Capitalisme et Libéralisme

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MB
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par MB »

Rebonsoir

Parenthèse sur les histoires liées à la révolution industrielle, agricole, et au bon vieux temps d'autrefois.
La condition normale du paysan d'Ancien régime économique, est la malnutrition, que cela ait été en Angleterre ou ailleurs. Cela a pu se prolonger au-delà de l'an 1800 : en France, où la révolution agricole a beaucoup tardé, et où, contrairement à ce qu'on croit souvent, la grande propriété aristocratique n'a pas disparu, il y a une disette générale à la fin des années 1840 ; elle est uniquement dûe aux caprices des récoltes. A l'inverse, c'est grâce à la révolution agricole que l'on a trouvé le moyen de nourrir tout ce monde. Et si ces phénomènes avaient engendré tant de pauvreté, ils auraient disparu d'eux-mêmes : car si l'on produit plus de grains, de tissus, etc. mais que les gens sont affamés et plus pauvres qu'avant, eh bien personne ne peut acheter ces biens. Si ce que vous dites était vrai, logiquement, en Angleterre, ça n'aurait pas pu marcher : les landlords modernes auraient tous fait faillite...
De façon générale, vous sous-estimez la capacité des humbles à faire preuve d'initiative, de hardiesse, de dynamisme, à vouloir s'en sortir : ils sont beaucoup plus forts que nous, qui pensons à la retraite avant même d'avoir 30 ans ! Et, quand vous dites que ceux qui arrivaient en ville vivaient mal, vous avez raison ; on a raison d'être choqué des conditions qui leur étaient faites à cette époque. Reste à prouver qu'ils arrivaient direct du paradis terrestre, et que les enfants des mines sortaient tout juste d'une nurserie campagnarde. Moi aussi, leur vie me fait frémir; mais je frémis encore plus quand je songe à leur vie antérieure. En fait, il faut admirer la force de leur caractère, de leur volonté.

On s'est intéressé aux problèmes des campagnes et des villes à partir du moment où la philanthropie a été à la mode, et surtout à partir du moment où les richesses nouvellement créées rendaient insupportable la vision des pauvretés anciennes. La chose paraît plausible quand on pense que les gens en Occident vivaient mieux, de façon générale, à la fin du 18ème siècle qu'au début. Avant l'époque qui nous intéresse, personne ne s'étonnait que les pauvres vécussent dans la misère : c'était l'ordre des choses. On pouvait le déplorer, chercher à soulager leur condition, mais non à changer les choses en général. N'était-ce pas "l'ordre voulu par Dieu" ? Et peut-être - mais je connais mal la période - irait-on jusqu'à risquer une hypothèse hasardeuse mais plausible sur cette soudaine inquiétude généralisée, à la fin du 18ème siècle, vis-à-vis de la pauvreté des humbles : serait-ce l'effet de la diffusion des Lumières dans l'opinion ?

Je crois surtout qu'il ne faut vraiment pas idéaliser une époque où, comme vous le suggérez, Miles Christi, les humbles obéissaient respectueusement aux grands, et où ceux-ci les respectaient. Cela me paraît très, très idyllique.
Tenez, je viens d'apprends une chose, que je n'ai pas encore vérifiée : en Angleterre, le statut qui réglait les rapports entre employeurs et salariés était, jusque dans les années 1870, une règle inspirée des rapports de domesticité aristocratique (Master and Servant Act), pénalisant par exemple les refus d'obéissance ou la grève des employés. Autrement dit, une situation sociale industrielle, qui aurait exigé de la liberté (droit de s'en aller, liberté de travail, de choix, etc.), était régulée par des lois d'Ancien régime, issues d'une société fermée et hiérarchisée : porte ouverte à tous les abus de la part des dominants, anciens comme nouveaux. Comme souvent, l'injustice, quand elle existe, ne vient donc pas de l'économie, mais d'un droit inique - dont on ne peut dire qu'il ait été très libéral. A vérifier.

Il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à dire.. cela me donne le vertige. En tout cas, merci de votre patience jusqu'à présent !

A bientôt
MB
Renaud
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Renaud »

AVE MARIA

Bonjour,

Capitalisme et libéralisme? Ce serait comparer un système, uniquement organique, à une idéologie? En principe, il y a un seul capitalisme, certes multiformes, tandis qu'il y a beaucoup d'idéologies, dont la mixture fait les salades politiques... C'est bien connu, trop connu. Question idéologie, ce qui est qualifié de "libéral" l'est après coup. C'est là qu'est le danger et le risque des attitudes idéologiques... Mais, et c'est le cas de TOUTES les idéologies, celles-ci ne peuvent s'attribuer personnellement des héritages de qualités existantes par nature dans la Création de Dieu. Les singes voient les fruits et se servent. Tandis que combien de fois des hommes ont cultivé leurs aigreurs et leur projets de vangeance devant des montagnes de produits invendus et inaccessibles pour eux, à plus forte raison quand ce sont des produits de base!

Les "menus" idéologiques, puis politiques sont en surnombre. Tous s'intitulent les meilleurs. Je reste toujours assez stupéfait de voir les trésors d'ingéniosité, voire de culture, mis en œuvre pour édifier une "philosophie" parfaite pour une "politique" parfaite. Vanitas vanitatem et omnia vanitas. Vanité, des vanités tout est vanité.

Les philosophes des "Lumières" avaient une langue française parfaite, une culture raffinée sans égale, ils étaient "éblouissants", tellement éblouissants qu'innombrables furent ceux qui devinrent aveugles pour les avoir suivis... Et quel a été l'effet de leurs idées exquises, dont une majorité des idées germèrent d'ailleurs en Angleterre à partir de la fin du XVIIème et tout le XVIIIème siècle? En résumé, cela déboucha dans l'histoire, surtout celle du XXème siècle sur: la lutte des classes et le système de ceux qui croyèrent en la supériorité de la race Ensemble, ils mirent vraiment à mal une bonne moitié de la planète. Cette combinatoire de totalitarismes, réduisit en cendre dans un flot de sang une grande partie du monde et ce, financés par les MÊMES banquiers du monde anglo-saxon (1). Ce qui arrive aujourd'hui, c'est donc la financiarisation "triomphante" du monde entier (ce qui a dû culminer tout à la fin du XXème siècle par l'hégémonie "absolue" des États-Unis) et ceci, avec "l'habit de la démocratie", la démocratie des banquiers cela s'entend, imposée au monde entier. Ce serait le dernier avatar en date trouvé par l'agressivité humaine.

Voici, une fois de plus, l'agressivité réélaborée en un "système très supérieur", c'est l'individualisme commercial qui pullule de partout et prétend règner sans partage se déclarant évidemment comme étant le flambeau de l'Olympe de la liberté. Ironie admirable, c'est le bras exécutif de ce système mondialiste (les États-Unis, historiquement après l'Angleterre, mais les deux marchent toujours ensemble) qui déclenche une guerre terrible des plus dangereuse à terme sur un mensonge dont nous n'avons encore pas mesuré la portée... Voici ce qu'est l'histoire et l'actualité des hommes qui, sur influence des philosophies "humanistes" des "lumières se déclarent cause d'eux mêmes et ont chassé Dieu. Je le répète, chassez Dieu, et tôt ou tard, vous chasserez l'homme.

L'actualité nous montre, depuis, au moins l'été passé, une idéologie (une de plus) qui est en train de montrer "sa vérité"... La bulle financière sur laquelle vivent la Grande Bretagne et les États-Unis et tout l'ensemble planétaire qui va avec, est en train, à partir de 2007, de se dégonfler dans un bruit récurrent de borborygmes, mais intestinaux cette fois... et nous apercevons notre maître sur son véritable trône... Et je ne peux m'empêcher de répéter ici ce pastiche de Victor Hugo: "La faillite géante à la face éffarée, qui, pâle, épouvantant les plus fiers financiers, change subitement la monnaie en diarrhée...."

(1) c'est bien le même monde financiers surtout anglo-saxon qui fourbit les dictatures "modernes". Je ne mit pas bien l'anglais, mais les commentaires sur ce lien sont en français. Je sais par ailleurs que le professeur américain Guido Preparata est un très bon enquêteur en économie, il est d'ailleurs un bien meilleurs historien qu'écnomiste. C'est je crois un historien de l'économie. Voir:

http://lesogres.info/article.php3?id_article=3404


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Après tout, s'agissant de capitalisme, au risque d'être un peu long, voici l'intervention que j'ai faite fin août dernier dans le cadre du congrès international annuel des Pèlerins de saint Michel au Québec-Canada. Ceux qui trouveraient l'interventinon un peu longue pour un forum peuvent, s'ils le veulent, commencer à la lire à partir du sous-tire: ----> Quel est l'État du Capitalisme dans le Monde Actuel? flèché pour la circonstance.

