l'ange PEUVENT changer mais ne le VEULENT JAMAIS.
L'enfer n'est donc pas éternel (pour l'ange et l'homme) parce qu'il ne PEUVENT pas changer mais parce qu'ils ne VEULENT pas.

Voilà qui permet de comprendre le blasphème contre l'Esprit qui, en conséquence, à cause du Fomes peccati que Dieu a mis en nous provisoirement pour nous rendre humble, est rare dans ce que nous voyons de la vie de l'homme mais peut-être beaucoup plus fréquent face au Christ lorsque le Fomes peccati est enlevé.

Ps : C'est la pensée de saint Thomas d'Aquin, repris par le CEC dans sa partie sur l'enfer.
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Message non lu par Arnaud Dumouch »

Xavi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 19:18
Arnaud Dumouch a écrit : jeu. 03 oct. 2013, 10:40
Je réponds : Il parle de (je mets en gras ses propres mots):
- Son Regard qui efface en nous "toute fausseté".
- La rencontre avec Lui
- Brûlure
- Transformation
- Libération pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes
.
- Dans cette rencontre se trouve le salut (la notion de salut implique, dit le Concile de Trente, entrée dans la grâce sanctifiante, donc conversion).
- une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ».
Tout cela ne relève que de la purification nécessaire pour qu’un homme pécheur puisse pleinement partager la communion d’amour de Dieu.
Cher Xavier, Vous oubliez ce citer la fin du texte de Benoît XVI :
Spe Salvi 47 :
Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut.
"se trouve le salut" >>> Cela fait référence à la justification, à l'entrée dans la grâce sanctifiante.

C'est cela qui est nouveau (le texte commence par : "Certains théologiens récents"). Cette rencontre est certes un purgatoire (le troisième, après cette terre et le passage de la mort). Mais il n'est pas le purgatoire classique (décrit par saint Catherine de Gênes) et qui se trouve APRES LE JUGEMENT.

Le pape ajoute : Il existe un moment entre cette vie et la résurrection "où la Sentence finale n'est pas posée" (Spe salvi 44). Ca aussi c'est absolument nouveau. C'est complètement étranger à saint Thomas d'Aquin.

Regardez :

Kénose 7- Y a-t-il six degrés du purgatoire ? (4 mn) https://youtu.be/gHo4D3meNNI
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Libremax a écrit : mer. 02 févr. 2022, 18:32 Bonjour Arnaud,

(je pense que votre dernier post s'adressait à cmoi)

j'ai regardé les vidéos que vous indiquiez ci-dessus, et au hasard de la reconduction automatique de youtube, je suis tombé sur cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=4NOA5c- ... audDumouch
Anges 12- Que faire pour ne pas rencontrer le Diable ? Premiers pas catholiques

Vous évoquez l'enfer.
Je vous avais déjà vu ou lu à ce propos ; vous le décrivez comme n'étant pas du tout un four de feu, mais comme un "paradis de liberté", où on "règne sur son propre petit monde intérieur", comme vous dites dans une des vidéos citées. Vous dites qu'il peut y avoir tout de même toutes les souffrances liées à l'enfer.

Est-ce bien tout ce qu'il y a à dire sur l'enfer ?
Dit comme cela, l'enfer ne semblerait guère affreux à bien des personnes!
Cher Libremax, si l'enfer est choisi par les démons et les damnés, c'est qu'il y règne un certain "bien" (car nul ne choisit le mal par soi) que saint Augustin définit ainsi :
"L'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu et du prochain".
D'où viennent les souffrances ? Du fait que le coeur des anges et des hommes est fait par nature pour voir Dieu face à face (même si ce don de la Vision béatifique ne peut être donné que par grâce). Du coup, leur vie comblée de tous les biens matériels que leur liberté peut désirer est privée de deux choses : La vision béatifique et l'amour du prochain.

Mettez vous à leur place : leur vie en devient vaine et vide. Mais ils ne se convertissent jamais, tout en exigeant ce dont ils estiment avoir droit : "la vision béatifique".

La Bible résume en un mot :
"ils passent du feu à la glace" (autrement dit en clair : de la colère au désespoir".
Servez vous :D :
[+] Texte masqué
L’enfer éternel, premiers pas catholiques
https://www.youtube.com/playlist?list=P ... xITxfZr5NR

