Cette fois cela y est, j’ai écouté toutes les vidéos indiquées, fini ma formation en accéléré !
Et je désigne celle qui porte à mon sens tout l’objet principal du litige : la n° 15 !
Et je vais m’efforcer d’en faire un rapport (sur l’ensemble, en complément du précédent pour débuter et donné d’hier) en évitant ce qui ici fait l’objet d’un débat entre l’auteur et d’autres membres.
Et je donne l’impression que je gardais pour moi et qui s’est confirmée : à force d’ainsi « instruire » une vie dans l’au-delà et ses modalités, on élimine ou détourne vers une illustration (bonne ou mauvaise) la question d ‘y croire et y pallie bien facilement, mais cela ne renforce pas la foi, et peut lui donner un petit air de « new-âge » d’autant si on parle de NDE au lieu d ‘évoquer (ce qui est aussi fait) les expériences authentiquement mystiques ou de « sortie du corps » (dont Arnaud ne semble pas avoir entendu parler). La vie dans l’au-delà est ainsi banalisée et la foi, réduite à chimère, ou à une connaissance balisée qui me fait penser à d’autres cultures comme celle de l'antique Egypte. Cette comparaison rendue possible a quelque chose de troublant car elle ne fait plus de la religion catholique qu’une « fantasmagorie » parmi d’autres : gare alors au relativisme, diraient certains !
(Certains revenants de NDE auraient vu Mahomet… Cela me fait penser à la blague des enfants : « quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? » Et si vous répondez blanc, elle est grise à cause de la poussière ou de son armure… Et si vous répondez grise, elle était bien blanche « ce jour-là », etc..)
Mais ces « premiers pas » s’adressent très clairement à des chrétiens qui … sont à l’exemple de celui que se dit être JuanAlvarez ce matin (3H41 !) et qui n’est pas un ignorant ! Ce qui réduit certes le risque que je viens d’exposer.
Je maintiens fortement mes 2 premières réticences :
- Il faut réévaluer la vie ici-bas, elle n’est pas qu’une étape du purgatoire, elle est un lieu de rencontre avec Dieu où l’homme peut réaliser sa divinisation (j’emploie un terme orthodoxe précisément pour éviter le jeu des synonymes) : c’est un peu le thème de la vidéo 22, mais c’est à contre-courant de la 2 par exemple. Dans ce contexte de vie intime, adieu purgatoire enfer et paradis, on s’en fou (comme dirait la petite Thérèse qui était prête à aller en enfer etc.), ce qui compte avant tout c’est l’exaltant partage de l’amour au présent, ici et maintenant…
Il faut rappeler que le purgatoire est un lieu si horrible que, selon plusieurs confidences de la sainte Vierge elle-même (qui n’est pas orthodoxe !) nous serions prêts ici-bas aux pires souffrances pour en éviter une seule seconde ! Et que donc réduire la question à la possibilité d’éviter l’enfer grâce à une proposition posthume de salut… Ce n’est pas tant que cela renvoie à la question évacuée par la vidéo 15 et dont PP s’est fait ici le principal objectant, mais c’est que c’est réduire tout le dilemme que pose le péché (et traité si magistralement et avec tant d’insistance et de verve par tant de théologiens et de docteurs et d’œuvres du magistère) à un résidu qui est une impulsion vers le mal au moment du choix (ce dont Cinci s’est fait le Jupiter pour y adresser ses foudres)... mais c’est aussi rendre l’âme seule juge de son sort et non plus Dieu.
Je crois que ce dernier point, pourtant à la mode et bien accepté déjà, est le plus « dangereux ».
Pour défendre la miséricorde, il s’oublie vraiment la justice et il s’en fait une affaire de réaction de conscience. Bien que ce soit s’appuyer sur ce qui serait l’une d’entre elles, c’est oublier que la justice de Dieu c’est sa fidélité à ses promesses (voir actes de foi et d’espérance), oublier que Dieu ne doit rien à personne, sinon à lui-même (sa promesse) et que là se tient aussi sa miséricorde et ce en quoi nous pouvons avoir confiance. Il réalisera ses promesses, Lui (et non chacun).
A une autre époque, pour pas plus, on en a envoyé au bûcher (Marguerite Paurette, par exemple). Nous visons une époque spirituellement débridée et jouissive, heureusement…
Concernant ce que vous dites et écrivez, Arnaud, sur cet état, ou lieu que vous appelez l’Hadès, en dépit d’approximations et d’une vision que je qualifierais de réductrice, pourquoi pas : vous ne dites rien qui ne me semble pas compatible avec ce qui m’a été donné de faire l’expérience (pas par NDE évidemment). Mais il y a un point sur lequel je ne vous « suis » pas : je suis tout à fait d’accord sur ce phénomène possible de contraction de la durée pour l’avoir vécu, mais précisément, je ne crois pas qu’il soit possible avec autant d’importance que celle que vous lui donnez à ce moment et en ce lieu : ce n’est pas parce que nous ne serons plus ici-bas ou dans notre chair sur terre que l’exception ou la dérogation deviendra la règle, je pourrai même dire que je suis certain que non. Or vous vous en servez pour « appuyer » la possibilité de la miséricorde.