Précision, depuis 2007, en particulier août et septembre, l'évolution de la crise financière due aux disfonctionnements du financement du marché de l'immobilier aux États-Unis n'a fait que se prolonger et faire tache d'huile, révélant l'ampleur et l'intensité de la fausseté inhérente de notre système financier et le risque de contamination de l'écnomie normale par les toxines financières à hautes doses que de très nombreuses banques ont cultivées. Ne pas se méprendre, les injections monétaires massives des banques centrales de monnaie crée à partir du néant (les banques centrales peuvent créer de la monnaie à l'infini sans contrepartie!) est décidée par les directions des banques centarles. Mais ce qu'on ne dit pas c'est que les banques centrales sont, au final, des émanations des banques commerciales qui sont celles qui, en réalité, tirent les ficelles. C'est flagrant aux États-Unis. Les banques commerciales "en se sauvant" via les banques centrales, sauvent ainsi nombre de spéculateurs nocifs qui contaminent les circuits du crédit (déjà très injustes!) pour les entreprises productrices lesquelles ne relèvent pas de ces pratiques financières frelatées et délétères qui, une fois de plus, conduisent au désastre (je souhaite me tromper).

Renaud


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Intervention de Renaud
durant la semaine d’Études du Crédit-Social (25 au 31 août 2007) dans le cadre du :

- CONGRÈS INTERNATIONAL PÈLERINS DE SAINT MICHEL -

à Rougemont, Québec, Canada, les 1, 2 et 3 septembre 2007


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« LA BATAILLE FINALE DE LA CHRÉTIENTÉ SE FERA AUTOUR DU PROBLÈME DE L’ARGENT, ET TANT QUE CELA NE SERA PAS RÉSOLU, IL NE POURRA Y AVOIR APPLICATION UNIVERSELLE DU CHRISTIANISME » (Honoré de Balzac)


En mai dernier, à peine élu après une longue campagne électorale-marathon, et juste avant de prendre ses fonctions, le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, vint en Méditerranée dans les parages de l'île de Malte y effectuer une courte croisière de repos à l'invitation d'un de ses gands amis parmi les richissimes présidents-directeurs-généraux d'un des plus grands groupes économiques français et possédant un yatch privé de grand luxe de 60 mètres de long.

Très peu de jours après, exactement dans ce même secteur maritime, la Marine militaire française y a repêché 18 corps sans vie. Ces 18 noyés étaient, à l'évidence, des émigrés clandestins Africains, partis dans une embarcation-passoire, comme toutes les autres. Ils tentaient d'atteindre les côtes du Sud de l'Europe. Ils étaient peut-être davantage que 18 à bord et n'ont pu être identifiés, d'ailleurs on a pas retrouvé de papiers sur eux. Ils n'urent même pas l'opportunité du sort des naufragés de l'Île des Naufragés de Louis EVEN. Leurs dépouilles furent amenées et inhumées à Toulon; mais c'était déjà des "dépouillés" bien avant leur terrible naufrage. Une messe fut célébrée pour eux par Monseigneur Rey, évêque de Toulon-Fréjus.

Ils ne se passe pas une semaine sans qu'il y ait de pareils drames dans ces zones maritimes. Idem dans le détroit de Gibraltar. Idem dans l'Atlantique entre les îles Canaries et le Maroc.

Loin de moi l'idée d'utiliser ces faits contre quelqu'un, ou qui que ce soit. Personne n'y est directement pour quelque chose dans ce drame devenu banal. Simplement, je trouve que cette quasi synchronicité: croisière luxueuse avec personnalités "prestigieuses" et une tragédie anonyme révélée seulement par des corps de noyés, flottant au même endroit et presque dans la même semaine, révèle ici la RÉALITÉ la plus cruelle de notre époque. Tous les acteurs sont ici réunis dans le même espace-temps. Dans des conditions de vie. Et même de mort. Toutes conditions d'existence opposées à 180 degrés!

Or n'oublions jamais la signification de l'Île des Naufragés. Cette île et ses habitants, c'est notre famille, c'est notre région ou notre province, c'est notre pays, c'est notre continent, c'est notre planète. Ces familles, ces régions et provinces, ces pays, ces cinq continents, cette Terre, s'appellent tous aussi: François le charpentier de métier, Paul le cultivateur, Jacques l'éleveur, Henri l'agronome, Thomas le prospecteur minéralogiste. Ils sont cinq comme les cinq continents sur l'île du monde AUX PRISES AVEC LES FAISEURS D'ARGENT! Nous créditistes qui avons compris pour l'essentiel comment fonctionne notre système d'argent, nous devons imiter ceux de l'Île des Naufragés, nous organiser comme eux, envoyer promener nos sangsues et nos vampires des finances et enfin vivre sainement, premier rapprochement vers la sainteté, sous la Loi de Dieu.

L'augmentation des milliardaires est une chose très réelle aujourd'hui, quoique infime en nombre, donc sans portée réelle. Nous ne sommes pas contre la richesse en soi, bien au contraire. Mais si la richesse est possible et souhaitable pour les plus nombreux, elle est INCOMPATIBLE avec les écarts qui vont se creusant à vu d'œil entre les riches et les pauvres ici bas. Cette situation est un crachat de mépris à la figure de ceux qui non seulement ont été pillés et sont toujours pillés, mais qui n'ont d'autre solution que de chercher à se réfugier chez leur voleurs. Il n'y a pas d'autres endroits où aller pour eux!

À cette échelle, l'Afrique, qui est le continent distinct le plus proche de l'Europe, est un DÉMENTI cinglant et complet à la mondialisation ou globalisation qu'on nous monte au pinacle quotidiennement sous un discours libéral insupportable à entendre. Hélas des chrétiens tiennent fréquemment ce discours libéral! Si nous prenons l'image invraisemblable d'un cataclysme qui engloutirait tout le continent Africain sous les flots de l'océan en une nuit, et bien le PIB (Produit Intérieur Brut) de l'économie mondiale pâtirait très peu de ce cataclysme. En 3 ou 4 mois, les quelques tous petits % du produit brut de l'économie mondiale disparus dans le cataclysme seraient vite rattrapés. Seul se ferait sentir la perte de matières premières en provenance d'Afrique (dont le pétrole).

Cet exemple, cruel de dérision, met pourtant en relief l' EXACTE RÉALITÉ. Cette réalité lugubre de l'économie globale contemporaine qui est on ne peut plus sélective et impitoyable. Seule, à présent, les matières premières tel que le pétrole "intéresse" l'économie mondiale, pas les peuples. C'est honteux.

Ce qui intéresse le moins l'homme, c'est l'homme! Chassez Dieu de cette planète, et tôt ou tard, vous y chasserez l'homme. C'est ce qui se déroule sous nos yeux!

Ce dur panorama RÉEL étant bien rappelé, les tenants du Crédit Social que nous sommes tous ici, grâce aux expérimentations irremplaçables du major DOUGLAS, pérennisées définitivement par Louis EVEN, nous savons bien que la richesse qui est produite dans les pays du monde entier est une richesse produite en un pourcentage croissant grâce aux progrès incessants des techniques traditionnelles et modernes, en particulier, de l'automatisation. Donc une production avec moins d'hommes mais POUR les hommes, sans exception. Sinon pour qui alors ??

Or, il est patent que seulement une partie des hommes bénéficient de cette richesse faite par ce progrès incessant. Donc, pour les autres hommes: et bien c'est NON ! Pourtant tous les hommes, à un degré ou à un autre, produisent cette richesse dans les espaces qu'ils occupent. Comme l'aurait dit Monsieur de la Palisse, cette production qu'ils ont faite n'existerait pas sans eux. Ces producteurs ont, par définition, un droit naturel d'accès à cette production, à leur production. C'est le maillon financier qui fait défaut et qui empêche toute équité et toute facilité dans la distribution des biens. Est-ce si difficile à comprendre?

Donc, pour bien situer dans quel cadre économique et financier actuel l'ancrage du CRÉDIT-SOCIAL devrait s'effectuer, pour la Justice naturelle, au sein même de toutes les sociétés du monde, chacune de ces sociétés ayant leurs particularités et leurs génies propres, c'est cette particularité et ce génie que le CRÉDIT-SOCIAL ne ferait que cultiver pour la créativité et le bénéfice de tous sur des plans fondamentaux de l'existence.

Mais, pour garder une idée claire et lucide de ce qui EST, et ce qu' IL Y A dans notre monde contemporain, il nous faut donc poser la question préalable:

----> QUEL EST L' ÉTAT DU CAPITALISME DANS LE MONDE ACTUEL ?