Enfer 1- N’existe-t-il en enfer que le blasphème contre l’Esprit ? Mt 12, 31 (5 mn) https://youtu.be/9jjPOXONb4g
Enfer 2- Est-il peu grave de pécher, puisque seul le péché contre l’Esprit damne ? (3 mn) https://youtu.be/7xuWk3OmbbU
Enfer 3- Peut-on aller en enfer pour un péché mortel de faiblesse ? (3 mn) https://youtu.be/Fd9SLEyCAwk
Enfer 4- Quel est le « bien » que choisit le damné en enfer ? (6 mn) https://youtu.be/2szAbt0AObo
Enfer 5- Si l’enfer est choisi par le damné, est-ce que le salut est facile ? (4 mn) https://youtu.be/przOXthOzgo
Enfer 6- Le refus de croire à la vérité reconnue conduit-il à la damnation ? (3 mn) https://youtu.be/L5Rg-0QDqG8
Enfer 7- La présomption peut-elle conduire à la damnation ? (3 mn) https://youtu.be/qFA7NLBWY6M
Enfer 8- La désespérance conduit-elle à la damnation éternelle ? (3 mn) https://youtu.be/amxeK9SyuBI
Enfer 9- L’envie des grâces du prochain conduit-elle à la damnation ? (3 mn) https://youtu.be/ukpBkoOS8oI
Enfer 10- L’impénitence finale conduit-elle à la damnation éternelle ? (2 mn) https://youtu.be/n0IwMFOX_fU
Enfer 11- L’obstination conduit-elle à la damnation éternelle ? (2 mn) https://youtu.be/rpl10hYhfZA
Enfer 12- Est-on heureux en enfer ? (3 mn) https://youtu.be/tDYivYQc-Es
Enfer 13- La peine principale de l’enfer est-elle la séparation d’avec Dieu ? (2 mn) https://youtu.be/O88TqcrDa7k
Enfer 14- Les damnés exigent-ils la vision béatifique ? (3 mn) https://youtu.be/Y11_AAfDYOU essentiel
Enfer 15- La peine principale de l’enfer est-elle l’absence de proches ? (3 mn) https://youtu.be/XAitbkpVQdY
Enfer 16- Y a-t-il un feu spirituel en enfer ? (3 mn) https://youtu.be/wZar76Qfw7A
Enfer 17- Existe-t-il en enfer un feu matériel ? (4 mn) https://youtu.be/dUkSV5kjEbM
Enfer 18- Les damnés souffrent-ils du ver rongeur du remords ? (2 mn) https://youtu.be/Lmiri1jguPY
Enfer 19- Les damnés pleurent-ils et grincent-ils des dents ? (3 mn) https://youtu.be/T97FTqPdAPM
Enfer 20- Les âmes de l’enfer sont-elles plongées dans les ténèbres ? (3 mn) https://youtu.be/pkPHJwjXHjo
Enfer 21- Les démons exécuteront ils la sentence à l’égard des damnés ? (2 mn) https://youtu.be/juD0KhgA_OE
Enfer 22- Les démons, dans leur méchanceté, tortureront-ils les damnés ? (3 mn) https://youtu.be/j7n6JkTvb0Y
Enfer 23- Les damnés voudraient-ils la damnation des non damnés ? (4 mn) https://youtu.be/_5nL55nEpd8
Enfer 24- Les damnés voudraient-ils ne pas exister ? (3 mn) https://youtu.be/t4XnoxFplV0
Enfer 25- Y a-t-il beaucoup d’hommes en enfer ? (4 mn) https://youtu.be/8lc5t05aeog
Enfer 26- Les damnés penseront-ils parfois à Dieu ? (3 mn) https://youtu.be/j2NqeqMaszM
Enfer 27- L’enfer est-il éternel ? (3 mn) https://youtu.be/Ap_5fiWNS0A
Enfer 28- Les damnés voient-ils la gloire des bienheureux ? (3 mn) https://youtu.be/dGbiVI3fV2E
Enfer 29- Que signifie cette parole de Jésus : « Egorgez mes ennemis devant moi » (Lc 19, 27) ? (7 mn) https://youtu.be/lilrMWZ4aA4
Enfer 30- Doit-on prier pour les âmes de l’enfer ? (5mn) https://youtu.be/Amk_g9Av-4c
Enfer 31- La miséricorde de Dieu mettra-t-elle fin à l’enfer, apocatastase ? (5 mn) https://youtu.be/2J4PT11-0iU
Enfer 32- Objection à l’enfer: Comment peut-il être choisi par les damnés ? c’est un lieu d’horreur ! (4 mn) https://youtu.be/JlNem83d3Rc
Enfer 33- Les démons et les damnés seront-ils détruits un jour ? (4 mn) https://youtu.be/UtKsYtDq94E
Enfer 34- Cette théorie de l’enfer de liberté orgueilleuse est-elle confirmée par la foi ? (4 mn) https://youtu.be/s2rDLDybfwI
Enfer 35- Objection : Les damnés veulent-ils librement rester en enfer ? (4 mn) https://youtu.be/3A5WhWdHILc
Enfer 36- Si l’enfer un choix libre, pourquoi est-il toujours montré comme un prison d’horreur ? (4 mn) https://youtu.be/eO2reUUF_x0
Arnaud
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Xavi
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Xavi »

