Quel plaisir de vous lire tous en rentrant de vacances ! Merci de vos réponses.
Evidemment je ne parlais pas des femmes battues que je me garderais bien de juger : oui, on comprend bien que dans ce cas ou d'autres cas graves ( un conjoint qui se drogue et s'endette, un fou sadique, et autres horreurs) , on ait bien le droit de se protéger (et les enfants). Ma cousine battue, ma voisine battue ( et menacée d'un couteau) on fait changer leurs serrures afin de mettre le mari dangereux dehors. Pour la voisine, j'ai failli monter parfois quand j'entendais les meubles jetés à terre par monsieur ( l'un des gosses a dû aller aux urgences) et j'étais bien contente et soulagée le jour où elle m'a annoncé qu'elle se séparait.
Mais d'autres situations sont plus complexes. L'infidélité ne tue pas. Il y a des situations très épineuses qui rendent le divorce impossible ou qui en font une "solution" bien pire que le mal. Des tas de conjoints ont enduré cela à des moments de leur vie conjugale en faisant "profil bas". Leurs enfants ( dont moi) les en remercient !
Ce que je critique c'est le cas où une idéologie prend le pas sur la réalité. On vous enjoint de divorcer au nom d'une idée très haute et utopique de l'humain appelé à s'épanouir d'abord sur terre . On monte en épingle les personnalités conquérantes et combattives, entourées, populaires, les femmes "fortes" qui n'ont pas hésité à agir ainsi. Si vous avez l'imprudence de déballer votre sac...aie aie aie ! Vous pouvez vous heurter à l'incompréhension des partisans du divorce ( même chez des catholiques fervents !!!!!)
Au mois de mars dernier cela a été mon cas et on m'a dit, bien que me connaissant ( et ma situation financière, sociale, famille d'origine, pas de travail...) que le divorce était la "seule" solution. "Mais cela offenserait le Seigneur" ai-je objecté à ce catholique "évangélisateur". "Cela l'offenserait mais parfois c'est nécessaire" a été sa réponse lapidaire. Ah bon? Mais qui sinon moi_même , peut juger de cette "nécessité"? Voilà un comportement bizarre et peu prudent. La personne a ensuite ajouté "je te connais bien, je SAIS pourquoi tu ne le fais pas depuis 7 ans que je te le répète, c'est que tu as PEUR de la liberté, de la solitude" .... Et la crainte de déplaire à Dieu, qu'en faisait derechef ce catholique fervent ?
D'autant plus que pour moi la question de divorcer/ se séparer ne SE POSE PAS, c'est NON. Ce serait disproportionné, inapproprié ( au plan humain) et surtout une offense grave au Seigneur. De surcroit, ayant plus de 50 ans avec une santé précaire et un cancer il y a 10 ans, c'est normal que je me pose des questions sur la mort. Voilà, c'est dit : je souhaite passer ce qui me reste de vie à faire ce qui plait au Seigneur. Cela peut couter des larmes mais je sais ( car je me connais bien) que ce n'est rien au regard de ce que je pleurerais si je retournais à la case départ ;(studio minable, précarités, jobs de m..., enfants une semaine sur deux, rivalité avec la "nouvelle"...ce serait un vrai suicide)
J'étais abasourdie d'entendre ces propos dans la bouche d'un ami proche et catholique fervent de surcroit !!! Sa grille de lecture semble moderne : les considérations sur le salut et sur les enfants sont passées au second plan. Il met en priorité une certaine idée de l'"épanouissement" sans tenir aucun compte de la réalité des situations et chaque objection que je pouvais lui opposer ( je n'ai plus 20 ans, j'ai des gosses, pas de travail depuis 17 ans, pas de famille d'origine qui m'aiderait, peu d'amis sûrs....) buttaient sur sa ferme conviction d'avoir raison et sur cette idée qu'il se fait de moi que je suis dans la lâcheté et la "dépendance affective" ( de la part d'un ami.........) si je n'applique pas ces conseils étranges. J'appelle cela avoir perdu le contact avec la réalité. Il semble avoir décidé de ce qui ferait mon "bonheur" à ma place.
Et c'est souvent avec de tels arguments ( "vous n'êtes pas courageuses, vous êtes responsable de votre souffrance si vous restez fidèles, divorcer est le signe du courage, de la capacité de supporter la solitude" etc,) véhiculée essentiellement par les "psys" et les féministes, que l'on arrive à pousser au divorce des gens qui n'en ont ni le désir ni la nécessité. Et qui sont capables d'endurer des choses au nom de ce qui dépasse l'individu, merci papa et maman ! Il y a effectivement une pression sociale. la personne qui se refuse à partir devient une pauvre loque incapable de se battre, etc. Mais cela dans la bouche d'un catholique, je suis encore sous le choc.
Ce que je fais est de prier pour mon époux, c'est une chose que nous devons faire même si tout le monde vous dit "il ne changera pas".