Aujourd'hui, il y a dans le monde 300 millions d'actionnaires. La planète compte quelques 6,5 milliards d'habitants, ce qui fait qu'il s'y trouve 1 actionnaire sur 21 habitants de la planète Terre.

Ces 300 millions d'actionnaires se répartissent en trois groupes, comme suit:

1--->150 millions d'actionnaires sont des citoyens Américains, soit la moitié des citoyens des États-Unis qui, aujourd'hui, comptent exactement 300 millions d'habitants, donc 50% des actionnaires sont des citoyens des États-Unis (soit 1 américain sur 2).

2---> 75 millions d'autres actionnaires sont des citoyens des autres pays riches en dehors des États-Unis: Canada, Japon, Europe, Corée du Sud, Taïwan, Émirats du Golfe Persique, Australie, Nouvelle-Zélande, etc, sont aussi des actionnaires, donc 25% des actionnaires sont des citoyens des pays riches (sauf États-Unis)

3---> 75 autres millions d'actionnaires, se répartissent parmi les citoyens de tous les autres pays de la planète hormis les États-Unis, l'Europe et quelques autres pays riches d'Asie et du Golfe Persique, ils sont eux aussi 25% d'actionnaires.

Il y a dans le monde environ 100 à 200 000 gestionnaires d'actifs pour environ 20 000 sociétés cotées en bourse. Prenons l'exemple français (il est tout aussi représentatif que tout les autres exemples d'actionnariat). La place financière de Paris est appelée: CAC-40, ce sont les 40 sociétés et groupes les plus importants et déterminants. À eux 40, ils sont le "centre de gravité" de la place financière française. En mars 2007, la bourse de Paris, affichait dans l'un des deux principaux quotidiens économiques français "La Tribune" ce qui suit: "Le CAC-40 frôle en 2006 les 100 milliards d'euros de profit" (soit quelques 142 milliards de dollars canadiens).

Citons rapidement 2 exemples représentatifs du CAC-40 pour bien situer les faits CONCRETS qui nous occupent:

Par exemple, le groupe Total, qui est la principale compagnie pétrolière française, cumule en juillet 2007 une capitalisation boursière de 140 milliards d'euros, elle a fait un bénéfice net de 12 milliards d'euros déclarés en 2006, 2007 devrait y ressembler.


La Société Générale, banque française qui, en Europe, a le meilleur taux de profits de toutes les banques européennes, affiche: 22,6 milliards d'euros de bénéfices pour un résultat net de 5,2 milliards d'euros en 2007, cette banque a beaucoup investi dans des pays comme l'Algérie, la Russie, la Roumanie (et d'autres pays encore).

---> Tous les groupes et toutes les Sociétés du CAC-40 affichent jusqu'au printemps 2007 des résultats de cette nature.

Nous savons qu'aujourd'hui la richesse des États du monde entier (soit le PIB du monde) est estimé à 43 000 milliards de dollars US (on dit aussi 43 téradollars, 1 téradollar = 1 000 milliards de dollars). Et bien il faut savoir que la richesse des marchés financiers est 23 FOIS PLUS IMPORTANTE! Et c'est cette "richesse des marchés financiers" qui DÉTERMINE la "marche du monde" Elle "détermine, pour le malheur du monde", l'insécurité matérielle, puis morale, de l'ensemble des États et des peuples. Là est la pieuvre.

Je résume encore ceci, car cela paraît indispensable pour bien voir LA RÉALITÉ:

Les grands investisseurs sont des investisseurs institutionnels qui imposent les nouvelles "normes" dans la façon de diriger les entreprises. Ces normes imposent à la valeur actionnariale un taux de rentabilité financière de 15%, alors que la croissance mondiale tourne, en moyenne, autour de 5% seulement... Il y a là un problème INSURMONTABLE, analogue à celui de rembourser davantage d'argent à la banque que celle-ci en a émis.

Donc, ces nouvelles normes imposées par les investisseurs institutionnels pour diriger les entreprises reportent les risques D' ABORD sur l'ensemble du salariat en mettant en œuvre la flexibilité imposée par les politiques libérales et hyper-libérales adoptées par les gouvernements qui trompent ainsi tout le monde par leur mutisme sur ce sujet. Les gouvernements sont "tenus" par le monde bancaire et financier comme on le voit bien dessiné sur un tract célèbre de Vers-Demain: "Gouvernements, fouettez donc le banquier au lieu de fouetter le peuple!". Ainsi en va-t-il des délocalisations d'entreprises dans les pays à bas salaires et à capacités technologiques. L'on fait ici exactement le contraire de ce qui fut demandé avec insistance par Maurice Allais prix Nobel d'économie (1988).

Vous voyez ici la tromperie manifeste. Le tissus social productif des pays et leurs peuples qui avait mis des générations à se former est progressivement sapé et bradé au gré des appétits des "carnassiers" économiques, à présent tous lâchés dans la nature... et qui dévorent les "herbivores" productifs. Telle est la régression qui nous frappe.

Les ententes de l'oligopole bancaire à prédominance américaine dominent le marché mondial des produits financiers DÉRIVÉS. Dans ces marchés "dérivés", l'on y échange des taux d'intérêts variables contre des taux fixes. C'est ce type de marché (dit marché SWAP, ou marché entre banques qui signifie: spéculation entre banques sur les taux d'intérêts) qui représentait en 2002: 170 000 milliards de dollars (ou 170 téradollars). C'est ce marché qui fixe les taux directeurs. Une banque comme J. P. Morgan Chase and Co détient 25% du marché "SWAP". Ce sont les acteurs de cette taille qui dirigent de facto l'économie mondiale. Ainsi, PLUS AUCUNE BANQUE CENTRALE N' A DE POUVOIR SUR LES BANQUES PRIVÉES. Désormais toutes les banques se sont affranchies de la tutelle des États.

Ce système est une bombe à retardement, tout le monde le pressent. Mais ce système en est arrivé à une plasticité telle, que ça peut aussi être, peu à peu, un agent de dissolution dans un temps suffisamment long pour ainsi décourager les tentatives de s'y opposer vraiment. Le capitalisme de 1929 était cassant comme du verre. Celui d'aujourd'hui paraît être en caoutchouc. Il est donc d'une plasticité à toute épreuve (?). Jusqu'à plus ample informé, dans la mesure où les "états-majors mondialistes" s'entendent, ce type de capitalisme ne peut s'écrouler directement.

Cependant, si le dollar continue de descendre, quelle vont être les nouvelles "réactions" des États-Unis où les prêts hypothécaires sont en pleine débacle? Coincés qu'ils sont déjà en divers points chauds de la planète? Les "états-majors mondialistes" vont-ils continuer à s'entendre si bien? Les très fortes turbulences boursières (qui ont lieu dans la même semaine que la rédaction de ces lignes (29, 30 juillet 2007) dues aux énormes risques bancaires dans l'immobilier américain peuvent être des signes avant coureurs d'effets dévastateurs à travers le monde. Autant d'incertitudes!!

ICI, ON EST DONC LOIN, TRÈS LOIN DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L' ÉGLISE !

On pourrait espérer, et ce serait très logique, que les tenants de ce système financier mondial mensonger, voleur et criminel finissent par se diviser à la faveur de la nature même de ce système faux. Ainsi les forces négatives se détruiraient et s'anihileraient les unes contre les autres, car les conjurations de voleurs et de criminels ne tiennent jamais jusqu'au bout. Il y en a toujours un ou plusieurs qui veulent remporter tout le magot. Là est leur faiblesse. On se trouverait alors dans la position des policiers, voyant les malfaiteurs qu'ils pourchassent s'entre-tuer, faisant ainsi leur travail, pour leur plus grand soulagement et celui des plus nombreux! Mais les risques sont pour tout le monde...

Donc, dans ce système frelaté, complètement artificiel, où règne l'exclusion, l'intérêt de chacun des partenaires impliqués doit absolument "s'emboîter", sans écart, avec les intérêts de ses autres partenaires, sous peine de drame. Un écart, malgré la vigilance bancaire omniprésente, pourrait entraîner un effet de domino calamiteux. Et ceci, alors que 3/4 des hommes sont exclus de ce système pervers et en sont les victimes car tout contrôle leur échappe!.. Soit ils sont exclus pour avoir été auparavant dans ce système et en sont "tombés" (exemple: l'Argentine). Soit ils sont exclus pour ne jamais pouvoir y entrer (exemple: 95% des l'Africains)...

Qu'attendent ces 3 hommes sur 4 (au moins) exclus et encore plus urgent qu'attendent ces 20 non actionnaires sur 21 qui sont en réalité 20 ACTIONNAIRES QUI S'IGNORENT? Qu'attendent-ils pour devenir autant de contrôleurs de leur propre monnaie? Et bien c'est nous qu'ils attendent! Louis EVEN et les fondateurs du Crédit Social, tous ceux qui leur ont emboîté le pas, ne font que cela depuis les années 30.