Cher Arnaud,

Que les mots sont insuffisants pour s'exprimer avec justesse et ils ont tant de sens variés !
Arnaud Dumouch a écrit : mer. 02 févr. 2022, 19:54
Xavi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 19:18 Tout cela ne relève que de la purification nécessaire pour qu’un homme pécheur puisse pleinement partager la communion d’amour de Dieu.
Cher Xavier, Vous oubliez ce citer la fin du texte de Benoît XVI :
Spe Salvi 47 :
Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut.
Il faudrait citer, une fois de plus, le texte entier sans s’arrêter non plus au mot « salut » car Benoît XVI poursuit en ajoutant que « Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme « par le feu ». Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu ».

Nous sommes certainement d’accord pour constater avec Lui que le salut c’est « être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu ». En ce sens, le mot signifie le salut « accompli » alors que la conversion vise le salut comme « accès à la communion éternelle d’amour de Dieu, au Royaume de Dieu ». Mais, nous accédons déjà au « salut » du Christ en ce sens que nous sommes sauvés par le Christ en accueillant son amour par un choix du cœur que l’être humain fait durant sa vie terrestre.

Pour nous sauver et nous permettre de partager éternellement la communion d’amour de Dieu, il faut être délivré de tout mal, être guéri de tout ce qui nous entrave. En ce sens, le Pape montre ce qui doit encore être guéri au-delà de la mort physique pour que le salut soit accompli.

Mais, c’est l’humain tout entier qui est engagé dans le choix décisif à cet égard. Il me semble que, avec sa nature unique corporelle et spirituelle, tel qu’il a été créé, corps, esprit et âme, et donc durant sa vie terrestre (puisqu’entre la mort physique et la résurrection des corps le défunt est dans l’attente d’un corps nouveau dont il ne dispose pas encore) que ce choix décisif intervient. Le Pape Benoît XVI ne dit pas autre chose.

Tout est ainsi dans le sens que vous donnez aux mots « conversion » et « salut ». Il me semble que la conversion c’est l’accueil décisif de la grâce qui ouvre le chemin du salut mais que le salut n’est pleinement accompli que par la purification nécessaire qui présuppose la conversion initiale durant la vie terrestre.
Arnaud Dumouch a écrit : mer. 02 févr. 2022, 19:54 C'est cela qui est nouveau (le texte commence par : "Certains théologiens récents"). Cette rencontre est certes un purgatoire (le troisième, après cette terre et le passage de la mort). Mais il n'est pas le purgatoire classique (décrit par saint Catherine de Gênes) et qui se trouve APRES LE JUGEMENT.
Le pape ajoute : Il existe un moment entre cette vie et la résurrection "où la Sentence finale n'est pas posée" (Spe salvi 44). Ça
aussi c'est absolument nouveau. C'est complètement étranger à saint Thomas d'Aquin.
Ici encore, il est utile de lire tout le passage en cause.

Le Pape ne présente pas le mauvais riche dans un purgatoire de purification pour accéder au ciel, ni dans un état « avant la sentence finale » où une conversion serait encore possible, mais dans une situation où il souffre d’une soif « ardente et désormais irrémédiable ».

Il me semble qu’il n’y a rien de nouveau à rappeler que le jugement dernier et la résurrection des corps ne suivent pas immédiatement la mort physique, qu'il y a « un moment entre cette vie et la résurrection où la Sentence finale n'est pas posée ».

Et le Pape poursuit en observant que « Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu. L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire. » (Spe Salvi, 45).

Ici encore, rien ne me semble remettre en cause le choix que chaque humain fait durant sa vie terrestre. Rien n’indique que ce choix se ferait après, sans le corps et hors du corps.

Dans votre video, vous retenez l’idée que, selon le Pape Benoît XVI, le mauvais riche appelle encore un salut , mais, selon le Pape Benoit XVI, il s’agit, dans la parabole, d’une « âme ravagée par l’arrogance et l’opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable » qui s’est transformée en soif « irrémédiable ». Il ne me semble pas qu’on puisse y voir une possibilité persistante de conversion et de salut, ni une volonté d’un salut qui suppose un vrai désir d’aimer Dieu et de partager sa vie éternelle d’amour.