D’ailleurs vous êtes sur ce point en contradiction : vous parlez parfois de 3 jours comme Jonas, d’autres fois que cela peut durer et même jusqu’à plus soif. Vérifiez bien et vous verrez que aucun(e) de ces mystiques invoqués par vous n’a prétendu d’ailleurs aller au-delà de quelques jours, ce qui est conforme à la croyance (qui n’est pas un dogme) orthodoxe. Que ce soit variable selon chacun, certes, mais pas au-delà d’une limite de quelques jours (je dirai 5 max s’il fallait en donner une) et jours à l’issu desquels il n’y aura pas de phénomène de contraction du temps – sinon pour satisfaire aux tenants dogmatiques de « l’aussitôt ».
Jours durant lesquels, il pourrait se produire un « complément » selon ce scénario mais ni plus ni moins fréquemment que pour nous ici-bas et chacun sait que c’est exceptionnel, bien insuffisant pour mériter d’être évoqué et de susciter un espoir.
En écrivant cela je donne un avis qui vous « prend au mot », sans plus. Cette thèse que vous défendez n’est qu’une des hypothèses que vous mettez bout à bout pour former la vôtre. Pour moi elle n’est pas irréaliste, mais elle ne saurait correspondre toujours à la réalité or vous en faites une généralité ; elle serait plutôt adaptée à certains cas particuliers. En tout cas elle n’est qu’une alternative.
De même, l’hypothèse que vous formulez concernant le reniement de Lucifer n’en est qu’une parmi tant d’autres. Or vous la retenez exclusivement sans mentionner les autres parce que celle-ci sert bien votre propos. Et souvent vous faites cela. Et ce au détriment parfois de la règle commune.
Le curé d’Ars disait : « maudits par Dieu ! Dieu qui ne sait que bénir ! » Autrement dit, la malédiction est sa bénédiction pour celui qui la refuse. Oui, on peut aller jusque-là, mais pas jusqu’à dire que c’est l’âme qui décide. Je vous accorde que la différence est subtile, qu’il semble ne pas y en avoir, mais il y en a une dès qu’il n’y a plus le geste de Dieu qui sait à quoi il va conduire. L’impulsion que vous attribuez à la conscience, c’est l’impulsion de Dieu en elle, par elle-même elle ne peut rien, elle est trop « prise » par ce qu’elle a été (même si déchargée et déliée d’un certain nombre de poids, ce que vous avez très bien vu et exprimé par l’exemple d’un autiste ou…. Je ne sais plus quoi), elle « prendra » ce qui lui sera donné, en aveugle (trop de lumière !), par instinct, après quelques tâtonnements qui l’y auront préparée… ou parce qu’elle n’aura pas eu le choix ! Un instinct qui sera bien alors le résultat de ses choix passés, vous ne le niez pas, mais qui sera ce qu’il est selon une règle qui n’est pas la sienne mais bien celle de la vérité : Jésus. Ce pour quoi il y a rencontre. Cela aurait pu se faire ou se jouer sans, et ce n’est pas pour donner des remords aux damnés qu’il y en a une, c’est parce que le sens final de tout ce qu’elle est, est accomplie et cela ne peut arriver qu’ainsi. Et c’est Lui et non l’âme qui décide, peu importe l’influence ou non de Satan.
C’est bien plus rassurant que ce que vous voudriez qui le soit plus.
Votre « thèse » pourrait n’être que mystique et non doctrinale, ainsi Thérèse d’Avila et ses châteaux, Jean de la croix et ses nuits, pourtant docteurs de l‘Eglise, n’ont rien ajouté au dogme en tant que tel : ce sont des façons de décrire leur expérience et qui peuvent en aider d’autres à comprendre leurs expériences intimes, leur servir de repères. Mais il semble bien que vous vouliez imposer à travers elle une doctrine générale, et c’est là que le bât blesse. Si l’Eglise ne s’est pas prononcée comme vous le dites vous-même, sur ce qui validerait ou invaliderait votre thèse, pourquoi devrait-elle le faire ? Pour obliger Dieu à s’y plier ? Ce n’est pas la finalité du dogme, elle est à l’opposé. Et vous ne prouverez jamais que vous avez raison sans accepter qu’il y ait une alternative et que votre thèse en soit une autre. Déjà vous reconnaissez dans la vôtre plusieurs modalités…
Cette thèse (la dernière que vous empruntez et « mettez au bout », car elle n’est pas la vôtre) de l’âme qui choisit, et non Dieu, contre quoi je n’ai rien puisque je l’ai moi-même utilisée sur ce fil pour défendre un avis concernant la liberté de l’âme face à Libremax qui défendait la miséricorde à tout prix, je finis par me demander si elle n’est pas carrément fausse en vous écoutant, bien qu’elle permette d’expliquer bien des choses et d’affiner les considérations.