Ce sont là les aléas angoissants d'un capitalisme financier à présent complètement globalisé, en temps réel, depuis environ une quinzaine d'années, vicié littéralement par le système financier planétarisé où "Al Capone" fait SA loi! Et pas la nôtre! Et encore moins celle de Dieu!

Nous avons vu que 1 homme sur 21 au moins, vit convenablement en étant actionnaire, car les actions qu'il détient participent à ses revenus (soit partiellement, soit en totalité, ce qui est plus rare). Donc le verrou qui doit sauter, ce n'est pas la Nation comme l'a souhaité un banquier Rothchild, c'est cette combinaison mortifère: États-banques (ou banques-États, comme on voudra).

La symbiose actuelle: banques-États, est la machine la pire que doivent supporter les producteurs! Car, dit en résumé, dans cette "machine", le "législatif" est mis au service des intérêts financiers par cette combinaison bancaire et étatique qui se joue de la politique. Par exemple, la législation de l'Europe est élaborée pour que les sociétés civiles productrices doivent s'endetter OBLIGATOIREMENT auprès des banques commerciales privées à actionnaires. Le mot: obligatoirement ne figure pas dans les textes, mais c'est une obligation non dite à comprendre, bien sûr, par défaut et à nos frais... Et que nos impôts servent à rembourser!... Le piège fonctionne ainsi.

Les contribuables (tout spécialement en France) servent à enrichir les actionnaires par le biais des très cruelles lois fiscales françaises (incluant celles de l' "Europe").
Je rappelle l'article 104 du traité de Maastricht:

— "Il est interdit à la Banque Centrale Européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommés "banque centrales nationales" d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou aux organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des États membres; l'acquisition directe des instruments de leurs dettes, auprès d'eux par la Banque Centrale Européenne ou les banques centrales nationales, est également interdite." —

Donc, obligation, mais obligation NON DITE (car c'est un piège!) de passer par les places financières internationales qui sont, par définition des place financières privées...

Voici un exemple très concret et parlant:

La charge annuelle de la dette française atteint actuellement 43 milliards d'euros en remboursements d'intérêts, ce qui représente (chiffres pris sur le très sérieux blog d'Étienne Chouard):

--> 117 millions d'euros par jour (OUI, PAR JOUR) que nous payons aux déjà plus riches.
ou--> 240 avions de ligne gros porteur airbus A340
ou--> 3 porte-avions nucléaires comme le très récent "Charles-de-Gaulle"
ou--> 100 parmi les plus belles villas sur la Côte d'Azur
ou--> l'isolation de plus de 4 millions de logements (devis moyen de 10 000 euros par foyer) vous voyez tout de suite les économies d'énergie que cela représenterait!
ou--> enfin un salaire net de 18 000 euros par ans (salaire médian en France) à 2 380 000 personnes...

Tiens! Comme c'est bizarre! C'est à peu près, en France, le nombre de chômeurs officiels...

On peut donc dire que le modèle actuel de l'actionnariat, s'il fonctionne normalement en mode INTERNE, ne fonctionne pas du tout en mode EXTERNE. Ce qui veut dire exactement que les 20 personnes non actionnaires sur 21 habitants (ou 94%) de la planète paient 80% de tous ces frais bancaires, ici 43 milliards d'euros rien qu'en France et qui représentent tout ce qui vient d'être énuméré à l'instant.

En terminant, je vais vous donner un conseil pratique de démarche très concrète à faire pour faire percer dans le public l'idée du CRÉDIT SOCIAL, j'y reviens tout de suite.

Le constat est facile, les faits parlent d'eux-mêmes. Les profits généraux de tous les actionnaires dans le monde, fonctionnent à l'intérieur de l'actionnariat d'entreprise, mais ne fonctionne pas à l'extérieur du même actionnariat d'entreprise. À l'extérieur de l'entreprise qu'y voit-on donc? Et bien le résultat économique et social, c'est à dire globalement un océan d'exploitation, de sueur, de sang, d'exclusion, d'incompréhensions, de guerres, de violences silencieuses, puis sanglantes, etc, avec, par dessus le marché (le "marché"! C'est le cas de le dire!), pour protéger tout cela il y a même une "police-garde-chiourme" mondiale, nommée: armée américaine, et une "étude-de-notaire" nommée: Europe de Bruxelles, s'occupant pudiquement du prétendu droit...

Mais au faite, puisque 1 actionnaire sur 21 personnes vit normalement, pourquoi les 20 qui restent ne peuvent-ils pas accéder à la même aisance, par un système analogue d'actionnariat étendu à toute la société, prenant en compte l'héritage des inventions cumulées dans le temps, et passées au domaine publique, plus la créativité des générations actuelles Va-t-on longtemps nous lanterner?

Si nous pouvions quantifier les efforts au travail fait par ces 20 autres actionnaires qui s'ignorent, qui ne font pas partie des "actionnaires répertoriés", MAIS QUI SONT CRÉATEURS DE RICHESSES et tout ce qu'ils endurent pour finalement végéter, nous ne croirions pas les chiffres prouvant l'iniquité, la violence latente, puis déclarée! Mais d'ailleurs, pourquoi donc prouver une situation qui parle d'elle même quand on connaît un minimum ses mécanismes? Surtout quand on sait que la richesse d'un pays est en rapport direct avec la science appliquée. L'argent créé doit être le reflet comptable EXACT (comme le reflet dans un miroir ni plus ni moins) de la science appliquée. Si on ne le fait pas, il y a fraude. Et puisqu'il y a fraude, se taire est une faute. Un péché de complicité.

Quoiqu'il arrive, gardons notre référence incontournable à Louis EVEN. Lui qui nous démontre si bien, lorsqu'il définit le capital et l'actionnariat, que le capitalisme a été entièrement vicié par le système financier.

Voici un petit condensé que j'ai fait de ce qu'écrit Louis EVEN qu'on trouve dans: "Sous le Signe de l'Abondance", page 82 et suivantes:

"La propriété, même privée a une fonction sociale a remplir. Et elle la remplit de fait. La propriété d'un bien confère au propriétaire une sorte de gérance de son bien en fonction du bien commun. Ainsi tous les développements à partir des biens de la nature et leurs forces, telle l'hydroélectricité, etc, tout l'héritage scientifique qui est comme les fondations sur lesquelles on peut bâtir sans cesse et mieux, participent dans les faits au bien commun. Il y a l'association et l'organisation sociale de fait dont la structure facilite d'autant les capacités de production générales, production qui resterait embryonnaire si chacun travaillait dans son coin, sans aucun lien entre les parties. Ainsi, chacun a bien un droit à un retour minimum de la dimension collective de la production générale".

Et Louis EVEN ajoute textuellement:

"C'est ce minimum de titre à la production de leur pays, assuré à tous et à chacun des citoyens que l'école créditiste appelle le dividende national. Dividende parce qu'il ne représente pas un salaire, la récompense d'un travail personnel, mais le droit de l'héritier, le droit du citoyen au revenu d'un capital commun, le droit à l'existence qu'une société bien organisée doit garantir à chacun de ses membres du seul fait de sa naissance."

Ainsi, il y a donc deux sortes d'actionnaires, alors qu'actuellement, on ne nomme qu'une sorte d'actionnaire, ceux des entreprises. Pourtant, bien que leur nature diffère par leur origine, l'une privée, l'autre publique, ces deux natures d'actionnaires appartiennent à un même tronc, celui de la société toute entière, et qui existe dans les faits. Ces deux sortes d'actionnaires (qui peuvent aussi être les mêmes personnes), ne sont nullement contradictoires, voire antagonistes telle que la lutte des classes a voulu, mensongèrement, nous le faire croire, engendrant l'un des plus longs et sanglants mensonges politiques de l'histoire. Mais aussi, tel que veulent toujours nous le faire croire les libéraux, dont les militants sont, en cela, aussi mortellement dialecticiens que leurs pseudo-adversaires socialo-communistes. Les libéraux cherchent à nous persuader que l'actionnariat d'entreprise est le seul qui ait droit de cité et a toutes les priorités de l'existence. Les libéraux, où hélas tant de chrétiens se trouvent, sèment ainsi la confusion.

C'est leur propre confusion entre les - domaines du PRIVÉ et du PUBLIC, qui sont chacun des domaines NATURELS ET INTANGIBLES. Les libéraux oublient que, par nature, si nous ne naissions pas et ne vivions pas en société, car la famille est la première société, nous ne serions jamais des individus vraiment distincts les uns des autres pouvant collaborer.

