En effet depuis hier, et après des années de combats politiques depuis 2016, l'Alsace va revivre en tant que « Collectivité Européenne d’Alsace ».
Nous retrouvons les spécificités de notre région et évitons par la même occasion les craintes que ce regroupement dans un Grand-Est avaient occasionné :
- atteinte au Concordat : et donc au salariat de nos prêtres (qui participe aussi aux vocations pour ceux qui hésitent car ils sont soutien de famille), conservation de l'enseignement catholique jusqu'au collège (puis optionnel après) etc
- perte du droit local : certaines lois locales ont le dessus sur la loi Française (par exemple préavis pour démission ramené à 15 jours) ou obligent les communes/administrations à certains services (stères de bois aux familles nécessiteuses... ), jours fériés supplémentaires (Vendredi Saint, 26 décembre), interdiction pour les commerces d'ouvrir le dimanche (loi Napoléonienne) à l'exception des 4 dimanches avant Noël (marché de Noël oblige) etc.
- la perte de compétences de la région Alsace : entretien des routes et notamment de l'A35 qui nous permettra de continuer les travaux du grand contournement de Strasbourg et de sa politique éco-responsable, renforcement du bilinguisme et de l'enseignement des dialectes Alsaciens au sein du système éducatif, plaques d'immatriculation Alsace, compétences tourisme ...
La grande nouveauté sera la fusion, entre Bas-Rhin et Haut-Rhin, dans une seule entité ce qui pourrait mettre un terme à notre guéguerre très fraternelle entre bas-rhinois et haut-rhinois; bon, il nous restera nos cousins Lorrains alors on n'aura pas tout perdu
Une petite pensée pour la Moselle qui ne récupère pas ses spécificités Alsace-Moselle, mais comme le dit leur président (UDI) : « Ce que l’Alsace demandera, la Moselle l’exigera aussi », notamment sur des compétences spécifiques.
La tradition frondeuse de l'Alsace est respectée et nous protège surtout des velléités des partis de gagner nos mairies - ou la région - en envoyant leurs "éléphants" parisiens conquérir nos voix (ce qui serait peine perdue). Nous continuons notre chemin dans ce que nous vivons au quotidien : une Europe des peuples, voulue par des peuples et non des technocrates sans légitimité élective. Le statut de Strasbourg en tant qu'Eurométropole, mais aussi la cohésion régionale, a permis de peser et de voir le retour de nos compétences ainsi que ces panneaux bleus qui en délimitent l'espace avec le nom de notre région. Et tout particulièrement le retour de la compétence de nouer des accords transfontaliers avec nos voisins (et même au-delà) et tout particulièrement avec les länders Allemands et les cantons limitrophes de la Suisse.
C’est du cousu main pour l’Alsace et nous restons bien entendu intégrés dans le Grand-Est. Mais il sera possible, avec la loi et la révision constitutionnelle à venir, d’aller encore plus loin et de faire d'autres pas significatifs. Ne vous y trompez pas, les Alsaciens ne sont pas des séparatistes et sont très attachés à la France; ils ne sont pas serviles pour autant.
Peut être trouverez vous mon discours hautain ou prétentieux, tel n'est pas son but. C'était juste une occasion de parler une fois encore de ma région et de dire qu'avec de la pugnacité rien n'est définitif. Si on a longtemps mis en garde contre les régionalismes comme facteur possible de séparatisme, leurs spécificités et leurs dynamismes peuvent aussi impulser et influencer les orientations nationales qui servent souvent plus les intérêts électifs personnels que l'amour de notre terre qui compose ce pays.
Bonne année 2021 à tous.