Je pense que s’il y a un seul moment où dans notre vie notre volonté/liberté sera vraiment entravée et pas toute-puissante concernant notre salut éternel, c’est bien le moment où sera fixé notre sort (les autres moments ici-bas ne sont que des épreuves). Ce serait sinon trop facile, non pas à cause du risque de resquille ou de ruse, d’opportunisme, à cela on peut répondre par l’élan qui sera « marqué » par les choix opérés ici-bas et malgré qu’il y aura eu tout un scénario (le vôtre) pour permettre un retournement, non, ce qui s’y oppose c’est tout simplement les évangiles quand ils nous parlent de ceux qui auront « connu » Jésus ici-bas et qui seront convaincus d’avoir ainsi acquis un passeport pour le ciel. Ils ne voudront pas aller ailleurs et pourtant, Jésus est très clair dans Luc (13 :23-30 et Mathieu (7 :22-23), il ne se passera pas ce qu’ils veulent mais ce que Jésus veut et qui y sera opposé.
Ce n’est donc pas l’âme qui choisit, même si dans certains cas elle aura compris son sort et s’y sera résignée ou l’aura anticipé, il y en aura qui se raccrocheront mordicus à tout pour ne pas aller là où elles iront et ce sera contre leur choix. Et il y a même des chances que ce seront des âmes de baptisés, et même qui se prenaient pour la crème de la crème !
Si vous avez choisi l’autre option, c’est parce qu’elle donne du sens à cette étape préparatoire que vous avez repêchée et enjolivée, puisque sinon elle ne serait pas nécessaire, cette étape : Jésus et sa rencontre suffiraient pour nous donner cette grâce de repentir, au regard de notre vie ou pour une raison qui lui appartient.
Pour une raison qui lui appartient, il peut la « placer ». Mais de là à y ajouter la contraction du temps, c’est entrer encore plus dans la rareté. Ne pas oublier que le temps n’existe plus au ciel : on est bouche à bouche avec l’éternité !
Vous ne parlez pas du paradis, de la possibilité du paradis de s’intéresser et d’influencer encore la vie sur terre. Certains disent que plus on y avance spirituellement, plus on s’éloigne de la terre et de ce qui s’y passe. Alors pas de chance pour les saints canonisés que l’on invoque et qui sont obligés de « s’attarder » ! Cela contredirait le bien qu’il y a à s’attarder dans l’Hadès, n’est-ce pas !
Pourtant il y a les exceptions : difficile de soupçonner Marie de peu « profiter » du ciel et pourtant, elle nous apparaît et se préoccupe de notre sort…
En résumé et à chaud voici mon avis : condamner votre thèse serait trop « affreux », car elle contient des hypothèses qui peuvent correspondre à la réalité pour certaines âmes, mais sauf à ce que vous souteniez qu’il n’y a pas d’autre alternative (ce que font ici vos adversaires dans le sens opposé) et sauf à ce qu’elle produise de mauvais fruits (de doute plus que de naïveté ou d’impertinence, de lâcheté). Il faudrait « mettre de l’eau dans votre vin » et trouver une autre présentation qui pose et en propose un autre regard. Vos présentations sont intéressantes en ce qu’elles peuvent ouvrir les yeux à certaines personnes sur le fait qu’il n’y a pas d’arbitraire Divin ( au sens d’injustice) et sur à quoi cela pourrait se jouer pour nous, mais à condition de mettre plus en valeur et inspirer la nécessité de l’amour comme moyen d’éviter le malheur futur, un amour exigeant et difficile à « tenir », mais pour lequel Dieu nous apporte son aide et son soutien, par son Fils.
Présenter votre thèse à des païens, qui en sont concernés au premier chef, ne serait pas judicieux. Non, elle ne convient pas à « des premiers pas ». Elle devrait même effrayer davantage et dans le bon sens les croyants qui misent sur la contrition imparfaite et le laxisme, ce qui est le contraire de l’effet insidieux qu’elle produit actuellement. Car elle oublie qu’à ceux à qui il aura été donné plus, il sera plus demandé.
Ceci dit, je me doute que quelques vidéos ne sauraient rendre toute la richesse d’une thèse qui doit contenir bien d’‘autres éléments qu’il serait intéressant de regarder, car il doit s’y tenir des choses intéressantes, mais il y aurait pas mal de choses à revoir – si je peux me permettre.
Elle doit mieux s’insérer dans le dogme existant et pour mettre en valeur sa richesse, au lieu de le rétrécir.