Avec Louis EVEN et le major DOUGLAS dont les expérimentations et le fameux théorème A + B n'a jamais pu être démontré faux (et qui seraient si bien adaptés à l'ère électronique et du numérique d'ailleurs) il faut faire "accoucher" cette situation d'actionnariat social basé sur le surplus dû aux forces collectives qui existent DANS LES FAITS et non pas dans les idéologies.

Ces forces collectives découlent des plus values individuelles et d'entreprises qui, toutes ensembles, en synergie, représentent une richesse considérable, insoupçonnée. Et cette richesse considérable n'enlève rien, absolument rien, bien au contraire, à la richesse des uns et des autres. Tout le travail de Louis EVEN et du major DOUGLAS le montre et le démontre.

Tous les chercheurs de justice en économie, qu'ils le sachent ou pas, ont pour dénominateur commun les découvertes expérimentales du major DOUGLAS. Par exemple Magrit KENNEDY, architecte de profession et très avancée en économie, tombe aujourd'hui sur les même conclusions que le major DOUGLAS, comme quoi un énorme pourcentage (~ 50%) des prix que nous payons au quotidien comporte une accumulation énorme résultante de frais financiers multiples, donc stériles et appauvrissants, irrémédiablement.

C'est ce que constatent les réseaux associatifs Mexicains d'économie alternative inspirés par notre ami Mexicain Luis Lopezllera. De son côté mon ami André Jacques HOLBECQ (pilote de ligne à la retraite, il pilota l'avion Concorde) cultivant à présent à temps complet sa passion économiste pour la Justice et qui a publié plusieurs livres, dont le dernier en date, cette année, intitulé: "Les 10 plus gros mensonges sur l'économie" est arrivé, lui-aussi, aux mêmes résultats. Et il y en a d'autres.

Pour terminer, donc, je voudrais donner à chacun et chacune d'entre vous un conseil pratique. D'effectuer, chez vous, dans vos contrées, auprès des instances qui vous sont proches (municipalités et collectivités, etc), une démarche pour une enquête de nature à frayer dans la tête des gens la voie au CRÉDIT SOCIAL par les FAITS et les CHIFFRES eux-mêmes.

Ainsi, en avril dernier, j'ai été visiter les services financiers de ma propre ville, Toulon, située à 65 kms à l'Est de Marseille, port militaire méditerranéen de 180 000 habitants intra-muros, afin de noter les identités des créanciers de la ville et ce qu'elle leurs doit. J'ai bien précisé au personnel que mon enquête n'était aucunement politique et n'avait pas pour objet de critiquer la politique de la municipalité, mais seulement de relever l'identité des créanciers de la ville.

Étonnés, mais serviables, ils ont sortis des ordinateurs exactement ce que je leurs demandais, c'est à dire les éléments du bilan de l'état de la dette municipale (au 31 décembre 2006), et la répartition du capital dû et du montant des intérêts à payer par créanciers avec leur identité, à cette date. Ce sont toutes des banques privées, et l'on précise bien dans le document que ce sont des établissements de droit privé. À noter au passage que le créancier le plus important, celui qui détient un peu plus de 50% du total des dettes de la ville et donc à qui il faut payer le plus d'intérêts est une banque belgo-luxembourgeoise spécialisée dans le financement des équipements collectifs et qui est en même temps une banque de détail dans tout le Bénélux. Le montant des intérêts que la ville de Toulon doit, rien qu'à cette banque-là, en date du 31.12.2006, s'élève à 3 512 764 euros (ce montant des intérêts à payer est inclu dans le montant total des intérêts à payer que je vais annoncer à l'instant). Cette banque, donc, ne profite absolument pas à la région française où j'habite. Le montant total des intérêts à payer par la ville de Toulon à toutes les banques privées à actionnaires en date du 31 décembre 2006 s'élevait donc à: 5.208.745 euros (soit environ l'équivalent actuel de: 7.200.000 dollars canadiens) que nos impôts vont donc payer pour aller en grande partie dans des poches d'actionnaires inconnus...

Je crois que ce petit exemple, concret et didactique, peut faire avancer concrètement la marche du CRÉDIT SOCIAL auprès du public. Car on se demande bien pourquoi l'on paie si cher des intermédiaires financiers, alors qu'en tant que société civile productrice du pays et des régions dont nous faisons les richesses, nos instances publiques, qui sont sensées nous représenter, dans TOUT ce qui concerne le domaine public passent par des intérêts économiques et financiers qui nous ponctionnent et sont en tout point étrangers à nos efforts. Efforts dont les retombées nous échappent, et partent dans un "monde"... qui n'est pas le nôtre. Qu'est-ce donc ce "système" politique prétendument souverain alors que ce sont les milieux financiers et bancaires qui gouvernent vraiment?

Sans doute, l'intimité de nos prières a plus d'impact qu'on croit, surtout si les intercessions viennent de Marie Mère de Dieu qui nous répond ainsi quand on La prie. N'est-elle pas le meilleur lien familial et social de tous?

Félicitations à vous tous!

Renaud
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Renaud »

Comme suite et complément de ce qui précède, voici une lettre ouverte envoyée par Maurice ALLAIS, prix Nobel d'économie (1988) en 2005 à un député.

C'est une des meilleures "plaidoiries" devant l'inanité et le mensonge politique et économique du libralisme dans le capitalisme

LIRE ATTENTIVEMENT:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1520

Les Évangiles disent: "Vous les reconnaîtrez à leurs fruits"...
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Christian »

Bonjour Renaud,
voici une lettre ouverte envoyée par Maurice ALLAIS, prix Nobel d'économie à un député
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1520
Malheureux député. Et affligeant Maurice Allais. Comme quoi la sénilité frappe indifféremment la petite grand’mère de Saint-Flour et l’illustre Prix Nobel parisien.

La répétition tautologique tout le long du texte que le libre-échange est « nuisible et non-souhaitable » ne constitue pas une preuve. Surtout lorsque tant de faits l’invalident.

Historiquement d’abord. Contrairement à ce qu’affirme le déclinant maître, tous les élèves du secondaire savent que le protectionnisme n’a pas causé la Crise de 29. Mais le protectionnisme a transformé ce qui n’eut été qu’une panique financière en une longue et tragique dépression, avec son cortège de souffrances humaines et de conséquences politiques dont le nazisme ne fut pas la moindre. La même crise financière a frappé les pays d’Asie en 96 et la Russie en 98. Heureusement, forts de l’expérience des années 30 et sourds aux exhortations d’Allais, les dirigeants n’ont pas fermé les frontières, et l’on constate aujourd’hui avec quelle vigueur tous ces pays ont rebondi.

De bon sens ensuite. Un bon sens que mutile une déclaration péremptoire comme celle-ci : « Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable. »

D’abord, la contradiction interne : cette libération mondiale n’est pas impossible, puisqu’elle a lieu. Ensuite, inutile de demander aux Indiens, aux Chinois, aux Coréens, et à tous les pays qui y sont résolument entrés si la mondialisation est souhaitable, leur taux de croissance le montre assez. Ah, mais ce ne sont pas des Européens, direz-vous. Certes, mais si la France depuis 1974 a bien reculé, comme le dit Allais, ce n’est pas le cas de l’Allemagne, de la Grande Bretagne, de l’Irlande, de l’Espagne, des pays scandinaves… Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut croire que la mondialisation ne cause pas notre chômage s’il est moitié moindre chez nos voisins.

L’affirmation, enfin, que la mondialisation ne profite qu’aux multinationales n’est pas seulement niaise quand on voit l’élévation du niveau de vie en Asie, elle vise à aveugler le gogo par un slogan de l’anti-mondialisme primaire. La multinationale a besoin de clients. Si les clients préféraient les produits faits en France, ils n’achèteraient pas ceux venus d’ailleurs. Et les multinationales les fabriqueraient chez nous. Les importations sont l’évidence que les Français trouvent leur compte en achetant des produits étrangers.

L’activité économique n’est pas faite pour les producteurs. Sa fonction n’est pas de donner du travail aux employés, encore moins des profits aux actionnaires. Elle est de satisfaire des consommateurs. La seule et unique valeur de l’activité économique est dans la satisfaction du client, qui a choisi de vous donner son bel et bon argent plutôt qu’à un concurrent, plutôt que de le thésauriser. L’activité économique est une leçon d’humilité, se mettre au service d’autrui, lui dédier nos ressources et notre travail.

Bien sûr, cette humilité est insupportable à tous ceux qui imaginent détenir seuls les réponses, à tous ceux qui ont peur de n’être pas capables de rendre service, elle est insupportable à tous ceux qui croient devoir être rémunérés parce qu’ils sont intelligents, parce qu’ils ont fait des études, parce qu’ils travaillent beaucoup, sans comprendre que cette intelligence, ces études, ces heures de travail n’ont absolument aucune valeur si elles ne sont pas mises au service de quelqu’un. C’est autrui, en économie, qui décide de notre valeur. Voilà la grande et terrible leçon que l’économie nous donne.