Rien ne me semble permettre davantage de déduire de l’encyclique que l’âme au Purgatoire ressentirait un « véritable désespoir » et que le salut ne serait « proposé par le Christ » qu’à ce moment là. C’est bien au contraire l’assurance de sa purification nécessaire dont l’âme au Purgatoire bénéficie car elle a déjà accueilli le salut durant sa vie terrestre, même si une importante purification reste à faire.
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Arnaud Dumouch
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Xavi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 21:55 soif « ardente et désormais irrémédiable ».
la Sentence finale n'est pas posée ».
L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire.» (Spe Salvi, 45).
Ici encore, rien ne me semble remettre en cause le choix que chaque humain fait durant sa vie terrestre. Rien n’indique que ce choix se ferait après, sans le corps et hors du corps.
En fait, ce lieu qu'on appelle Hadès, où est le riche, où la Sentence finale n'est pas posée et qui est un "purgatoire", c'est une étape que j'ai réintégrée dans l'eschatologie à partir de la théologie Gaëlique de saint Patrick et de saint Malachie d'Armagh. Pour bien comprendre cette eschatologie QUI N'EST PAS THOMISTE (mais qui est parfaitement conforme à la foi) et que j'avais communiquée au Cardinal Ratzinger dès 1998, regardez cette mini vidéo. Elle présente la vie comme échelle de Jacob à six barreaux.

Kénose 6- Les deux raisons de la nécessité de notre purification (6 mn) https://youtu.be/D5-3uaWCNfY essentiel
Kénose 7- Y a-t-il six degrés du purgatoire ? (4 mn) https://youtu.be/gHo4D3meNNI essentiel
un fossé infranchissable[/i] » qui s’est transformée en soif « irrémédiable ».
La pensée du pape parle en même temps de "purgatoire". C'est donc que, dans cet Hadès, si l'homme est coincé dans son nihilisme, Dieu peut l'en sortir. C'est ce qu'il s'est passé, dit l'Ecriture pour ces hommes pervers qui refusèrent de croire jadis et qui moururent dans le déluge. Regardez :
1 Pierre 3, 19 C'est lui Jésus qui s'en alla même prêcher aux esprits en prison, à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau. C'est pour cela, en effet, que même en Hadès a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l'esprit.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Xavi »

Il me semble que les 6 degrés que vous relevez sont une interprétation particulière qui requiert de la prudence et de la réserve.

En ce qui concerne la descente du Christ aux enfers, c’est bien sûr un moment essentiel de l’histoire puisque le Christ est ainsi entré dans la mort et en est sorti victorieux par sa résurrection au bénéfice de toute l’humanité.

Mais, que savons-nous du cœur de ceux qui refusaient de croire avant la venue du Christ ? Leur situation est particulière et mystérieuse. Ce qui est sûr, c’est que leur refus n’était pas nécessairement un péché contre le Saint Esprit puisqu’ils restaient capables d’une vie « selon Dieu dans l’Esprit » et l’Écriture relate que plusieurs ressuscitèrent corporellement avec le Christ : « Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. » (Mt 27, 52-53).

La situation particulière d’ignorance et d’enfermement des humains morts avant l’incarnation et le salut du Christ est différente de celle résultant de sa mort et de sa résurrection.

Quoi qu'il en soit, Il reste beaucoup à réfléchir et à méditer. Nos connaissances restent très limitées par rapport aux fins dernières.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Xavi a écrit : mer. 02 févr. 2022, 22:48 Mais, que savons-nous du cœur de ceux qui refusaient de croire avant la venue du Christ ? Leur situation est particulière et mystérieuse.
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique nous dit que le Christ continue à venir nous chercher dans l'Hadès (donc dans le passage de la mort). C'est logique et merveilleux :

Catéchisme de l'Eglise catholique articles 633 et 634:
« La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice A TOUS LES HOMMES de TOUS LES TEMPS ET DE TOUS LES LIEUX, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption. »
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Trinité »

Cher Xavi,

Ce débat est passionnant.

Mais, indépendamment de la polémique relative à l'interprétation des textes entre Arnaud et ses détracteurs.
Que faites vous des N.D.E. ou E.M.I ...?
Certes ,ces personnes ne sont pas mortes, mais tous les phénomènes quelles ont vécu , après l'arrêt du coeur
et même un encéphalogramme plat, avec des visions dune lumière éclatante, d'un amour infini , pour certaines de la vision de Jésus, pour d'autres (moins nombreuses) de la vision de l'enfer, ne donne t'il pas raison à Arnaud comme quoi il y a un passage , dans le cadre de notre perte de conscience...
Car certaines personnes précises que: à la vu jésus à ce moment là, elles ont éprouvé un profond regret de leur péché également, mais qu'il leur a été précisé que leur vie n'était pas finie, et qu'il fallait quelle reviennent sur terre.
Ces personnes, sans être mortes, étaient bien dans un état inconnu jusqu'alors et que le plus important , cet état leur a permis de revenir vers DIEU
Question :
Comment pouvons nous savoir, si les personnes décédés ne sont pas passés également par cette étape ?
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