Une leçon qu’Allais a oubliée. Montrons-nous plus sages que lui.

Christian


Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue.
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Renaud »

Très coincé par le temps, je tâcherai de vous répondre plus tranquillement un peu plus tard.

Christian a écrit:

"""Malheureux député. Et affligeant Maurice Allais. Comme quoi la sénilité frappe indifféremment la petite grand’mère de Saint-Flour et l’illustre Prix Nobel parisien"""

Ce genre de propos injurieux ne vous grandit pas du tout, au contraire! C'est une réponse pour: "se sortir de devant"... La petite grand'mère de Saint Flour ou l'illustre prix Nobel parisien n'ont rien à voir avec vos rancœurs de contremaître aigri du libéralisme, ils font partie de la vie, tout simplement.

Outre le contenu de mon intervention qui est juste avant la lettre de M. Allais et qui vous répond, en quelque sorte, par avance. Voici un lien (pris sur un site dont j'ose vous recommander aussi la lecture, il s'y trouve beaucoup de données) qui complète bien les rapports du capitalisme et du libéralisme.

http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=Allais

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Yves54
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Re: Capitalisme et Libéralisme

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De ce que je connais du libéralisme, c'est une idéologie au service de l'esclavagisme de l'Homme. Je pense, en effet, que l'Homme ne peut pas vivre heureux en étant en perpétuel concurrence avec son voisin. Cela s'accommode fort mal avec la doctrine sociale de l'Église. Et en regardant de plus prés, c'est ce libéralisme qui va nous ouvrir les magasins le dimanche, causant ainsi une déstabilisation de la famille. C'est ce même libéralisme qui à causé les problèmes écologiques que nous connaissons aujourd'hui, et mettant ainsi la planète et les Homme sur une mauvaise pente.

Par contre, le capitalisme en lui même est naturel, il est basé sur l'échange entre les Hommes. Quoi de plus sein ? Il est difficile de croire que ce système a réussi à être perverti par les financiers symboles de la dictature de l'argent. Si on revient aux fondamentaux de ce système, qui est le partage et l'échange, alors ce système sera bien et en fixant les règles correctes, je pense qu'il pourra être en adéquations avec l'enseignement de Jésus notre sauveur et avec notre Sainte Mère l'Église.
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Christian »

Bonjour Yves54,
De ce que je connais du libéralisme, c'est une idéologie au service de l'esclavagisme de l'Homme. Je pense, en effet, que l'Homme ne peut pas vivre heureux en étant en perpétuel concurrence avec son voisin. Cela s'accommode fort mal avec la doctrine sociale de l'Église. Et en regardant de plus prés, c'est ce libéralisme qui va nous ouvrir les magasins le dimanche, causant ainsi une déstabilisation de la famille. C'est ce même libéralisme qui à causé les problèmes écologiques que nous connaissons aujourd'hui, et mettant ainsi la planète et les Homme sur une mauvaise pente.

Par contre, le capitalisme en lui même est naturel, il est basé sur l'échange entre les Hommes. Quoi de plus sein ? Il est difficile de croire que ce système a réussi à être perverti par les financiers symboles de la dictature de l'argent. Si on revient aux fondamentaux de ce système, qui est le partage et l'échange, alors ce système sera bien et en fixant les règles correctes, je pense qu'il pourra être en adéquations avec l'enseignement de Jésus notre sauveur et avec notre Sainte Mère l'Église.
Vous vous méprenez sur la nature du libéralisme et du capitalisme. Relisez les messages au début de ce fil (et aussi ce texte que j’indiquais à Renaud dans ma précédente intervention Comment penser l’économie aujourd’hui ? http://www.liberalia.com/comprendre )

La concurrence n’est pas en contradiction avec la DES. La concurrence est tout simplement le moyen sûr par lequel une collectivité humaine explore le réel autour d’elle. Elle est un processus de découverte (selon l’expression de Friedrich Hayek, un des pontes du libéralisme). Des scientifiques, des artistes, des hommes et des femmes d’affaires, proposent à la collectivité de nouvelles façons de penser, de faire, de voir le monde, et des membres de cette collectivité les adoptent, ou pas. Ceux qui ont apporté des solutions satisfaisantes à un grand nombre d’individus recueillent certains avantages sous forme de prestige et d’argent.

Comme vous dites : « Quoi de plus sain ? »

Christian

Un libéral affirme que personne n’a le droit en quelque circonstance que ce soit
de prendre l’initiative de la violence et contrainte physiques contre une autre personne,
directement ou par agent interposé.
Ceux qui se conforment à ce principe sont des libéraux, même s’ils l’ignorent

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Re: Capitalisme et Libéralisme

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Bonjour,

Je me permets à tout hasard de citer les articles du Compendium de la DSE ayant trait au marché:
Compendium de la DSE a écrit :347 Le marché libre est une institution socialement importante en raison de sa capacité de garantir des résultats suffisants dans la production de biens et de services. Historiquement, le marché a prouvé qu’il pouvait lancer et soutenir à long terme le développement économique. Il existe de bonnes raisons d’estimer qu’en de nombreuses circonstances « le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins » (Jean-Paul II. Encycl. Centesimus annus). La doctrine sociale de l’Église considère positivement les avantages sûrs qu’offrent les mécanismes du marché libre, aussi bien pour une meilleure utilisation des ressources que pour la facilitation de l’échange des produits; « surtout, ils [les mécanismes] placent au centre la volonté et les préférences de la personne, qui, dans un contrat, rencontrent celles d’une autre personne »
(idem).

Un vrai marché concurrentiel est un instrument efficace pour atteindre d’importants objectifs de justice : modérer les excès de profit des entreprises; répondre aux exigences des consommateurs; réaliser une meilleure utilisation et une économie des ressources; récompenser les efforts des entreprises et l’habileté d’innovation et faire circuler l’information de façon qu’il soit vraiment possible de confronter et d’acquérir les produits dans un contexte de saine concurrence.

348 Le marché libre ne peut être jugé sans tenir compte des fins qu’il poursuit et des valeurs qu’il transmet au niveau social. De fait, le marché ne peut pas trouver en lui-même le principe de sa propre légitimation. Il revient à la conscience individuelle et à la responsabilité publique d’établir un juste rapport entre les fins et les moyens. Le profit individuel de l’agent économique, bien que légitime, ne doit jamais devenir l’unique objectif. À côté de celui-ci, il en existe un autre, tout aussi fondamental et supérieur, celui de l’utilité sociale, qui doit être réalisé non pas en opposition, mais en cohérence avec la logique du marché. Quand il remplit les importantes fonctions rappelées ci-dessus, le marché libre sert le bien commun et le développement intégral de l’homme, tandis que l’inversion du rapport entre les moyens et les fins peut le faire dégénérer en une institution inhumaine et aliénante, avec des répercussions incontrôlables.

349 La doctrine sociale de l’Église, tout en reconnaissant au marché la fonction d’instrument irremplaçable de régulation au sein du système économique, met en évidence la nécessité de l’ancrer dans des finalités morales qui assurent et en même temps circonscrivent d’une manière adéquate l’espace de son autonomie. On ne peut souscrire à l’idée de pouvoir confier au seul marché la fourniture de toutes les catégories de biens, car une telle idée est basée sur une vision réductrice de la personne et de la société. Face au risque concret d’une « idolâtrie » du marché, la doctrine sociale de l’Église en souligne les limites, que l’on peut facilement relever dans l’incapacité constatée où il se trouve de satisfaire les exigences humaines importantes pour lesquelles il faut « des biens qui, par leur nature, ne sont et ne peuvent être de simples marchandises », biens non négociables selon la règle de « l’échange des équivalents » et la logique du contrat, typiques du marché.”
L'immoralité apparente d'un certain nombre d'acteurs financiers n'est-elle donc pas tout simplement le reflet d'une immoralité sociale généralisée plutôt que la conséquence d'un système fondamentalement pervers?

Il n'appartient donc qu'aux chrétiens de s'engager dans ce domaine et de montrer, à l'image de sociétés telles Ethiea par exemple, que le profit individuel ou collectif n'est pas (toujours) incompatible avec la morale.

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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Christian »

Bonsoir Franck,
Il n'appartient donc qu'aux chrétiens de s'engager dans ce domaine et de montrer, à l'image de sociétés telles Ethiea par exemple, que le profit individuel ou collectif n'est pas (toujours) incompatible avec la morale.
Petit ou grand ou immense, le profit en soi n’est jamais condamnable. Seule peut l’être l’activité qui l’a généré. Celui qui vend des armes à un dictateur agit immoralement, qu’il y gagne de l’argent ou qu’il enregistre une perte. Inversement, l’entrepreneur qui vend à des clients consentants agit toujours justement, même s’il ne couvre pas ses frais. Et il agit en plus moralement si son produit aide au développement physique et spirituel de ses clients (s’il ne vend pas du tabac ou de la pornographie, par exemple).

Le profit est une simple mesure comptable, elle n’a pas de signification morale. C’est l’activité de l’être humain qui peut être qualifiée moralement.

Christian


Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.
Mais comme il n'existe point de marchands d'amis,
les hommes n'ont plus d'amis.

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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Yves54 »

Christian a écrit :Bonjour Yves54,
De ce que je connais du libéralisme, c'est une idéologie au service de l'esclavagisme de l'Homme. Je pense, en effet, que l'Homme ne peut pas vivre heureux en étant en perpétuel concurrence avec son voisin. Cela s'accommode fort mal avec la doctrine sociale de l'Église. Et en regardant de plus prés, c'est ce libéralisme qui va nous ouvrir les magasins le dimanche, causant ainsi une déstabilisation de la famille. C'est ce même libéralisme qui à causé les problèmes écologiques que nous connaissons aujourd'hui, et mettant ainsi la planète et les Homme sur une mauvaise pente.

Par contre, le capitalisme en lui même est naturel, il est basé sur l'échange entre les Hommes. Quoi de plus sein ? Il est difficile de croire que ce système a réussi à être perverti par les financiers symboles de la dictature de l'argent. Si on revient aux fondamentaux de ce système, qui est le partage et l'échange, alors ce système sera bien et en fixant les règles correctes, je pense qu'il pourra être en adéquations avec l'enseignement de Jésus notre sauveur et avec notre Sainte Mère l'Église.
Vous vous méprenez sur la nature du libéralisme et du capitalisme. Relisez les messages au début de ce fil (et aussi ce texte que j’indiquais à Renaud dans ma précédente intervention Comment penser l’économie aujourd’hui ? http://www.liberalia.com/comprendre )

La concurrence n’est pas en contradiction avec la DES. La concurrence est tout simplement le moyen sûr par lequel une collectivité humaine explore le réel autour d’elle. Elle est un processus de découverte (selon l’expression de Friedrich Hayek, un des pontes du libéralisme). Des scientifiques, des artistes, des hommes et des femmes d’affaires, proposent à la collectivité de nouvelles façons de penser, de faire, de voir le monde, et des membres de cette collectivité les adoptent, ou pas. Ceux qui ont apporté des solutions satisfaisantes à un grand nombre d’individus recueillent certains avantages sous forme de prestige et d’argent.

Comme vous dites : « Quoi de plus sain ? »

Christian

Un libéral affirme que personne n’a le droit en quelque circonstance que ce soit
de prendre l’initiative de la violence et contrainte physiques contre une autre personne,
directement ou par agent interposé.
Ceux qui se conforment à ce principe sont des libéraux, même s’ils l’ignorent

L. Neil Smith
(et ce principe n’est-il pas précisément celui que le Christ nous a laissé ?)

Je doute fort que la concurrence acharnée soit prônée par l'Eglise. Et pour moi le libéralisme c'est cela.

Je ne veux pas aller à l'encontre d'une concurrence, je veux batailler contre ceux qui pour des raisons de profits mettent à mal la santé économique de nos pays et qui entretiennent ainsi le fort taux de chômage actuel. Mais attention, rien ne nous empêche de faire de gros profits si ceux ci sont fait en adéquation avec la DSE. Gros profit ne rime pas forcément avec malhonnêteté ou esclavagisme des ouvriers.
« Commettre des erreurs est le propre de l'humain, mais il est diabolique d'insister dans l'erreur par orgueil »
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par MB »

Yves54 a écrit :
Je doute fort que la concurrence acharnée soit prônée par l'Eglise. Et pour moi le libéralisme c'est cela.

Je ne veux pas aller à l'encontre d'une concurrence, je veux batailler contre ceux qui pour des raisons de profits mettent à mal la santé économique de nos pays et qui entretiennent ainsi le fort taux de chômage actuel. Mais attention, rien ne nous empêche de faire de gros profits si ceux ci sont fait en adéquation avec la DSE. Gros profit ne rime pas forcément avec malhonnêteté ou esclavagisme des ouvriers.
Bonjour Yves 54 (et joyeux Noël)

Corrigez-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que, dans le fond, ce qui vous chiffonne, ce sont des associations d'idées ; pas la signification des mots, mais leur connotation.
Quelle différence y a-t-il entre "concurrence" et "concurrence acharnée" ? J'aimerais bien savoir. A quel moment doit-on décider que la concurrence est acharnée ? Quand elle nuit à des tiers ? Mais tout événement de la vie - vol d'un papillon, amour heureux, invention du CD - nuit à des tiers à un moment ou à un autre. Le vol d'un papillon provoque un cyclone ; l'amour heureux provoque des suicides d'amants éconduits ; l'invention du CD provoque la faillite des producteurs de vinyles.

Je prends note, par ailleurs, de ce que vous dites dans votre deuxième paragraphe : "je veux batailler contre ceux qui pour des raisons de profits mettent à mal la santé économique de nos pays et qui entretiennent ainsi le fort taux de chômage actuel"
Justement, j'ai un peu réfléchi, ces derniers temps, à la situation économique de la France. Et je me suis étonné de constater que les choses n'allaient pas si mal (relativement à d'autres).

- premier constat : la taux de chômage est en baisse depuis pas mal de temps. Aujourd'hui, il est de 7,9 %, c'est-à-dire mieux que sous les meilleures années du gouvernement Jospin. Bon, d'accord, les chiffres sont bidouillés : mais à bidouillage égal, le taux de chômage est en réelle baisse. Et - chose subsidiaire, mais en rapport avec la question de la concurrence que vous avez évoquée - les délocalisations d'usines françaises à l'étranger sont à l'origine de 5 % des destructions d'emplois en France. Ce n'est pas énorme, avouez-le (même si les situations individuelles sont parfois très difficiles).

- cela peut paraître étonnant. La balance commerciale de la France est déficitaire, le taux de croissance est très faible (je ne sais plus exactement, mais quelque chose entre 1,5 et 2%). Il y a dix ans, je me souviens que l'on disait que l'économie française créait des emplois à partir d'un seuil de croissance de 2,5 %. Aujourd'hui, apparemment, ce seuil s'est abaissé à 1,5 %. Cela veut donc dire que l'économie française, actuellement, tourne correctement, et qu'elle est devenue beaucoup plus efficace.

- Maintenant regardez les contraintes qui pèsent sur cette économie : hyperréglementation (cf. le droit du travail, les lois bizarres, les monopoles, l'absence de droit réel accordé au consommateur, etc.) ; poids de l'Etat dans l'économie, qui est supérieur à ce qu'il était sous Mauroy ; pompage des ressources de la nation pour financer nos déficits ; production de plusieurs centaines de milliers d'incapables, chaque année, par le système éducatif français ; fuite des cerveaux et des créateurs d'entreprise à Londres ou en Californie ; 35 heures ; stagnation des salaires, qui limite la consommation ; etc.
Dans ces conditions, si l'économie française réussit malgré tout à s'en sortir plus ou moins, à devenir plus productive qu'avant, c'est que notre pays, dans le fond, est vraiment fortiche. Qu'est-ce que ça serait si...
Donc très franchement, je pense que la France est tout à fait armée pour se débrouiller correctement dans la mondialisation. Il y a, me direz-vous, de réels problèmes, et je serai le premier à les pointer, je l'ai déjà fait. Mais, du point de vue économique, ils peuvent se résumer en une seule expression : Etat gros plein d'soupe.

Fin de la parenthèse...
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Yves54 »

Quelle différence y a-t-il entre "concurrence" et "concurrence acharnée" ?
La différence entre faire de son mieux pour battre l'autre et faire de son mieux pour nuire à l'autre.
- premier constat : la taux de chômage est en baisse depuis pas mal de temps. Aujourd'hui, il est de 7,9 %, c'est-à-dire mieux que sous les meilleures années du gouvernement Jospin. Bon, d'accord, les chiffres sont bidouillés : mais à bidouillage égal, le taux de chômage est en réelle baisse. Et - chose subsidiaire, mais en rapport avec la question de la concurrence que vous avez évoquée - les délocalisations d'usines françaises à l'étranger sont à l'origine de 5 % des destructions d'emplois en France. Ce n'est pas énorme, avouez-le (même si les situations individuelles sont parfois très difficiles).
Le taux de chômage est un des plus élevé d'Europe, pour moi cela veut dire que notre politique ne porte pas ses fruits, aussi non nous aurions d'aussi bon taux qu'à côté.

De plus il faudrait faire attention à ne pas écraser Pierre pour donner un travail à Paul. Les salaires en France ne sont pas mirobolant alors si en plus mes gens doivent travailler plus de 39 H (les 35 h ont été une erreur) trop souvent, alors ils perdront aussi du temps qui normalement est consacré à leur famille.
- cela peut paraître étonnant. La balance commerciale de la France est déficitaire, le taux de croissance est très faible (je ne sais plus exactement, mais quelque chose entre 1,5 et 2%). Il y a dix ans, je me souviens que l'on disait que l'économie française créait des emplois à partir d'un seuil de croissance de 2,5 %. Aujourd'hui, apparemment, ce seuil s'est abaissé à 1,5 %. Cela veut donc dire que l'économie française, actuellement, tourne correctement, et qu'elle est devenue beaucoup plus efficace.
Je pense surtout que cette baisse miraculeuse du seuil de création d'emploi et un leurre politique. Comment peut on dire que ce seuil à changer alors que les conditions d'application de ce seuil n'ont pas changé ?

La France a-t-elle changé d'économie depuis ? Non. Donc ce seuil a été, soit bidonné la première fois, soit bidonné la deuxième. Personnellement je pencherais pour la deuxième.
- Maintenant regardez les contraintes qui pèsent sur cette économie : hyperréglementation (cf. le droit du travail, les lois bizarres, les monopoles, l'absence de droit réel accordé au consommateur, etc.) ; poids de l'Etat dans l'économie, qui est supérieur à ce qu'il était sous Mauroy ; pompage des ressources de la nation pour financer nos déficits ; production de plusieurs centaines de milliers d'incapables, chaque année, par le système éducatif français ; fuite des cerveaux et des créateurs d'entreprise à Londres ou en Californie ; 35 heures ; stagnation des salaires, qui limite la consommation ; etc.
Dans ces conditions, si l'économie française réussit malgré tout à s'en sortir plus ou moins, à devenir plus productive qu'avant, c'est que notre pays, dans le fond, est vraiment fortiche. Qu'est-ce que ça serait si...
Donc très franchement, je pense que la France est tout à fait armée pour se débrouiller correctement dans la mondialisation. Il y a, me direz-vous, de réels problèmes, et je serai le premier à les pointer, je l'ai déjà fait. Mais, du point de vue économique, ils peuvent se résumer en une seule expression : Etat gros plein d'soupe.
Certaines de ces contraintes sont clairement inutiles, d'autres le sont pour protégé le faible.

Par ailleurs, je fais partie des incapables qui sont créé par le système éducatif français. ;)

La stagnation des salaires est dû à certaines entreprises qui pour des raisons économique à court terme coule l'économie à long terme.

Edit : j'allais oublier, joyeux Noël à vous aussi :)
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par Christian »

Bonne soirée à tous
Et salut MB :)
Mais tout événement de la vie - vol d'un papillon, amour heureux, invention du CD - nuit à des tiers à un moment ou à un autre. Le vol d'un papillon provoque un cyclone ; l'amour heureux provoque des suicides d'amants éconduits ; l'invention du CD provoque la faillite des producteurs de vinyles.
Oui. Seul Dieu peut créer et être fécond sans violence. Ces jours-ci sont pour les chrétiens l’occasion de se le rappeler. Marie conçoit et donne naissance sans être déflorée. L’être humain est destructeur dans sa création, c’est la conséquence du péché originel, l’agneau ne vit plus aux côtés du lion ; nous devons éventrer la terre pour la faire produire et éliminer les activités superflues pour faire place aux nouvelles.
Aujourd'hui, [le chômage] est de 7,9 %, c'est-à-dire mieux que sous les meilleures années du gouvernement Jospin. Bon, d'accord, les chiffres sont bidouillés : mais à bidouillage égal, le taux de chômage est en réelle baisse.
Les demandes d’emploi baissent, mais regardez la démographie, les enfants du baby-boom arrivent à l’âge de la retraite.

Le problème du chômage devient celui du financement des retraites.
Il y a dix ans, je me souviens que l'on disait que l'économie française créait des emplois à partir d'un seuil de croissance de 2,5 %. Aujourd'hui, apparemment, ce seuil s'est abaissé à 1,5 %.
Voir ci-dessus. Quand la population commencera à décliner, comme en Italie et en Russie, nous créerons des emplois avec une économie en récession.
Etat gros plein d'soupe.
Les hommes de l’Etat ne produisent rien, aucune soupe, ils n’enflent que si nous dépérissons. Un Etat qui s'enrichit indique une population plus pauvre qu'elle ne devrait l'être.

Bon et saint Noël

Christian
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Re: Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par MB »

Bonjour !

Restreignons l'analyse et modérons mon enthousiasme... reste que, considérant toutes les contraintes qui pèsent sur l'économie française d'aujourd'hui, elle ne s'en sort pas trop mal. Cela n'empêche pas l'existence de gros problèmes qui nous sauteront à la figure un jour ou l'autre, mais ce n'est pas le sujet ici.

A bientôt
MB
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Capitalisme et Libéralisme

Message non lu par MB »

Re

Je voudrais revenir sur le sujet de ce débat, en partant d'un exemple ; cela nous permettra peut-être d'illustrer la discussion sur les rapports entre capitalisme et libéralisme.

Prenons la Chine contemporaine. Indiscutablement, il y a ici du capitalisme. On est loin de l'époque de Mao : des gens investissent, vendent, importent, exportent, bref, font du business. La possibilité de faire tous ces échanges suppose, toujours par rapport à l'époque de Mao, l'introduction, quelque part, d'une dose de libéralisme (on n'interdit as l'entrepreneuriat, c'est-à-dire qu'on a levé certaines interdictions sur le droit de travailler).
Et pourtant la Chine n'est pas un pays libéral. Je n'évoquerai pas les questions relatives au libéralisme politique, auxquelles la réponse est assez évidente. Mais j'en resterai aux fondements de ce qui permet le libéralisme économique :

- le droit de travailler. Il existe mieux qu'avant, certes, mais il est loin d'être appliqué. J'ai en tête un exemple réel cité par G. Sorman : un village chinois, qui produit des pommes ; il est environné de vergers ; les villageois, depuis plusieurs années, veulent s'assembler en coopérative pour produire du jus de pomme et l'écouler sur les marchés. Problème : le cacique local du Parti refuse. Pourquoi ? Car il y perdrait du pouvoir et ses revenus (il tient tout le monde par les c..., et en profite pour se servir). Cet exemple, je pense, peut être répété en plusieurs milliers de cas, tant il est simple. Ici, clairement, le libéralisme économique est bafoué.

- le droit de se déplacer. Les emplois doivent pouvoir aller dans les bassins d'emplois, et vice-versa. Or dans la Chine actuelle, cela est très difficile : pour installer une usine, il faut être très pote avec le sous-préfet du coin ; pour construire une route permettant l'acheminement des produits, pareil. Et surtout, pour un paysan, aller en ville trouver du travail, est une vallée de larmes soigneusement organisée par l'appareil d'Etat : première étape, emprunter à un usurier pour payer le passeport intérieur (sauf que l'usurier est le cousin du commissaire, qui va confisquer ledit passeport contre rançon). Je passe sur les autres étapes, mais elles sont du même genre. Y a-t-il libéralisme ici ? J'en doute fort : pas le droit de s'installer sur un marché ; pas le droit d'aller et venir...

- chose essentielle, le droit de propriété. Il a été récemment reconnu, de façon officielle, par le Parti lors de ses derniers congrès. Pas trop tôt... mais qu'est-ce que cela veut dire, lorsque le notaire du coin, de mèche avec le neveu du maire, refuse de reconnaître un cadastre (car le neveu en question veut récupérer la terre) ? Qu'est-ce que cela veut dire lorsqu'il suffit d'un arrangement d'appareil pour exproprier 3 millions de paysans ? La propriété, même celle des investisseurs étrangers, est extrêmement vulnérable, et je m'attends prochainement à ce que des magouilles internes conduisent à la confiscation des avoirs de nombreuses sociétés, locales ou étrangères, au profit de gentils membres du Parti. Rien n'est plus instable que la propriété en Chine. Comment peut-on parler de libéralisme ?

Résumons. Un opposant chinois, qui se qualifiait lui-même de libéral, disait récemment à la Croix que le capitalisme chinois était le pire qui fût : un capitalisme de gangsters (je cite son expression). Voilà en tout cas, clairement, une situation de capitalisme qui ne correspond pas du tout, ni dans son principe ni dans ses applications, à une situation libérale. Tous les fantasmes des libertariens sur les hommes de l'Etat trouvent ici leur réalisation la plus crue.

A bientôt !
MB
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